Malgré leurs différences, les approches en termes de classes appréhendent la société comme une structure cohérente où les différents groupes sociaux seraient liés par des rapports de domination. Cette approche est cependant remise en cause par de nombreux courants sociologiques. On en donnera deux exemples.

Les approches « fonctionnalistes » : Bien qu’il tire ses origines de la sociologie de Durkheim et de Spencer, le fonctionnalisme, dont les chefs de file sont Talscott Parsons (1902-1979) et Robert Merton (né en 1910), triomphe dans les Etats-Unis après la Seconde</personname /> guerre mondiale. De même que pour Durkheim qui voyait dans l’interdépendance (la « solidarité organique ») le moteur de nos sociétés, les fonctionnalistes considèrent que les groupes sociaux ne sont pas liés par des rapports de domination mais de complémentarité. La société est pensée de façon « organiciste » comme un « corps » où chaque organe occuperait une « fonction » distincte. Le conflit est alors perçu comme le signe d’un dérèglement, d’une « anomie » selon la terminologie durkheimienne.

Les approches « stratificationnistes » : Tandis que les approches en termes de classes semblent convenir aux sociétés assez simples, elles deviennent plus délicates à mesure qu’on assiste à une complexification du social, notamment en lien avec la tertiarisation de l’économie. Aux approches en termes de classes vont dès lors s’opposer celles qui privilégient des représentations du corps social comme pyramide de strates hiérarchisées. Ce type de représentation va largement se développer aux Etats-Unis. Bien que centrées sur la notion de classes, les enquêtes développées par Lloyd Warner (1898-1970) vont favoriser une lecture de la société américaine comme une succession de strates classées selon le statut social (défini à partir de critères tels que le diplôme, le revenu ou la profession). Les approches « stratificationnistes » vont contribuer à développer une conceptualisation du social proche de la sociologie fonctionnaliste : la société est perçue comme une échelle où la continuité prime sur la rupture et où l’ascension sociale devient possible. La compétition individuelle prend alors le pas sur les luttes collectives et les conflits sociaux sont perçus comme des dysfonctionnements.

Si les approches critiques des notions de classes permettent de complexifier la compréhension du social, elles présentent cependant le risque de déboucher sur une vision éclatée de la société. Il est en effet possible de construire autant de strates possibles selon le critère retenu, jusqu’à perdre l’unité du social. Ces théories tendent en outre à réduire la société à un assemblage d’individus dénués de tout contexte social pourtant nécessaire pour rendre intelligible les comportements individuels.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !