19 juillet 1900    Inauguration du métropolitain de Paris.
La première ligne est-ouest du métropolitain de Paris, qui relie la porte Maillot au château de Vincennes, est inaugurée par Fulgence Bienvenüe, son inventeur et par le président de la République, Emile Loubet. Le tracé de cette première ligne a été défini, parce qu’il permettait que les travaux se fassent à ciel ouvert. Le mot « métropolitain » est un anglicisme. Il vient de metropolitain qui, en anglais, désigne ce qui est du ressort « de la grande ville ». Les premières classes coûtent 25 centimes et les deuxièmes classes 15 centimes. L’aller-retour, lui, ne coûte que 20 centimes.

12 novembre 1900    Clôture de l’Exposition universelle.
Les 50 860 801 visiteurs de l’Exposition universelle, qui s’est ouverte le 14 avril précédent, en conviennent d’une manière quasi unanime : cette exposition universelle qui ouvre sur le XXe siècle est la plus brillante que l’on ait jamais vue dans le monde. Les 76 000 exposants ont rivalisé d’audace et de faste. Mais ce qui a le plus marqué les visiteurs c’est le Petit Palais, c’est ,en face, le Grand Palais, c’est encore le trottoir roulant à trois vitesses et enfin ce sont les merveilles rendues possibles par la Fée Electricité. Nul n’en doute, Paris est la Ville lumière.

8 avril 1904    Accord colonial franco-anglais.
Le roi d’Angleterre Edouard VII lance l’idée d’une « entente cordiale » avec la France. Son gouvernement et celui de la France règlent, grâce à cette formule, les différents qui opposent les deux empires coloniaux.

18 avril 1904     Jaurès fonde L’Humanité.
Jean Jaurès fonde ce quotidien du parti socialiste qui ne deviendra l’organe officiel du parti communiste qu’en décembre 1920, quand Séphirin Camelinat en prendra le contrôle.

7 juillet 1904    Interdiction d’enseigner à toutes les congrégations.
Toutes les congrégations religieuses, y compris celles qui jusque-là étaient autorisées, se voient interdire de dispenser un enseignement. La promulgation de cette loi entraînera la fermeture de 2 400 écoles.

4 novembre 1904    Affaire des Fiches.
Scandale à la Chambre des députés : le ministre de la Guerre, le général André, est giflé par deux fois par le député Gabriel Syveton. Sous couleur de démocratiser l’armée, le général André, qui veut favoriser l’avancement des officiers républicains, a demandé au Grand Orient de France de rédiger des fiches sur tous les officiers. Celles-ci ont été classées en deux catégories : dans le dossier Corinthe, les officiers qui ont toutes les vertus pour être promus, dans le dossier Carthage, ceux qui en revanche sont écartés. Un secrétaire du Grand Orient a vendu ces fiches au député de droite Guyot de Villeneuve, qui vient de révéler l’affaire à la tribune de la Chambre… Le général André est, dans les jours qui suivent, contraint à la démission. Quant au député Syveton, on le retrouve « suicidé »…

25 avril 1905    Constitution de la SFIO.
La Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) qui exclut toute alliance avec un parti bourgeois est fondée.

9 décembre 1905    Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
L’imbroglio de la question religieuse dure depuis 1880. En ce jour, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat promulguée y met fin. Elle affirme la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes. Aucun d’entre eux ne sera plus ni salarié ni subventionné. Les biens détenus par les églises seront transférés à des associations cultuelles qui pourront en jouir gratuitement et à perpétuité.

17 février 1906     Armand Fallières élu président de la République.
Armand Fallières jouit d’une grande popularité en France. Républicain de gauche, il fera appel à Clemenceau comme chef du gouvernement.

12 juillet 1906    Réhabilitation de Dreyfus.
Le capitaine Dreyfus qui a été arrêté, condamné à la dégradation militaire et à la déportation à vie en Guyanne en décembre 1894, Dreyfus dont le nom a déchiré la France entre dreyfusards et anti-dreyfusards, Dreyfus pour la cause duquel Emile Zola a écrit le 13 janvier 1898 dans L’Aurore sa lettre ouverte au président de la République « J’accuse », Dreyfus, gracié par le président Loubet en 1899, en dépit d’un conseil de guerre le condamnant à dix ans de réclusion avec pourtant des circonstances atténuantes, est enfin définitivement innocenté par le tribunal de la cour de cassation de Rennes qui « annule sans renvoi » le jugement précédent « prononcé par erreur ». Il est réintégré dans l’armée avec ses grades et fonctions.

26 mars 1907    Loi sur la liberté du culte.
Cette loi, qui suit celle de la séparation de l’Eglise et de l’Etat votée en 1905, autorise la liberté de conscience et la liberté de culte, ce qui implique que les prêtres cessent d’être salariés par l’Etat.

25 juillet 1909    Blériot traverse la Manche en avion.
Parce que, la veille, un marin l’a assuré qu’il y aurait une accalmie du vent à l’aube, à 4 h 35 du matin, au lever du soleil, Louis Blériot décolle avec son monoplan à hélice tractive près de Calais. Il se lance au-dessus de la Manche. A 5 h 13 précises, il atterrit à Northfall Meadow, près du château de Douvres. En trente-huit minutes, il vient d’emporter le prix de 1 000 livres offert par le Daily Mail au premier aéroplane qui traversera la Manche.

4 mai 1911    Occupation de Fez par les Français.
Le sultan du Maroc est aux prises depuis des mois avec l’anarchie dans son pays. Au début de l’année, les puissantes tribus du nord ont assiégé Fez. Après quelques hésitations, le gouvernement français envoie au sultan un corps expéditionnaire pour réprimer les révoltes. Le général Mourier dégage Fez sans grande difficulté.

17 janvier 1913    Poincaré est élu président de la République.
Président du Conseil depuis 1912, il succède à Fallières.

3 avril 1913    Incident franco-allemand de Lunéville.
Un zeppelin allemand fait un atterrissage forcé à Lunéville et provoque l’émoi et les invectives des habitants de la ville qui soupçonnent cet appareil de permettre l’espionnage.

31 juillet 1914    Assassinat de Jaurès.
Jean Jaurès, qui tourne le dos à la fenêtre ouverte sur la rue Montmartre, est attablé avec quelques amis journalistes au Croissant, qui, au 16 de la rue, à deux pas de son journal L’Humanité, est l’un de ses restaurants favoris. Il finit une tarte aux fraises. Alors que son ami Dolie lui tend une photographie de sa petite-fille, un premier coup de feu éclate. Jaurès tombe sur l’épaule de son voisin de table, la bouche maculée de fraises. L’assassin tire un second coup de feu. La balle s’enfonce dans une boiserie. Aussitôt la femme du journaliste Poisson hurle : « Ils ont tué Jaurès ! Ils ont tué Jaurès ! » La dernière conscience politique qui s’opposait à la guerre vient d’être tuée par le nationaliste Raoul Villain. Parce que la guerre éclate le 2 août 1914, son procès est différé. En 1919, il sera jugé et acquitté.

1er août 1914    Mobilisation générale.
Sur les murs des communes de France apparaissent les affiches de la mobilisation générale : « Par décret du président de la République, la mobilisation des armées de terre et de mer est ordonnée, ainsi que la réquisition des animaux, voitures et harnais nécessaires au complément de ces armées. Le premier jour de la mobilisation est fixé au 2 août 1914. Tout Français soumis aux obligations militaires doit, sous peine d’être puni avec toute la rigueur des lois, obéir aux prescriptions du fascicule de mobilisation (pages colorées placées dans son livret). » Cependant le président de la République, Raymond Poincaré, dit encore : « La mobilisation n’est pas la guerre. » Le maréchal Lyautey, à l’annonce du conflit qui s’engage, grogne : « La plus monumentale ânerie que le monde ait faite… »

3 août 1914    L’Allemagne déclare la guerre à la France.
En ce jour, l’ambassadeur d’Allemagne, von Schoen, remet à Viviani, à 7 heures du soir, la déclaration de guerre de son pays à la France, et quitte aussitôt le territoire sans être inquiété. Il n’en va pas de même pour Paul Cambon, ambassadeur de France à Berlin, qui est insulté lorsqu’il quitte son ambassade et redoute d’être molesté tout au long de la route qui le mène en France.

2 septembre 1914    Le gouvernement se réfugie à Bordeaux.
Les troupes allemandes, qui ont appliqué le plan Schlieffen en contournant les défenses françaises après avoir envahi la Belgique, sont à Senlis. Le gouvernement et le président de la République Poincaré quittent par un train spécial Paris menacé pour Bordeaux.

6 septembre 1914    Début de la bataille de la Marne.
Gallieni, qui est le gouverneur de Paris, et Joffre, généralissime, réquisitionnent 1 100 chauffeurs de taxis parisiens. Il leur revient de transporter 5 000 hommes sur le front. Les troupes allemandes ont atteint la Marne. Joffre proclame : « Au moment où s’engage une bataille dont dépend le sort du pays, il importe de rappeler que le moment n’est plus de regarder en arrière… Une troupe qui ne peut pas avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis, et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. » La bataille va durer jusqu’au 9, lorsque les armées du Kaiser commenceront leur repli. Le 11 septembre, Joffre télégraphiera au ministre de la Guerre : « La bataille de la Marne s’achève en victoire incontestable. »

29 octobre 1914    La Turquie rompt avec les alliés.
En ce jour et contre toute attente, la Turquie attaque des navires russes et français en mer Noire et signe un pacte avec l’Allemagne.

19 février 1915    La flotte alliée attaque les Dardanelles.
Les forts des Dardanelles sont bombardés par les Français et les Britanniques. Il s’agit de forcer le détroit des Dardanelles et le Bosphore pour créer un autre front au sud-est de l’Allemagne.

10 septembre 1915    Premier numéro du Canard enchaîné.
En ce jour paraît un journal las des mensonges et du « bourrage de crânes », Le Canard enchaîné. Dès le 20 septembre, quand sort le deuxième numéro de ce « journal humoristique qui paraît provisoirement les 10, 20 et 30 de chaque mois », le journal déclare, sous le titre « Coin ! coin ! coin ! » : « Le Canard enchaîné a décidé de rompre délibérément avec toutes les traditions journalistiques établies jusqu’à ce jour. »

6 décembre 1915    Conférence militaire interalliée de Chantilly.
Au cours de cette conférence, les alliés nomment d’un commun accord, pour son calme inébranlable, le général Joffre généralissime.

21 février 1916     Début de la bataille de Verdun.
L’artillerie lourde de l’armée allemande commandée par le prince héritier qu’est le Kronprintz commence de bombarder Verdun dès l’aube. Les positions françaises sont pilonnées sans répit pendant douze heures d’affilée. La bataille qui commence va durer jusqu’au 15 décembre. Et quelque 700 000 hommes y trouveront la mort.

25 février 1916     Pétain commandant du front de Verdun.
Pétain s’est distingué en Artois, en mai 1915, et lors de la grande offensive de Champagne, en septembre. Il est promu commandant de l’armée de Verdun où il remplace Nivelle.

15 septembre 1916    Premier emploi des chars d’assaut.
Les premiers chars d’assaut, qui sont engagés en ce jour à Flers dans la bataille de la Somme, sont anglais. Le char, qui ne roule qu’à une vitesse de 6 kilomètres à l’heure, pèse 31 tonnes. Il est armé d’un canon de 54 et de quatre mitrailleuses. Ce n’est que le 16 avril 1917 que des chars français entreront sur un champ de bataille, à Berry-au-Bac.

2 avril 1917     Les Etats-Unis entrent en guerre.
Le paquebot Laconia torpillé le 25 février, l’interception de la dépêche Zimmermann par laquelle l’Allemagne propose une alliance au Mexique et au Japon, enfin, la destruction du paquebot Aztec le 2 avril déterminent le président Wilson à convoquer le Congrès en session extraordinaire, ce même jour. Le soir, les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne.

30 avril 1917    Bataille du chemin des Dames.
En ce 30 avril, malgré la démission la veille du général Mangin, Nivelle ordonne la reprise des attaques au chemin des Dames. Or, en dépit de l’échec de l’offensive lancée le 16 avril, en dépit des 1 706 canons de campagne, des 1 758 canons lourds, des 200 pièces à longue portée et des 1 650 obusiers de tranchée mis à la disposition des fantassins, les pertes humaines sont terribles. Quand Nivelle donne l’ordre de remonter à l’assaut, quelque 200 000 hommes ont déjà été tués, blessés ou ont disparu…

28 juin 1917    Arrivée à Saint-Nazaire des premiers contingents américains.
Le 13 juin, le général Pershing est arrivé à Boulogne. En ce 28 juin, ce sont 14 500 soldats américains qui débarquent à Saint-Nazaire. Parce qu’ils sont les neveux de l’Oncle Sam, on leur donne ce surnom : les « sammies ».

17 novembre 1917    Ministère Clemenceau.
La crise politique et militaire que traverse la France emporte les ministères les uns après les autres en quelques semaines. Au ministère Ribot a succédé le ministère Painlevé, qui n’a pas tenu deux mois et qui a été renversé le 13. Clemenceau apparaît comme le seul recours possible d’un pays qui vit dans le doute et l’angoisse. Le président de la République Poincaré appelle à la présidence du Conseil l’implacable Clemenceau, auquel sa rigueur et sa détermination vaudront quelques mois plus tard ces surnoms, le Tigre, le Père la Victoire. A la tribune de l’Assemblée, il déclare en ce jour : « Nous voulons vaincre pour être juste ! »

9 avril 1918    Offensive dans les Flandres.
Depuis le 21 mars, Ludendorff a lancé une attaque furieuse contre les lignes des alliés entre La Fère et Arras. Une intense préparation d’artillerie de quelque 6 200 canons a permis aux troupes allemandes de prendre la direction de la Manche et de la mer du Nord, d’avancer jusqu’à 60 kilomètres. Le 9 avril même, les armées du Kaiser, qui ne sont plus qu’à une quinzaine de kilomètres d’Amiens, veulent encore enfoncer les armées françaises dans les Flandres. La résistance des troupes de Nivelle est acharnée pendant quatre jours.

15 avril 1918    Foch nommé généralissime unique.
Le haut commandement militaire interalliés est unifié et le général Foch en est nommé le généralissime unique. Il se retrouve donc à la tête des armées britannique et française.

27 mai 1918    Offensive du chemin des Dames.
L’infanterie allemande a depuis quelques jours réalisé une percée considérable dans les lignes alliées et menace Paris. En ce 27 mai, les positions franco-britanniques établies dans ce secteur du chemin des Dames sont balayées.

11 novembre 1918    Armistice.
Enfin en ce jour, à 11 heures précises, les armes se taisent. La guerre dure depuis plus de quatre ans. Le généralissime des armées alliées, le maréchal Foch, donne cet ordre du jour : « Vous avez gagné la plus grande bataille de l’histoire et sauvé la cause la plus sacrée, la liberté du monde. » Clemenceau, quant à lui, en tant que président du Conseil déclare à 16 heures devant la Chambre : « En cette heure terrible, grande et magnifique, mon devoir est accompli… Au nom du peuple français, au nom de la République française, j’envoie le salut de la France, unie et indivisible, à l’Alsace et à la Lorraine retrouvées. »

19 janvier 1919    Ouverture à Paris de la Conférence de la Paix.
La conférence, dès son ouverture, met en évidence les désaccords entre les alliés sur la question des réparations.

4 mars 1919    Fondation de la IIIe Internationale.
A Moscou, Lénine crée sous le nom de Komintern la IIIe Internationale. La Ire Internationale des travailleurs, créée le 28 septembre 1864 à Londres, avait pour but le renversement de la société capitaliste et la création de sociétés socialistes qui doivent s’unir en une fédération mondiale. La IIIe Internationale, dominée par le parti communiste russe, sera un outil de la politique étrangère de l’Union soviétique.

24 avril 1919     Loi des huit heures.
La loi sur les huit heures de travail quotidien sans diminution de salaire est votée.

28 juin 1919    Signature du traité de Versailles.
La République a voulu que ce soit dans la Galerie des glaces du château de Versailles, à l’endroit même où cinquante ans plus tôt a été proclamé l’Empire allemand, que la signature de ce traité qui a imposé des mois de négociations ait lieu. Autour de Clemenceau pour la France, Lloyd George pour l’Angleterre et le président Woodrow Wilson pour les Etats-Unis, Orlando pour l’Italie signent avec l’Allemagne défaite sur la base des quatorze points de Wilson qui, entre autres, affirment le principe des nationalités. Précédé du pacte de la Société des Nations, le traité comporte des clauses territoriales, militaires et financières.

16 novembre 1919    Installation de la « Chambre bleu horizon ».
En ce jour s’ouvre le premier scrutin des législatives depuis la fin de la guerre et la signature du traité de Versailles. Il n’y a pas eu d’élections en France depuis 1914. Le Bloc national, droite et centre droit, assure que « l’Allemagne paiera ». Ce bloc veut la stricte application du traité de Versailles, l’indemnisation des victimes de la guerre comme il veut défendre « la civilisation contre le bolchevisme ». Nombreux sont les anciens combattants sur les listes de ce Bloc. On comptera 369 nouveaux députés sur un total de 616. Parmi eux des hommes qui furent quelques mois plus tôt des « poilus ». C’est à leur présence massive dans l’hémicycle que l’assemblée élue doit sont nom, qui rappelle la couleur de l’uniforme des fantassins, « Chambre bleu horizon ».

10 janvier 1920    Entrée en vigueur du traité de Versailles et de la SDN.
C’est sur une proposition du président des Etats-Unis Wilson qu’est élaborée pendant le temps des négociations du traité de Versailles la Société des Nations (SDN). Elle a pour ambition d’éviter au monde d’autres conflits pareils à celui qu’il vient de connaître. Les Etats-Unis ne seront l’un des états partenaires de la SDN que le 16 janvier, le Sénat américain ayant différé la ratification du traité de Versailles.

24 septembre 1920    Alexandre Millerand élu président de la République.
Par 695 voix contre 69, Alexandre Millerand, qui a été le président du Conseil du Bloc national, est élu président de la République à la suite de la démission de Paul Deschanel.

11 novembre 1920    Inauguration de la tombe du Soldat inconnu.
Pour le deuxième anniversaire de l’armistice de la Grande Guerre, que l’on veut croire la Der des Der, on inaugure sous l’arc de triomphe de la place de l’Etoile la tombe d’un soldat inconnu, qui représente tous ceux qui sont morts au cours des hostilités. Soixante-cinq millions de soldats auront été mobilisés pendant cette guerre mondiale. Il y aura eu près de vingt millions de morts et un peu plus de vingt millions de blessés.

25 décembre 1920    Ouverture du congrès de Tours.
En ce jour le congrès qui s'ouvre est celui du seul parti socialiste, la SFIO. Lorsqu'il se cloturera, le 31 décembre, il aura donné naissance au parti communiste français, qui prend d’abord le nom de Section française de l’internationale communiste. Blum lance à Marcel Cachin et à Antoine Frossard : « Pendant que vous irez courir l’aventure, il faut que quelqu’un reste garder la vieille maison. »

12 janvier 1922    Démission d’Aristide Briand.
Aristide Briand se montre très conciliant à l’égard de l’Allemagne. Mais, devant l’hostilité quasi générale de ses ministres et du président Millerand, il démissionne sans avoir été renversé. Il est remplacé par Poincaré.

11 janvier 1923    Les troupes françaises occupent la Ruhr.
Trois divisions franco-belges occupent la Ruhr, cœur industriel de l’Allemagne, condamnant ainsi celle-ci à l’asphyxie. Rompant toute relation diplomatique avec les « envahisseurs », le chancelier Cuno décrète la résistance passive.

1er avril 1923    Loi sur les dix-huit mois de service militaire.
Le service militaire est ramené de trois ans à dix-huit mois. Il est, en outre, de douze mois seulement pour ceux qui choisissent de préparer un brevet de préparation militaire supérieure ou pour l’aîné d’une famille nombreuse.

11 mai 1924    Victoire du Cartel des gauches aux élections.
« La majorité des électeurs s’est trouvée d’un côté et la majorité des élus de l’autre », constate amèrement un député de droite devant le résultat des élections qui donne la majorité aux radicaux et radicaux-socialistes, aux républicains socialistes et aux socialistes de la SFIO.

13 juin 1924    Gaston Doumergue est élu président de la République.
Après la victoire aux élections législatives du Cartel des gauches, le président Millerand a démissionné. Gaston Doumergue, président du Sénat qui jouit de la faveur de tous les partis de la Chambre, est élu président de la République.

23 novembre 1924    Transfert des cendres de Jaurès au Panthéon.
La veille, les cendres de Jean Jaurès ont été ramenées d’Albi. Paris se presse sur le parcours pour voir passer le catafalque. Au début de l’après-midi, un long cortège qui compte plusieurs délégations françaises et étrangères de la Ligue des droits de l’homme et du Grand Orient de France se forme. Le cercueil est porté par vingt-quatre mineurs venus de Carmaux. La procession remonte la rue Soufflot vers le Panthéon, où attendent le président de la République, le président du Conseil et le gouvernement au grand complet. Si le Cartel des gauches peut prouver par cette manifestation son unité, la droite qualifie quant à elle ce transfert de « saturnales révolutionnaires ».

29 octobre 1924    La France reconnaît l’URSS.
Après l’Angleterre, l’Autriche, la Norvège, la Suède, la Chine, le Danemark et le Mexique, la France, par le gouvernement que préside Edouard Herriot, reconnaît officiellement, sept ans après la révolution d’Octobre, l’Union des républiques socialistes soviétiques.

23 avril 1925    Affrontements entre jeunesses patriote et communiste.
A la sortie d’une réunion politique, rue Damrémont, à Paris, quatre jeunes militants des Jeunes Patriotes sont abattus par balles par des militants du parti communiste.

12 octobre 1925    Lyautey quitte le Maroc.
Le général Lyautey est maréchal de France depuis 1921. La gauche portée au pouvoir en 1924 lui reproche son attitude de proconsul dans les fonctions de résident général de France au Maroc. Lorsqu’il apprend que Painlevé lui retire le commandement des troupes contre Abd el-Krim pour les confier au maréchal Pétain, Lyautey démissionne. Et rentre en France.

16 octobre 1925    Pacte de Locarno.
Depuis le 5, les diplomates et les ministres que sont Streseman pour l’Allemagne, Chamberlain pour l’Angleterre, Vandervelde pour la Belgique, Mussolini pour l’Italie et Briand pour la France sont réunis avec les délégations tchécoslovaque et polonaise. Ils signent en ce jour une série d’accords par lesquels le statu quo territorial et l’inviolabilité des frontières définies par le traité de Versailles sont garanties. L’Allemagne s’engage, au-delà de la démilitarisation de la Rhénanie, à ne pas avoir recours à la force pour modifier des frontières orientales qu’elle se refuse pourtant à reconnaître.

26 mai 1926    Abdel Krim se rend aux troupes françaises.
La guerre dans le rif marocain a duré de longs mois. Le maréchal Pétain est envoyé sur place avec des forces importantes. Ce 26 mai, Abdel Krim est capturé. Ce qui met fin à la rébellion dans le rif. Ce n’est qu’en 1933 que la pacification sera enfin réalisée.

23 juillet 1926    Formation du ministère Poincaré d’Union nationale.
La chute du franc sur le marché des changes (la livre qui valait 90 francs en décembre 1924 en vaut désormais 240) est fatale au gouvernement d’Edouart Herriot. Poincaré revient et constitue un gouvernement d’Union nationale dont les socialistes sont exclus. Edouart Herriot ricane à propos de ce gouvernement : « La réconciliation des enfants au chevet de la mère malade. »

16 mars 1928    Loi instaurant les assurances sociales obligatoires.
Par cette loi, les salariés de l’industrie et du commerce se voient octroyer le droit à des assurances sociales. De plus, les femmes auront dorénavant droit à un congé de maternité payé.

22 avril 1928    Elections.
Premier tour des élections législatives permet la victoire autour de Poincaré des modérés du centre et de la droite, hostiles à la politique de laïcité. Les radicaux qui ont rompu l’union nationale se voient repoussés dans l’opposition.

2 mars 1930    Ministère Tardieu.
Nommé en novembre 1929 président du Conseil, il a été renversé en février 1930. Mais il revient ce 2 mars. En dépit d’une intelligence brillante, il envisage une politique accompagnée par la prospérité et ne discerne pas la crise qui couve.

12 mai 1930    Première liaison postale directe France-Amérique du Sud.
C’est Mermoz avec ses coéquipiers Dabry et Gimier qui assurent par avion la première liaison directe entre la France et l’Amérique du Sud.

11 mars 1932    Loi instaurant les allocations familiales.
Faisant suite aux lois sur la Sécurité sociale pour tous les travailleurs salariés promulguées en 1930, cette loi sur les allocations familiales garantit toutes les familles de travailleurs dans le cadre d’une politique générale de la famille.

6 mai 1932    Assassinat du président Paul Doumer.
Le premier tour des élections législatives vient, le 1er mai, de donner une faible victoire à la gauche. On attend avec impatience le second tour. Or, à l’avant-veille de ce second tour, un coup de revolver éclate. Le président de la République vient d’être assassiné par un Russe blanc déséquilibré, un certain Gorgouloff. Albert Lebrun sera le président suivant.

10 mai 1932    Albert Lebrun est élu président de la République.
Ce polytechnicien intègre à la nature effacée qui est président du Sénat est élu président de la République française, après l’assassinat de son prédécesseur Doumer par Gorgouloff.

9 janvier 1933     Suicide de Stavisky à Chamonix.
Le financier Stavisky en fuite, recherché par la police pour détournement de fonds, est retrouvé mort, tué d’une balle. Suicide ou exécution ? Les ligues d’extrême droite accusent le gouvernement d’avoir fait disparaître le financier et provoquent la chute du gouvernement.

26 novembre 1933    Ministère Chautemps.
Ce membre de la franc-maçonnerie a été député radical-socialiste et plusieurs fois ministre entre 1924 et 1926. Une première fois, il a été président du Conseil en 1930. Pour la deuxième fois en ce 26 novembre il lui est donné de former un gouvernement. Celui-ci ne durera guère que jusqu’au mois de janvier 1934. L’affaire Stavisky lui sera fatale. Ce qui ne l’empêchera pas, comme un certain nombre d’hommes politiques de la IIIe République, de revenir aux affaires dès 1937…

6 février 1934    Manifestation à Paris.
Conséquence de l’affaire Stavisky, scandale financier et politique, la manifestation qui réunit plusieurs dizaines de milliers de militants d’extrême droite, communistes et anciens combattants sur la place de la Concorde est brutalement réprimée. Les forces de l’ordre ouvre le feu sur les manifestants. Bilan : 20 morts, 1 000 blessés.

13 février 1934    Manifestations communistes et socialistes.
La CGT et la SFIO appellent à une grève générale contre le fascisme. Dans les rues parisiennes, les manifestants communistes et socialistes proclament que « le fascisme ne passera pas ! ».

4 janvier 1935    Arrivée de Laval à Rome  : accords avec Mussolini.
Par le traité de Rome, Laval règle avec Mussolini le contentieux colonial franco-italien et conduit la France à s’opposer aux sanctions prises par la SDN, lors de l’agression italienne contre l’Ethiopie.

13 janvier 1935    Plébiscite en Sarre.
Après les accords entre Laval et Mussolini au début du mois, ce plébiscite en faveur du rattachement à l’Allemagne entérine l’échec diplomatique de la France.

14 avril 1935    Accords de Stresa franco-austro-italiens.
Par ces accords, les gouvernements français, anglais et italiens garantissent à l’Autriche, menacée par le Reich d'Adolf Hitler son indépendance.

5 mai 1936    Victoire du Front populaire aux élections.

Le Front populaire enlève 376 sièges contre 222 à ses adversaires. Au sein de la gauche, 149 députés socialistes forment la principale formation ; les radicaux socialistes sont rejetés au deuxième rang. Les communistes font une progression spectaculaire avec 72 députés élus au lieu de 11 que comptait l’assemblée précédente. Léon Blum forme le nouveau gouvernement auquel les communistes refusent de participer.

4 juin 1936    Ministère Léon Blum.
Le Front populaire a triomphé aux élections législatives. La SFIO a gagné 146 sièges, ce qui fait d’elle le premier parti de la nouvelle majorité. Léon Blum forme donc son ministère qui compte plusieurs femmes.

7 juin 1936    Accord syndicaux sur temps de travail et congés payés.
Les accords Matignon prévoient l’augmentation des salaires, l’instauration de conventions collectives, l’élection de délégués ouvriers. C’est le 20 juin que les congés payés seront établis et que la semaine de travail sera fixée à 40 heures.

17 novembre 1936    Suicide de Salengro.
Maire de Lille, député socialiste, Roger Salengro est ministre de l’Intérieur. Lors des grandes grèves qui ont marqué le Front populaire, il a refusé le recours à la force pour faire évacuer les usines occupées. Son refus fait de lui pour l’extrême droite l’homme à abattre. Tous les coups sont permis. Quoiqu’il ait été blanchi par une commission militaire présidée par le général Gamelin alors qu’il avait été accusé de désertion, le journal Gringoire, hebdomadaire nationaliste, ressort le dossier. Dénigrement, accusations, attaques, coups bas ne cessent pas pendant des semaines. Salengro succombe aux calomnies. En ce jour il pose sa tête dans un four à gaz… Lors des obsèques du ministre à Lille, le président de la République, celui de l’Assemblée nationale, le président du Conseil Léon Blum, le ministre de la Guerre Daladier seront présents. Cet hommage de l’Etat n’empêche pas un journaliste d’écrire dans L’Echo de Paris : « On ne va pas chercher des ministres sur les bancs des conseils de guerre. »

12 mars 1937    Emprunt national.
Pour rassurer les petits épargnants, le gouvernement lance un grand emprunt avec garantie de change ainsi qu'un projet de loi qui rétablit la liberté des transactions intérieures sur l’or.

21 juin 1937    Chute du ministère Blum.
Le Sénat a refusé à Léon Blum, président du Conseil du Front populaire, les pleins pouvoirs économiques. Blum n’a d’autres choix que de démissionner.

31 août 1937    Création de la SNCF.
Une convention et un décret-loi publiés ce jour confient pour quarante-cinq ans à une société unique, à laquelle on donne le nom de Société nationale des chemins de fer français (SNCF), le soin d’exploiter et de construire éventuellement des chemins de fer en place des réseaux d’Etat préexistants et des cinq grandes compagnies concessionnaires que sont la Compagnie du Nord, la Compagnie de l’Est, celle de Paris-Orléans, celle du Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) et la Compagnie du Midi.

18 novembre 1937    Révélation des activités subversives de la Cagoule.
En ce jour le public stupéfait apprend à qui il doit attribuer les attentats et les meurtres qui ont ponctué la vie politique depuis deux ans. Ce que le journaliste Maurice Pujo appelle « la Cagoule » est un groupe du parti national révolutionnaire d’extrême droite qui a été fondé en 1935 par le polytechnicien Eugène Deloncle. En 1936, s’y est associée l’organisation secrète d’action révolutionnaire nationale, qu’on appellera le CSAR, dirigée par le général d’aviation Arthur Duseigneur et son ami le duc Pozzo di Borgo. Leur ambition est de renverser le régime républicain. Ont été exécutés par leur soins Jean-Baptiste Maurice, Dimitri Navachine, Maurice Juif, Lætitia Tonneaux, les frères italiens antifascistes Rosselli. C’est à eux que l’on doit les plasticages de la place de l’Etoile et de l’aéroport de Toussus-le-Noble. C’est à eux que l’on doit les bombes qui ont explosé rue de Presbourg, à la Confédération générale du patronat français, et rue Boissière, au siège de l’Union des industries métallurgiques. Les cagoulards sont arrêtés.

17 mars 1938    Léon Blum forme un cabinet de Front populaire.
Ce ministère est le second que forme Léon Blum avec des socialistes et des radicaux. L’appellation Front populaire est un hommage au Frente popular de la République espagnole. Il va se heurter, dès le mois suivant, à un veto du Sénat quand il demandera les pleins pouvoirs dans le domaine financier pour faire appliquer sa politique de gauche.

29 septembre 1938    Début des accords de Munich.
« S’il s’agit de démembrer la Tchécoslovaquie, la France dit non. S’il s’agit de permettre à trois millions d’habitants des Sudètes qui veulent être allemands de le devenir, nous sommes d’accord. » C’est par ces mots que le président du Conseil Edouard Daladier entérine à Munich, en compagnie du Premier ministre britannique Neville Chamberlain, les accords qui, en face du chancelier allemand Adolf Hitler et du duce Mussolini, sont censés sauver la paix en Europe. Chamberlain annonce dès le lendemain, lorsque les accords sont signés : « C’est la paix pour notre temps. » Ce temps ne dure qu’à peine un an…

27 février 1939    Reconnaissance de jure du gouvernement de Franco.
Après la défaite du gouvernement de la République espagnole, la France reconnaît officiellement le général Franco comme chef légitime de l’Etat espagnol. La guerre civile a fait en Espagne 400 000 morts. 400 000 républicains sont réfugiés pour la plupart en France et près de 500 000 d’entre eux sont détenus.

26 septembre 1939    Interdiction du parti communiste.
Le parti communiste français est dissous en ce jour. La signature du pacte germano-soviétique par le Reich et l’Union soviétique le 23 août précédent, et le travail clandestin du PC contre la guerre, les tracts diffusés dans les usines invitant les travailleurs français à fraterniser avec les travailleurs allemands contre l’ennemi qu’est le « capitalisme international », sont la cause de cette dissolution. Le secrétaire général du PC, Maurice Thorez, se réfugie en Union soviétique, où il demeure jusqu’en 1944.

3 septembre 1939    Déclaration de guerre à l’Allemagne.
En ce 3 septembre, parce qu’elle veut respecter les engagements qu’elle a pris à l’égard de la Pologne, la France décrète la mobilisation générale et, à 17 heures, déclare la guerre à l’Allemagne, en dépit des promesses faites à l’Angleterre. Celle-ci avait demandé de différer la déclaration au lendemain. On commence, sans enthousiasme, à chanter la chanson de Paul Misraki : « Nous irons pendre notre linge sur la ligne Siegfried. »

30 novembre 1939    Gaz lacrymogènes.
Le 12 novembre le ministre des Finances Paul Reynaud a annoncé à la radio un train de mesures qui remettent en cause les acquis du Front populaire. Certitude du ministre : « Nous vivons dans un régime capitaliste. Pour qu’il fonctionne, il faut obéir à ses lois. Ses lois, c’est le profit, c’est le risque individuel, c’est la liberté des marchés, c’est le stimulant de la concurrence. » Les quarante heures de travail hebdomadaire sont remises en cause. La CGT a donc lancé un ordre de grève générale pour ce 30 novembre. Le président du Conseil Daladier fait le choix d’une répression immédiate. Les employés des services publics sont réquisitionnés. Les dépôts sont occupés par la troupe. Pour la première fois, des gaz lacrymogènes sont utilisés pour disperser les manifestants. Le mouvement voulu par la CGT est un échec.

19 avril 1940    Débarquement des troupes françaises en Norvège.
Le 9 avril, on a appris que les Allemands occupaient le Danemark et les principaux ports de Norvège. Les Français et les Anglais ont décidé d’envoyer un corps expéditionnaire. Les Français débarquent à Andannes et Namsos. Mais l’expédition se soldera par un échec.

10 juin 1940     L’Italie déclare la guerre à la France.
La veille de l’entrée des Allemands dans Paris, alors que la France vit la plus terrible des débâcles, l’Italie du duce Mussolini déclare la guerre à la France et à l’Angleterre.

14 juin 1940    Occupation de Paris.
Le gouvernement français s’est réfugié à Bordeaux. Les troupes allemandes entrent dans Paris déclarée ville ouverte.

16 juin 1940    Démission de Paul Reynaud.
La majorité de l’Assemblée s’est prononcée pour une armistice avec l’Allemagne. Paul Raynaud qui ne peut admettre une telle armistice présente sa démission. Le jour même, Pétain est nommé Premier ministre. Il crée le dernier gouvernement de la Troisième République.

17 juin 1940    Pétain annonce la demande d’armistice de la France.
On se presse autour des postes de radio pour entendre l’allocution du maréchal Pétain qui vient d’être nommé président du Conseil. Il est l’homme qui a sauvé la France à Verdun. On écoute. « Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. » Et il annonce : « C’est le cœur serré que je vous dis, aujourd’hui, qu’il faut cesser le combat. »

18 juin 1940    Appel du général de Gaulle.
La veille, le maréchal Pétain s’est adressé à la France et a annoncé qu’il demandait l’armistice. En dépit des réticences de son cabinet, le Premier ministre britannique, sir Winston Churchuill, a donné l’autorisation au général de Gaulle de parler à la BBC. « Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armements qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver à se mettre en rapport avec moi. »

22 juin 1940    Armistice franco-allemand.
Le général français Huntziger et le général Keitel signent l’armistice. Hitler a voulu que cette cérémonie se passe dans le wagon-salon où, à Rethondes, Foch a signé avec l’allemand Erzberger le 11 novembre 1918, pour effacer cette humiliation. La France est divisée entre une zone occupée et une zone libre. Elle doit, en outre, payer 400 millions par jour pour l’entretien des troupes d’occupation.

28 juin 1940    De Gaulle reconnu par les Anglais comme chef des FFL.
En dépit de la réticence du Premier ministre britannique Churchill et de l’hostilité du président des Etats-Unis, Roosevelt, qui demande : « Comment voulez-vous que je fasse avec un homme qui se prend à la fois pour Jeanne d’Arc et Napoléon ?», le général de Gaulle s’impose comme seul et unique chef des Forces française libres.

2 juillet 1940    Le gouvernement français s’installe à Vichy.
Parce que Bordeaux où le gouvernement s’est réfugié pendant la débâcle fait, depuis l’armistice, partie de la France occupée, il faut trouver dans la zone libre une ville qui puisse accueillir le gouvernement et la Chambre. Le casino et les nombreux hôtels de la station balnéaire qu’est Vichy offrent des conditions de vie acceptables. Pétain y convoque le Parlement pour le 10 juillet prochain.

10 juillet 1940    Pétain est désigné comme chef du gouvernement.
Au casino de Vichy où se réunit l’Assemblée nationale par 569 voix contre 80 et 18 abstentions, les pleins pouvoirs exécutifs et législatifs sont donnés au maréchal Pétain. Edouard Herriot déclare : « Autour de monsieur le maréchal Pétain, dans la vénération que son nom inspire à tous, notre nation est groupée dans la détresse. »

2 août 1940    Condamnation à mort par contumace de De Gaulle.
En ce 2 août un tribunal de Vichy condamne à mort par contumace et à la confiscation de tous ses biens le général de Gaulle, reconnu le 28 juin dernier par le gouvernement britannique. « Le gouvernement de Sa Majesté reconnaît le général de Gaulle comme chef de tous les Français libres, où qu’ils se trouvent, qui se rallient à lui pour la défense de la cause alliée. »

28 août 1940    L’Afrique équatoriale française se rallie à de Gaulle.
Le Tchad s’est rallié à la France libre la veille. Aujourd’hui, c’est le Cameroun qui se rallie à De Gaulle. Le Moyen Congo et l’Oubangui ne vont pas tarder à suivre.

29 août 1940    Création par Vichy de la Légion des combattants.
Le maréchal Pétain, qui se refuse à suivre les conseils de Doriot ou de Déat voulant l’un comme l’autre qu’un parti unique soit créé, se contente d’instaurer la Légion des combattants, chargée de promouvoir les idéaux d’une « Révolution nationale » anglophobe dont la devise est « Travail, Famille, Patrie ». Cette légion n’a aucun pouvoir sur une administration à laquelle elle ne se substitue pas.

3 octobre 1940    Lois portant statut des Juifs en France.
Selon l’article premier, « Est regardée comme juive toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race si son conjoint lui-même est juif. » Dès le lendemain, une loi contre les Juifs étrangers arrête que ceux-ci pourront être internés dans des camps spéciaux par décision du préfet. Cette loi vise en particulier les réfugiés allemands, polonais ou russes encore qui sont venus en France. Quelque 24 000 Juifs français seront déportés.

24 octobre 1940    Entrevue de Pétain et d’Hitler à Montoire.
Sur la route de l’Espagne, le chancelier Adolf Hitler fait halte à Montoire-sur-le-Loir, où il rencontre le maréchal Pétain dans la petite gare. Pendant leur entrevue, Pétain accepte les conditions qui lui sont imposées par le chancelier allemand. Le soir, le maréchal annonce aux Français : « J’entre aujourd’hui dans la voie de la collaboration. »

17 juillet 1941    Weygand nommé délégué général en Afrique du Nord.
Pétain nomme son ministre de la Défense nationale, le général Weygand, délégué général en Afrique du Nord. Celui-ci signera les accords qui permettront aux Américains de débarquer en 1942.

12 août 1941    Discours de Pétain à Vichy.
Au cours d’un discours qu’il improvise au Casino de Vichy, le maréchal Pétain dénonce le « vent mauvais » qui se lève. Ce vent est à ses yeux celui de la Résistance, fidèle au général de Gaulle.

14 août 1941    Serment de fidélité à Pétain.
A dater de ce jour, les hauts fonctionnaires, les magistrats et les militaires doivent prêter un serment de fidélité au maréchal Pétain.

20 août 1941    Instauration de cours spéciales de justice.
Des cours spéciales de justice sont instaurées par l’Etat français de Vichy. Pucheu, ministre de l’Intérieur, les charge de juger et de condamner à mort les « terroristes », choisis parmi les détenus de gauche. Ces cours sont autorisées et invitées à appliquer les lois à titre rétroactif.

21 août 1941    Mise en vigueur du système des otages.
Pierre Georges, dit le colonel Fabien, tue l’enseigne de vaisseau allemand Alfons Moser. Ceci sert de prétexte aux autorités d’occupation allemande pour mettre en vigueur le système des otages, qui implique l’exécution sans procès de civils ramassés au cours de rafles.

5 septembre 1941    Exposition antisémite au Palais Berlitz de Paris.
A l’instigation de Darquier de Pellepoix, de Philippe Henriot et de Jean Hérold-Paquis, une grande exposition antisémite ayant pour titre « Le juif et la France », qui se veut scientifique, est inaugurée en ce jour. Elle se propose de définir un portrait physique et physiologique des israélites. La presse allemande et celle de la collaboration prétendent justifier ainsi l’exclusion des « métèques » et démontrer qu’il convient de rendre « la France aux Français ».

1er décembre 1941    Pétain rencontre Goering à Saint-Florentin.
Pétain soumet au maréchal du Reich Hermann Goering une liste de revendications diverses qui a été dressée par ses ministres. Toutes les demandes qui sont faites par le maréchal Pétain sont ignorées avec mépris par Goering, qui signifie avec cynisme au chef de l’Etat français qu’il convient de se souvenir qui est le vainqueur.

15 février 1942    Procès de Riom.
Ce procès voulu par le gouvernement de Vichy se propose de juger les hommes politiques et les militaires qui passent pour être responsables de la défaite de 1940, Blum, Daladier et Gamelin.

29 mai 1942    Port de l’étoile jaune obligatoire pour les juifs.
Les autorités d’occupation rendent à partir de ce 29 mai le port de l’étoile jaune qui désigne, parce qu'elle reprend la forme de l’étoile de David, les hommes, les femmes et les enfants de religion juive. (Deux mois plus tard les rafles de Juifs commençaient. Celle du Vel’d’Hiv’, pour laquelle les autobus parisiens et la police de Paris furent réquisitionnés, permit le rassemblement de quelque 13 000 Juifs qui furent déportés.)

16 juillet 1942    Début de la raffle du Vel’d’Hiv.
Au petit matin, à Paris, les autobus réquisitionnés et les détachements de la police parisienne commencent de frapper aux portes des Juifs qui ont été contraints au port de l’étoile jaune et qui ont dû se faire recenser en tant que Juif dans les mairies d’arrondissement. Parmi les 13 000 Juifs parqués au Vel’d’Hiv sans eau, on compte 4 051 enfants. Quelques jours plus tard, des trains de wagons à bestiaux bondés, s’ébranlent vers les camps de la mort. En 1945, après l’ouverture des camps de concentration nazis, seules 30 personnes parmi celles qui auront été raflées en 1942, descendront des trains à la gare de l’Est…

28 août 1942    Rafle des Juifs en zone libre.
La rafle en zone libre a commencé il y a deux jours, le 26 août. Les enfants sont emmenés comme leurs parents.

29 août 1942    Apparition de l’appellation « France libre ».
Pour marquer l’union avec les mouvements de résistance qui s’enracinent sur le territoire national même, l’appellation « France combattante » est remplacée par celle de « France libre ».

4 septembre 1942    Institution du STO.
Le Service du travail obligatoire, ou STO, est institué dans le cadre de l’économie de guerre. Plus de un million et demi d’hommes seront requis. 875 000 d’entre eux sont contraints de partir pour l’Allemagne. Nombreux sont ceux qui, âgés entre dix-huit et trente-cinq ans, refusent l’obligation et entrent alors dans la Résistance.

8 novembre 1942    Débarquement des alliés en Afrique du Nord.
Connue sous le nom d’opération Torch, le débarquement des alliés en Afrique du Nord a débuté dans la nuit du 7 au 8. A Casablanca, à Oran, à Alger, les alliés se heurtent à une résistance acharnée des troupes restées fidèles au gouvernement de Vichy. L’amiral Darlan est cependant contraint à un armistice. Les alliés consentiront au réarmement de l’armée française à la condition qu’elle s’engage à combattre à leurs côtés.

11 novembre 1942    L’armée allemande occupe la zone libre.
En ce 11 novembre au matin commence, sur ordre du Führer Aldolf Hitler, l’opération Anton. L’armée allemande entre en zone libre. En franchissant la ligne de démarcation, en rompant ainsi avec la convention signée le 22 juin 1940, le gouvernement allemand justifie son action et la présente comme une intervention salutaire qui vise à aider les Français à repousser un éventuel débarquement allié sur les côtes de la Méditerranée.

16 novembre 1942    Déchéance de Darlan.
Apprenant que l’amiral Darlan vient de signer le 13 un accord avec les Américains, le maréchal Pétain désavoue celui auquel il avait accordé toute sa confiance depuis l’armistice de 1940 et jusqu’en avril dernier. Le 25 décembre, Darlan sera assassiné par Bouvier de la Chapelle. Il aura eu le temps de permettre l’entrée en guerre de l’Afrique française auprès des alliés anglais et américains.

20 novembre 1942    Arrestation de Weygand.
Suspect au yeux des Allemands, celui qui fut le ministre de la Défense nationale de juin à septembre 1940, puis commandant des armées restées fidèles à Vichy en 1940 et 1941, le général Weygand, est arrêté. Il est interné en Allemagne. Après la Libération, il sera traduit devant la Haute Cour, qui rendra un non-lieu.

27  novembre 1942    La flotte française se saborde à Toulon.
Le chancelier Adolf Hitler a décidé de déclencher l’opération Lila, qui a pour but le retrait des forces terrestres et aériennes de la zone de Toulon et la neutralisation de la flotte française. En pleine nuit, deux divisions blindées ont pénétré dans l’arsenal. La rade est illuminée par les fusées éclairantes de la Luftwaffe. Les bâtiments ne peuvent appareiller. L’amiral de Laborde donne le signal du sabordage, qui a été méticuleusement préparé dès juin 1940. Les charges explosent de toutes parts. En quelques heures, quatre-vingt-dix bâtiments sont détruits définitivement. Seuls cinq sous-marins auront réussi à sortir de la rade ; trois d’entre eux gagneront Alger.

24 décembre 1942    Exécution de Darlan.
L’amiral Darlan est assassiné à Alger par un jeune homme de vingt ans, Bonnier de la Chapelle, qui, lorsqu’il comparaît devant le tribunal dès le lendemain, déclare pour expliquer son geste qu’il lui fallait « faire justice d’un traître qui était un obstacle à l’union de tous les français ». Le lendemain, à 7 h 45, il est fusillé.

3 janvier 1943     L’affaire Stavisky éclate à Paris.
Serge Alexandre Stavisky, créateur et fondateur du Crédit municipal de Bayonne, a détourné plusieurs dizaines de millions de francs. Des personnalités politiques sont mêlées au scandale.

24 janvier 1943    Entrevue entre de Gaulle et Giraud à Casablanca.
De Gaulle rencontre à Casablanca Giraud qui lui a été préféré par les alliés dans l’organisation du débarquement au Maroc. Lors de cette conférence, Roosevelt, président des Etats-Unis, tente en vain de mettre fin à leur différent.

30 janvier 1943     Création de milices françaises.
La loi, qui stipule la création et accorde un statut à la milice française, outil militaire de la politique de collaboration du gouvernement de Vichy avec le régime nazi, prend effet ce jour. Darnand en devient le secrétaire général.

16 février 1943    Institution du travail obligatoire.
Le Service du travail obligatoire, STO, est institué dans le cadre de l’économie de guerre. Plus de 1,5 million d’hommes seront requis. 875 000 d’entre eux sont contraints de partir pour l’Allemagne. Nombreux sont ceux qui, âgés entre vingt et un et trente-cinq ans, refusent l’obligation et entrent alors dans la Résistance.

15 mai 1943    Constitution du Conseil national de la Résistance.
Le CNR est constitué. Jean Moulin affirme la primauté politique du général de Gaulle.

21 juin 1943    Jean Moulin arrêté par la Gestapo.
Le chef du Conseil national de la Résistance, Jean Moulin, trahi, est arrêté à Caluire dans la banlieue de Lyon. Le nazi Klaus Barbie commence de l’interroger. Quelques jours plus tard, dans le train qui part pour un camp de la mort dans lequel on a déposé son corps torturé, Jean Moulin meurt, âgé de quarante-quatre ans.

9 novembre 1943    De Gaulle reconnu président unique du CFLN.
En ce 9 novembre, le général Giraud démissionne de la coprésidence du CFLN (Comité français de la libération nationale). De Gaulle en demeure l’unique président. Giraud se voit subordonné au général de Gaulle et est nommé au poste symbolique d’inspecteur général des armées. Pour le général de Gaulle, le CFNL devient enfin l’instrument d’un pouvoir politique et militaire qu’il a voulu.

21 avril 1944    Démission du général Giraud.
Progressivement au cours de l’année 1943, le général Giraud a été supplanté par le général de Gaulle. En novembre 1943, Giraud a abandonné la coprésidence du CFLN, Comité français de la libération nationale, créé le 3 juin 1943. En ce 21 avril, Giraud démissionne de son poste de commandant en chef des troupes françaises d’Afrique du Nord.

21 avril 1944     Droit de vote accordé aux femmes.
Une ordonnance du général de Gaulle et leur éligibilité. Elles voteront pour la première fois le 29 avril 1945 à l’occasion des élections municipales

3 juin 1944     De Gaulle, président du GPRF.
Le CFLN, Comité français de libération nationale, se transforme en GPRF, Gouvernement provisoire de la République française. De Gaulle en est nommé président.

6 juin 1944    Débarquement allié en Normandie.
L’opération Overlord commandée par le général américain Eisenhower commence. 4 266 transports de toutes sortes que protègent 722 navires de guerre amènent 21 000 soldats qui débarquent sur les plages normandes rebaptisées Utah Beach, Omaha Beach, Gold, Juno, Sword. Immédiatement, deux ports artificiels sont construits à Omaha Beach et à Arromanches. Ces ports doivent permettre, dans les jours qui suivent, de débarquer 2,5 millions d’hommes, quelque 500 000 véhicules et 4 millions de tonnes de matériels. Le maréchal Erwin Rommel est à Berlin pour l’anniversaire de sa femme…

10 juin 1944     Massacre d’Oradour-sur-Glane.
Les troupes allemandes de la Wermacht remontent vers le front qui a été ouvert quatre jours plus tôt par le débarquement en Normandie. Dans un village de la Haute-Vienne, Oradour-sur-Glane, qu’ils traversent, les soldats nazis enferment dans l’église les hommes, les femmes et les enfants. Les Allemands en font un brasier. Plus de 640 habitants du village sont brûlés vifs. Ceux qui tentent de fuir sont abattus. Seul un enfant parvient à se cacher et à survivre.

29 juin 1944    Exécution de Philippe Henriot.
Membre d’une organisation d’extrême droite avant la guerre, député, il est devenu le secrétaire de l’Information du gouvernement de Laval à Vichy. La Résistance le condamne à mort. Alors qu’il cherche à fuir en Allemagne, il est arrêté et fusillé.

7 juillet 1944    Assassinat de Georges Mandel.
Louis Georges Mandel s’est opposé au gouvernement de Vichy . Démis de ses fonctions de ministre de l’Intérieur qu’il n’occupe que depuis le 5 juin 1940, il gagne le Maroc à bord du Massilia pour continuer le combat et entrer en contact avec le gouvernement britannique. Il est ramené en France et interné par le gouvernement de Vichy qui le remet aux Allemands, en novembre 1942. Des miliciens le fusillent, en ce 7 juillet, dans la forêt de Fontainebleau.

15 août 1944    Débarquement allié en Provence.
Les alliés de la VIIe armée américaine, sous le commandement de Patch, et les Forces françaises libres commandées par de Lattre de Tassigny débarquent en Provence, sur les plages de Sainte-Maxime, de Fréjus, de Cavalaire, de Pampelonne et au Drammont. Quelque 500 000 hommes, que soutiennent 1 500 avions. L’opération porte le nom de code Anvil. A peine deux semaines plus tard, les 27 et 28 août, Marseille et Toulon sont libérées.

20 août 1944    Arrestation de Pétain par les Allemands.
Les Allemands arrêtent à Vichy le maréchal Pétain et Laval, qu’ils emmènent en Allemagne au château de Sigmaringen.

25 août 1944    Libération de Paris.
Le Führer Adolf Hitler a téléphoné au gouverneur militaire de la Ville de Paris, le général von Choltitz, auquel il avait fait donner l’ordre de déposer sous les principaux monuments et sous les ponts de la capitale des charges explosives, pour lui demander : « Paris brûle-t-il ? » Paris ne brûle pas. Le 24 au soir, les troupes du capitaine Dronne sont entrées par la Porte d’Italie et ont atteint l’Hôtel de Ville et la préfecture de police. En ce jour, la 2e DB de Leclerc, qui entre par la Porte d’Orléans, enlève les derniers points de résistance avec l’aide des FFI, Forces françaises de l’intérieur, que dirige le colonel Rol-Tanguy . Ce dernier a commencé, pressé par les résistants communistes, le combat pour la libération de la capitale dès le 19 août. A la gare Montparnasse, le général von Choltitz signe sa reddition devant le général Leclerc et Rol-Tanguy.

26 août 1944    Accueil triomphal de Paris à de Gaulle.
La descente des Champs-Elysées par le général de Gaulle entouré des membres du CNR et des chefs militaires de la 2e DB consacre l’homme de l’« appel du 18 juin ». Dans les Mémoires de guerre, qu’il écrira quelques années plus tard, le général notera : « Devant moi, les Champs-Elysées. Ah ! c’est la mer ! »

6 septembre 1944    Le gouvernement provisoire à Paris.
Le GPRF, Gouvernement provisoire de la République française, qui s’est substitué le 3 juin au CFLN, Comité français de libération nationale, s’installe à Paris. Le général de Gaulle, qui a déclaré le 26 août « Je n’ai pas à proclamer la république, elle n’a jamais cessé d’exister », en est à la tête.

23 septembre 1944    Intégration des FFI à l’armée.
Les Forces françaises de l’intérieur sont essentiellement composées d’hommes et de femmes qui sont entrés dans la Résistance, dans la clandestinité, et qui, aux yeux des autorités allemandes, ne sont guère que des « terroristes ». Arrêtés, ils ne sont donc pas considérés comme des prisonniers de guerre. Nul n’a l’illusion que la décision prise ce jour change leur sort. Politique, celle-ci vise à démontrer l’unité des forces militaires françaises sous une seule autorité.

1er janvier 1945     Offensive allemande en Lorraine.
Cette offensive durera jusqu’au 9 janvier ; elle vise la ville de Strasbourg qui résistera et ne sera pas occupée par les troupes allemandes.

29 avril 1945    Les femmes votent pour la première fois.
Par l’ordonnance du 21 avril 1944, le général de Gaulle a prévu le vote des femmes et leur éligibilité. Pour la première fois de l’histoire, à l’occasion d’élections municipales, les femmes ont accès aux bureaux de vote.

8 mai 1945    Capitulation générale des armées allemandes.
Toutes les forces allemandes ont signé, la veille à Reims, leur reddition sans condition. Ce 8 mai 1945, l’acte est ratifié à Berlin. La Seconde Guerre mondiale s’achève en Europe.

23 juillet 1945    Début du procès Pétain.
Le maréchal de France Henri Philippe Omer Pétain comparait devant les juges de la Haute Cour. Le procès de celui qui a voulu l’armistice en 1940, qui a accepté et mis en œuvre la collaboration avec l’ennemi nazi commence. Maîtres Jacques Isorni, Jean Lemaire et Fernand Payen assurent sa défense. Dans la nuit du 14 au 15 août, alors que l’accusé a gardé le silence tout au long des débats, le verdict tombe. Condamnation à mort. Le général de Gaulle qui est président du gouvernement provisoire de la République commue la condamnation à la détention perpétuelle. C’est en 1951, à 95 ans, que le maréchal s’éteint à la forteresse de l’île d’Yeu.

14 août 1945    Pétain condamné à mort.
Le maréchal de France Henri Philippe Omer Pétain a comparu devant les juges de la Haute Cour. Le procès de celui qui a voulu l’armistice en 1940, qui a accepté et mis en œuvre la collaboration avec l’ennemi nazi, s’achève. Maîtres Jacques Isorni, Jean Lemaire et Fernand Payen ont assuré sa défense. Dans la nuit du 14 au 15 août, alors que l’accusé a gardé le silence tout au long des débats, le verdict tombe. Condamnation à mort. Le général de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République, commue la peine en détention perpétuelle. C’est en 1951, à quatre-vingt-quinze ans, que le maréchal s’éteint à la forteresse de l’île d’Yeu.

4 octobre 1945    Début du procès de Laval.
En ce jour, le procès de celui qui fut à la tête du gouvernement de Vichy et qui a déclaré le 22 juin 1941 « Je souhaite la victoire de l’Allemagne parce que, sans elle, le bolchevisme demain s’installerait partout » commence. Les Américains qui l’ont arrêté à Innsbruck, en Autriche, l’ont livré au gouvernement français. Condamné à mort sans appel, il sera fusillé le 15 octobre. Entre-temps, il aura tenté de se suicider.

21 octobre 1945    Elections générales.
Les Français, et les Françaises pour la première fois de l’histoire — elles sont 2 % de plus que les hommes à accomplir leur devoir électoral en ce jour et trente-trois d’entre elles sont élues à la Chambre des députés —, ont été appelés aux urnes pour deux raisons. Il s’agit d’élections législatives ainsi que d’un double référendum : Les Français veulent-ils une Constitution nouvelle ou le retour aux lois de 1875 ? En cas de réponse positive, acceptent-ils de limiter les pouvoirs de la nouvelle assemblée, qui pendant sept mois aura à élaborer une nouvelle Constitution ? A la première question les français répondent à 96 % oui. A la seconde, 66 % répondent oui. Le MRP, la SFIO et le PC, majoritaires, créent ensemble un gouvernement à la tête duquel, à l’unanimité, ils portent le général de Gaulle.

15 novembre 1945    Entrée en conflit de De Gaulle et des communistes.
Investi à l’unanimité par la Chambre des députés, le général de Gaulle, qui incarne la Résistance et qui veut former un gouvernement rassemblant tous les partis qui ont participé à celle-ci, refuse cependant au parti communiste l’un des trois ministères essentiels que sont les Affaires étrangères, l’Intérieur et la Défense nationale.

3 décembre 1945    Nationalisation des banques.
En ce jour, toutes les banques de dépôt, toutes les banques de crédit et la Banque de France sont nationalisées. Leurs actions sont transférées à l’Etat.

8 mars 1946    Débarquement français au Tonkin.
En ce jour, les troupes françaises débarquent à Haiphong et reprennent pied à Hanoi et au Tonkin sous le commandement du général Leclerc et du commissaire Jean Sainteny.

13 avril 1946     Loi Marthe Richard.
Conseillère municipale de Paris et rapporteur de la Commission de la santé publique, Marthe Richard fait voter la loi n° 46-685 dont l’article premier stipule : « Toutes les maisons de tolérance sont interdites sur l’ensemble du territoire national. ». En d’autres termes, les maisons closes et les bordels sont interdits…

24 avril 1946    Nationalisation des houillères et des assurances.
Le 8 avril, la production et de la distribution de l’électricité et du gaz ont été nationalisées, ce qui donne naissance à l’EDF-GDF. Ce 24 avril, ce sont les houillères et onze compagnies d’assurances qui sont nationalisées.

28 mai 1946     Accords Blum-Byrnes.
La France reçoit un crédit de 1 400 000 dollars. En outre, 2 850 000 dollars de dettes sont annulés en échange de l’ouverture du marché français aux produits américains.

16 décembre 1946    Ministère Blum.
Les exigences du parti communiste, qui voulait le portefeuille de la Défense, n’ont pas été acceptées. Blum forme donc le seul gouvernement possible : il ne compte que des socialistes. Léon Blum assume la présidence du Conseil, en même temps que le portefeuille de ministre des Affaires étrangères.

16 janvier 1947     Vincent Auriol est élu président.
C’est aux voix socialistes et communistes que Vincent Auriol, qui fut président de l’Assemblée constituante au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, doit d’être élu à la présidence la République par le Parlement.

13 février 1947     Grève générale.
Les ouvriers sont affectés par la crise, la baisse des salaires et du pouvoir d’achat. Un vaste mouvement de grèves commence par les usines Renault.

30 mars 1947     Insurrection à Madagascar.
Dans la nuit du 29 au 30 mars, le Mouvement démocratique de rénovation malgache, fort de 300 000 membres, d

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !