Tu croises le sigle PID dans ton cours de géographie, à côté de PED et de PMA, et tu te demandes ce qu’il recouvre ? C’est un vocabulaire de manuel scolaire, utile pour trier les pays selon leur niveau de développement, mais qui mérite d’être confronté aux classements des grandes institutions.
Cette fiche te donne la définition du PID en géographie, la nomenclature de la Banque mondiale, la vraie définition de l’indice de développement humain (IDH) et le nombre exact des pays les moins avancés. Deux idées reçues très répandues sont corrigées en chemin, alors lis jusqu’au bout avant ton prochain contrôle !
Que veut dire PID en géographie ?
PID signifie « pays industrialisés et développés ». C’est une catégorie du vocabulaire scolaire qui rassemble :
- Les États où l’industrialisation est ancienne
- Le revenu par habitant élevé
- Les indicateurs sociaux favorables

Elle s’oppose aux PED (pays en développement) et, à l’intérieur de ceux-ci, aux PMA (pays les moins avancés). Derrière ce sigle se cache la vieille opposition entre les « Nords » et les « Suds » :
Les Nords regroupent l’Europe de l’Ouest, l’Amérique du Nord, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande
Les Suds réunissent des situations très contrastées, des États rentiers du pétrole aux pays émergents à forte croissance
La pauvreté existe aussi dans les pays riches, et la richesse dans les pays pauvres. Un point fait souvent la différence dans une copie !
Le sigle PID appartient à la géographie enseignée, pas aux statistiques internationales : ni l’ONU, ni la Banque mondiale, ni le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ne l’emploient dans leurs nomenclatures. Ces institutions raisonnent en niveaux de revenu, que la section suivante détaille.
Quand tu emploies PID ou PED dans un devoir, précise en une incise que ce sont des catégories pédagogiques.
Pour appuyer une démonstration, cite plutôt une nomenclature officielle : les quatre groupes de revenu de la Banque mondiale ou encore la liste des PMA de l’ONU. Un correcteur valorise toujours l’indicateur sourcé !
Comment classe-t-on officiellement les pays ?
La classification de référence est celle de la Banque mondiale, qui range les économies en
groupes selon leur revenu national brut (RNB) par habitant, calculé avec la méthode Atlas.

Pour l’exercice 2027, fondé sur le RNB par habitant de 2025, les seuils sont de 1 175 dollars, 4 635 dollars et 14 375 dollars.
Cette nomenclature n’a rien de figé : elle est actualisée chaque 1er juillet, date d’ouverture du nouvel exercice budgétaire de l’institution.
Un pays peut donc changer de groupe d’une année sur l’autre, sous l’effet de sa croissance ou de la valeur de sa monnaie.
C’est exactement ce qui manque au découpage scolaire en PID et PED : un seuil chiffré, révisable, applicable de la même manière à toutes les économies :
| Groupe de la Banque mondiale | Seuil de RNB par habitant (exercice 2027) | Ce que le vocabulaire scolaire en dit |
|---|---|---|
| Revenu faible | 1 175 dollars ou moins | Cœur des PMA, les Suds les plus fragiles |
| Revenu intermédiaire, tranche inférieure | de 1 176 à 4 635 dollars | PED, avec des pays émergents en phase d’industrialisation |
| Revenu intermédiaire, tranche supérieure | de 4 636 à 14 375 dollars | PED avancés et émergents proches des Nords |
| Revenu élevé | plus de 14 375 dollars | PID, les Nords au sens du manuel |
La correspondance de la troisième colonne reste indicative, et la nuance vaut d’être connue. Un État rentier du pétrole peut afficher un revenu élevé tout en conservant un retard d’industrialisation, alors qu’un pays émergent très industrialisé peut rester dans la tranche intermédiaire.
Le revenu mesure la richesse produite, pas la façon dont elle est répartie ni ce qu’elle permet à la population. Quelques exemples aident à fixer ces groupes :
Le revenu élevé rassemble
L'Europe de l’Ouest, l’Amérique du Nord, le Japon ou l’Australie
La tranche intermédiaire supérieure
Accueille les grandes économies émergentes des BRICS, dont la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud
L’Inde et le Vietnam
Relèvent de la tranche inférieure, tandis que le revenu faible regroupe surtout des États d’Afrique subsaharienne
Un même groupe réunit donc des régions très différentes. Change d’échelle, et la carte se brouille encore ! À l’intérieur d’un même pays coexistent des villes riches, branchées sur l’économie mondiale, et des campagnes où l’accès à l’eau, aux soins ou à l’école reste un problème quotidien.
C’est pourquoi le PNUD publie à côté de l’IDH un indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM), qui compte les privations concrètes des habitants plutôt que leurs seuls revenus, et rend visibles des inégalités qu’une moyenne nationale efface.
Le PIB mesure la richesse produite sur le territoire d’un pays, quelle que soit la nationalité du producteur.
Le RNB mesure les revenus perçus par les résidents du pays, où qu’ils les aient gagnés. L’écart devient très visible dans les économies qui vivent d’investissements étrangers ou des transferts de leurs travailleurs émigrés.
C’est le RNB, et non le PIB, que retiennent la Banque mondiale et le PNUD.
Quelle est la définition de l’IDH ?
L’indice de développement humain (IDH) est une mesure synthétique du niveau moyen atteint par un pays dans trois dimensions clés du développement humain :
La santé
L’éducation
Le niveau de vie
Le PNUD le calcule comme la moyenne géométrique de trois indices normalisés, un par dimension. Attention, beaucoup de fiches circulent avec une définition périmée, qui parle d’espérance de vie, de taux d’alphabétisation et de PIB par habitant.
Cette formulation correspond à l’ancienne méthode, abandonnée en
Depuis, le PNUD mesure l’éducation par la scolarisation et le niveau de vie par le RNB par habitant. Retenir la version périmée coûte des points dès qu’une question porte sur les composantes de l’indicateur !
L’indice de développement humain est une mesure synthétique du niveau moyen atteint dans les dimensions clés du développement humain : vivre une vie longue et en bonne santé, acquérir des connaissances et disposer d’un niveau de vie décent.
PNUD, Rapport sur le développement humain, note méthodologique de l’IDH (2025)
La santé : l’espérance de vie à la naissance
La dimension santé repose sur un seul indicateur : l’espérance de vie à la naissance.
Il résume l’état sanitaire d’une population : alimentation, accès aux soins, couverture vaccinale, salubrité de l’eau.
C’est aussi l’indicateur le plus sensible aux crises, puisqu’une épidémie ou un conflit s’y lit en quelques années.

L’éducation : la durée de scolarisation
La dimension éducation combine deux durées, et non un taux d’alphabétisation :
- La première est la durée moyenne de scolarisation des adultes de 25 ans et plus, qui mesure le stock de formation déjà accumulé par la population
- La seconde est la durée attendue de scolarisation pour un enfant qui entre aujourd’hui à l’école, qui mesure la promesse du système éducatif actuel
Ce couple passé et avenir est plus fin qu’un taux d’alphabétisation : savoir lire est un seuil minimal, alors que le nombre d’années d’études dit le niveau de qualification atteint. Un pays peut ainsi afficher une alphabétisation quasi générale tout en scolarisant peu au-delà du primaire !
Le niveau de vie : le revenu national brut par habitant
La troisième dimension retient le RNB par habitant, exprimé en logarithme. Le logarithme n’est pas un détail technique : il traduit l’idée qu’un dollar supplémentaire compte davantage dans un pays pauvre. Doubler un revenu très faible change une vie, doubler un revenu déjà élevé la change beaucoup moins.

Les trois indices sont ensuite combinés en moyenne géométrique, un choix qui compte lui aussi : à la différence d’une moyenne classique, elle empêche une dimension excellente de compenser une dimension catastrophique.
Un pays très riche mais peu scolarisé ne peut donc pas masquer son retard éducatif derrière son revenu. Les données les plus récentes publiées sont celles du Rapport sur le développement humain 2025.
Quels sont les pays les moins avancés ?
Les pays les moins avancés (PMA) forment une catégorie officielle de l’ONU qui rassemble les économies cumulant les handicaps structurels les plus lourds.
La liste de l’ONU compte aujourd’hui
pays les moins avancés, et non cinquante (source : CNUCED, liste officielle des PMA) :
En Afrique
32
En Asie
8
Dans les Caraïbes
1
Dans le Pacifique
3
Retiens bien ce chiffre, car de nombreux cours et fiches parlent encore des « cinquante pays les plus pauvres du monde ». La formule était vraie à une époque, elle ne l’est plus : la liste s’est réduite au fil des graduations.
Écrire 44 plutôt que 50, en précisant la répartition par continent, est le genre de détail qui montre à un correcteur que tu travailles sur des données à jour.
L’entrée dans la catégorie ne relève pas de l’appréciation, mais de
critères chiffrés examinés par l’ONU :
Un revenu national brut
Par habitant de 1 088 dollars ou moins, calculé en moyenne sur trois ans pour lisser les à-coups conjoncturels
Un indice du capital humain
Inférieur ou égal à 60, qui agrège des données de santé et d’éducation comme la nutrition et la scolarisation,
Un indice de vulnérabilité économique et environnementale
Supérieur ou égal à 36, qui mesure l’exposition aux chocs, des catastrophes naturelles à la dépendance à quelques exportations
Ces trois critères disent l’essentiel → un PMA est à la fois :
Pauvre en revenu
En retard sur les indicateurs sociaux
Fragile face aux chocs
Ce cumul justifie un statut à part, assorti d’aides commerciales et financières spécifiques.

La liste est réexaminée tous les trois ans, le prochain examen étant prévu en
Quels pays sortent de la catégorie des PMA ?
La catégorie n’a rien d’un enfermement définitif. Huit pays en sont sortis depuis 1994, et plusieurs autres ont une sortie déjà programmée : le Bangladesh, le Laos et le Népal en 2026, les Îles Salomon en 2027, le Cambodge et le Sénégal en 2029 !
Cette sortie porte un nom : la graduation. Elle est décidée quand un pays franchit durablement les seuils, sur deux examens triennaux consécutifs, puis s’étale sur une transition de plusieurs années. L’idée est d’éviter la rupture brutale : le pays perd progressivement les préférences commerciales associées au statut, le temps que son économie encaisse le changement.
Dans le détail, le mécanisme repose sur l’examen triennal du Comité des politiques de développement de l’ONU.
Un pays doit dépasser
ou bien atteindre le double du seuil de revenu par habitant, lors de deux examens successifs.
La recommandation remonte ensuite à l’Assemblée générale, qui fixe la date effective.

Cette lenteur est voulue : elle évite qu’une simple année de forte croissance, ou la flambée du cours d’une matière première, ne fasse sortir un État encore fragile.
La graduation ne signifie pas la fin de la pauvreté : elle acte seulement qu’un pays n’a plus besoin du régime d’exception réservé aux économies les plus vulnérables, alors que des populations pauvres y demeurent nombreuses.
D’où une nuance à manier avec précaution dans une copie.
Le Bangladesh, le Laos et le Népal figurent encore sur la liste des 44 : leur graduation est votée et datée, mais elle n’a pas encore pris effet !
Les présenter comme des pays déjà sortis serait une erreur, alors que les mentionner comme des sorties programmées montre que tu as compris le mécanisme.
Ces trajectoires racontent une géographie du développement qui bouge. Des pays autrefois rangés parmi les plus pauvres sont devenus des émergents, l’industrialisation et la scolarisation ont fait reculer la pauvreté extrême, et les inégalités se sont déplacées autant qu’elles se sont creusées. Voilà pourquoi un découpage binaire en PID et PED demande toujours d’être nuancé par des indicateurs précis.
Pour réviser efficacement, garde
repères en tête :
- PID et PED relèvent du vocabulaire scolaire
- La Banque mondiale classe en quatre groupes de revenu
- L'IDH croise espérance de vie, durée de scolarisation et RNB par habitant
Ajoute le chiffre de 44 PMA et tu tiens une base solide pour tout sujet sur les inégalités de développement !
Si la lecture des indicateurs te résiste encore, un professeur particulier de géographie peut t’aider à les manipuler avec méthode.

Sources 📚
- CNUCED (ONU Commerce et Développement). Liste des pays les moins avancés. Nations unies, 2024, https://unctad.org/topic/least-developed-countries/list.
- Nations unies, Bureau du Haut-Représentant pour les pays les moins avancés (OHRLLS). List of Least Developed Countries. 2025, https://www.un.org/ohrlls/content/list-ldcs.
- PNUD (Programme des Nations unies pour le développement). Human Development Index, note méthodologique. Human Development Reports, 2025, https://hdr.undp.org/data-center/human-development-index.
- Banque mondiale. World Bank Country and Lending Groups, classification par niveau de revenu. 2025, https://datahelpdesk.worldbank.org/knowledgebase/articles/906519-world-bank-country-and-lending-groups.
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