Le propre du pianiste n'est pas d'ignorer la technique mais de l'oublier.
Alfred Corto
Vous avez pris des cours de piano pendant plusieurs années et vous cherchez à maîtriser des morceaux de piano durs pour vous challenger ?
Avec des bases solides, vous pourrez jouer des morceaux plus complexes qui demandent une maîtrise précise, une rapidité d'exécution et une endurance à toute épreuve.
Plongez dans l'univers du piano et découvrez ou redécouvrez 20 morceaux de piano parmi les plus difficiles à jouer. Notre liste n'est évidemment pas exhaustive (vous pouvez trouver d'autres morceaux pour vous inspirer en commentaire et ajouter votre pierre à l'édifice si vous le souhaitez).
| Morceau | Difficulté technique /10 | Difficulté harmonique /10 | Difficulté interprétative /10 | Total /30 |
|---|---|---|---|---|
| Scarbo (Gaspard de la nuit) – Ravel | 10 | 9 | 9 | 28 |
| Opus Clavicembalisticum – Sorabji | 10 | 9 | 9 | 28 |
| Œuvres pour piano – Xenakis | 9 | 9 | 9 | 27 |
| Études d’exécution transcendante – Liszt | 10 | 8 | 8 | 26 |
| Islamey, Op. 18 – Balakirev | 10 | 8 | 8 | 26 |
| Symphonie n°5 (transcription piano) – Beethoven | 9 | 7 | 8 | 24 |
| Polonaise héroïque – Chopin | 9 | 7 | 8 | 24 |
| Sonate pour piano n°7 – Scriabine | 8 | 8 | 8 | 24 |
| Trois Études, Op. 18 – Bartók | 8 | 8 | 7 | 23 |
| Toccata en ré mineur – Bach | 8 | 7 | 7 | 22 |
| Georgia On My Mind – Ray Charles | 6 | 7 | 9 | 22 |
| Maple Leaf Rag – Scott Joplin | 8 | 7 | 7 | 22 |
| Life on Mars – David Bowie | 6 | 7 | 8 | 21 |
| Sonate pour piano n°18 – Mozart | 7 | 6 | 7 | 20 |
| The Duel of the Fates – John Williams | 7 | 6 | 7 | 20 |
| La groupie du pianiste – Michel Berger | 7 | 6 | 7 | 20 |
| Sonate n°14 « Clair de lune » – Beethoven | 6 | 6 | 8 | 20 |
| Boléro – Ravel (transcription piano) | 6 | 5 | 8 | 19 |
| Main Theme (Interstellar) – Hans Zimmer | 6 | 5 | 7 | 18 |
| Gollum’s Song – Howard Shore | 5 | 5 | 7 | 17 |
Les critères qui définissent la difficulté d'un morceau de piano
Avant de plonger dans notre sélection des morceaux les plus redoutables du répertoire pianistique, il convient de comprendre ce qui rend une œuvre véritablement difficile. La difficulté au piano ne se résume pas à la vitesse d'exécution : elle englobe plusieurs dimensions qui mettent à l'épreuve les capacités du pianiste.
⚙️ La complexité technique
🎭 Les exigences émotionnelles et d'interprétation
💪 L'endurance physique (et mentale)
Critère n°1 : la complexité technique
La virtuosité technique constitue le premier défi pour tout pianiste1.
Elle se manifeste à travers :
Des passages rapides
Qui demandent une agilité exceptionnelle des doigts
parfois à des tempos vertigineux dépassant les 200 bpm
Les sauts étendus
Qui obligent le pianiste à couvrir rapidement de grandes distances sur le clavier
ce qui exige une précision millimétrique pour éviter les fausses notes !
Les accords complexes
Qui sollicitent l'extension maximales de la main
Certaines pièces demandant même d'atteindre des intervalles de dixième ou plus.
Le travail simultané de rythmes différents
Les traits d'octave, les trilles prolongés, les passages en doubles notes, les polyrythmes...
Critère n°2 : les exigences émotionnelles et interprétatives
Au-delà de la prouesse technique, les œuvres les plus difficiles demandent une maturité musicale profonde. Le pianiste doit transcender la partition pour transmettre des émotions subtiles : la mélancolie poignante d'une ballade, l'héroïsme d'un scherzo ou la spiritualité d'une fugue.
Cette dimension interprétative suppose une compréhension intime du style du compositeur, de son contexte historique et de ses intentions artistiques. Certaines œuvres exigent des contrastes dynamiques extrêmes, du pianissimo le plus délicat au fortissimo le plus puissant2.

Critère n°3 : l'endurance physique et mentale
Enfin, jouer certaines pièces monumentales relève de l'exploit athlétique.
Des œuvres dépassant 30 minutes requièrent une concentration absolue et une résistance physique presque comparable à celle d'un marathonien. Le pianiste doit gérer sa fatigue musculaire tout en maintenant la même intensité interprétative du premier au dernier accord, sans perdre sa précision technique ni sa clarté sonore3.
Les morceaux de piano classiques les plus difficiles à jouer
On a souvent tendance à dire que les morceaux de musique classique, composés par les meilleurs pianistes du monde, sont les plus difficiles à jouer. Heureusement, beaucoup de morceaux de classique sont aussi utilisés pour l’apprentissage du piano. Apprendre des morceaux difficiles, c'est se frotter à ses propres limites. Et surtout, c'est l'occasion de progresser rapidement en jouant du piano.
Ici, pas de conservatoire ou de théorie musicale, ni de solfège ! C'est votre motivation qui sera votre plus grande source de progrès dans le but d'apprendre à jouer du piano. Il faudra persévérer dans vos cours de piano.
Alors quels morceaux de musique classique sont les plus difficiles ? Des morceaux de Chopin, Liszt, Debussy, Brahms, Schumann, Saëns, Prokofiev ?...
N°1 : Symphonie n°5 (transcription piano) – Ludwig van Beethoven
Un morceau légendaire, composé par un musicien de génie. Vous avez probablement déjà entendu ces notes dans les films « Le jour le plus long » ou encore « La Fièvre du Samedi Soir ».
Composé de quatre mouvements (Allegro con Brio, Andante con moto, Scherzo, et le Finale), et d’une durée approximative de quarante minutes, la cinquième symphonie de Beethoven est l’un des chefs d’oeuvre de l’autrichien.
Pour l’anecdote, la composition de cette musique a été faite pendant les guerres napoléoniennes, alors que l’Autriche était envahie par la France4.
Quelques années plus tard, cette symphonie a été désignée comme œuvre de référence, et une des plus populaires de la musique classique.
N°2 : Sonate n°14 « Clair de lune » – Ludwig van Beethoven
Surnommée Sonate au Clair de lune, elle a été composée en 1801 et publiée en 1802 avec une dédicace à la comtesse Giuletta Guicciardi. C'est surtout le 3e mouvement qui est très complexe dans cette sonate. Caractérisé par un retour à la sombre tonalité de do dièse mineur et un tempo très tendu, ce mouvement est le plus long et le plus technique de la sonate.
L'écriture pianistique regroupe des arpèges, des sforzandos et des octaves pour un sentiment de musique puissante, voire violente.
Le 3e mouvement a été une source d'inspiration pour la Fantaisie Impromptue de Chopin, également écrite en do dièse mineur et très difficile à jouer5.
N°3 : Sonate pour piano n°18 – Wolfgang Amadeus Mozart
Inutile de présenter Mozart, considéré par beaucoup comme le plus grand virtuose de l’histoire du piano.
De par sa précocité, et également de par la difficulté et la complexité de ses compositions (qui n’a pas en tête sa fameuse flûte enchantée, opéra de plus de deux heures), les sonates pour piano de Mozart sont parmi les plus difficiles à jouer.
Et la 18 offre un panel technique impressionnant. Des alternances de rythmes, des changements de doigtés et de vitesses. On peut clairement dire qu’on est un pianiste avec de grosses capacités lorsqu’on maîtrise les sonates de Mozart, et plus particulièrement la 18 !
Le saviez-vous ? Bien que compositeur reconnu de son vivant, Mozart accumulait les dettes. Il dépensait, semblait-il, sans compter !6
N°4 : Polonaise Héroïque – Frédéric Chopin
Les morceaux de piano de Chopin sont connus et reconnus dans le monde entier. Mais pour se frotter à certaines de ses créations, il faudra être un virtuose.
L'opus 53 est une polonaise pour piano composée en 1842. C'est un chef-d'oeuvre du compositeur polonais, et l'un de ses morceaux les plus célèbres. La pièce est très exigeantes et demande des compétences exceptionnelles au piano classique, ainsi qu'une grande virtuosité pour être capable de la jouer. C'est l'un des morceaux les plus difficiles du répertoire du piano seul !
Arthur Rubinstein fit de la Polonaise Op. 53 un emblème de la fierté polonaise en exil. Ses concerts aux États-Unis pendant la guerre mobilisaient la diaspora polonaise autour de Chopin, symbole de résistance culturelle.7
N°5 : Toccata en ré mineur – attribuée à Jean-Sébastien Bach
Tout le monde a déjà entendu cette musique, la musique référence écrite pour les orgues par Bach. Créée en trois épisodes, elle a pris quatre ans pour être écrite.
Très vite entrée dans la culture populaire, le XXe siècle donne un aspect intemporel à ce morceau. Il est repris au cinéma dans Fantasia, 20 000 lieues sous les mers, Le Parrain ou encore Aviator et Pirates des Caraïbes.
Des premières notes entrées dans l’histoire, et une mélodie aussi belle que difficile avec les accélérations et l’adaptation piano.
Ce morceau est controversé au départ puisque revendiqué par le sulfureux compositeur Ringk puis Kellner. Il est finalement attribuée définitivement à Bach lorsqu’il était jeune8.
N°6 : Études d’exécution transcendante – Franz Liszt
Cycle de 12 études composées entre 1826 et 1852, Liszt les révisa trois fois. La version finale de 1852 étant légèrement plus accessible qu'au départ (une aubaine !).
Ces pièces repoussent les limites techniques du piano : sauts, octaves, doubles notes... En plus, elles portent des titres évocateurs (Mazeppa, Feux follets, Chasse-neige).
Voici le tutoriel pour l'une d'elles :
Les Études d'exécution transcendante repoussèrent tellement les limites techniques que même les virtuoses contemporains les jugeaient quasi-injouables. Leur difficulté légendaire contribua à forger le mythe de Liszt comme "pianiste-démon".9
Les morceaux de piano contemporains et modernes les plus durs
Continuons avec quelques-uns des morceaux de piano contemporains (à partir de la fin du XIXe siècle) les plus complexes à aborder.
N°7 : Scarbo (Gaspard de la nuit) – Maurice Ravel
Gaspard de la nuit est un triptyque composé par Maurice Ravel en 1908. Sa noirceur et son extrême difficulté en ont fait une des œuvres les plus emblématiques de son auteur (même si vous connaissez plus probablement son Boléro).
Ce morceau a une structure ternaire : une apparition, un paroxysme et une disparition.
Maurice Ravel déclara qu'il avait voulu composer avec Scarbo "une pièce plus difficile que Islamey de Balakirev", considérée jusque-là comme le sommet de la virtuosité pianistique (et il faut croire que c'est réussi !)10
N°8 : Le Boléro – Maurice Ravel
Sans doute l’un des plus beaux ballets du XXe siècle. Là encore, vous avez probablement entendu cette musique de la pub des assurances AGF au début des années 2000. Une belle mélodie entraînante, d’une durée de 15 minutes environ.
La mélodie se répète régulièrement pendant le morceau mais les variations en crescendo et en orchestration donnent à cette oeuvre singulière un aspect original, voire unique.
Il est le morceau de ballet le plus joué dans les grands opéras mondiaux depuis les années 1930, et même lors d’évènements comme la Coupe du Monde 1998 ou encore la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Sotchi en 2014.
N°9 : Islamey, Op. 18 – Mili Balakirev
Oeuvre musicale pour piano du compositeur russe Mili Balakirev, Islamey, opus 18, a été composé en 1869. Très exigeante techniquement, c'est l'une des pièces les plus difficiles à exécuter.
Il s'agit d'une fantaisie orientale inspirée par un voyage au Caucase. Balakirev utilise deux thèmes : une danse circassienne et une mélodie tartare.
A ne pas mettre entre les mains d'un débutant !
N°10 : Trois Études, Op. 18 – Béla Bartók
Composées en 1918, ces trois études explorent le langage moderne de Bartók : la polytonalité, les dissonances percussives et les rythmes bulgares irréguliers. Moins connues que Allegro barbaro, elles sont pourtant d'une audace harmonique révolutionnaire pour l'époque.
Bartók déclarait : "Ce que vous appelez 'dissonance' est simplement un son que vous n'avez pas encore appris à aimer." Profondément attaché à l'authenticité du folklore hongrois, il exigeait de ses interprètes qu'ils respectent la rudesse expressive de ses compositions.11
N°11 : Sonate pour piano n°7 – Alexander Scriabine
Composée en 1911, cette sonate marque le tournant mystique et extatique de Scriabine. Surnommée "Messe blanche" (par opposition à la Sonate n°9 "Messe noire"), elle évoque une célébration spirituelle lumineuse.
environ.
Un seul mouvement de 12 minutes environ et des harmonies ultra-chromatiques préfigurant l'atonalité : Scriabine voulait créer une musique cosmique, quasi-religieuse.
N°12 : L'Œuvre pour piano – Iannis Xenakis
Difficile de choisir tant les pièces composées par le grec Iannis Xenakis sont complexes à reproduire au piano.
Né en 1922 et décédé en 2001, le compositeur est le premier Européen à utiliser un ordinateur pour composer de la musique. Il a créé la musique stochastique (n'hésitez pas à vous renseigner sur le sujet, c'est intéressant pour tout pianiste qui souhaite enrichir sa culture musicale).
Il n'y a même pas de tutoriel vidéo pour apprendre cette pièce, tant c'est compliqué !
N°13 : Opus Clavicembalisticum – Kaikhosru Sorabji
selon interprétation !
Composée 1929-1930 par Kaikhosru Shapurji Sorabji (compositeur britannique d'origine parsi), cette oeuvre suit une structure précise : 12 sections incluant trois fugues gigantesques, des variations, une passacaille de 81 variations et une cadenza monstre.
Seuls quelques pianistes l'ont jouée intégralement en public. Virtuosité transcendante, polyphonie extrême, influences Busoni/Godowsky. Cette oeuvre-culte est ultra-confidentielle et demande une virtuosité transcendante et une polyphonie extrême.
Les morceaux de piano de films difficiles à jouer
Les musiques de film prennent une nouvelle dimension depuis quelques années en comptant tout autant que le film lui-même : elles se devaient figurer dans ce palmarès.
Elles sont techniquement de très haut niveau et exigent des capacités pianistiques importantes. Ce qui n'est clairement pas adapté aux premiers cours de piano. Bien souvent, l’objectif est de muscler l’apprentissage pour arriver à jouer ces morceaux-là le plus rapidement possible !
N°14 : Gollum’s Song (Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours) – Howard Shore
C'est la chanson qu'on retrouve à la fin du film Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours (2002). Elle a été composée par Howard Shore, avec des paroles de Fran Walsh, et une interprétation par Emilíana Torrini.
L'atmosphère est sombre, mélancolique, et évoque la dualité tragique de Gollum et Sméagol. Au piano, il est important de maîtriser la tonalité mineure, ainsi qu'une progression harmonique lente et plaintive.
Fran Walsh, la parolière, n'est autre que la femme de Peter Jackson !
N°15 : Main Theme (Interstellar) – Hans Zimmer
Comment ne pas parler des morceaux de piano difficiles mais tellement beaux à jouer sans parler du maître Hans Zimmer. Digne successeur de John Williams, l’allemand est LA référence en matière de musiques de film.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec la bande originale d’Interstellar, il a mis le paquet. Une musique tout en longueur, avec des accélérations rythmiques et mélodiques. C’est un morceau tout en puissance et tout en crescendo.
Comme dans pas mal de musiques d’Hans Zimmer, la base de sonorité n’est pas techniquement de très haut niveau. Ce sont les changements rythmiques et variations de sonorité qui font de ce morceau un modèle de musique de film compliqué à reproduire au piano.
Zimmer composa le thème principal AVANT de voir le film ! Nolan lui envoya simplement une page de texte décrivant une relation père-enfant, sans révéler le projet. Zimmer composa très rapidement au piano, pensant à ses propres enfants. Quand Nolan entendit le résultat, il décida que l'orgue d'église serait l'instrument central de la B.O.12
N°16 : The Duel of the Fates (Star Wars : Episode I) – John Williams
C'est un morceau choral épique de Star Wars : La Menace fantôme (1999), composé par John Williams. La musique accompagne le combat entre Qui-Gon/Obi-Wan et Dark Maul.
La transcription au piano complexe reproduit l'orchestre et chœur. Une tonalité en ré mineur, un rythme obsessionnel 12/8 et des influences Wagner (Ride of the Valkyries) pour une énergie martiale intense !
Le paroles chantées par le choeur sont en sanskrit (il s'agit d'un poème celtique traduit).
Les morceaux de variété et jazz les plus durs au piano
Les morceaux de variétés font partie intégrante de la culture musicale. Et contrairement à ce que l’on peut parfois penser, ces morceaux peuvent être difficiles et peuvent servir de base pour des cours de piano. On cite également quelques morceaux de jazz, qui demandent une oreille musicale très développée.
N°17 : Life on Mars – David Bowie
Que dire de cette chanson, qui est passée dans une autre dimension avec le décès de David Bowie au début de l’année 2016. L’un de ses plus grand succès est bâti sur une mélodie pianistique simple, mais d’une intensité rare.
Bien qu’elle puisse être considérée comme répétitive, cette musique (un peu comme celle de Michel Berger) repose sur l’intensité et sur le fait de faire monter l’intensité crescendo.
Ce qui donne au final une mélodie culte, dont il est difficile de retranscrire l’émotion !
Bowie composa cette chanson comme réponse sarcastique à "My Way" ! En 1968, il avait écrit des paroles pour "Comme d'habitude" (Claude François), mais Paul Anka racheta les droits et créa "My Way" sans lui. Frustré, Bowie voulut écrire une chanson aussi grandiose mais artistiquement supérieure.13
N°18 : Georgia On My Mind – Ray Charles
Les pianistes qui s’intéressent à la culture musicale autour de leur instrument savent que le jazz est un genre à part, qui n’est pas donné a tout le monde. Et Ray Charles est probablement le plus grand virtuose dans ce domaine.
Sa musique est complète, intemporelle, et également très difficile à retranscrire.
C'est l'un des morceaux romantiques les plus marquants de Ray Charles. La difficulté dans ce morceau ne réside pas dans le rythme, mais bien dans la mélodie elle-même. Pour jouer ce morceau, il faut le ressentir, le comprendre. Et avoir bien conscience du sens et des paroles. Chez Ray Charles, les deux sont liés. C’est en cela que réside la difficulté.
N°19 : La groupie du pianiste – Michel Berger
En France, Michel Berger est une référence en matière de piano, et de création musicale. Un nombre très important de grands tubes sont à mettre à son actif. Il a écrit pour lui, mais aussi pour les plus grands.
Et s'il fallait sortir une chanson qui représente à elle toute seule le génie de ce compositeur, La Groupie du Pianiste est l’exemple parfait.
Une mélodie parfaitement rodée, aux accords liés de manière fluide entre eux. Une chanson difficile non pas techniquement, mais dans la gestion des rythmiques et des émotions données par ses chansons. Un vrai morceau complet pour piano et les cours de piano, qui est très difficile à rendre aussi beau que l’original joué par Michel Berger.
N°20 : Maple Leaf Rag – Scott Joplin
C'est l'un des ragtimes les plus connus utilisé dans la bande-annonce du film The Sting, sorti en 1973. Composé en 1899, il ne rencontre pourtant pas le succès à sa sortie et tombera dans l'oubli (jusqu'au film).
Si vous voulez l'interpréter convenablement, c'est l'une des pièces les plus difficiles du ragtime.
Joplin vendit les droits de Maple Leaf Rag à l'éditeur John Stark pour seulement 50 dollars et des royalties de 1 cent par partition vendue. Malgré un succès colossal (plus de 500 000 ventes), Joplin ne devint jamais riche et mourut dans le dénuement en 1917, au Manhattan State Hospital, totalement oublié. Joplin reçut le Prix Pulitzer posthume en 1976, 59 ans après sa mort...14
Nos conseils pour jouer des morceaux difficiles au piano
S'attaquer à un morceau ambitieux nécessite une méthodologie rigoureuse et une approche équilibrée entre technique et musicalité. Voici quatre stratégies éprouvées pour progresser efficacement et surmonter les défis pianistiques les plus redoutables.
Conseil n°1 : adoptez une méthode de travail progressive
La clé du succès réside dans la patience et la décomposition.
Travaillez main par main
Au ralenti
Utilisez un métronome pour garantir la régularité rythmique.
Divisez l'oeuvre
En sections de 4 à 8 mesures maximum
Un passage complexe devient beaucoup plus abordable lorsqu'il est isolé.
Augmentez progressivement le tempo
Par paliers de 5 à 10 BPM
Une fois chaque fragment maîtrisé.
Fixez des objectis précis et mesurables
"Cette semaine, je maîtrise les mesures 12 à 20 à tempo 80"
Plutôt qu'un vague "je vais travailler le morceau"
Cette approche structurée transforme une montagne insurmontable en une succession d'étapes franchissables3.
Conseil n°2 : développez votre interprétation dès le début
Ne tombez pas dans le piège du "d'abord la technique, ensuite l'expression". Intégrez les nuances dynamiques et l'expressivité dès vos premières répétitions lentes.
Chaque phrase musicale porte une intention : interrogez-vous sur le caractère à transmettre (mélancolie, joie, tension, apaisement). Jouez avec votre sensibilité personnelle plutôt que de copier mécaniquement une interprétation.
Un passage travaillé sans musicalité restera froid même à tempo final, tandis qu'un jeu expressif dès le départ s'enrichit naturellement avec la vitesse1.
Conseil n°3 : analysez et écoutez activement
Avant même de toucher le clavier, lisez attentivement la partition :
- Repérez la structure formelle (exposition, développement, réexposition), les modulations harmoniques, les changements de tempo et les pièges rythmiques.
- Identifiez les passages techniques qui nécessiteront un travail supplémentaire.
- Écoutez ensuite plusieurs interprétations de référence (Glenn Gould vs Martha Argerich pour un même Bach, par exemple) pour comprendre la diversité des choix artistiques possibles.
Cette écoute comparative nourrit votre propre vision et vous évite de reproduire passivement une seule version.
Conseil n°4 : faites-vous accompagner par un prof particulier de piano
Un regard extérieur expert accélère considérablement vos progrès.
Un professeur particulier détecte instantanément les défauts de posture, les crispations musculaires ou les erreurs d'interprétation que vous ne percevez pas seul.
Il adapte le programme de travail à votre niveau spécifique et propose des exercices ciblés pour débloquer vos difficultés. Au-delà de l'aspect technique, ce soutien motivant est précieux dans les moments de découragement face à un passage récalcitrant.
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Et pour vous, c'est quoi le morceau le plus difficile au piano ?
Sources
- Neuhaus, Heinrich. The Art of Piano Playing. Kahn & Averill, 1993. Disponible à https://share.google/KSOvLrxTNyxkaVsdq. Consulté le 20 janvier 2026
- Rosen, Charles. Piano Notes: The World of the Pianist. The Free Press, 2002. Disponible à https://archive.org/details/pianonotesworldo0000rose. Consulté le 20 janvier 2026
- Sandor, Gyorgy. On Piano Playing: Motion, Sound and Expression. Schirmer Books, 1981. Disponible à https://archive.org/details/onpianoplaying0000unse/page/n5/mode/2up. Consulté le 20 janvier 2026
- "Symphonie no 5 de Beethoven." Wikipédia, Wikimedia Foundation, 20 janv. 2026. Disponible à fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_no_5_de_Beethoven. Consulté le 20 janvier 2026.
- "Sonate pour piano no 14 de Beethoven." Wikipédia, Wikimedia Foundation, 15 janv. 2026. Disponible à fr.wikipedia.org/wiki/Sonate_pour_piano_no_14_de_Beethoven. Consulté le 20 janvier 2026
- "8 choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur Mozart." Geo.fr, Prisma Media. Disponible à www.geo.fr/histoire/8-choses-que-vous-ne-saviez-peut-etre-pas-sur-mozart-214689. Consulté le 20 janvier 2026.
- Rubinstein, Arthur. My Many Years. Knopf, 1980. Disponible à https://archive.org/details/mymanyyears0000rubi. Consulté le 20 janvier 2026
- Toccata et fugue en ré mineur." Wikipédia, Wikimedia Foundation, 20 janv. 2026. Disponible à fr.wikipedia.org/wiki/Toccata_et_fugue_en_ré_mineur. Consulté le 20 janvier 2026
- Walker, Alan. Franz Liszt: The Virtuoso Years. Cornell University Press, 1987. Disponible à https://archive.org/details/franzliszt0000walk. Consulté le 20 janvier 2026
- Orenstein, Arbie. Ravel: Man and Musician. Columbia University Press, 1975, p. 89. Disponible à https://archive.org/details/ravelmanmusician0000oren_t3u7. Consulté le 20 janvier 2026
- Gillies, Malcolm. Bartók Remembered. Faber & Faber, 1990. Disponible à https://archive.org/details/bartokremembered0000gill_k1q3. Consulté le 20 janvier 2026
- Zimmer, Hans. Interviews. The Hollywood Reporter, novembre 2014 ; Interstellar: Inside the Making, Paramount Pictures, 2014. Disponible à https://www.hollywoodreporter.com/news/general-news/composer-hans-zimmer-talks-interstellar-745891/. Consulté le 20 janvier 2026
- Pegg, Nicholas. The Complete David Bowie. Titan Books, 2016. Disponible à https://archive.org/details/completedavidbow0000pegg. Consulté le 20 janvier 2026
- Berlin, Edward A. King of Ragtime: Scott Joplin and His Era. Oxford University Press, 1994. Disponible à https://www.edwardaberlin.com/_i_king_of_ragtime__scott_joplin_and_his_era__i___oxford_university_press__1994___130281.htm. Consulté le 20 janvier 2026
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Le passage sur Yahn Thiersen et Ludovico ou je ne sais quoi, j’ai explosé de rire, merci. Oh bah oui dis-donc, quelle grande difficulté de répéter tout le temps la même chose, oh et je savais pas qu’il existait des morceaux pour gaucher ou droitier. Mais merci pour le fou rire
Ce post concerne différents niveaux de difficulté si vous ne l’aviez pas compris…
Mieux, il ont meme pas mis des morceau de Liszt, alors qu’ils sont extrêmement difficiles a jouer (exemple: mazeppa (et toutes les étude d’exécution transendantes), Waldesraushen, un sospiro,
Histoire de parler vraiment de difficulté :
– Alkan – Etude Op. 39 No. 3
– Czerny – Etude a moll, op 740 #31
– Liszt – Totentanz
Oui, ou
– Messiaen « Par lui tout a été fait »
– Ravel « Gaspard de la Nuit » et plus spécifiquement « Scarbo »
– Balakirev « Islamey »
– sonates de Boulez et Dutilleux
– la plupart des pièces pour piano de Xenakis
– beaucoup d’études de Debussy et Ligeti
Mazeppa (liszt)
Ha ha
Comptine d’un autre été ?
Gaucher ou pas, il n’y a aucune difficulté…
Moi qui m’attendait à voir les études de Bartok Op.18, les Sonates de Scriabin No.5 et 7, Scarbo de Ravel ou même Islamey de Balakirev, me voilà face à des exemples tel que » Comptine d’un autre été » ou » Fly » de Einaudi. Je suis désappointé.
Vous n’êtes pas le seul…
D accord avec vous !!
Bonsoir,
Histoire de reprendre le fil de discussion, j’apporte ma pierre à l’édifice…
Pour commencer, félicitations pour votre blog Thomas, qu’importe parfois les critiques négatives, nul ne fait l’unanimité. Sans compter que vous contribuez à faire connaître notre bel et noble instrument, et c’est bien là l’essentiel.
Pour ma part, dans les pièces les plus difficiles j’ajouterais le Maestro, j’ai nommé Chopin, et sa magnifique Polonaise Héroïque, bien évidemment.
Ensuite, le troisième mouvement du Clair de Lune de Beethoven, un autre délice.
Lorsque j’écoute ces pièces j’ai la tête dans les étoiles, et à chaque fois je me dis que leurs inspiration était forcément d’origine divine.
Un peu moins difficile, et je l’apprends en ce moment, la Fantaisie Impromptu de Fredo, la 66, que j’aime particulièrement. Un pur délice pour les oreilles.
Je suis d’accord avec vous pour la Toccata de Bach, mais niveau difficulté c’est un cran en-dessous, genre même niveau de difficulté que la Fantaisie Impromptu.
Je comprends la réflexion de l’internaute (Jones) pour Comptine d’un autre été de Yann Tiersen.
Il n’y a pas de difficulté particulière, et « ça doit s’apprendre » au cours du premier cycle, enfin j’imagine au terme de 2 ou 3 ans de piano, pas davantage…
Personnellement, j’aime pas. Ma culture musicale ne va pas si près dans le temps…
Je ne dis pas que le moderne/contemporain est moins bon, c’est juste que cela ne m’intéresse pas. C’est un avis tout à fait personnel.
En fait, on trouve parmi les grands auteurs du répertoire, qu’ils soient baroques, classiques ou romantiques (excusez-moi, ma culture ne va pas au-delà), des oeuvres difficiles, voire carrément compliquées.
Bach, mais aussi Beethoven, Mozart et Chopin en ont écrit leur part, pour ne citer qu’eux.
Sinon, Haydn, Bartok, Schuman, Debussy, Liszt etc.. ont également créées des oeuvres difficiles, très difficiles même pour certaines…
Je vous rejoins sur le fait que la motivation dans l’apprentissage du piano est essentielle.
Mais on ne peut nier l’efficacité du conservatoire et du solfège, surtout lorsqu’il s’agit de jouer des pièces difficiles…
En effet, comment appréhender une oeuvre compliquée, tant au niveau de l’écriture que du jeu, sans connaissance du solfège ? Et comment la retenir cette oeuvre, sans le support qu’est la partition ? Perso, je ne crois pas cela possible.
C’est vrai que l’on peut jouer à l’oreille, on a tous des exemples. Cependant, dans ces conditions, pas question de s’attaquer aux grandes oeuvres du répertoire.
Pas question non plus d’apprendre et de retenir tout un tas de pièces sans connaître le solfège.
Le solfège est indispensable selon moi, de A à Z dans l’apprentissage du piano.
Après, tout déprend du niveau que l’on veut atteindre. Si il s’agit de pianoter, après tout qu’importe.
C’est comme la guitare, on peut jouer à l’oreille un peu tout et n’importe quoi, gratouiller quoi. Mais on ne peut interpréter de grandes pièces classiques sans connaissance du solfège (selon moi, mais je n’ai pas de mémoire…).
Vous l’aurez compris, je suis un fervent défenseur du solfège. Notamment parce-que son apprentissage est à la portée de tous, et ça il faut que tout le monde en soit conscient.
Après, le conservatoire n’est pas une obligation, d’accord.
En revanche, je pense que pour apprendre sérieusement le piano, il faut impérativement un prof particulier, à défaut de conservatoire.
Même si une fois encore, on a tous des exemples de pianistes autodidactes. Ca existe, c’est vrai mais ce n’est pas une généralité.
La « facilité » c’est quand même de suivre un parcours « classique », solfège et apprentissage du piano avec professeur ou conservatoire. Pas forcément indispensable de pousser ses connaissances en musicologie après le solfège, tout le monde ne veut pas composer ou devenir concertiste…
Bref, je vais arrêter de me confier à votre blog.
Vous l’aurez compris, je suis un passionné. J’ai fait trente ans de guitare classique, et je fais du piano depuis 4 ans.
J’ai « la chance » d »être en semi-retraite aujourd’hui, et de disposer de temps.
Alors, j’en profite pour faire un maximum de piano. La seule réelle difficulté en venant de la guitare, ça a été l’ajout de la clef de fa.
Mais bon, c’est juste la continuité descendante de la clef de sol après tout.
Après quelques semaines d’adaptation, elle m’est vite devenue indispensable.
Sans compter que les années de guitare ont été autant de facilité pour l’indépendance des mains, et la force et l’agilité des doigts.
Ca m’a permis de gagner quelques précieuses années, et à mon âge (54), ce n’est pas négligeable.
Je précise que j’ai un prof (conservatoire, 3 cycles), qui vient chez moi 1 heure 30 par semaine. Car même si il est possible d’apprendre avec des vidéos, tutos, méthodes et j’en passe, ça ne remplacera jamais un prof.
J’ai la chance de posséder un magnifique Bechstein queue, et un piano électronique (Yamaha Clavinova), car passée une certaine heure, il n’est plus question de jouer sur un piano traditionnel…
Je me raconte, car mon exemple peut peut-être servir à d’autres, qui sait ?
D’autres qui se poseraient des questions quant à l’utilité du solfège ou d’un prof de piano, ou simplement pour débuter le piano passé un certain âge…
J’ai souvent vu ce genre de questions posées sur les forums.
Bonne soirée à tous, et bonne continuation à toi Thomas.
Christophe,
Bonjour,
Merci beaucoup pour votre commentaire Christophe. Et bon courage dans votre apprentissage du piano.
Bien à vous
bonjour je suis actuellement à ma fin de 1 année de piano j’ai fini fly et una mattina de Ludovico einaudi , pensez-vous que la bo original de interstellar serait impossible ?? Merci
Bonjour, pas du tout, au contraire, elle représente un beau défi. Et l’essentiel n’est évidemment pas d’y arriver parfaitement, mais d’y arriver tout court.
Bonne journée, et bon courage !
Plutôt nul, en tous cas très quelconque
Et bien sur on ne mentionne pas Rachmaninov. Ses 3 premiers concertos sont d’une difficulté remarquable !!
J’allais le faire remarquer.
Je pensais justement à Rachmaninoff !
Pianiste dans ma jeunesse car j ai eu la chance d avoir 1 frère qui avait fait l École Normale …
j ai repris le piano lorsqu une de mes filles s y est mise puis au moment de la RETRAITE.
Et son prof m a dit : AVEC L OREILLE QUE VOUS AVEZ.. .. vous devriez aller accompagner les prêtres à l eglise…. et là. … Miracle ! J ai découvert.. ..1 complémentarité entre les 2 instruments…
Sensibilité du jeu au piano…. et émotion particulière quand j ai eu la chance de jouer de l orgue la nuit dans une abbaye !!!
Le prélude de Rachmaninoff transcrit par Louis Vierne pour l orgue ! 1 vrai régal !!!
Fantastico
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