I. Qu’est-ce que la croissance ?

La croissance est une notion clef en économique et est souvent calculée comme la somme des valeurs ajoutées d’un pays. Pour reprendre l’expression de François Perroux, la croissance est « l’augmentation soutenue, pendant une ou plusieurs longues périodes, d’un indicateur de dimension significatif ».

Actuellement, l’indicateur retenu car il est jugé comme étant le plus pratique et le plus pertinent pour mesurer la croissance est le « produit intérieur brut » (PIB). Il se calcule de la façon suivante :

PIB = Consommation + Formation Brute de Capital fixe (l’investissement de façon schématique) + Les variations de stocks + les exportations – les importations.

Cependant, le débat se polarise aujourd’hui sur la pertinence de cet indicateur pour mesurer la croissance et ce, pour deux raisons principales.

En période de crise comme aujourd’hui (2013), le taux de croissance des Etats-Unis est d’un peu plus de 2%, celle de l’Union Européenne d’un peu moins de 1%. Autrement dit, bien loin des taux des Trente Glorieuses avoisinant les 5% par an (et même plus) ou même celui de la Chine de 7,5% mais cela reste des taux importants au regard de l’histoire (avant le XVIIIe siècle les taux de croissance étaient nuls ou presque).

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II. Un construit économique imparfait

Le PIB est imparfait en raison de nombreux biais de construction.

Le PIB est un indicateur imparfait car il ne prend pas en compte un grand nombre d’activités (l’économie souterraine marchande, les activités non monétaires, les activités illégales…). Par exemple, les activités illégales (trafics illicites, travail au noir) ne sont pas prises en compte par la comptabilité nationale qui a la charge de calculer le PIB. L’économie souterraine n’est pas marginale… En 2012, elle représenterait 35% du PIB de l’Italie ! Sans même penser aux activités illégales, les services rendus entre amis qui ne passe pas par le circuit marchand ne sont pas comptabilisé dans le calcul du PIB.

Plus subtil maintenant, on a vu que le PIB se calculait comme la somme des valeurs ajoutées d’un pays. Donc, on convertit en unités monétaires les valeurs ajoutées. Oui mais que se passe-t-il en cas d’augmentation des prix ? Justement en cas d’inflation (hausse des prix durable et soutenue) le PIB va s’en trouver « gonfler ». Il faut donc avoir une bonne mesure de cette inflation (ce qui n’est pas forcément évident) pour éviter de « gonfler » le PIB dont l’augmentation résulterait alors d’une simple hausse des prix plutôt que d’une réelle augmentation de la production.

III. Un indicateur économique parfois loin de la réalité

Soyons clair le PIB reste aujourd’hui le meilleur indicateur (en dépit des biais évoqué supra) pour parler de la CROISSANCE. Mais pas de l’évolution du NIVEAU DE VIE.

On a donc essayé de trouver des indicateurs permettant d’évaluer ce fameux niveau de vie, le plus fameux d’entre eux étant l’IDH (Indicateur de Développement Humain) créé pour le Programme des Nations-Unies pour le Développement sous l’égide du prix Nobel d’économie Amartya Sen et l’économiste pakistanais Mahbub ul Haq en 1990. Attention sa méthode de calcul a été modifiée en 2011 : elle prend en compte l’espérance de vie à la naissance, la durée moyenne de scolarisation, la durée attendue de scolarisation et le revenu national brut par habitant.  Il est compris entre 1 (plus haut) et 0 (plus bas). En 2012, la Norvège atteint 0,955 (score le plus élevé) alors que le Niger n’atteint que 0,304.

A côté de cet indicateur, d’autres ont été développé pour prendre en compte d’autres facteurs : l’indice de pauvreté humaine (IPH-1 pour les pays en développement, IPH-2 pour les pays développés) qui cherche à mesure le degré de pauvreté, l’ISDH (Indicateur Sexo-spécifique de développement Humaine qui prend en compte le sexe des individus), etc.

De plus, le PIB ne prend pas en compte les externalités. Par exemple, produire toujours plus peut entrainer une pollution importante qui aura des répercutions sur la santé et donc la qualité de vie des populations. Ce problème est d’actualité en Chine où sont apparus des « nuages de pollution » à l’impact très défavorable sur la santé des Chinois.

Un petit état d’Asie, le Bhoutan a même mis en place un indicateur de Bonheur National Brut qui est fondé sur des facteurs plus psychologiques !

IV. Les facteurs de la croissance économique

Maintenant que nous avons vu la façon de mesurer la croissance économique cherchons à l’expliquer.

L’économie retient deux facteurs de production pour expliquer la croissance : le travail (schématiquement la main d’œuvre) et le capital (les machines : c’est le capital physique, les personnes et leurs connaissances : c’est le capital humain, le capital technologique enfin). On a une fonction de production qui dépend alors de deux facteurs : K (le capital) et L (le travail, L comme Labour), pour information une telle fonction se nomme « fonction de Cobb-Douglas ».

Puis, en 1956, un homme Robert Solow a jugé ce développement insuffisant, selon loin on aboutirait à un « état stationnaire » car on ne pourrait pas augmenter indéfiniment le capital et le travail et donc la croissance finirait par s’épuiser. Il a donc introduit le « progrès technique » qui est incorporé au capital et dépend de l’investissement. Il s’agit (toujours schématiquement) des changements technologiques, et les améliorations qui en découlent. Ce progrès technique permet donc une augmentation de la productivité globale des facteurs. Avant lui, le lien entre croissance et innovation avait été pressenti par Schumpeter et le processus de « destruction créatrice ». Pour lui, la croissance était engendrée par la découverte d’innovations (nouvelles machines, nouveaux procédés, nouvelles façons de produire, etc.) qui disparaissaient sans cesse pour laisser la place à de nouvelles.

Remarque : on voit là le lien positif entre investissement et croissance. D’une part, l’investissement permet le progrès technique et donc de générer de la croissance (gain de productivité : on produit plus et moins cher). D’autre part, si une entreprise investit elle consomme en émettant une demande à une autre entreprise.

V. Les nouveaux facteurs de la croissance

Dans le paragraphe plus haut, on peut dire que le progrès technique est exogène (« tombé du ciel » pour reprendre l’expression de Solow) c’est-à-dire qu’il engendre la croissance et c’est tout. Il arrive « comme ça », on ne sait pas pourquoi mais il est là. Pourtant des économistes (néoclassiques pour la plupart) vont élaborer la théorie de la « croissance endogène ».

Qui dit « endogène » dit « à l’intérieur de », pour eux il est possible d’agir « à l’intérieur du système » pour favoriser la croissance : grâce à l’éducation en accumulant du capital humain (Lucas), grâce à la recherche-développement (Romer), les infrastructures publiques (les ponts, les routes, les réseaux de télécommunication favorisent les échanges et donc la croissance, Barro)… En investissant dans ces secteurs, on participe directement à la croissance (puisque l’on dépense) mais aussi indirectement car cela va avoir des effets positifs à long terme (externalités positives). On appelle cela un cercle vertueux de croissance.

Enfin, des auteurs comme D. North ont développé l’idée selon laquelle des institutions efficientes favorisent la croissance. Institutions est ici synonyme de « règles », par exemple une constitution ou un code civil bien rédigés qui garantissent les échanges, le respect des droits de propriétés, vont favoriser les échanges comme les citoyens auront des garanties.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !