Introduction

Au XVIè siècle, la poésie de la Pléiade marque un tournant dans l'histoire de la poésie française en rompant les liens qui la retenait à la poésie médiévale et en cherchant a enrichir la langue française avec l'apparition de néologismes. Ainsi, dans Quand vous serez bien vieille, poème de Pierre de Ronsard extrait du recueil Sonnets pour Hélène publié en 1587, l'auteur exprime son amour pour Hélène en utilisant les principaux thèmes de la poésie élégiaque que sont : l'amour, la mort et la fuite du temps qui font référence au topos du Carpe diem. Mais comment l'auteur parvient il à déclarer son amour pour Hélène tout en la dénigrant ? Nous nous proposons, pour commencer, d'analyser la fuite du temps, avant d'étudier les différents avertissements que Ronsard confie à sa bien-aimée.

Analayse

Ce sonnet est une déclaration d'amour à Hélène, nous voyons clairement que le temps est très présent dans ce texte et que tout tourne autour de lui, cependant, celui ci n'est pas annonciateur d'un avenir glorieux.

On note tout d'abord la volonté de l'auteur d'avouer ses sentiments comme on le voit aux vers quatre et huit : « Ronsard me célébrait » ainsi que « Bénissant votre nom » qui montre le culte que voue Ronsard à sa cher. Le vouvoiement témoigne de la volonté de l'auteur de respecter sa bien aimée comme l'indiquent les expressions : « vous serez »; « vivez »; « croyez »; … aux vers un, onze ou encore treize.

Ensuite que cette déclaration est loin d'être chaleureuse, mais au contraire, qu'elle inspire une certaine mélancolie due à un amour non partagé, le recours à l'expression « regrettant mon amour et votre fier dédain » au vers douze en est un bon exemple. Le champs lexical de la vieillesse est très présent et attire l'attention du lecteur sur la dureté des paroles de l'auteur comme le montre les mots : « vieille » ou encore « vieille accroupie » aux vers un et onze. Ronsard prend un ton glacial pour décrire le futur de sa belle, ce qui a pour but de rendre le propos de l'auteur d'autant plus persuasif.

Puis que tout au long du texte, Ronsard nous décrit l'avenir de sa bien aimée qui après avoir éclaté de beauté et fait tourner les regards telle une fleur épanouie (« belle »; « émerveillant » aux vers trois et quatre) finira par se faner (« vieille »; « demi-sommeillant »; « accroupie » aux vers un, six et onze) regrettant un passé qu'elle aurait put passer aux côtés de l'auteur. L'expression : « cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie » au vers final signifie évidemment que la vie est éphémère tout comme la rose et qu'il faut la cueillir tant qu'elle ébahit autant dire qu'il faut en profiter au jour le jour.

Enfin, l'auteur exprime une idée, celle du temps qui fuit et qui nous empêche d'accéder à l'immortalité. Ce récit est au futur avec des flashback écrits a l'imparfait, ce qui nous donne une impression du temps qui défile à une vitesse folle. Impression renforcée par le champs lexical de la mort : « fantômes »; « os »; « repos » aux vers neuf et dix, qui est particulièrement efficace pour nous montrer que la vie est courte et que le temps défile trop vite.

Si Ronsard écrit une déclaration d'amour à Hélène, en revanche il ne tiens pas à rester tendre avec elle. Il tiens à avertir son amour de l'avenir qui l'attend, cependant il reste froid, et ces avertissement sont équivalents à des réprimandes, certains passages pourraient même être considérés comme des affronts.

Ainsi l'auteur n'hésite pas à employer le champs lexical de la mort dans le but de l'effrayer et lui faire entendre raison. Cependant, tandis qu'il se donne une mort plutôt humble, il insiste sur la déplorable vieillesse qui attend son amour si celle ci refuse de se joindre à lui comme le prouve le vocabulaire : « vieille accroupie » ainsi que « regrettant » aux vers onze et douze. Pour elle, la mort apparaît soudaine et proche, cependant elle semble se jouer de cette dernière en la torturant, la laissant vieillir encore et se tourmenter de ses regrets.

Cet avertissement est donné implicitement par la vision d'un avenir minable. L'auteur apparaît ainsi comme l'unique remède, il suffirait à Hélène d'aimer Ronsard pour échapper à son futur déjà tout tracé. Le poète se met ainsi en valeur et met d'autant plus de chances de son côté.

Pour finir, une once d'espoir est déposé à la fin du poème, Ronsard laisse ainsi à sa bien aimée le choix de son avenir, il lui demande de profiter de la vie et plus implicitement de venir avec lui comme nous le montre le dernier vers : « cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie ». L'auteur prends ses distances avec une thèse de départ laissant Hélène libre de choisir sa destinée tout en sous entendant qu'elle n'a pas vraiment le choix.

Conclusion

On constate, en fin d'analyse que l'auteur semble contraindre Hélène à l'aimer, pour répondre à la problématique il semblerait que dans sa déclaration d'amour, Ronsard essaye de faire comprendre à Hélène que sans lui, son avenir serait méprisable et que lui seul peut remédier à sa destinée. On pourra rapprocher ce texte de Continuation des Amours dans lequel une leçons épicurienne similaire peut être découverte.

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Agathe

Professeur de langues dans le secondaire, je partage avec vous mes cours de linguistique !

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