1. Définition : Regroupements d’individus, ayant le même statut socio-professionnel, selon les principes de classement élaboré par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L’INSEE est une direction du Ministère de l'économie chargée de la production et de l'analyse des statistiques officielles en France.

La nomenclature socioprofessionnelle se présente comme une pyramide emboîtant les uns dans les autres différents niveaux de classement. : les huit « groupes » (agriculteurs employés, etc.) se subdivisent en « catégories » qui elles-mêmes regroupent des « professions ». Attention seuls les six premiers groupes et la catégorie 81 « chômeurs » concernent la population active. Le 7ème groupe « retraités » et la catégorie 82 « autres inactifs » concernent la population inactive

2. Le code des CSP n’est pas une catégorie ex nihilo(expression latine signifiant « à partir de rien ») puisqu’elle a une longue histoire que Alain Dérosières et Laurent Thévenot rappellent dans leur ouvrage sur Les catégories socioprofessionnelles. « Les efforts entrepris pour mesurer la production économique et par genre d’activité et pour comptabiliser les actifs selon leur occupation remontent au 19ème siècle. Ils s’expliquent autant par les lents progrès de la statistique sociale que par des préoccupations nouvelles des autorités publiques ou encore par l’évolution du droit (droit commercial et législation du travail en particulier) ».

La Statistique Générale de France (SGF) créé en 1883 entreprend des recensements périodiques dont les taxinomies (=classifications) ont évolué jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Jusque dans les années 18880, c’est la classification par métiers qui domine. Les évolutions organisationnelles liées à la seconde Révolution industrielle vont contribuer à substituer à l’ancien clivage « ouvriers de métier/ gens de peine » une nouvelle opposition entre ouvriers qualifiés et ouvriers non qualifiés. A la Libération, l’ouvrier spécialisé (OS) et l’ouvrier qualifié (OQ) deviennent des appellations contrôlées. On va assister également) la segmentation des salariés non-manuels entre la catégorie des « employés » et des « cadres ». Ces quelques exemples soulignent le rôle de l’Etat dans la définition des statuts socioprofessionnels et dans la légitimation des professions.

3. Mis en chantier en 1947, le code des CSP est utilisé pour la première fois massivement au Recensement de 1954. L’idée de son créateur, Jean Porte, est de trouver des corrélations entre les catégories crées et certaines caractéristiques sociales (éducation, revenus, culture, etc.). L’objectif est de classer la population en « un nombre restreint de catégories présentant chacune une certaine homogénéité sociale » (Code de 1951). L’homogénéité sociale désigne « l’existence entre les membres d’un groupe de caractéristiques économiques et culturelles proches, de relations interpersonnelles nombreuses, la convergence des attitudes et des opinions, la conscience d’appartenir à une même catégorie » (J. Brémond, A. Gélédan, Dictionnaire des sciences économiques et sociales). Ainsi le terme même de CSP révèle la volonté de caractériser les individus selon leur profession mais d’associer également un statut social à l’activité professionnelle. Par exemple qu’un ingénieur sera pas considéré pareil qu’il soit salarié d’une entreprise ou qu’il travaille de façon indépendante.

4. La nomenclature de l’INSEE est multidimensionnelle du fait qu’elle soit le résultat de la combinaison de plusieurs critères. On peut distinguer six critères, avec Serge Bosc (Stratifications et classes sociales) :

Le statut précise les conditions juridico-économiques dans lesquelles s’exerce une activité. Le principal clivage oppose des salariés aux –non salariés qui peuvent être soi indépendants soit employeurs.

La qualification pour les salariés désigne le niveau de diplôme requis pour exercer un emploi. La qualification ne correspond cependant pas toujours à l’emploi. Les promotions et formations sur le tas permettant d’occuper parfois un emploi supérieur à sa qualification, bien que cela soit de plus en plus rare du fait du nombre croissant de hauts diplômés. Ainsi il n’est pas rare de voir des salariés dans des emplois n’exigeant pas les compétences qu’ils possèdent.

La position hiérarchique ne correspond pas systématiquement au niveau de formation. Les chefs d’équipes ont ainsi souvent la même formation que les ouvriers qu’il encadre. Certains salariés peuvent être considérés comme « cadre » non en raison de leur diplôme mais du fait qu’ils exercent des fonctions d’encadrement.

L’importance de l’entreprise pour les non salariés permet de différencier les partons selon le nombre d’employés.

Le secteur d’activité précise l’activité principale de l’entreprise ou de l’institution dont ils dépendent.

La distinction fonction publique/ entreprises (y compris celles du secteur public).

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !