Usages courants, exemples

Dans la langue courante, objectif est le plus souvent employé soit dans le sens d’impartial, soit dans le sens de factuel. A l’opposé, sont réputés subjectifs les propos, les sentiments qui traduisent une opinion personnelle ou une perception indiscutable de la réalité. « Cette table est rouge et carrée » est un jugement objectif, tandis que l’affirmation « Cette table est laide » est subjective.

« Napoléon a gagné la bataille d’Austerlitz » est le rappel objectif d’un fait historique. L’analyse des causes d’une guerre peut varier d’un historien à l’autre : on aura tendance à qualifier de subjective et non
conforme à la réalité celle qu’on ne partage pas.

Définitions et usages philosophiques

Au sens strict des termes est objectif ce qui appartient à un objet, subjectif ce qui appartient à un sujet. On se trouve donc dans un cas de figure où les définitions sont peu éclairantes.

Lorsqu’on rencontre ces termes dans un texte philosophique, leur sens est déterminé par le contexte théorique ou doctrinal dans lequel ils sont employés.

Selon Kant, l’expérience sensible n’est possible que parce que l’esprit humain met en forme la matière de cette expérience, en lui appliquant les « cadres » de l’espace et du temps, qui sont à la fois des conditions subjectives et objectives de l’expérience. L’espace et le temps sont en effet des formes a priori (antérieures à l’expérience) que le sujet applique à la matière, mais leur universalité garantit qu’il s’agit de formes objectives.

De même, les raisonnements scientifiques mettent en œuvre des procédures à la fois subjectives (c’est le sujet qui raisonne) et objectives (tout sujet rigoureux est contraint de raisonner de la même façon).

L’objectivité n’est donc plus ici l’opposé de la subjectivité ; elle n’est pas la copie de la réalité, mais le résultat de la saisie que tous peuvent partager. On sait du reste aujourd’hui que l’objectivité de la connaissance scientifique ne peut être définie comme la simple conformité de la théorie à la réalité. « Rien ne va de soi. Rien n’est donné.

Tout est construit. », écrit Bachelard au début de la formation de l’esprit scientifique, signifiant par là qu’il n’existe pas à proprement parler de faits objectifs préexistant complètement à l’observation et à l’expérimentation, mais que c’est la connaissance elle-même qui transforme progressivement la réalité
brute en faits distincts, identifiés et expliqués.

Besoin d'un professeur de Philosophie ?

Vous avez aimé l’article ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) 3,50/5 - 10 vote(s)
Loading...

Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !