31 mai 1850    Lois restreignant le suffrage universel.
3 000 000 de votants sont exclus. Pour être électeur, il faut être domicilié depuis trois ans dans le même canton et n’avoir jamais été condamné pour délit de droit commun ou pour délit politique. Le nombre d’électeurs est ainsi réduit de 9 600 000 à 6 800 000. Cette loi est votée par les modérés.

15 mars 1850    Vote de la loi Falloux sur l’enseignement public.
Elle porte le nom du ministre de l’Instruction publique qui en avait soutenu le projet. La liberté de l’enseignement y est reconnue et de grands avantages sont donnés aux associations religieuses qui l’assurent. Ecoles et collèges peuvent être créés librement pour le primaire et le secondaire. Il suffit d’avoir le brevet ou le baccalauréat pour avoir le droit d’enseigner. En deux ans, 257 collèges libres feront concurrence aux lycées.

2 décembre 1851    Coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte.
En cette date anniversaire du sacre de son oncle et de la bataille d’Austerlitz, au lendemain d’un bal qui s’est tenu la veille au soir à l’Elysée et au cours duquel Louis Napoléon n’a rien laissé paraître, les Parisiens découvrent sur les murs de la capitale la proclamation de la dissolution de l’Assemblée nationale et le rétablissement du suffrage universel. Est placardé encore un « Avis au peuple français » qui est un appel au plébiscite, par lequel le peuple est invité à reconnaître l’autorité de Louis Napoléon Bonaparte. Le Palais-Bourbon a été dans la nuit investi par la troupe. Les deux cents députés qui ne peuvent avoir accès à la Chambre se retrouvent dans la mairie de ce qui est alors le Xe arrondissement, rue de Grenelle. Leurs tergiversations laissent le temps à la police de cerner le pâté de maisons. C’est sous le regard narquois des badauds que les députés sont emmenés à la caserne du quai d’Orsay. Les députés Victor Hugo, Victor Schoelcher, Jules Favre, Alphonse Baudin et Michel de Bourges tentent de soulever le peuple de Paris. Hugo rédige un appel au peuple et à l’armée. Cependant, au soir, la situation semble maîtrisée. Le duc de Morny, ministre de l’Intérieur et demi-frère de Louis Napoléon, déclare à propos du coup d’Etat qu’il n’a guère été qu’« une opération de police un peu rude ».

14 janvier 1852     Nouvelle constitution promulguée.
A la suite des plébiscites des 21 et 22 décembre de l’année précédente qui ont accordé à un président élu pour dix ans de très larges pouvoirs, la nouvelle Constitution promulgue les dispositions qui viennent d’être votées.

24 janvier 1852    Décret de rétablissement des titres de noblesse.
Par ce décret Napoléon III, qui est encore alors prince-président, rétablit les anciens titres de noblesse, abrogés par un décret du gouvernement provisoire, le 29 février 1848.

7 novembre 1852    Louis Napoléon proclamé empereur des français.
En ce jour un sénatus-consulte rétablit la dignité impériale en la personne de Louis Napoléon Bonaparte, et fixe aux 21 et 22 novembre suivants un plébiscite par lequel il est demandé aux Français d’approuver cette décision. Au cours des jours qui suivent le prince-président assure « L’Empire c’est la paix », et proclame encore : « Représentant à tant de titres la cause du peuple et la volonté nationale, ce sera la nation qui, en m’élevant au trône, se couronnera elle-même. »

18 novembre 1852    Un premier grand magasin à Paris.
C’est rue de Sèvres que s’ouvre en ce jour à l’enseigne du Bon Marché un magasin de nouveautés qui va bouleverser le commerce français. Aristide Boucicaut en est le fondateur. Il a choisi de casser les prix en limitant ses marges bénéficiaires, et qui plus est d’indiquer un prix qui ne peut plus être négocié, comme on a l’habitude de le faire dans les boutiques depuis des années et des années. L’entrée est libre. Les badauds peuvent entrer, flâner, regarder, essayer. Ils peuvent pour autant ressortir sans avoir fait le moindre achat. Les rayons sont spécialisés. Le client peut en outre rendre la marchandise qui ne lui convient pas et être intégralement remboursé. Le succès de la formule est immédiat. S’il fait un chiffre de 450 000 francs à la fin de l’année, dès 1869, il annoncera un chiffre d’affaires de 20 millions de francs.

2 décembre 1852    Rétablissement de l’empire.
Le plébiscite des 21 et 22 novembre a, par 7 824 000 voix contre 253 000, répondu oui. L’empire est rétabli. La veille, Louis Napoléon Bonaparte a déclaré devant le Sénat : « Aidez-moi, messieurs, à asseoir sur cette terre, bouleversée par tant de révolutions, un gouvernement stable qui ait pour base la religion, la propriété, la justice, l’amour des classes souffrantes. » Après avoir passé en ce 2 décembre les troupes en revue, avoir descendu les Champs-Elysées sous les acclamations de la foule, pour la première fois, le soir, aux Tuileries, dans la salle du trône, devant toutes les personnalités politiques réunies, Napoléon III signe : « Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, empereur des Français. »

29 janvier 1853    Mariage de Napoléon III et d’Eugénie de Montijo.
C’est un Napoléon III sincèrement amoureux qui épouse la belle Eugénie de Palafox, comtesse de Teba. Le mariage se fait en dépit de l’opposition des membres de la famille Bonaparte et de certains des ministres.

24 septembre 1853    La Nouvelle-Calédonie devient possession française.
Un massacre de douze marins français en novembre 1850 sert de prétexte pour que le contre-amiral Febvrier Despointes prenne possession de l’île, qui est en ce jour rattachée aux Etablissements français d’Océanie.

27 mars 1854    La France et l’Angleterre déclarent la guerre à la Russie.
La France et l’Angleterre qui ont renoncé à rallier l’Autriche à leur entreprise déclarent la guerre à la Russie. C’est le début de la guerre de Crimée.

20 septembre 1854    Victoire de l’Alma.
Les Français et les Anglais ont débarqué le 14 septembre à Eupatoria. En ce jour, ils affrontent les troupes russes sur les berges du fleuve Alma. Les zouaves du général Bosquet ne se laissent pas arrêter par l’artillerie russe et s’élancent, sans qu’aucune tactique précise ait été mise en place, à l’assaut des positions ennemies. La victoire est totale. On chante à Paris : « Cette fois, sur terre et sur mer/ Les cosaques nous les tenons/ La France est avec l’Angleterre/ le droit est avec nos canons. »

26 janvier 1855    Traité avec Victor-Emmanuel Ier, roi de Piémont.
Au cours de la guerre qui les opposent à la Russie, la France et l’Angleterre signent un traité d’alliance avec le Piémont et la Sardaigne.

9 avril 1855    Première défaite des alliés devant Sébastopol.
Tout concourt à cette défaite des Anglais et des Français. Le siège n’en finit pas. L’hiver a été terrible. Reste une armée mal équipée. Le général de Saint-Arnaud décrit : « 70 000 hommes sans pain, sans souliers, sans marmite, sans bidon. »

8 septembre 1855    Prise de Sébastopol et de Malakoff.
La puissante forteresse de Sébastopol, renforcée par des tranchées creusées par la population, tient depuis onze mois. L’officier russe Totleben organise la résistance face aux armées françaises et anglaises. En ce 8 septembre, après trois jours de bombardements intensifs, Mac-Mahon avec ses zouaves parvient à s’emparer de la tour Malakoff. Aux Russes qui menacent de faire sauter la tour, il lance : « J’y suis, j’y reste ! »

25 février 1856    Ouverture du Congrès de Paris.
Dans le salon du ministère des Affaires étrangères, les principaux diplomates européens sont réunis pour clore la guerre de Crimée. Parmi eux, Metternich. Napoléon III veut effacer par ce congrès l’humiliation qu’infligea celui de Vienne, après la chute de son oncle, Napoléon Ier. Que l’intégrité de l’Empire ottoman soit garantie ainsi que la libre circulation sur le Danube constituent des succès diplomatiques pour l’empereur qui voit les Empires russe et autrichien devoir accepter ses conditions.

30 mars 1856    Traité de Paris.
La guerre de Crimée est finie. Le tsar Alexandre II, par ce traité, accorde leur autonomie aux principautés danubiennes, Moldavie, Valachie et Serbie. De plus, il garantit l’intégrité de l’Empire ottoman.

14 janvier 1858    Attentat d’Orsini contre Napoléon III.
Le révolutionnaire italien Orsini et ses complices font exploser une bombe au passage de la voiture qui emmène le couple impérial à l’opéra. L’explosion fait une centaine de morts, mais l’impératrice et l’empereur sont indemnes. Cet attentat déterminera cependant Napoléon III à prendre part à la réunification de l’Italie.

19 février 1858    Loi de sûreté générale.
L’attentat d’Orsini contre l’empereur le 14 janvier 1858 a servi de prétexte à cette loi proposée par le général Espinasse qui stipule que l’on peut arrêter et déporter sans jugement quiconque a fait l’objet de condamnation, lors des événements de juin 1848 et de décembre 1851. Plus de 2 000 français seront inquiétés par cette « loi des suspects ».

13 juillet 1858    Entrevue de Plombières.
Au cours de l’une de ses cures à Plombières, Napoléon rencontre Cavour. Le tête-à-tête secret dure sept heures. Le ministre du roi Victor-Emmanuel, qui aspire à faire de l’Italie un seul Etat, convainc l’empereur. Napoléon aidera l’Italie à faire son unité. La France s’engagera à la condition que l’Autriche soit l’agresseur.

24 juin 1858    Création à Paris du ministère de l’Algérie.
Le prince Jérôme, cousin de Napoléon III, prend en charge le portefeuille du ministère de l’Algérie. Le 26 novembre 1860, le même ministère est dissous…

31 mai 1858    Français et Anglais prennent T’ien-Tsin.
Napoléon III s’est associé à l’Angleterre pour forcer les portes du nord de la Chine qui, à l’avènement de l’empereur Hien Phong en 1850, tendait à se refermer à nouveau, ce qui retirait à l’Europe un marché considérable. T’ien Tsin que les armées franco-anglaises viennent de prendre est déclarée ville internationale.

18 février 1859    Occupation de Saigon.
Les compagnies de débarquement de l’amiral Rigoult de Genouilly s’empare de Saigon, après un bref bombardement par les navires de l’escadre.

24 juin 1859    Victoire de Solférino.
Les armées françaises et sardes font face à l’armée autrichienne. En dépit de la violence des combats qui font quelque 30 000 morts de part et d’autre et des milliers de blessés auxquels les religieuses ne parviennent pas à porter secours, cette bataille, livrée presque par hasard, est remportée par les armées françaises et sardes, grâce au courage des zouaves qui prennent d’assaut les fortifications du village de Solférino. Le soir, Napoléon III télégraphie à Paris : « Grande bataille et grande victoire. » En ce même soir, un médecin âgé de trente et un ans songe à la nécessité de créer un service de secours efficace. Il s’appelle Henri Dunant. Il est suisse. Une croix rouge sur fond blanc, à l’inverse des couleurs de son pays, pourrait tenir lieu d’emblème à ces secours…

4 juin 1859    Victoire de Magenta.
Au soir de la bataille, l’empereur présent soupire. Une erreur de Mac-Mahon a failli être fatale. Il en a pris conscience à temps, a arrêté son mouvement et est revenu vers le sud, ce qui lui a permis de fondre sur le flanc ennemi. L’assaut donné enfin à la ville par les zouaves a fini de mettre en déroute l’armée autrichienne. Cette victoire vaut à Mac-Mahon un bâton de maréchal et le titre de duc de Magenta.

20 mai 1859     Victoire de Montebello.
Le général Forey y défait les Autrichiens. Cinquante-neuf ans plus tôt, le même village de Lombardie avait été le champ de bataille qui avait permis à Lannes d’emporter, le 9 juin 1800, une victoire sur les Autrichiens déjà, cela lui avait valu le titre de duc de Montebello.

3 mai 1859    Déclaration de guerre à l’Autriche.
L’Autriche a lancé un ultimatum à Turin le 19 avril. Cavour a refusé de se soumettre. L’Autriche déclare alors la guerre à l’Italie à laquelle Napoléon III a promis de permettre son unification. Le carbonaro qu’il a été s’engage donc auprès d’elle.

25 avril 1859    Début des travaux du canal de Suez.
C’est Ferdinand de Lesseps qui a créé en 1854 et 1856 une compagnie chargée par le pacha Saïd d’établir un passage entre la Méditerranée et la mer Rouge. Aujourd’hui, le premier coup de pioche est donné par Lesseps lui-même.

10 novembre 1859    Traité de Zurich.
Le 11 juillet, François-Joseph, empereur d’Autriche, et Napoléon III se sont rencontrés à Villafranca et y sont convenus des termes du traité signé en ce jour à Zurich. La Lombardie est cédée au royaume de Piémont. L’Autriche garde la Vénétie. Les ducs de Modane, Parme et Modène récupèrent leurs Etats et la création d’une confédération italienne présidée par le pape est envisagée.

23 janvier 1860    Traité de commerce franco-anglais.
Napoléon III a mené secrètement les négociations. Ni les industriels ni le Corps législatif ne sont informés lorsqu’il signe ce traité de libre-échange par lequel il bouleverse des lois sur le commerce datant de Colbert.

14 mars 1860    Nice et la Savoie rattachées à la France.
Un traité secret, signé à Turin entre la France et la Sardaigne, promet le rattachement de la Savoie et de Nice à la France. Les 15 et 16 avril 1860, par un plébiscite qu’a imposé Cavour, Premier ministre du roi Victor-Emmanuel, les Niçois se prononcent par 83,8 % pour la France. Les 21 et 22 avril, les Savoyards, par 130 533 oui et 235 non, choisissent de même le rattachement à la France.

9 juillet 1860    Début des massacres de Damas.
Aujourd’hui, la folie meurtrière de la communauté druze de la ville de Damas se déchaîne. Pendant quatre jours, quelque 5 000 chrétiens maronites vont être massacrés par des bandes qui forcent les portes, violent, tuent et pillent. Le pacha, qui n’a pas respecté ses engagements à la fin de la guerre de Crimée, reste indifférent. En revanche, l’émir Abd el-Kader sauve 1 500 chrétiens qu’il accueille et protège dans son palais. A la nouvelle de ces émeutes, l’émotion est si forte en France et en Angleterre qu’on décide d’envoyer un corps expéditionnaire « pour aider le sultan à rétablir la paix ». La France est mandatée par l’Europe.

24 octobre 1860    Traité de Pékin.
Les Chinois accordent à la France par ce traité d’importantes concessions économiques, religieuses et militaires. Les canonnières occidentales sont désormais autorisées à remonter le cours du Yangzi Jiang sur mille kilomètres.

5 juin 1862    Traité de Hue.
La France acquiert la région de Saigon, Mytho, Bien-Hoa et continue la conquête de la Cochinchine.

11 avril 1863     La France impose son protectorat au Cambodge.
La France, par l’intermédiaire de l’amiral Dourdart de Lagrée, impose un traité de protectorat au roi Norodom, traité qui ne sera reconnu qu’en 1867 par le puisant voisin du Cambodge, le Siam.

25 mai 1864    Loi Emile Ollivier sur le droit de grève.
Emile Ollivier résume l’esprit de la loi par ces mots : « Liberté absolue de la coalition à tous les degrés. Répression rigoureuse de la violence et de la fraude. » Cette loi sera vivement discutée par la droite et taxée de calcul politique par la gauche. « Elle commence par une promesse ; elle continue par une menace », dit d’elle Jules Simon.

28 septembre 1864    Fondation de l’Internationale.
« L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » proclame l’Association internationale des travailleurs, qui en ce 28 septembre crée à Londres la Ire Internationale.

19 juin 1867    Maximillien, empereur du Mexique est fusillé.
L’archiduc d’Autriche, frère de l’empereur François-Joseph, a accepté la couronne du Mexique que Napoléon III lui a offerte. Mais il n’a pu venir à bout de la révolte conduite par Juarez, malgré l’aide des troupes françaises qui, de coups fourrés en défaites, ont quitté le Mexique en 1866. A Querétaro, en ce jour, l’empereur fait face au peloton d’exécution. Ses deux derniers fidèles compagnons, Miramon et Mejia, sont fusillés en même temps que lui.

20 mars 1868    Dissolution de la section française de l’Internationale.
Pour mettre fin à l’agitation républicaine, le gouvernement frappe durement ceux qu’il tient pour responsables. Ollivier prononce la dissolution de l’Internationale et fait arrêter ses principaux chefs qu’ils soient proudhoniens ou blanquistes.

17 novembre 1869    Inauguration du canal de Suez.
Le premier coup de pioche a été donné il y a dix ans. Il a fallu à Ferdinand de Lesseps un acharnement de chaque jour pour ouvrir cette voie d’accès vers l’Extrême-Orient qui épargne d’avoir à contourner l’Afrique. Aujourd’hui, ce canal long de 161 kilomètres, qui traverse le désert de Port-Saïd à Suez, est inauguré à Port-Saïd en présence du khédive et de nombreuses têtes couronnées, dont l’impératrice Eugénie. Après les célébrations conjointes d’un service religieux musulman et d’une messe catholique, le yacht impérial L’Aigle suivi des autres yachts royaux s’engage dans le canal. La foule sur les rives manifeste son enthousiasme. A chaque étape, banquets et fêtes se succèdent. Parmi elles, un opéra qui a été commandé pour la circonstance au compositeur italien Giuseppe Verdi, Aïda, est créé. Enfin, le 20 novembre, la flotte atteint la mer Rouge.

2 janvier 1870    Ministère Emile Ollivier.
L’obsession d’Emile Ollivier est le maintien de la paix. En endossant toutes les responsabilités, jusqu’au dernier moment, il tentera d’empêcher la guerre avec l’Allemagne.

12 janvier 1870    Obsèques de Victor Noir.
Victor Noir, journaliste à La Marseillaise, est abattu froidement d’un coup de revolver par Pierre Bonaparte, neveu de l’empereur, à qui il venait demander raison d’une offense à un confrère. Ses obsèques sont l’occasion d’une manifestation républicaine contre le régime impérial.

20 avril 1870    Sénatus-consulte sur les pouvoirs de l’empereur.
Napoléon III demande aux Français de se prononcer par plébiscite sur la proposition : « Le peuple approuve les réformes libérales opérées dans la Constitution depuis 1860 par l’empereur avec le concours des corps d’Etat et ratifie le sénatus-consulte du 20 avril 1870. » Les Français répondent par 7 350 000 oui et 1 570 000 non.

13 juillet 1870    Dépêche d’Ems.
« On vient de jeter un gant à la face de quelqu’un qu’on veut forcer à se battre », déclare Adolphe Thiers au corps législatif. La gant jeté est une dépêche. Lors de sa rencontre avec l’ambassadeur de France Benedetti, Guillaume Ier, roi de Prusse, fait une réponse que Bismarck rapporte de telle sorte qu’elle devient injurieuse pour la France. En effet, Bismarck voudrait que la France déclare la guerre pour faire jouer le traité d’alliance défensive des Etats de la Confédération germanique. Il obtient ce qu’il veut. Le journal Le Constitutionnel écrit : « A l’insolence de la Prusse, il n’y a qu’une réponse : la guerre. »

19 juillet 1870    Déclaration de guerre à la Prusse.
« On vient de jeter un gant à la face de quelqu’un qu’on veut forcer à se battre », déclare Adolphe Thiers au Corps législatif. Le gant jeté est une dépêche. Lors de sa rencontre avec l’ambassadeur de France Benedetti, Guillaume Ier, roi de Prusse, fait une réponse que Bismarck rapporte de telle sorte qu’elle devient injurieuse pour la France. En effet, Bismarck voudrait que la France déclare la guerre pour faire jouer le traité d’alliance défensive des Etats de la Confédération germanique, et il obtient ce qu’il veut. Le journal Le Constitutionnel écrit : « A l’insolence de la Prusse, il n’y a qu’une réponse : la guerre. »
Alors que l’armée est mal préparée, les Français ne doutent pas de la victoire. Leur Premier ministre Ollivier assure à propos de la guerre : « Nous l’acceptons d’un cœur léger ! »

6 août 1870    Bataille de Reichshoffen.
La veille, Mac-Mahon a installé son état-major au château de Reichshoffen. Ses troupes sont à Frœschwieller-Woerth. En ce 6 août les 120 000 hommes de la IIIe armée allemande mettent en fuite les 46 000 soldats français. La charge héroïque des cuirassiers sur les ennemis, qui veulent poursuivre les troupes battant en retraite, évite un massacre. En dépit du feu nourri de l’artillerie, les cuirassiers atteignent le village de Monrsbronn. Ils sont décimés dans les rues étroites, fusillés à bout portant par l’infanterie prussienne.

1er septembre 1870    Capitulation de Sedan.
Le 30 août Mac-Mahon a gagné Sedan, où il s’est laissé encercler par les troupes prussiennes. Malgré les charges des chasseurs d’Afrique, que commandent les généraux Margueritte et Galliffet, l’étau se resserre. Un violent tir d’artillerie repousse les charges françaises. Cinq cents canons pilonnent Sedan. Mac-Mahon est blessé, Margueritte est tué. Pour mettre fin au massacre, l’empereur Napoléon III donne l’ordre de hisser le drapeau blanc de la reddition. Il est 17 heures.

4 septembre 1870    Déchéance de l’empire.
La veille, la défaite de Sedan a été officiellement annoncée. Prisonnier, l’empereur est emmené à Wilhelmshöhe. A Paris, en ce 4 septembre, à la tribune du Corps législatif, Gambetta proclame la déchéance de Napoléon III. L’impératrice prévenue quelques heures plus tôt a répondu : « Si vous pensez que je suis un obstacle, que le nom de l’empereur est un obstacle au lieu d’être une force, prononcez notre déchéance ; je ne me plaindrai pas, je serai déchargée du lourd fardeau qui pèse sur moi et je pourrai me retirer avec honneur. » Dans la même journée, la république est proclamée à l’Hôtel de Ville. Il n’y a pas eu la moindre effusion de sang.

18 septembre 1870    Début du siège de Paris.
Les troupes prussiennes ont balayé l’empire de Napoléon III. La République continue une guerre qui n’est pas seulement celle de l’empereur. Paris est ceinturée de trente kilomètres de remparts. Elle est défendue par 100 000 soldats et marins, 115 000 gardes mobiles et 340 000 gardes nationaux. Le gouverneur militaire de Paris, le général Trochu, en dépit de ce nombre maugrée : « Beaucoup d’hommes, mais peu de soldats ! » En ce jour, les avant-gardes prussiennes se présentent devant la ville. Le lendemain, elle est cernée. Le siège commence. Victor Hugo, qui est enfin rentré d’un exil commencé près de vingt ans plus tôt, lance : « Paris va terrifier le monde. On va voir comment Paris sait mourir. »

4 novembre 1870    Siège de Belfort.
En ce jour les armées prussiennes prennent place autour de la ville. Le siège qui commence va durer plus de cent jours. Le courage du colonel Denfert-Rochereau, qui organise la résistance de la ville, permet que celle-ci résiste aux bombardements comme au froid intense qui s’abat. Denfert-Rochereau ne consentira à se rendre que sur un ordre intimé par le gouvernement.

9 novembre 1870    Victoire de Coulmiers.
Le 21 octobre dernier, les troupes bavaroises sont entrées dans Chartres et ont repoussé les troupes françaises jusqu’en Sologne. En ce 9 novembre, Aurelle de Paladines, qui a réussi à regrouper les forces françaises, bat les Bavarois à Coulmiers et reprend la ville d’Orléans.

28 janvier 1871    Armistice franco-prussien.
La défaite de Buzenval, les insurrections parisiennes et la menace de famine générale qui pèse sur la capitale contraignent le gouvernement à demander aux Prussiens un armistice qui leur est accordé.

20 mars 1871    Thiers et l’Assemblée se retirent à Versailles.
Dans Paris assiégé, les journées révolutionnaires de la Commune viennent de commencer. Le gouvernement, avec Thiers à sa tête, s’enfuit et se réfugie à Versailles. Le général Mac-Mahon est chargé de sa défense.

17 février 1871    Thiers à la tête du gouvernement provisoire.
Elu à l’Assemblée nationale par vingt-six départements, il est désigné par l’Assemblée repliée à Bordeaux comme chef du pouvoir exécutif.

26 mars 1871    La Commune.
Ce jour, Paris élit une « commune » qui s’arroge tous les pouvoirs civils et militaires. Elle ne représente encore que la moitié de la population parisienne et va siéger pendant cinquante-quatre jours.

3 avril 1871    Marche des fédérés sur Versailles.
Pendant la Commune de Paris, les fédérés tentent une sortie de la capitale pour l’approvisionnement. Les versaillais leur interdisent le passage. Les premiers affrontements entre les versaillais et les communards ont lieu. Plusieurs fédérés, alors faits prisonniers, sont fusillés sans jugement par le général Gallifet qui déclare : « C’est une guerre sans trêve ni pitié que je déclare à ces assassins. »

10 mai 1871    Traité de Francfort.
Signé entre la France et l’Allemagne (l’empereur est Guillaume Ier depuis le 18 janvier 1871), le traité contraint la France à céder l’Alsace et la Lorraine. La France, qui conserve Belfort, doit en outre payer une indemnité de 5 milliards de francs or. L’Est du pays restera occupé jusqu’au payement de cette indemnité.

21 mai 1871    Premier jour de la Semaine sanglante.
C’est par la poterne du Point du jour que les versaillais entre dans Paris, alors que les Parisiens assistent à un concert aux Tuileries donné au bénéfice des orphelins et des veuves de la Commune. Commence une Semaine sanglante au cours de laquelle toute femme ou tout homme qui est arrêté avec des traces de poudre sur les mains est fusillé sans jugement.

17 septembre 1871    Inauguration du tunnel du Mont-Cenis.
13,656 km dont 6,907 en France, telle est la longueur de ce tunnel, que l’on nomme encore de Fréjus.

27 juillet 1872    Création de l’Armée territoriale.
La loi sur le service militaire est votée. Le remplacement est supprimé. La durée du service est portée à cinq ans. Les cas de dispense favorisent les fils de bourgeois, ce qui correspond à la certitude de monsieur Adolphe Thiers qui a ouvert la rentrée parlementaire en affirmant : « La République sera conservatrice ou elle ne sera pas. »

9 janvier 1873    Mort de Napoléon III en Angleterre.
L’empereur déchu souffrait depuis longtemps de problèmes rénaux. L’intervention chirurgicale, tentée pour extraire un calcul de la taille d’un caillou, provoque une septicémie dont il meurt à soixante-cinq ans.

24 mai 1873    Démission de Thiers.
Thiers, limité dans ses pouvoirs par la Constitution du 13 mars 1873, se heurte à une coalition de droite qui a pris pour chef le duc de Broglie et qui réunit les monarchistes et les modérés. Ce 24 mai, Thiers donne sa démission. Mac-Mahon est élu président de la République et le duc de Brogli vice-président du Conseil.

16 septembre 1873    Les troupes allemandes évacuent la France.
En ce jour, les troupes de l’Empire allemand évacuent le territoire national. A l’exception de l’Alsace-Lorraine, qui a été annexée à l’Empire par le traité de Francfort du 10 mai 1871. Il fallut payer une rançon de cinq milliards de francs pour que ces troupes se retirent.

6 octobre 1873    Ouverture du procès du maréchal Bazaine.
C’est sa capitulation à Metz lors de la guerre engagée par le second Empire qui lui est reprochée. Le maréchal sera condamné le 10 décembre à la dégradation et à mort par le conseil de guerre, que préside le duc d’Aumale. Sa peine sera commuée par le président de la République Mac-Mahon en emprisonnement à vie. Il parviendra à s’évader et finira sa vie en exil en Espagne.

20 novembre 1873    Loi du septennat.
« Ma personne n’est rien ; mon principe est tout », a déclaré le comte de Chambord, fils posthume du duc de Berry et petit-fils de Charles X, auquel la France s’apprête à rendre le trône. Mais, intraitable sur ce principe qui est tout, le comte refuse d’accepter le drapeau tricolore. Ce refus change tout. Dans la nuit du 19 au 20, les députés monarchistes et centre gauche qui sont réunis chez le duc de Broglie parviennent à un accord. Mac-Mahon, président de la République, voit ses pouvoirs reconduits pour sept ans. Paradoxe, c’est à la déception de députés légitimistes que la République doit de n’être plus remise en cause.

10 décembre 1873    Condamnation à mort de Bazaine.
Le duc d’Aumale préside le tribunal militaire qui rend en ce jour, à 20 h 55 précisément, son verdict : la mort. Il ne saurait être pardonné au maréchal Bazaine d’avoir capitulé sans conditions à Metz le 20 octobre 1870, livrant ainsi aux Prussiens
180 000 hommes et 1 400 canons. A Bazaine, qui plaidait en déclarant « Que pouvais-je faire ? Les devoirs militaires ne sont stricts que quand il y a un gouvernement légal, mais non pas quand on est en face d’un gouvernement insurrectionnel. Il ne restait plus rien », le duc d’Aumale a rétorqué : « Il restait la France, monsieur le maréchal. »

25 février 1875    Vote de la Constitution établissant la République.
De février à juillet, une série de lois votées dans le désordre établissent les lois fondamentales d’une république qui n’ose pas dire son nom. La Chambre des députés est élue au suffrage universel, le Sénat au suffrage indirect et le président par la Chambre et le Sénat.

3 septembre 1877    Mort de Thiers.
A Saint-Germain-en-Laye, au pavillon Henri-IV, M. Thiers finit de déjeuner avec le vice-amiral Porthuau et Jules Barthélemy. Alors qu’il achève des pêches cuites, il est pris d’un malaise. Il demande à sortir. Après quelques pas dans le jardin, il s’étend sur un lit de sangles qu’on a dressé en hâte dans la salle à manger. Il s’assoupit. Et tombe dans le coma. A 18 h 10 il meurt. « Je n’aimais pas ce roi des prud’hommes. N’importe ! Comparé aux autres, c’est un géant », grogne le romancier Gustave Flaubert en apprenant sa mort.

8 septembre 1877    Funérailles de Thiers.
Quoique la famille n’ait pas accepté de funérailles officielles, 384 villes de France ont envoyé des délégations. Un million de personnes assistent aux obsèques de M. Thiers.

30 janvier 1879    Démission de Mac-Mahon.
Mac-Mahon refuse de signer le décret d’épuration de l’administration que les républicains voulaient lui imposer et donne sa démission. C’est Jules Grévy qui lui succède.

