Joachim Du Bellay est issu d'un milieu très cultivé, proche du pouvoir, c'est un aristocrate. Poète du 16éme siècle, il est l'un des plus remarquable de la Pléiade, ses poèmes font de lui un des maître de lyrisme sous la renaissance. Sa défense et illustration de la langue française est considéré comme le manifeste de la nouvelle école.

Il compose les Regrets en 1558, un recueil de sonnets inspiré par son fameux voyage à Rome d'où il partira déçu. Une œuvre très réfléchit, ordonné, un premier groupe de poème plutôt caractérisé pas la plainte, la tristesse, nostalgie : élégie.

Sonnet VI des Regrets, c'est donc un poème élégiaque. Le motif de sa plainte est le changement de situation, il a perdu l'inspiration, elle l'a abandonnée. Ce sonnet à un caractère paradoxal car sinon comment trouve-t-il l'inspiration pour l'écrire ? C'est l'objet même de sa plainte.

Demandons nous maintenant si un tel sujet est un bon thème ? Est-il valorisant pour le poète ? Caractère tenu ou vain ? Texte fondé sur la répétition, il était libre il est devenu serf (victime).

I Expression de la plainte (développement)

« Las » : hélas, donne le ton, comme un soupir. Au début on est dans l'incertitude, l'inconfort puis dans la certitude et malaise.

a) Tristesse retenue, regret :

Vers 1 : il n'a plus cette attachement, plutôt positif. Vers 2 : défaite, se perçois comme vaincu, plus aucun courage pour affronte ce qui lui arrive, ne triomphe plus. Vers 3 : Même plus envie de se battre ; lutter, ne continuer à vivre, il laisse agir/faire son destin. Vers 4 : il a perdu son désir de créer, se fond dans la masse. Vers 5 : plus aucune source de plaisir.

→ angoisse, un poids pénible qui empêche toute mobilité, accablement, absence sans remplacement.

1er quatrain : dentale, [te ; t], sorte de martèlement, souffrance presque physique, un mal-être. 2éme quatrain : évocation d'un passé agréable presque utopique, des sonorités plus agréables, plus douces, mais aussi acuité (douleur net, immédiate), une impression de murmure.

→ c'est le rien qui remplace le tout, un vide complet, un regret réel authentique, fort. Très sensible, humain, sincèrement éprouvé.

b) Amertume :

Des tercets qui font échos aux quatrains, une reprise et aggravation. Retour au présent qui s'impose, sa fragilité est brutalement révélée, plus agressif.

→ prolongement des quatrains, étrangement liés.

Il y a une appropriation : « mon », « moi », il parle de lui-même, prise en compte. Défaite pas glorieuse. Sons bilabiales [m], prit au piège, prisonnier de ces pincements, un carcan.

1er tercet : « m'ennuient », très fort, supplice, torture. 2éme tercet : bouleversement complet, fuite du temps, il subit, victime, passivité imposé. Vers 14 : très calculé, rythme maîtrisé, sorte de préméditation.

→ un poème évolutif.

II Véritable définition du poète qui est exprimée

a) Le poète ne meurt pas :

Il laisse des ouvres immortelles, dès le 1er quatrain avec l'association d' « adversité » et d' « immortalité ». Le poète est comparable/ se rapproche des héros (épopée), chérit par les dieux (élu) : il faut avant tout le mériter et être reconnu par les hommes, « adversité » constitue l'obstacle nécessaire. Souci et désir : conflit entre l'envie de créer et l'appréhension de ne pas réussir.

→ poète entièrement voué à l'art, ce qui lui permet d'accéder à l'immortalité, la postérité.

b) Certitude d'appartenir à une élite :

Aristocrate de la poésie, assertion vers 4 : fierté d'être différent du peuple. « Les rayons et les ombres » Victor Hugo. 2éme quatrain : montre sa différence avec les autres hommes par la poésie, véritable expression de ce qui caractérise un poète à ses yeux et à ceux des gens de son époque.

c) L'origine de l'inspiration :

« S'enfuient » : fragilité de l'inspiration est anéanti, correspond à la chute du sonnet (fin dramatique, tragique) quelque chose d'injuste qui rappelle une damnation, une sentence.. « Donnaient » : générosité des Dieux.

→ il est privé de réaction, pas moyen de riposter, mort « promise »…

→ Sonnet VII, il confirme l'abandon. Un thème récurrent chez Du Bellay. Lyrisme, pathétisme du 16éme siècle. Un poète vieillissant : inconscient de la jeunesse, protège cette angoisse.

→ Boileau, 17éme siècle, le travail du poète est difficile, suppose des difficultés successives. Il faut travailler car seul le travail paye.

→ Elgar Poe : animé de la volonté de créer sans qu'il se questionne. Problème posé indirectement : lien que l'on établit entre la jeunesse et l'inspiration. Confiance en soi, de stabilité par les plus jeunes.

Vocabulaire du texte

Tenu = satisfaisant.

Acuité = caractère de ce qui est intense, aigu, perçant.

Carcan = contraint, qui entrave la liberté, ce qui gène, pénible.

Assertion = proposition que l'on annonce comme vraie.

Damnation = dans la religion chrétienne, fait d'être voué, « condamné »  aux peines éternelles de l'enfer.

Vous avez aimé l’article ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (Aucun vote)
Loading...

Mathieu

Vous avez aimé
cette ressource ?

Bravo !

Téléchargez-là au format pdf en ajoutant simplement votre e-mail !

{{ downloadEmailSaved }}

Votre email est invalide