--- > Monnaie
représentant Vercingétorix, mais les archéologues pensent qu'il
s'agirait plutôt d'une représentation d'une divinité, peut être
Apollon.

Son nom est un titre, il signifie " grand roi des guerriers ". De
son véritable patronyme, nous n'en savons rien, nous n'en avons aucune
trace. La terminaison de son surnom " rix " (en langue celtique) est un
suffixe que l'on retrouve chez tous les chefs gaulois. On ne le connaît
que par le livre VII de la « Guerre des Gaules », curieusement, c'est
par son ennemi, Jules César, que l'on sait qu'il a existé ; nul révolté
contre Rome par la suite ne se réclamera de lui.

Il a du naître vers 72 avant J.C., à Gergovie, chez les Arvernes.
L'Arvernie avait été un royaume très puissant ; sa domination, vers le
sud, allait jusqu'aux frontières du territoire marseillais et
narbonnais. A l'époque de César, elle était une des nations les plus
redoutables de la Gaule. Vers 80 avant J.C., son père, Celtill,
manœuvra de façon à se élire roi. Il échoua et fut mis à mort par ses
compatriotes qui le traînèrent sur le bûcher.

" Là, dans le même but, un jeune Arverne très puissant,
Vercingétorix, fils de Celtillos, qui avait tenu le premier rang dans
la Gaule, et que sa cité avait fait mourir parce qu'il visait à la
royauté, assemble ses clients et les échauffe sans peine. "
César, B.G. VII, 3.

Quant au jeune Vercingétorix qui n'est pour le moment que le fils de
Celtill, il est élevé par les druides, ce qui fera de lui un homme à la
mystique très développée. Son oncle, Gobannitio, qui fut à l'origine de
la mort de son propre frère, l'envoya, en effet, parfaire son éducation
chez les druides, dans la forêt des Carnutes, au grand Nemeton, où ils
se réunissaient tous une fois l'an.

On a dit que pendant six ans, il suivit les armées de César,
Christian Goudineau, professeur au Collège de France, spécialiste de la
Gaule, pense qu'il devait servir aux cotés de J. César depuis 58 avant
J. C. car il connaissait bien les habitudes militaires des Romains
qu'il copia pour servir à ses troupes (à part un texte de Dion Cassius,
je n'en ai trouvé trace chez aucun auteur ancien" …mais espérant que l'amitié qui l'avait autrefois uni à césar … "
Dion Cassius, L, XL, 41.) mais toujours est-il qu'en 53 avant J.C., il
va tenter de prendre de l'influence sur ses compatriotes, les Arvernes,
à Gergovie, mais il sera chassé de la ville par les notables et par son
propre oncle qui voulaient garder le peuple dans le giron de César. Il
revint dans la cité à la tête de hors-la-loi dont il avait fait ses
compagnons et se fit proclamer roi.

"… son oncle Gobannitio, et les autres chefs qui ne jugeaient
pas à propos de courir une pareille chance, le chassent de la ville de
Gergovie. "
César, B.G., VII, 4.

Là où son père avait échoué, lui réussit. Pendant ce temps la
révolte grondait dans une Gaule qui semblait pacifiée. L'insurrection
se déclancha à Cenabum (Orléans), l'ordre en fut donné par Gutuader, un
druide influent. Tous les Romains présents dans cette ville furent
massacrés y compris C. Fufius Cita, chevalier, représentant de César.

   --- > Gaulois, dessin d'après Herbé par Wattier.

" Ce jour arrivé, les Carnutes, sous les ordres de Cotuatos et
de Conconnétodumnos, hommes déterminés à tout, se jettent, à un signal
donné, dans Cénabum (Orléans), massacrent les citoyens romains qui s'y
trouvaient pour affaires de commerce, entre autres C. Fusius Cita,
estimable chevalier romain, que César avait mis à la tête des vivres,
et ils pillent tous leurs biens. La nouvelle en parvient bientôt à
toutes les cités de la Gaule ; car, dès qu'il arrive quelque chose de
remarquable et d'intéressant, les Gaulois l'apprennent par des cris à
travers les campagnes et d'un pays à l'autre. Ceux qui les entendent
les transmettent aux plus proches comme on fit alors. En effet, la
première veille n'était pas encore écoulée que les Arvernes savaient ce
qui s'était passé à Cénabum au lever du soleil, c'est-à-dire à cent
soixante milles environ de chez eux. "
César, B.G. , VII, 3. Celui-ci reprendra la ville et la brûlera complètement après avoir massacré ses habitants.

"… et, comme la ville de Cénabum avait un pont sur la Loire ,
dans la crainte que les habitants ne s'échappent la nuit, il fait
veiller deux légions sous les armes. Un peu avant minuit les assiégés
sortent en silence, et commencent à passer le fleuve. César, averti par
les éclaireurs, met le feu aux portes, fait entrer les légions qui
avaient reçu l'ordre d'être prêtes, et s'empare de la place. Très peu
d'ennemis échappèrent ; presque tous furent pris, parce que le peu de
largeur du pont et des issues arrêta la multitude dans sa fuite. César
pille et brûle la ville, abandonne le butin aux soldats, fait passer la
Loire à l'armée, et arrive sur le territoire des Bituriges. "
César, B.G., VII, 11.

En janvier 52 avant J.C., les dirigeants gaulois se réunissent dans
la forêt des Carnutes et proclament Vercingétorix comme leur chef
militaire, ils décidèrent d'un soulèvement général, ce vote (secret)
est renouvelé à Bibracte, sur le mont Beuvray, Vercingétorix fut à
nouveau élu comme général en chef. Il se retrouva à la tête des tribus
du centre du pays et de l'Armorique tandis que les Lingons et les Rènes
restaient à l'écart. En fait son aventure ne va durer que neuf mois.

   --- > Autre monnaie représentant Vercingétorix.

Devant ces évènements, César qui était absent, il était à Rome pour
ses affaires, Clodius, son principal soutien dans la Ville venait
d'être assassiné, Pompée était nommé consul à vie par le Sénat, en
dépit de la loi romaine, revint en Gaule précipitamment. Par une
audacieuse traversée des Cévennes (l'hiver fut précoce), avec les
troupes fraîches qu'il avait levé, il se retrouva vite au Nord-est du
pays. Vercingétorix refusa toujours tout affrontement direct avec lui.
Il pratique la tactique de la terre brûlée. Sauf à Avaricum (Bourges)
et bien mal lui en prit car ce fut un succès du Romain. La ville était
la capitale de la Biturgie , c'était peut-être la cité gauloise la plus
splendide. Pour lui éviter d'être brûlée, les Biturges le supplièrent
de l'épargner et lui démontrèrent qu'elle était facilement défendable.
Après maintes tergiversations, il consentit à la défendre et y mit une
garnison formée de troupes d'élite.

"… on brûle en un jour plus de vingt villes des Bituriges. On
fait la même chose dans les autres pays. De toutes parts on ne voit
qu'incendies : ce spectacle causait une affliction profonde et
universelle, mais on s'en consolait par l'espoir d'une victoire presque
certaine, qui indemniserait promptement de tous les sacrifices. On
délibère dans l'assemblée générale s'il convient de brûler ou de
défendre Avaricum. Les Bituriges se jettent aux pieds des autres
Gaulois: "Qu'on ne les force pas à brûler de leurs mains la plus belle
ville de presque toute la Gaule , le soutien et l'ornement de leur pays
; ils la défendront facilement, disent-ils, vu sa position naturelle ;
car presque de toutes parts entourée d'une rivière et d'un marais, elle
n'a qu'une avenue très étroite." Ils obtiennent leur demande ;
Vercingétorix, qui l'avait d'abord combattue, cède enfin à leurs
prières et à la pitié générale. La défense de la place est confiée à
des hommes choisis à cet effet. "
César, B.G. VII, 15.

Après 25 jours de siège, les terrassements des Romains touchaient
presque à ses murailles, principalement une rampe, après 27 jours, la
ville fut enlevée, César ne laissa aucun survivant derrière lui, 40000
personnes se trouvaient présentes au moment de l'assaut final, à peine
800 purent s'échappées et rejoindre le camp de Vercingétorix.

Poursuivant sa reconquête des capitales révoltées, César se retrouva
devant Gergovie. Il voulait frapper au cœur de la rébellion, à la
capitale de son chef. Le proconsul se présenta sous ses murs cinq jours
après avoir franchi l'Allier et le soir même de son arrivée engagea un
combat de cavalerie. Il reconnut la place et désespéra de l'emporter
rapidement parce qu'elle était sur une position très élevée, il résolut
de l'assiéger. Après avoir essayer de l'encercler totalement, il tenta
d'investir les camps dresser par l'armée de Vercingétorix. Ce dernier
lança sur les légionnaires ses guerriers qui étaient dans la cité et il
défit totalement le général romain, selon Suétone ( Vie de Jules César ),
le futur dictateur perdit 46 centurions et environ 700 hommes. La
victoire du Gaulois eut un immense retentissement dans tout le pays.
Pendant ce temps, Labienus, second de César, essayait, dans le Nord du
pays, de maintenir la paix avec quatre légions. Le centre de la révolte
était Lutèce, ville des Parisii, qui fut rapidement prise. "
Pendant ces mouvements de l'armée de César, Labienus ayant laissé à
Agédincum (Sens), pour la garde des bagages, les recrues récemment
arrivées d'ltalie, se porte avec quatre légions vers Lutèce (Paris).
Cette ville appartient aux Parisii et est située dans une île de la
Seine. Au bruit de son arrivée, un grand nombre de troupes ennemies se
réunirent des pays voisins. Le commandement en chef fut donné à
l'Aulerque Camulogène, vieillard chargé d'années, mais à qui sa
profonde expérience dans l'art militaire mérita cet honneur. Ce général
ayant remarqué que la ville était entourée d'un marais qui aboutissait
à la Seine , et protégeait merveilleusement cette place, y établit ses
troupes dans le but de nous disputer le passage. "
César, B.G. VII, 57.

" …aucun Gaulois ne quitta sa place ; tous furent enveloppés et
tués. Camulogène subit le même sort. D'un autre côté, ceux qu'on avait
laissés à la garde du camp opposé à celui de Labienus, avertis que l'on
se battait, marchèrent au secours des leurs, et prirent position sur
une colline ; mais ils ne purent soutenir le choc de nos soldats
victorieux. Entraînés dans la déroute des autres Gaulois, tous ceux qui
ne purent gagner l'abri des bois ou des hauteurs, furent taillés en
pièces par notre cavalerie. Après cette expédition, Labienus retourne
vers Agédincum, où avaient été laissés les bagages de toute l'armée. De
là il rejoignit César avec toutes les troupes. "
César, B.G. VII, 62.

Et c'est juste après son échec devant Gergovie que César apprit la
défection des Eduens de Bourgogne, traditionnellement peuple opposé aux
Avernes et qui depuis longtemps étaient de fidèles alliés. Leur chef,
Convictolitan, lui devait son investiture, pourtant il prêta l'oreille
aux propositions de Vercingétorix. " …les Eduens qui servait sous
les drapeaux de César, demandèrent à rentrer dans leur pays et
promirent d'y rétablir l'ordre. César ayant consenti, ils se rendirent
à Noviodunum, (Nevers) où les Romains avaient déposé les deniers
publics, leurs provisions et un grand nombre d'otages, surprirent la
garnison, la massacrèrent avec le concours des indigènes, et
s'emparèrent de tout ce qu'ils y trouvèrent ; et comme la ville était
un poste très avantageux, il la livrèrent aux flammes, pour que les
Romains n'en fissent pas un point d'attaque et de refuge pendant cette
guerre. En même, ils poussèrent à la révolte le reste de la nation. "
Dion Cassius, L, XL.

Ce dernier se rendit à Bibracte, capitale des Eduens, pour y
débattre d'un point important : à qui devait revenir la direction de la
révolte. Les Eduens voulaient en avoir le monopole. Toutes les nations
gauloises s'y retrouvèrent sauf les Rèmes, les Lingons et les Trévires,
les deux premiers peuples voulaient rester fidèles aux Romains, quant
aux Trévires, ils voulaient rester neutres et étaient en butte aux
attaques des Germains. D'une voix unanime, leurs députés confirmèrent
Vercingétorix dans ses prérogatives. Les Eduens en furent profondément
affectés. Il résolut, alors, de s'en prendre à la Provincia .
Les armées de César et du jeune gaulois se suivaient de près. Celle du
proconsul battait en retraite. Et c'est à ce moment que le Gaulois
commis une grave erreur, riches de conséquences. Il attaqua et voulut
une bataille rangée, ce qu'il avait toujours refusé jusqu'alors. Mais
là, il donna l'ordre à sa cavalerie de charger, près de Dijon, à Aignay
le Duc. Elle fut taillée en pièces, venant s'écraser sur le mur formé
par les légions, décimée par la cavalerie auxiliaire germaine de César.
" César, voyant que l'ennemi lui est supérieur en cavalerie, qu'il
lui ferme tous les chemins, et qu'il n'y a nul moyen de tirer des
secours de l'Italie ni de la province, envoie au-delà du Rhin, en
Germanie, vers les peuples qu'il avait soumis les années précédentes,
et leur demande des cavaliers et de ces fantassins armés à la légère,
accoutumés à se mêler avec la cavalerie dans les combats. À leur
arrivée, ne trouvant pas assez bien dressés les chevaux dont ils se
servaient, il prit ceux des tribuns, des autres officiers, et même des
chevaliers romains et des vétérans, et les distribua aux Germains. "
César, B.G., 65.

Ce qu'il en restait et toute l'infanterie se jeta dans Alésia (fin
juillet 52 avant J.C.). Le soir même de son arrivée, César commença
d'élever des fortifications devant l'oppidum pour l'investir. "
Voyant toute sa cavalerie en fuite, Vercingétorix fit rentrer les
troupes qu'il avait rangées en avant du camp, et prit aussitôt le
chemin d'Alésia, qui est une ville des Mandubiens, après avoir fait, en
toute hâte, sortir du camp les bagages, qui le suivirent. César laissa
ses équipages sur un coteau voisin, les commit à la garde de deux
légions, poursuivit l'ennemi tant que le jour dura, lui tua environ
trois mille hommes de l'arrière-garde, et campa le lendemain devant
Alésia. Ayant reconnu la situation de la ville, et voyant les ennemis
consternés de la défaite de leur cavalerie, qu'ils regardaient comme la
principale force de leur armée, il exhorta les siens au travail et fit
commencer les lignes de circonvallation. "
César, B.G., VII, 68.

D'après César, et nous ne tenons ces informations que de lui, les
forces en présence se divisait : pour les Gaulois en 12000 cavaliers
plus 80000 fantassins et pour les Romains en 12 légions soit 50000
hommes.

Pourquoi Alésia ? G. Bordonove en donne l'explication suivante : la
ville était une cité spirituelle de la Gaule et lui-même était
quelqu'un de très mystique, l'attirance a joué, elle aurait été fondée
par Héraclès (Jacques Harmand dans son livre « Vercingétorix » réfute
cette thèse, disant que ce n'est qu'une fable raconté par Diodore de
Sicile). C'était la capitale des Mandubiens (territoire très
restreint), un peuple ami de César qui se retrouva en quelque sorte
conquis par l'armée de Vercingétorix qui venait chercher refuge chez
eux.

" Voyant toute sa cavalerie en fuite, Vercingétorix fit rentrer
les troupes qu'il avait rangées en avant du camp, et prit aussitôt le
chemin d'Alésia, qui est une ville des Mandubiens, après avoir fait, en
toute hâte, sortir du camp les bagages, qui le suivirent. César laissa
ses équipages sur un coteau voisin, les commit à la garde de deux
légions, poursuivit l'ennemi tant que le jour dura, lui tua environ
trois mille hommes de l'arrière-garde, et campa le lendemain devant
Alésia. Ayant reconnu la situation de la ville, et voyant les ennemis
consternés de la défaite de leur cavalerie, qu'ils regardaient comme la
principale force de leur armée, il exhorta les siens au travail et fit
commencer les lignes de circonvallation. "
César, B.G. VII, 68.

Il se sépara de sa cavalerie, évitant ainsi des bouches inutiles à
nourrir. Il leur demanda, en les renvoyant dans leur nation, de lui
apporter des secours, il les fit partir le soir par un endroit où les
lignes romaines n'étaient pas achevées. Les murailles de la ville
couvrait tout le plateau qu'elle occupait entièrement et dominait la
plaine de Laume d'où l'on pouvait voir tous les mouvements de l'ennemi.

" Cette place était située au sommet d'une montagne, dans une
position si élevée qu'elle semblait ne pouvoir être prise que par un
siège en règle. Au pied de cette montagne coulaient deux rivières de
deux côtés différents. Devant la ville s'étendait une plaine d'environ
trois mille pas de longueur ; sur tous les autres points, des collines
l'entouraient, peu distantes entre elles et d'une égale hauteur. Sous
les murailles, le côté qui regardait le soleil levant était garni, dans
toute son étendue, de troupes gauloises ayant devant elles un fossé et
une muraille sèche de six pieds de haut. La ligne de circonvallation
formée par les Romains occupait un circuit de onze mille pas. Notre
camp était assis dans une position avantageuse, et l'on y éleva
vingt-trois forts, dans lesquels des postes étaient placés pendant le
jour pour prévenir toute attaque subite ; on y tenait aussi toute la
nuit des sentinelles et de fortes garnisons. "
César, B.G., VII, 69.

Acculé, il demanda aux cités alliées de lui envoyer des secours,
après maintes tergiversations une armée fut constituée. Ses émissaires,
Viridomaros et Eporédix réunirent à Bibracte une nouvelle assemblée qui
devait déterminer le nombre de combattants que chaque peuple devrait
fournir. Cette armée de secours, non pour une meilleur efficacité mais
par mesures diplomatiques, eut quatre chefs : deux Eduens, un Atrébate
et un Arverne : Viridomaros, Epodorix, Commius et Vercassivellaunos (un
cousin de Vercingétorix). Enfin, le vingt septembre, elle parut devant
Alésia, forte de 250.000 hommes (chiffre donné par César) "
Cependant Commios et les autres chefs, investis du commandement
suprême, arrivent avec toutes leurs troupes devant Alésia, et prennent
position sur l'une des collines qui entourent la plaine, à la distance
de mille pas au plus de nos retranchements. Ayant le lendemain fait
sortir la cavalerie de leur camp, ils couvrent toute cette plaine que
nous avons dit avoir trois mille pas d'étendue, et tiennent, non loin
de là, leurs troupes de pied cachées sur des hauteurs. On voyait
d'Alésia tout ce qui se passait dans la campagne. À la vue de ce
secours, on s'empresse, on se félicite mutuellement, et tous les
esprits sont dans la joie. On fait sortir toutes les troupes, qui se
rangent en avant de la place ; on comble le premier fossé ; on le
couvre de claies et de terre, et on se prépare à la sortie et à tous
les événements. "
César, B.G., VII, 79.

Mais auparavant, l'armée gauloise de Vercingétorix, dévorée par la
faim dut se séparer des bouches inutiles. Les Mandubiens qui l'avaient
reçue dans leurs murs en furent expulsés. César défendit qu'on les
reçoive, ils moururent de faim entre les deux armées.

" Des retards étant survenus et les vivres commençant à manquer,
Vercingétorix fit sortir de la ville les enfants, les femmes et tous
ceux qui étaient inutiles pour la défendre. Il espérait que cette
multitude serait épargnée par les Romains qui voudraient la faire
prisonnière ou bien que les subsistances qu'elle aurait consommées
serviraient à nourrir les autres plus longtemps ; mais il fut trompé
dans son attente, César n'avait pas assez de vivres pour en donner à
des étrangers : il pensait d'ailleurs que toute cette foule, repoussée
dans ses foyers (il ne doutait pas qu'elle y fut reçu), rendrait la
disette plus terrible, et il lu ferma son camp. Placée entre la ville
et les Romains et ne trouvant de refuge d'aucun coté, elle périt
misérablement. "
Dion Cassius, Histoire Romaine, L, XI.

L'armée de secours arriva donc, sa cavalerie se jeta sur les Romains
dans la plaine des Laumes, c'est malheureusement dans cet endroit
particulièrement bien défendu qu'elle résolut de livrer bataille.
Vercingétorix fit sortir ses troupes et tenta une jonction avec ceux
qui lui portaient secours. Il y arriva presque, dans ce combat acharné,
il faut distinguer Marc Antoine, légat de César, qui fit des
merveilles, mais le proconsul fit intervenir sa cavalerie germaine qui
écrasa les Gaulois.

 

Devant sa défaite, Vercingétorix résolut de se rendre. Sa rédition
fit l'objet de différente version suivant les historiens anciens.

" Le lendemain Vercingétorix convoque l'assemblée, et dit :
"Qu'il n'a pas entrepris cette guerre pour ses intérêts personnels,
mais pour la défense de la liberté commune ; que, puisqu'il fallait
céder à la fortune, il s'offrait à ses compatriotes, leur laissant le
choix d'apaiser les Romains par sa mort ou de le livrer vivant." On
envoie à ce sujet des députés à César. Il ordonne qu'on lui apporte les
armes, qu'on lui amène les chefs. Assis sur son tribunal, à la tête de
son camp, il fait paraître devant lui les généraux ennemis.
Vercingétorix est mis en son pouvoir ; les armes sont jetées à ses
pieds. À l'exception des Héduens et des Arvernes, dont il voulait se
servir pour tâcher de regagner ces peuples, le reste des prisonniers
fut distribué par tête à chaque soldat, à titre de butin "
César, B.G., VII, 89.

" Après cette défaite, Vercingétorix, qui n'avait été ni pris ni
blessé, pouvait fuir ; mais, espérant que l'amitié qui l'avait uni
autrefois à César lui ferait obtenir grâce, il se rendit auprès de lui,
sans avoir fait demander la paix par un héraut, et parut soudainement
en sa présence, au moment où il siégeait dans son tribunal. Son
apparition inspira quelque effroi ; car il était d'une haute stature,
et il avait un aspect fort imposant sous les armes…Il tomba aux genoux
de César et le supplia en lui pressant les mains, sans proférer une
parole. Cette scène excita la pitié des assistants par le souvenir de
l'ancienne fortune de Vercingétorix, comparée à son malheur présent.
César, au contraire, lui fit un crime des souvenirs sur lesquels il
avait compté pour son salut. Il mit sa lutte récente en opposition avec
l'amitié qu'il rappelait et par là fit ressortir plus vivement l'odieux
de sa conduit. "
Dion Cassius, L, XL.

" Il les force à se rendre à discrétion. Vercingétorix lui-même,
le plus bel ornement de sa victoire, vint en suppliant dans le camp
romain, il jeta aux pieds de César les ornements de son coursier et ses
armes … "
Florus, livre III, XI.

" Vercingétorix, qui avait été l'âme de toute cette guerre, fit
parer son cheval, prit ses plus belles armes et sortit ainsi de la
ville ; puis, après avoir fait caracoler son cheval autour de César,
qui était assis, il mit pied à terre, jeta toutes ses armes et alla
s'asseoir aux pieds de César, où il se tint en silence, jusqu'au moment
où César le remit à ses gardes en vue de son triomphe. "
Plutarque, vies parallèles, César, 27.

Après avoir capitulé et s'être constitué prisonnier, il fut conduit
à travers la Gaule et exhibé comme une bête curieuse. Il dut assister
au supplice du druide Gutuater qui avait été l'âme spirituelle de la
révolte. Il resta avec César et erra pendant trois ans de camp en camp.
(selon Anne de Leseleuc dans son livre " Vercingétorix ", édition
l'archipel) Puis, il fut enfermé au Tullianum où il resta plusieurs
années en attendant 46 avant J.C. où il dut défilé au triomphe de
César, à la fin de la parade, il fut étranglé dans sa prison, comme le
voulait la coutume de l'époque. (voir l'article sur le " triomphe "
dans le chapitre " éléments de civilisation ").

Il est surtout connu depuis que Napoléon III s'intéressa de près à tout ce qui était Gaulois.

  ---> Statue de Vercingétorix à Alésia.

Il écrivit même une vie de Jules César. Il fit faire des fouilles
archéologiques sur l'endroit qui est reconnu maintenant comme le lieu
où se passèrent ces événements tragiques. Il fit construire une statue
de Vercingétorix au point le plus haut du site d'Alésia par le
sculpteur Aimé Millet. Curieusement le visage a les traits de
l'empereur, elle est haute de 7 mètres et repose sur un socle dessiné
par Viollet-le-duc.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !