Introduction

Nous
allons étudier la notion de conscience en philosophie. Nous verrons dans un
premier temps, le concept de conscience au sens socratique du terme, ainsi que
l’adage du « connais-toi toi- même », nous verrons en quoi et comment
la notion de conscience domine chez les anciens et en particulier chez Socrate.
En second lieu, nous analyserons les diverses orientations philosophiques en la
matière.

La notion socratique de conscience

Elle
se reflète dans l’adage socratique du « connais-toi toi même » du
temple de Delphes. La visée philosophique est la connaissance, car la
conscience s’exerce dans l’acte du moi, celui qui pense et dont la conscience
fait retour sur elle-même. Il s’agit dans ce cas de figure d’une conscience
réflexive, la pensée se pense elle-même. Pour reprendre la terminologie
socratique, nous dirons que l’âme est assimilée à l’être pensant. La
réflexivité nous situe sur le plan de la subjectivité comme relation à soi et
comme ce qui constitue l’essence de l’homme. Se connaitre soi même dans
l’antiquité et plus particulièrement au sens socratique du terme nous éclaire
sur la notion de sagesse, c’est une invitation à la connaissance de soi, notion
très grecque qui se traduit également dans les pièces de théâtre de l’antiquité
comme Antigone. Les anciens nous
familiarisent avec cette notion qu’il ne faut vouloir que le possible, rien que
le possible et laisser le reste aux Dieux. Par conséquent, l’adage socratique
du « connais-toi toi même » est une invitation à connaitre ses limites
pour ne pas les dépasser. La philosophie devient par analogie à la mère de
Socrate qui était sage femme, une médecine de l’âme, une véritable nourriture
spirituelle. Mais l’ambiguïté du choix humain demeure car l’âme peut se nourrir
du bien comme du mal, ainsi la liberté de l’homme se dessine à travers ses
choix et ses ambitions qui ne servent pas toujours la bonne cause.
L’immédiateté de l’homme dans la connaissance de lui-même lui ouvre les portes
de l’éthique. Le « bien agir » suppose une réelle connaissance des
choses car ainsi que l’affirmait Platon, « nul n’est méchant
volontairement », le mal est toujours l’expression d’une ignorance. La
faute n’est pas dans l’acte mais dans l’ignorance. La philosophie socratique
est donc une véritable philosophie du salut. Mais l’homme doit commencer par
lui-même, car celui qui ne se connait pas est un fou. Celui qui se connait peut
se juger au niveau des actes, au niveau éthique. Nous pouvons mettre en avant
la supériorité de l’âme sur le corps, la sensibilité peut en effet altérer le
jugement et fausser l’intérêt personnel. Le « je » est pensé comme un
pur sujet réfléchissant et comme pur intellect, le « je » juge son
« moi ». Mais si le moi se juge il est en outre jugé, car il y a chez
les anciens une connotation très lourde et toujours présente du divin qui fait
que l’âme se reflète en Dieu inspirateur de nos actions, la conscience devient
ou peut devenir culpabilité car l’image divine est à suivre en tant que modèle
symbole du bien duquel il ne faut pas s’écarter. L’homme devient ainsi témoin
de sa conscience. Le moi juge est jugé.

Quelques notions sur la conscience

Les diverses orientations
philosophiques

La conscience signifie cum-scientia au sens littéral. Le terme
conscience est associé à celui de la réflexion. Nous savons donc que la
conscience est assimilée dans l
antiquité
à la connaissance de soi. Mais contrairement aux philosophes modernes, la
conscience n
est pas la base de la
réflexion métaphysique, il n
y a
pas comme chez Descartes une référence à un « je » à l
origine dun « je pense » au sens dune vérité indubitable capable de fonder lontologie dun système
comme c
est le cas pour le système
cartésien. La conscience n
est pas
non plus la base d
une méthode qui
permet à l
homme de rectifier et
de corriger ses erreurs comme chez le penseur cartésien qui imagine un Dieu
trompeur, un pantin épistémologique qui emploie toute son industrie à tromper l
homme, ce qui amène Descartes à poser,
« je me trompe donc je suis ». Nous retrouvons cette notion de base
de la méthode chez St Augustin. 

Montaigne estime que la science sans conscience nest que ruine de lâme. La connaissance est assimilée à la sagesse, la conscience nest pas la base de la métaphysique, il faut y
joindre une réflexion morale. Dans la philosophie classique, la conscience est
le sujet pur isolé du monde par opposition aux modernes pour qui, elle un
intentionnalisme. La conscience n
existe
que dans son acte. Husserl affirme que « toute conscience est conscience
de quelque chose », c
est la
recherche d
une conscience pure.
La conscience est ainsi toujours tournée vers quelque chose qui n
est pas elle, elle est visée phénoménologique
d
intentionnalité. Nous retrouvons
la terminologie d
Husserl et des
phénoménologues en général. . La conscience est transcendantale, non au sens
théologique, mais au sens d
aller
vers, les visées intentionnelles nous tournent vers l
ego transcendantal. De ce fait, la conscience permet à lhomme de saisir sa relation au monde et de
réaliser son appartenance.

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Mathieu

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