31 janvier 1879    Gambetta élu à la présidence de la Chambre des députés.
A la suite de la démission du président Mac-Mahon qu’il a sommé de « se soumettre ou de se démettre » et de l’élection à la présidence de la République de Jules Grévy, Gambetta est porté à la présidence de la Chambre des députés par une majorité républicaine.

29 mars 1880    Dispersion par décret des jésuites et des congrégations.
Plusieurs décrets ont été pris contre les congrégations non autorisées. La Compagnie de Jésus est dissoute et, en ce 29 mars, les jésuites sont expulsés de leurs établissements.

10 juillet 1880    Amnistie des communards.
« Quand me débarrasserez-vous de ce haillon de guerre civile ? » Devant la Chambre des députés, Gambetta se bat pour obtenir que la loi d’amnistie des communards soit votée. Après la Commune qui a été selon Karl Marx « la première révolution dans laquelle la classe ouvrière était ouvertement reconnue comme la seule qui fut encore capable d’initiatives sociales », près de 40 000 fédérés avaient été faits prisonniers, entassés à Versailles, sur des pontons ou dans des forts, faute de place dans les prisons. Il y eu 22 000 non-lieux et plus de 10 000 condamnations dont la moitié à la déportation. Parmi celles-ci, celle de Louise Michel qui, figure emblématique, a été déportée à Nouméa. Quatre conseils de guerre ont siégé sans relâche jusqu’en 1874. Le lendemain, Gambetta aura la réponse à sa question  : la loi est votée.

14 juillet 1880    Instauration de la fête nationale.
Pour la première fois, le 14 Juillet est célébré en tant que fête nationale. Le drapeau tricolore est définitivement celui de la France qui choisit La Marseillaise pour hymne national.

21 décembre 1880    Création d’externats de jeunes filles.
Républicain proche de Jules Ferry, Camille Sée impose une loi qui crée les externats pour les jeunes filles. La gymnastique y est obligatoire.

12 mai 1881     Traité du Bardo.
Ce traité doit son nom à une localité voisine de Tunis. Signé entre le bey de Tunis, Muhammad al-Sadiq, et le gouvernement français, il établit le protectorat de la France sur la Tunisie.

30 juin 1881    Loi sur les droits de réunion.
Dans la série des lois républicaines qu’il impose, Jules Ferry, après avoir fait voter l’amnistie des condamnés de la Commune, le 21 juin, et avoir fait accepter le 14 juillet pour date de la Fête nationale, fait adopter cette loi qui donne aux travailleurs la liberté de réunion et d’association.

29 juillet 1881    Lois sur la presse.
Les lois consacrant la liberté de la presse et la liberté de réunion sont votées ce jour. C’est à l’un des articles de cette loi que l’on doit l’interdiction la plus reproduite de France, « Défense d’afficher ».

14 novembre 1881    Ministère Gambetta.
Le 9 novembre Jules Ferry avait fait ratifié le traité du Bardo, signé en mai, par lequel était institué le protectorat français en Tunisie. A la Chambre, face à une gauche républicaine opposée à ce protectorat, Jules Ferry avait dû démissionner le 10 novembre. Il ne restait plus au président de la République, Jules Grévy, qu’à faire appel au grand vainqueur des élections législatives venant de se dérouler, Léon Gambetta.

7 janvier 1882    Note commune franco-anglaise au Khédive.
Gambetta propose à Londres de mener une action conjointe contre l’Egypte. Les deux gouvernements remettent au Caire une note laissant entrevoir l’éventualité d’une intervention de leurs armées en Egypte.

28 mars 1882    Loi rendant obligatoire l’instruction primaire.
Premier ministre, Jules Ferry fait voter une loi qui organise l’enseignement primaire et qui institue l’obligation scolaire jusqu’à treize ans.

31 décembre 1882    Mort de Gambetta.
C’est une dispute avec sa maîtresse, qu’il a décidé d’épouser depuis qu’il s’est retiré à Ville-d’Avray, dans sa propriété des Jardies, qui est la cause indirecte de sa mort. Léon Gambetta a voulu arracher un revolver de la main de son amie, qui menaçait de se suicider. Le coup est parti. Gambetta s’est blessé à la main. Quelques jours plus tard, de violentes douleurs lui déchirent le ventre. Les médecins tergiversent, hésitent, cherchent la liaison de cause à effet entre la blessure à la main et la douleur au ventre. On songe au cæcum. Mais on redoute d’opérer Gambetta. « Ah ! que ne suis-je un simple malade. » Une péritonite l’emporte. Il murmure encore : « La France… Défense nationale…Coulmiers… Chanzy… La patrie en danger…Ma république… Silence ! Ecoutez ! »

25 avril 1883     Hanoi pris par les Français.
En dépit des instructions précises qu’a reçues le commandant Henri Rivière d’étendre l’influence française au Tonkin « en évitant les coups de fusil  », il s’empare de la forteresse d’Hanoi par la force.

19 octobre 1883    Décret instituant un Conseil supérieur des colonies.
Humiliée à Sedan, la France affirme sa puissance par la création de colonies françaises sous divers gouvernements de la IIIe République. L’importance de celles-ci justifie aux yeux de Jules Ferry la création par décret d’un pareil Conseil.

21 mars 1884    Loi sur les syndicats.
En reconnaissant le droit d’association, le cabinet Jules Ferry permet que la loi élaborée par Waldeck-Rousseau sur l’autorisation des associations professionnelles soit acceptée. La formation de syndicats est enfin reconnue.

31  mai 1885    Funérailles nationales de Victor Hugo
Dans son testament, Victor Hugo a écrit  : « Je donne 50 000 francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. » En ce 31 mai, ses dernières volontés sont respectées. Mais, parce que la France veut rendre hommage au poète devenu sa conscience et celle de la République, même pour n’avoir pas transigé avec le régime de Napoléon III, elle lui fait des funérailles nationales. C’est un immense catafalque qui est dressé sous l’Arc de Triomphe, sur la place de l’Etoile. C’est de là que part le corbillard des pauvres tiré par deux chevaux. Sur les Champs-Elysées, le boulevard Saint-Germain, sur la rue Soufflot enfin, qui remonte jusqu’au Panthéon, ce sont plus de deux millions de Parisiens qui se recueillent au passage de la dépouille du grand homme.

6 juillet 1885    Première inoculation du vaccin antirabique de Pasteur.
Joseph Meister va mourir. Il a été mordu par un chien enragé. Si Pasteur le laisse repartir pour l’Alsace, le jeune garçon va mourir dans les atroces souffrances que provoque la rage. Il faut essayer. Même si ce vaccin réalisé avec de la moelle desséchée prélevée sur des lapins rabiques ne peut être considéré comme sûr. L’académie condamne la tentative de Pasteur. Certains laissent entendre que si Louis Pasteur a pu mettre au point un procédé qui permet la conservation des liquides fermentescibles, cela ne l’autorise pas pour autant à pratiquer la médecine. Pasteur, en ce 6 juillet, inocule pourtant le vaccin au petit Joseph. La mort de l’enfant, quelques jours plus tard, n’empêche pas qu’une page de l’histoire de la médecine ait été tournée.

17 décembre 1885    Etablissement du protectorat français à Madagascar.
Brisson, qui a succédé à Jules Ferry, signe à Madagascar un traité qui reconnaît la souveraineté de Ranavalona III sur l’île tout entière. En échange, la France obtient la cession de la baie Diego Suarez et l’installation d’un résident français à Tananarive.

28 décembre 1885    Jules Grévy est réélu président de la République.
Pour la seconde fois, Jules Grévy, que l’on ne se prive pas de surnommer « le Provincial », est porté à la présidence de la République.

7 octobre 1887    Scandale Wilson.
Scandale. On découvre que le gendre du président de la République Jules Grévy, un certain Daniel Wilson, fait un trafic de Légions d’honneur à l’Elysée même, où, selon un chroniqueur, il a créé un « ministère des Recommandations et Démarches ». Un journal titre : « Jadis on était décoré et content. Aujourd’hui on n’est décoré que comptant ! »

3 décembre 1887    Sadi Carnot élu président de la République.
Marie François Sadi Carnot est le petit-fils de Lazare Carnot et le fils de Lazare Hippolyte Carnot. Député républicain, il a été plusieurs fois ministre. Argument de Clemenceau en ce jour où le Parlement élit le président de la République : « Votons pour Carnot, c’est le plus bête, mais il porte un nom républicain. »

27 janvier 1889    Election du général Boulanger à Paris.
Le général Boulanger est élu député par 245 236 suffrages contre 162 875 à son adversaire, le radical Jacques. En dépit de ce plébiscite, sur les conseils de sa maîtresse Mme de Bonnemain, il refuse de marcher sur l’Elysée.

6 mai 1889    Ouverture de l’Exposition universelle à Paris.
L’inauguration de l’Exposition universelle donne lieu à un banquet présidé par Sadi Carnot, dans la galerie des glaces de Versailles. Les nombreux pavillons ont été construits aux Tuileries, sur l’esplanade des Invalides et sur le Champ-de-Mars. Et c’est là que l’on veut voir de près cette tour dont la construction par l’ingénieur Gustave Eiffel a provoqué un scandale et qui étonne par ses 300 mètres de hauteur.

5 août 1890    Convention coloniale franco-anglaise.
En Afrique, la France dispose déjà du Sénégal. Elle a pénétré au Congo et au Gabon. Elle a encore des établissements sur les côtes en Guinée et en Côte-d’Ivoire. L’Angleterre reconnaît à la France la zone « allant de ses possessions méditerranéennes jusqu’à une ligne tracée de Say, sur le Niger, à Barroua, sur le lac Tchad ». Salisbury, ministre anglais, murmure, narquois : « Les territoires laissés à la France sont des sols légers. Le coq gaulois, qui aime gratter la terre, pourra y user ses ergots. Quant à nous, la région fertile nous demeure. »

14 août 1891    Condamnation du général Boulanger.
Le général Boulanger, qui avait refusé de marcher sur l’Elysée le 27 janvier 1889 et avait alors déclaré « Pourquoi voulez-vous que j’aille conquérir illégalement le pouvoir quand je suis sûr d’y être porté dans six mois par l’unanimité de la France ? », s’est enfui en Belgique dès qu’il a redouté d’être traduit devant la Haute Cour, pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Cette fuite l’a discrédité aux yeux des membres de la Ligue des patriotes qui le soutenaient. En ce 14 août, la Haute Cour de justice condamne par contumace Boulanger à la déportation.

21 novembre 1892    Scandale de Panama.
« La plus grande flibusterie du siècle… de l’or, de la boue et du sang », a écrit dès septembre Edouard Drumont dans La Libre Parole à propos de l’affaire de Panama. Dans la nuit du 19 au 20 novembre, le baron Reinach, qui fut un intermédiaire entre la Compagnie de Panama et le monde politique, s’est suicidé. Sa mort met le feu aux poudres. En ce jour la presse dénonce les « chéquards » et les « panamistes », dont Clemenceau, parmi d’autres, fait partie ; à la tribune de la Chambre des députés, le royaliste Jules Delahaye dénonce sans les nommer 150 députés d’avoir été achetés dans l’affaire de Panama. En septembre 1881, Ferdinand de Lesseps a créé une compagnie pour réaliser le percement de l’isthme qui, à Panama, en Amérique centrale, sépare l’océan Atlantique de l’océan Pacifique. Les difficultés rencontrées lors du percement ont contraint Lesseps à faire appel à de nouveaux fonds. La corruption de députés et de ministres permet à Lesseps d’obtenir un vote favorable pour lancer un emprunt qui l’autorise à rentrer sur le marché des obligations. 85 000 petits porteurs ont souscrit. Malgré cet apport, en février 1889, la société a été mise en liquidation. Les petits épargnants se retrouvent pour la plupart ruinés. Tout a été fait alors pour étouffer l’affaire. L’instruction s’est enlisée pendant des mois, des années. Le suicide de Reinach contraint (enfin) le monde politique à constituer une commission d’enquête. Le régime parlementaire est atteint…

9 décembre 1893    Attentat de l’anarchiste Vaillant à la Chambre.
Une bombe éclate tout à coup dans l’hémicycle de la Chambre des députés. Panique, cris. Nombreux sont les députés qui sont blessés. En dépit du brouhaha, le président lance : « Messieurs, la séance continue ! » Un instant plus tard, il ajoute : « Il est de la dignité de la Chambre et de la République que de pareils attentats, d’où qu’ils viennent et dont, d’ailleurs, nous ne connaissons pas la cause, ne troublent pas les législateurs. » L’anarchiste Auguste Vaillant, qui a lancé la bombe, est arrêté. Il explique son geste par sa volonté de venger l’anarchiste Ravachol guillotiné le 11 juillet 1892 et qui, lors de son procès, a lancé à la Cour : « La société est pourrie. »

24 juin 1894    Assassinat de Sadi Carnot.
Le président de la République arrive à Lyon après une série de visites officielles en province. Il y préside un banquet et inaugure une exposition. Sur le chemin du Grand Théâtre qu’il rejoint en calèche découverte, tout à coup, un jeune homme sort de la foule, saute sur le marche-pieds et enfonce un poignard dans la poitrine du président en criant : « Vive l’anarchie ! » Le meurtrier, ceinturé sur le champ, est un ouvrier boulanger italien, âgé de vingt ans. Il s’appelle Santo Geronimo Caserio. La foule continue d’acclamer le président… Elle ne remarque pas qu’il est blessé et qu’il agonise. Le président meurt trois heures plus tard. Son assassin est guillotiné le 16 août 1894.

27 juin 1894    Jean Casimir-Perier est élu président.
Le président Sadi Carnot vient d’être assassiné par un anarchiste. Par 451 voix sur 853 votants, celui qui a imposé ces lois pour lutter contre l’anarchie, que l’opposition républicaine de gauche a qualifié de « lois scélérates », est élu président de la République.

30 juillet 1894    Vote des « lois scélérates ».
Une bombe lancée par l’anarchiste Auguste Vaillant a explosé en pleine séance à la Chambre des députés. Le président Charles Dupuy a hurlé pour mettre fin à la panique : « Messieurs ! La séance continue ! » A la police, qui l’a interrogé, Vaillant a lancé ce défi : « Désormais, ces messieurs sauront qu’ils ont une épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes, ils voteront peut-être des lois plus justes. » Son exécution, le 5 février 1894, n’a pas empêché l’explosion d’une autre bombe anarchiste le 12 février au café Terminus, ni la mort de Sadi Carnot, assassiné le 24 juin à Lyon. Casimir-Perier n’a donc aucun mal à faire adopter par la Chambre ces lois qui veulent en finir avec l’agitation syndicale et anarchiste, que l’opposition socialiste juge « scélérates ».

13 janvier 1895    Fondation de la CGT.
Lors d’un congrès en septembre 1894, il a été décidé de la création d’une Confédération générale du travail, CGT. Constituée à Limoges, elle a pour raison d’être la défense des intérêts des travailleurs.

15 janvier 1895    Démission de Casimir-Perier. Election de Felix Faure.
Violemment critiqué par Jaurès à cause des « lois scélérates » qui visent à réprimer les attentats anarchistes, Casimir-Perier se voit obligé de démissionner.

17 janvier 1895    Felix Faure est élu président de la République.
Ce sont les monarchistes et les modérés qui permettent à Felix Faure d’être élu président de la République.

23 septembre 1895    Naissance de la CGT.
Le congrès constitutif, qui s’ouvre en ce jour à Limoges et qui va se clore le 28, fonde la Confédération générale du travail. Sont présents 75 délégués — dont trois corsetières en grève — ,qui représentent 28 fédérations, 18 bourses du travail et 126 syndicats non fédérés.

30 septembre 1895    Tananarive prise par les Français.
En ce 30 septembre, les troupes françaises du général Duchesne, composées de 4 000 Sénégalais et Algériens, entrent dans Antananarivo (que les Français rebaptisent pour simplifier Tananarive) sans la moindre résistance. Le lendemain, Rainilaiarivony accepte le traité qui lui impose le protectorat français.

28 décembre 1895    Première séance de cinéma donnée par les frères Lumière.
Aujourd’hui même devant quelques dizaines de spectateurs payants est projeté au Grand Café, sur les grands boulevards à Paris, un singulier spectacle : les images animées des frères Lumière. Au programme, L’Arroseur arrosé. Le cinéma est né.

5 octobre 1896    Visite du tsar Nicolas II.
L’événement majeur de la visite du jeune tsar Nicolas II et de son épouse Alexandra est la pose de la première pierre du pont qui sera jeté sur la Seine en face de l’esplanade des Invalides, le pont Alexandre-III. Ce geste symbolique met en évidence l’excellence des relations diplomatiques qui sont désormais celles de la France avec la Russie depuis les accords signés en 1892 et 1894.

13 janvier 1898     « J’accuse » de Zola.
L’article d’Emile Zola, rédigé sous le coup de l’indignation provoquée par l’acquittement d’Esterhazy dans l’affaire Dreyfus, paraît dans L’Aurore. Clemenceau qui prend connaissance du texte avant sa publication, enthousiaste, donne son titre à ce qui est une lettre ouverte au président de la République. Vive émotion dans toute la France.

3 novembre 1898    Le capitaine Marchand évacue Fachoda.
Le 10 juillet, le capitaine Marchand a hissé le drapeau français sur la forteresse de Fachoda après avoir parcouru 7 000 kilomètres depuis le Congo. A l’arrivée de Kitchener à la tête d’une armée anglo-égyptienne de 20 000 hommes, Marchand a refusé de se retirer. Le gouvernement de Delcassé, qui redoute que Fachoda ne soit le prétexte d’une guerre, donne à Marchand l’ordre d’évacuer la forteresse. L’Angleterre redevient aux yeux des Français la « perfide Albion ». La reine Victoria elle-même doit en tirer les conséquences, et renoncer à ses séjours sur la Côte d’Azur…

18 février 1899    Emile Loubet élu président de la République.
Ancien député républicain modéré, il a été sénateur, président du Sénat, président du Conseil et ministre de l’Intérieur. Il succède à Felix Faure qui vient de mourir.

21 mars 1899    Convention franco-anglaise sur le Soudan égyptien.
Après l’affaire de Fachoda où la France a été humiliée par l’Angleterre, une convention est signée entre les deux pays. La France renonce à sa prétention sur le Soudan.

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Mathieu

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