Les figures de style sont des procédés qui visent à rendre l'énoncé plus expressif. Elles constituent des tours de langues particuliers qui personnalisent le discours et contribuent à l'originalité du style.

On peut classer les figures en :

 * Figure de l'analogie :

    - La comparaison : on établit un lien entre deux éléments ayant un point commun par le biais d'un outil de comparaison (comme, pareil à …).

     Ex : « La musique souvent me prend comme une mer! » (Charles Baudelaire)

    - La métaphore : on rappproche des êtres ou des choses, mais sans utiliser l'outil de comparaison.

     Ex : « Cette faucille d'or. » (Victor Hugo) « faucille » renvoie au croissant de lune.

    - La personnification : On attribut à un animal ou à une chose les qualités d'une personne.

     Ex : « Des centaines de toits tutoient les nuages ». (Marc Epstein)

* Figures d'insistance : Les figures d'insistances cherchent à souligner l'importance d'un mot, d'une idée, d'une impression.

    - Le parallélisme : On utilise une construction semblable pour deux énoncés. Cela met en évidence une similitude ou une opposition.

     Ex : « J'ai tendresse pour toi, j'ai passion pour elle. » (Corneille)

    - L'anaphore : On répète le même mot ou la même expression en tête de vers, de phrase ou de paragraphe. Cela met l'accent sur une idée, pour convaincre ou rythmer l'énoncer.

     Ex : « Il y a des petits ponts épatants. Il y a mon cœur qui bat pour toi. Il y a une femme triste sur la route… » (Apollinaire)

    - La gradation : On fait se succéder des termes d'intensité croissante ou décroissante. Cela produit un effet de grossissement, elle peut tendre à l'hyperbole.

     Ex : « Je meurs, je suis mort, je suis enterré. » (Molière)

 * Figures d'opposition : Les figures d'opposition rapprochent dans un même énoncé deux termes opposés. Elles soulignent les contradictions entre deux idées, deux situations ou deux personnages. Elles créent aussi un effet de contraste.

    - L'antithèse : On rapproche deux mots de sens contraire à l'intérieur d'un vers ou d'une strophe, d'une phrase ou d'un paragraphe. Cela a pour effet de souligner un conflit, un contraste, une opposition.

     Ex : « Présente, je vous fuis, absente, je vous trouve » (Racine)

    - L'oxymore ou l'alliance de mots contradictoires : On juxtapose deux mots de sens contradictoires au sein d'un même groupe grammatical. Cela a pour effet de créer une nouvelle réalité poétique, un effet de surprise.

     Ex : « Le soleil noir de la mélancolie.» (Nerval)

    - Le chiasme : On fait suivre deux expressions contenant les mêmes éléments syntaxiques ou lexicaux et fait intervertir leur ordre dans la seconde expression. Cela a pour effet de créer une vision synthétique fondée sur l'union ou l'opposition.

     Ex : « Des cadavres dessous et dessus des fantômes. » (Hugo)

* Figures d'amplification et d'atténuation : Les figures d'amplification permettent d'accentuer avec force la grandeur d'une idée ou l'intensité d'un sentiment. Les figures d'atténuation permettent d'adoucir par le langage la brutalité d'une réalité.

    - L'hyperbole : On emploie des termes très forts, de façon exagéré. Cela met en relief la réalité en le grossissant.

     Ex : « Une mère aussi inflexible que soixante-treize administrations à casquettes de plomb » (Rimbaud).

    - La litote : On se sert d'une expression qui en dit peu pour suggérer davantage.  La litote renforce ce qu'elle semble minimiser.

     Ex : « Va, je ne te hais point. » (Corneille), prononcé par Chimène amoureuse signifie «  Je t'aime. »

    - L'euphémisme : On remplace un mot ou une expression désagréable ou cruelle par un mot ou une expression qui atténue son sens. Cela a pour effet d'adoucir la réalité.

     Ex : « La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse, Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse. » (Baudelaire)

* Le détour et la substitution : Outre la comparaison et la métaphore, les figures de substitution permettent de remplacer un mot par un autre pour créer des effets inattendus.

    - La métonymie : On désigne une chose par un terme proche de la chose désignée, qui entretient avec elle une relation logique facilement identifiable. Cela a pour effet de permettre un raccourci d'une expression.

     Ex : « Boire un verre » (Le contenant pour le contenu) ; « Aimez-vous ce bourgogne ? » (Le lieu pour la chose) ; « les cuivres de l'orchestre » (l'objet pour la matière)…

    - La synecdoque : On emploie pour parler d'un être ou d'un objet un mot désignant une partie de cet être ou de cet objet, ou la matière dont il est fait. Cela a pour effet de donner une vision fragmentée de la réalité.

     Ex : « Il a trouvé un toit » (la partie pour le tout) ; « Avoir l'œil attentif » (le singulier pour le pluriel) ; « Faire périr par le fer » (la matière pour l'objet).

    - La périphrase : On remplace un mot par une expression qui le caractérise, en précise ou en développe le sens. Cela a pour effet d'attirer l'attention sur une qualité particulière et éviter une répétition.

     Ex : « L'auteur de la Comédie humaine » (pour Balzac) ; « La ville des Lumières » (pour Paris) ; « Le géant des mers » (pour un paquebot).

    - L'antiphrase : On dit le contraire de ce que l'on veut faire entendre, en ne laissant aucun doute sur le sens réels des propos. Cela a pour effet de traduire l'ironie et d'instaurer une complicité entre les interlocuteurs.

     Ex : « Ne vous gênez pas ! » ; « C'est du propre ! » ; « Ca sent la rose… »

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Agathe

Professeur de langues dans le secondaire, je partage avec vous mes cours de linguistique !