L’expression de « nouveaux mouvements sociaux » (NMS) fait référence d’une part à de nouvelles formes de mobilisations apparues au cours des années soixante et d’autre part à un ensemble de travaux et recherches théoriques tentant de renouveler l’analyse des conflits sociaux.

Les NMS seraient des formes de contestation inédites apparues au cours des années soixante bien qu’ils nous semblent aujourd’hui tout à fait communs : le féminisme, l’écologisme, les mouvements régionalistes, les mouvements étudiants. Se sont peu à peu ajoutés de nouveaux mouvements défendant de nouvelles causes comme les droits des immigrés, des homosexuels ou encore le droit à une alimentation saine, etc. Ces NMS se caractériseraient par une rupture avec les conflits sociaux plus classiques symbolisés par le syndicalisme et le mouvement ouvrier. Soulignons, en suivant Erik Neveu (Sociologie des mouvements sociaux) 4 points de cette rupture qui justifieraient cette nouveauté :

  • Les formes d’organisation et d’action : les NMS manifestent une défiance explicite avec la centralisation des partis et syndicats souvent jugés trop bureaucratiques. Ces NMS valorisent, au moins dans les discours, l’autonomie des structures décentralisées. A l’encontre des discours idéologiques jugées trop vastes, comme la « lutte des classes », ces mouvements valorisent des objectifs précis souvent ponctuels (arrêter un train transportant des déchets radioactifs par exemple). Enfin les NMS se singularisent par leurs répertoires d’action collective avec des formes de protestation peu institutionnalisés, valorisant l’aspect festif (sit-in, gay-pride ou défilé homosexuel, fête paysanne anti-OGM) ou la dimension symbolique (grève de la faim en faveur des immigrés sans-papiers, préservatif géant sur l’obélisque de la concorde pour la lutte contre le sida).
  • Les valeurs et revendications : tandis que les conflits sociaux classiques portaient sur la distribution des richesses (augmentations de salaire), les NMS comporteraient des revendications moins matérielles et plus symboliques. Leurs revendications seraient souvent l’expression d’un style de vie voire d’une identité. Exemple : les mouvements homosexuels témoignent d’une revendication identitaire forte.
  • Le rapport au politique : contrairement aux syndicats qui fonctionnaient en relation étroite avec les partis politiques, ces mouvements sont souvent méfiants voire réfractaires aux organisations politiques, considérées comme compromises.
  • L’identité des acteurs : tandis que les « anciens » mouvements sociaux se revendiquaient d’une unité de classe (ouvrière, paysanne, etc.), les NMS se définissent par rapports à des critères qui sont souvent plus culturels qu’économiques. Exemples : l’identité sexuelle, religieuse, régionale, etc.

Conclusion : les « nouveaux mouvements sociaux » traduiraient l’émergence de conflits dont le fondement ne serait plus le monde du travail mais une reconnaissance sociale. Ils révèlent ainsi la place croissante des en jeux symboliques des conflits sociaux. Les mouvements sociaux sont en effet producteurs d’identité non seulement parce qu’ils s’appuient sur des intérêts communs mais aussi parce qu’ils sont producteurs d’un sentiment d’appartenance collective. Exemple : un groupe de voisins de quartiers se mobilisant à l’occasion d’un contentieux avec la mairie ou l’école municipale peut par exemple aboutit à la création d’une association de défense des intérêts du quartier, renforçant ainsi le sentiment d’appartenance à un groupe.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !