Approche suggérée : analyse de la question

La notion qu’il s’agit de définir, le pouvoir légitime, met en jeu deux types de références, dont il s’agit de penser la compatibilité. Avec l’idée de pouvoir, on envisage une faculté effective d’agir, ou de faire agir conformément à un désir ou une volonté. Pouvoir sur les choses, mais aussi pouvoir sur les êtres, dont les modalités sont très variables. Un pouvoir s’exerce dans les faits comme domination efficace, et sa condition de possibilité se détermine concrètement avant même que l’idée d’une régulation de son exercice puisse être envisagée. Avec l’idée de légitimité, c’est au contraire une question de finalité et de fondement, de conformité à une norme relevant de l’éthique individuelle ou collective qui se pose;

Il faut s’interroger sur la définition du pouvoir légitime, c’est admettre que les pouvoirs ne sont pas légitimes, il faut donc s’engager dans la voie d’un examen critique, où les réalités de fait confrontées à la norme qu’elles prétendent réaliser, se trouvent problématisées. Une telle démarche oblige à une distinction entre légalité et légitimité, de même qu’elle incite à démarquer les fausses légitimités qui servant souvent de ouverture idéologique à la tyrannie. Mais, il ne faut pas omettre du point de vue de la question à traiter d’envisager une « authentique légitimité », ici c’est la détermination des critères de choix de la norme de référence qui constitue le problème majeur. Pour échapper à la fausse légitimité, il faut concevoir la norme comme indépendante des rapports qu’elle règle en particulier de l’exercice du pouvoir. Cela suppose qu’elle lui est antérieure ou du moins qu’elle est susceptible en tant que principe de référence, de le contredire, de le modérer, de l’entraver. Un pouvoir qui se dit légitime doit admettre comme l’affirme Rousseau dans le contrat social, le droit de révolte et ce au nom même de la norme qu’il prétend incarner.

En fait il nous faut reconnaître que la formulation de la question suppose la possibilité d’une définition générique du pouvoir légitime ou des normes permettant de le qualifier ainsi; mais pouvons nous accepter une telle définition? Est-elle acceptable? Ne risque t’on pas de sombrer dans l’idéalisme, dans l’illusion idéologique, si l’on pose une norme préexistante à tout exercice du pouvoir?

Il faut dépasser le dogmatisme paisible des technocrates du pouvoir, et plus généralement, de tous ceux que le pragmatisme aveugle. Les dirigeants politiques sont souvent plous soucieux de l’efficacité des techniques propres au pouvoir que de la légitimité de son exercice et de la finalité de son fonctionnement. De même, les technocrates de l’économie, feignant de prendre l’économie comme un domaine neutre, où un seul choix serait possible, caractérisent l’interrogation sur les fondements ou la finalité de telle ou telle politique économique comme un luxe inutile, une préoccupation d’intellectuel, ce qui revient à masquer le caractère de classe des choix économiques qu’ils effectuent. Dans tous les domaines de la vie publique, la question de la légitimité du ou des pouvoirs prend donc une signification critique décisive.

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Les références indispensables pour traiter la question

La critique platonicienne des sophistes et de la tyrannie liée à la cupidité pose déjà la question de la légitimité du pouvoir. A Calliclès qui affirme le droit du plus fort et fait l’apologie de la force comme origine réelle de tout pouvoir digne de ce nom, Socrate oppose les valeurs de justice de vertu et de souci d’équité dans la vie publique.

Le point de vue critique très original de Rousseau constitue une mise en cause explicite de tout pouvoir reposant sur la force. Dans le contrat social, Rousseau récuse l’expression droit du plus fort qui lui semble être une contradiction dans les termes. Plus généralement, il invalide toute théorie prétendant justifier un pouvoir qui ne repose que sur un rapport de force ou qui prétend exister en raison d’une nécessité naturelle. Le seul pouvoir légitime est celui qui conformément à la liberté fondamentale et originelle de chaque être, repose sur une convention une libre décision des hommes. La fondation d’un corps politique atteste la capacité d’autodétermination de ceux-ci. En aucun cas, la puissance qui en est issue ne doit être usurpée ou détournée de ses objectifs premiers. Ainsi une légalité imposée n’est pas forcément légitime et le droit de révolte est de rigueur lorsqu’un pouvoir se met à fonctionner à l’encontre des normes par lesquelles il a été établi. Avec Marx et Hegel, la façon dont tout pouvoir tend à se justifier, à se parer d’une légitimité incontestable revoie en fait à la volonté de la classe qui l’exerce à son profit de masquer ses butes et sa pratique politique effective par une idéologie mystifiante dont l’effet majeur est de faire percevoir l’intérêt d’une classe comme intérêt universel.

La conclusion doit reprendre les points développés de manière essentielle dans le corps du devoir et plus particulièrement dans l’analyse de la question. IL s’agit ensuite de poser que l’histoire a montré qu’une classe au pouvoir n’hésite pas à briser sa propre légitimité ou la légitimité à laquelle elle s’était identifiée, dès que celle-ci ne tourne plus à son profit. Qu’on se souvienne pour ne citer que lui, du coup d’état fasciste du général Pinochet contre un gouvernement d’union populaire démocratiquement élu, au Chili, il y a quelques années.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !