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Quels sont les impacts du soutien scolaire à domicile ? Le débat !

De Samuel, publié le 23/02/2018 Blog > Cours particuliers > Donner des Cours Particuliers > Donner des Cours : un Service à la Personne avec des Enjeux !

Un proverbe chinois dit : « s’il n’est pas soutenu par un tuteur, le jeune arbre se courbe facilement ».

C’est précisément à cela que sert le fait de donner des cours de soutien scolaire à un jeune élève sur Superprof : transmettre un ensemble de connaissances de base pour consolider son socle de savoirs fondamentaux.

De sorte que plus tard, il puisse penser par soi-même et pouvoir apprendre rapidement.

Comment donner des cours particuliers et gagner de l’argent avec cette activité ? Nous sommes nombreux à se poser cette question au cours de nos études supérieures.

Voici en quelques sortes une monographie des enjeux du soutien scolaire en France actuellement.

État des lieux du service à la personne

En France, le secteur du service à la personne est en train de faire tâche d’huile dans l’économie.

Le nombre croissant de personnes en situation de dépendance et la proportion d’élèves en situation de difficultés scolaires en hausse impliquent de plus en plus de recourir au travail à domicile.

Le service à la personne, un secteur en expansion ! Intervenir à domicile pour accompagner les gens : un marché florissant !

En effet, le service à la personne a généré près de 1,5 millions d’emplois en France en 2014 pour 2,7 millions de clients, et l’État recensait pas moins de 34 902 organismes actifs dans cette branche d’activité en 2016.

Sur un total de 25,8 millions d’actifs occupés dans la population active française, le service à la personne représente donc 5,8 % de la population active occupée.

En outre, plus de 3,6 millions de ménages français ont recours chaque année aux services à la personne, contribuant aux forts revenus prof particulier.

Le « marché » du service à la personne – qui est historiquement entretenu par le tissu associatif – ne concentre aujourd’hui que 22 % des associations et des institutions publiques : on constate un essor considérable de l’initiative privée, avec 78 % des acteurs de cette branche du secteur tertiaire qui sont des entreprises privées.

Le domaine du service à la personne regroupe 26 métiers différents liés à l’assistance ou l’accompagnement des personnes dans leur vie quotidienne : la garde d’enfant, le soutien scolaire à domicile, l’entretien de la maison et du jardin, ou encore l’assistance aux personnes âgées en situation de fragilité.

Un filon pour les prestataires, qui savent bien qu’il y a une demande potentiellement exponentielle et qu’il faut ajuster l’offre de travailleurs sociaux à la hausse.

La filière des services à la personne représente plus de 1 % du PIB français, soit 17,3 milliards d’euros, tandis que le « travail au noir » – par de la valeur ajoutée glissant dans l’économie informelle, plaçant souvent les intervenants dans une trappe à précarité dépourvue de protection sociale – concentrerait près de 75 % des activités.

Pour endiguer ce problème perçu comme un fléau, les pouvoirs publics ont implémenté par vagues successives des dispositifs incitant à déclarer les activités de services à la personne, notamment la loi de 1991 octroyant une réduction fiscale de 50 % aux particuliers-employeurs et la création, par le plan Borloo en 2005, du chèque emploi service universel (dit CESU à déclarer à l’URSSAF).

Depuis, on observe une forte progression d’interventions à domicile sous le statut d’auto-entrepreneur conjointement au statut de salarié CESU à domicile, avec une explosion des organismes de services à la personne, notamment dans le domaine des cours particuliers (on pense, évidemment à la plateforme de Superprof).

Les cours particuliers en tant que service à la personne

Nos professeurs particuliers à domicile, comme tout intervenant salarié à domicile ou les travailleurs indépendants, sont régis par la convention collective nationale des salariés du particulier employeur (n°3180).

C’est le texte qui encadre les dispositions légales – les droits et les devoirs – dans lesquels se déroulent les activités de service à la personne.

Donner des cours de la Seconde au bac : une aubaine pour de nombreux diplômés. Paul, professeur de maths n’a pas de mal à trouver des élèves sur Superprof !

Avec un chiffre d’affaires estimé à 2 milliards d’euros, la France est le leader du cours particulier en Europe.

C’est de plus une activité qui est indiscutablement très rentable en termes de finances publiques : 1 million d’élèves auraient recours au coaching scolaire chaque année et ce phénomène permettrait à l’État d’économiser 360 millions d’euros par an grâce à la maîtrise des coûts liés au problème du redoublement.

Ceci dit, c’est un chiffre bien faible cependant pour les finances publiques, à mettre en nuance avec des sommes astronomiques engagées officiellement pour l’emploi : le crédit-impôt-compétitivité-emploi (CICE), proposant des exonérations de cotisations sociales aux entreprises, mis en place en 2014, a coûté 20 milliards d’euros en 2017 et son efficience est souvent remise en cause…

En France, les cours privés concernent donc un élève sur douze alors que l’on constate une hausse des inégalités et des difficultés scolaires, du primaire au niveau collège lycée (brevet des collèges, niveau bac) en passant par la préparation aux examens et les concours d’entrée aux grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC), ou les concours d’accès aux études politiques (IEP).

Chaque année, 40 millions d’heures de cours à domicile donnés par un prof particulier Education Nationale ou sans diplômes sont payées par les parents d’élèves, qui y consacrent en moyenne près de 1 500 € par an, soit l’équivalent d’un mois de salaire brut pour un salarié rémunéré au salaire minimum.

Un constat alarmant selon certains économistes et sociologues, car soutien scolaire et cours particuliers à domicile risqueraient d’accroître les inégalités scolaires, les ménages les plus fortunés étant les seuls capables de consacrer une part de leur budget à l’amélioration des résultats scolaires de leurs enfants.

Le sociologue Français R. Boudon (1934-2013) avait par ailleurs déjà montré dans L’inégalité des chances (1973) que l’éducation et faire des études supérieures génèrent un sacrifice, un surcoût pour les ménages issus de catégories défavorisées, qui préfèrent s’insérer tôt sur le « marché du travail » plutôt que d’investir dans une éducation longue où les chances de réussite sont très incertaines.

Néanmoins, donner cours particuliers en ligne en tant qu’acteur du service à la personne, demeure un puissant outil de prophylaxie sociale au service de la lutte contre l’échec scolaire – ou pire la phobie scolaire -, et de faire progresser son apprenant, qu’il s’agisse d’apprendre une langue, de perfectionner certaines matières scientifiques ou littéraires.

Telle est la mission de nos professeurs.

Être prof particulier, c’est travailler à son compte

Donner des cours tous niveaux aux collégiens et élèves de Terminale, c’est se demander sous quel statut va-t-on travailler : salarié CESU auprès de familles particulier-employeurs, ou en travailleurs indépendant sous microentreprise ?

Les enjeux du métier d'enseignant : autonomie, indépendance, rigueur. Pour être professeur à domicile, il faut savoir être indépendant.

Dans les deux cas, cette variante du métier d’enseignant peut s’accompagner d’une certaine précarité : tributaire des élèves souhaitant prendre des cours, on a du travail durant l’année scolaire – encore que davantage d’élèves n’affluent qu’au printemps lorsque se rapproche l’épreuve du baccalauréat -, mais on n’a plus rien pour arrondir ses fins de mois en été durant les vacances scolaires.

Un côté bénéfique : on ne se lève pas à 7 heures pour aller au bureau à 8 heures et n’en sortir qu’à 17 heures et subir la pression d’une hiérarchie stressante et le lien de subordination entre salarié et employeur peut être plus facile à supporter.

La question du salaire net et du prix cours particulier entre aussi en ligne de compte : combien vais-je facturer mes heures de cours (avec un numéro de SIRET), quelle est la part des cotisations sociales à payer (sous le régime CESU déclaratif), quel tarif horaire proposer ?

On peut gagner de l’argent en multipliant les sources de financement (Superprof, Cours Legendre, Acadomia, Completude, réseaux sociaux, bouche à oreille, site d’annonces gratuites, etc.) mais il faut avoir la fibre pour être capable de travailler à son propre compte.

C’est-à-dire, être constamment en recherche de personnes à qui dispenser des cours car chaque contrat de travail ne durant qu’une heure de cours, un élève peut abandonner du jour au lendemain.

Il faut aussi agir avec pédagogie, car un enseignant ou une enseignante à domicile doit s’adapter à chaque élève : on ne fait plus un même cours pour une classe de 35 élèves, mais 35 cours pour un seul et même chapitre du programme scolaire.

Outre la méthode d’apprentissage déployée et la pédagogie, il faut aussi être mobile – on se déplace aux quatre coins de sa ville -, flexible et disponible en dehors des heures de cours du second degré et de l’enseignement secondaire : cours du soir, cours pendant les vacances scolaires, les weekend et jours fériés (sans majoration de salaire net).

Mais en dépit des ces inconvénients du cours privé, les cours particuliers offrent un suivi régulier et une relation de confiance entre l’apprenant et le professeur. Celui-ci a réellement le temps de chasser les lacunes et de prendre du temps pour faire progresser rapidement une notion mal acquise en classe.

C’est, en dernier lieu, source de gratification : les parents d’élèves sont contents de voir arriver le professeur particulier car ils espèrent que leur enfant reprendra goût à l’apprentissage et les bonnes expériences de cours peuvent donc se traduire par un florilège d’éloges.

Tout cela, à condition que les deux parties respectent leurs droits et devoirs…

Les enjeux du cours particuliers : droits et devoirs

Les respect des droits et devoirs est afférent aux dispositions légales (comme la déclaration cours particuliers) qui encadrent une activité professionnelle, comme l’obligation de moyens ou la déclaration des heures de cours à l’administration fiscale.

Dans un premier lieu, les cours particuliers à domicile doivent faire l’objet d’une déclaration à l’administration fiscale, sans laquelle cette dernière considère qu’il s’agit de travail dissimulé, ou travail au noir.

Une pratique très répandue et pourtant punie durement par l’article L8221-5 du Code du travail.

Pour déclarer ses revenus, le ou la professeure doit éditer une facture s’il/elle est indépendant(e), avec ses coordonnées, son numéro de SIRET, sa dénomination sociale et la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».

En cas de recrutement salarié, le meilleur moyen pour déclarer ses revenus est de passer par le CESU déclaratif : la famille s’inscrit comme particulier-employeur auprès de l’URSSAF, reçoit un carnet de coupons – appelés volets sociaux – pour déclarer les salaires versés et le nombre d’heures effectuées à l’URSSAF.

Le paiement des heures peut se faire au moyen de tout paiement conventionnel (espèces, chèque ou virement). Ensuite, les cotisations sociales seront prélevées sur le compte bancaire de la famille et l’enseignant recevra une attestation d’emploi valant bulletin de salaire.

Cette démarche est fondamentale pour que l’intervenant puisse bénéficier d’une couverture sociale complète en cas de maladie, de chômage ou pour sa retraite.

Y déroger fait courir le risque de s’exposer au remboursement de tous les frais en cas d’accident du travail ainsi qu’à des poursuites pénales et civiles.

On précisera que le chèque emploi-service universel vaut contrat de travail si le professeur de soutien à domicile intervient moins de 8 heures par semaine chez son élève ou par fractions de moins de quatre semaines consécutives.

Au-delà, la rédaction d’un contrat de travail à durée indéterminée sera obligatoire.

Les réformes passées et futures

La politique éducative est sans doute celle qui a subit le plus de réformes ces vingt dernières années avec la sécurité sociale, l’emploi et le chômage.

L'avenir du soutien scolaire : débat en cours... Selon les détracteurs des réformes de l’État, l’Éducation Nationale ressemble à une pelote de laine que l’on débobine…

Chaque ministre de l’Éducation Nationale ou de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche met en effet son projet de loi sur la table à chaque législature depuis plusieurs décennies.

L’enseignement a subi de nombreuses transformations en effet :

  • Réforme du lycée (2010),
  • Mise en place de l’accompagnement personnalisé au niveau collège lycée (2010),
  • Réforme des rythmes scolaires (2013),
  • Implémentation d’enseignements pluridisciplinaires avec la réforme du Collège (2016),
  • Réforme du bac (horizon 2021) prévoyant la suppression des séries L, ES et S et tant d’autres…

On ne peut énumérer tous les projets de lois – améliorant ou détériorant l’éducation selon l’opinion que l’on a – entrés en vigueur depuis dix ans et ceux prévus.

Depuis fin 2017, une nouvelle mesure du gouvernement E. Philippe – présentée par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale – vient planter une épine dans le pied du secteur de l’accompagnement scolaire.

En effet, lundi 6 novembre 2017, est entrée en vigueur une réforme visant à inciter les élèves du second degré à suivre une heure de soutien scolaire gratuit par jour à l’issue de leur journée de cours, soit quatre heures par semaine.

Le dispositif est censé lutter contre les inégalités et offrir un service de soutien scolaire gratuit aux élèves souffrant de difficultés scolaires. Cette mesure serait généralisable à l’école primaire pour la rentrée scolaire de 2019.

D’un côté, c’est bénéfique que les élèves puissent, s’ils le souhaitent, prendre des cours de remise à niveau ou de rattrapage gratuitement pour consolider leurs acquis dans toutes matières.

Quand c’est gratuit, il n’y a plus de discrimination sociale liée au revenu ou à la classe sociale.

On apprécie aussi le fait que ce soit l’institution scolaire qui se charge elle-même de combler ses propres laxismes.

Mais ces heures seront-elles vraiment facultatives, dispensées selon le bon vouloir des élèves, ou obligatoires en cas de mauvaises notes ?

Comment les personnels qui seront chargés d’effectuer cette heure supplémentaire par jour – les professeurs volontaires, les enseignants, les assistants d’éducation, les jeunes en service civique et les associations – seront ils rémunérés ?

Le salaire des assistants d’éducation et des enseignants certifiés ou agrégés déjà en postes sera-t-il majoré ?

Les élèves en situation d’échec scolaire – déjà fragilisés voire dégoûté du système scolaire – seront-ils enclins à rester quatre heures de plus par semaine à leur établissement scolaire ?

Le soutien scolaire à domicile pourra-t-il « survivre » à cette mesure ?

Autant de questions qui risquent de réchauffer les débats à venir !

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