La nature est définit comme un principe actif souvent personnifié qui anime et organise l'ensemble des choses existantes selon un certain ordre.

Un principe universel qui anime tout

La nature est tout le système de lois (physiques, biologiques…) établie par le créateur, pour l'existence des choses observables et la création de l’être.

→ Idée de puissance, personnification de la nature comme une entité abstraite ce qui renvoie à un mysticisme naturiste (façon mystique de personnifier la Nature) Mythe de Gaia : La terre serait un organisme vivant.

→ Vision déiste de la nature.

Elle est définie comme un ordre transcendant (-> Lois de la nature), à l’origine des mythologies cosmopolites (liens étroits entre éléments du cosmos, la nature…) que l’on retrouve dans les sociétés archaïques.

On redécouvre au XVIII° siècle (Les Lumières), les principales idées qui ont été véhiculées par les cosmogonies primitives à savoir un caractère divin et bien faisant de la nature.

Le mythe moderne de la nature prend sa source dans les moments de philosophies des Lumières et dans un courant littéraire et philosophiques que l'on appelle le romantisme qui va déboucher vers l'esthétisme classique.

L'idéologie moderne s'enracine dès lors dans l'idée d'un paradis perdu et d'un âge d'or révolu où il y avait harmonie et symbiose entre l’Homme et la Nature. (Rousseau, Le bon sauvage).On va passer d’une représentation craintive, méfiante, négative de la nature à une représentation positive de la nature.

Les éléments naturels (foudre, neige, grêle…), les espaces naturels (Mer, Montagne…) cessent d’être systématiquement assimilés au danger et à la laideur.

Mythologie et naturisme. La nature commence à être valorisée dans l’esthétisme du beau.

Puisque la nature est belle et bien faisante, ca incite à une redécouverte de la nature.

Ce regard va être possible parce que dans l’imaginaire humain il va y avoir un changement dans la façon de voir le monde et la nature dans ce que G. Durand appelle le régime diurne (solaire, optimiste) /nocturne (peur, ténèbres) de l’imaginaire.

De la nature au naturisme

Dans le domaine philosophique, on peut définir le naturisme comme perception de la nature et une doctrine du rapport à la nature. C'est un culte religieux de la nature. Dans le domaine médical (doctrine hippocratique), on doit tout attendre de la médication naturelle.

On va retrouver le naturisme dans le sens commun, c'est une doctrine qui prône le retour à la nature.

Le naturisme est donc une philosophie et une doctrine de mode de vie qui va prendre plusieurs formes : une branche médicale (et paramédical), une branche ludique (jeu de découverte de la nature puis le jeu de la performance) et une branche hédoniste.

La pensée naturiste est fondée sur la conviction qu’un retour à la nature constitue un retour aux sources.

→ Nécessaire à une lutte contre la dégénérescence.

Ce naturisme va se développer sous diverses formes : Médical (et paramédical), Humaniste (pédagogique, sportif = ludique, et hédoniste).

Villaret : Naturisme et éducation corporelle

Mythologie des éléments naturels et des espaces naturels

→ Structures anthropologiques de l'imaginaire (Gilbert Durand)

Au sens de l’anthropologie structurale. Il y a dans l’inconscient collectif des fondements imaginaires qui sont universels. Pour Gilbert Durand, l'imaginaire compose le substrat de l'Homme, le propre de l’Homme. « L’imaginaire est l enfance de la conscience ».

L’imaginaire humain se fonde sur le symbolique.

L’imagination invente des choses, des manières de voir, elle créée de la symbolique.

L’imaginaire humain est fondé sur ce que G. Durand appelle un drame mythologique fondamental, le drame du jour et de la nuit.

Il distingue :

  • Le régime diurne : La lumière, la hauteur (symbolique de la hauteur), le mouvement, la masculinité, la lutte et de la violence …
  • Et le régime nocturne : les ténèbres, les profondeurs, la féminité, le calme et l'immobilité, la douceur, la volupté et l'enveloppement ...

Les anthropologues de l’imaginaire parlent d’une Fonction eudémoniste de la nature : doctrine morale qui pause comme principe que le bonheur est le but de l'action. Les symboles et l’activité symbolique sont les fondements de l’imaginaire humain.

Gilbert Durand va définir plusieurs symboles important de l’imaginaire :

  • La chute : régime nocturne, elle représente l'imaginaire symbolique des ténèbres et la peur de l’engloutissement dans les ténèbres. Apparait comme le signe d une punition.

Représentative de la condition humaine (« nous aspirons l'élan vers le haut, et nous connaissons la chute vers le bas » selon Gaston Bachelard, « la peur de tomber est une peur primitive »), Agoraphobie (peur des grands espaces), n'est qu’une figure de la peur primitive de la chute.

La pratique de certaines activités de pleine nature (culture du vertige), serait un moyen d'exorciser cette angoisse primitive de la chute en acceptant la chute, en la contrôlant, jeu de se faire peur. (Escalade, parachutisme, base jump ...) des activités qui euphémisme la chute pour supprimer l’angoisse qui y est associé.

  • Le rêve de verticalité et le symbolisme ascensionnel : l'exact contre point de la chute et des ténèbres dans l'imaginaire humain. Tout rêve de verticalité s'oppose à la chute et elle est d'abord de nature spirituelle.
  • Le symbolisme de l'élévation (ascension) est par excellence métaphore de la valorisation. L’élévation s’inscrit dans le régime diurne, il y a une recherche des cieux et de la lumière. La puissance, la pureté est en haut. S'élever c'est toujours, en quelque sorte une façon de se purifier, recherche de pureté dans les activités, dont la pratique symbolique est l'alpinisme.
  • Le désir de purification et la recherche de pureté : C’est un symbolisme partagé entre les régimes diurne et nocturne. La recherche de pureté se fait dans l’élévation (Régime diurne). Cette recherche de purification passe par une opposition aux éléments (Régime nocturne)
  • Symbolisme de la descente : C’est le rêve de retour mais aussi une acceptation à la condition humaine et temporelle. Il vient s’opposer à la recherche constante de l’élévation. Il ne s'agit plus d'essayer de se rapprocher des cieux mais, d accepter le principe cyclique du temps (le principe de l'éternel recommencement).

Dans notre imaginaire, la descente est douce, voluptueuse, féminine. A une condition, c est qu’elle soit lente. (En APPN, descente en canoë kayak sur rivières calme, spéléo, plongé sous marine …)

La symbolique de la descente est fragile, car si elle n'a pas sa lenteur, elle se transforme en « chute ».

(Le ski alpin, le rafting … évoquent la dialectique entre descente et chute)

Psychanalyse des éléments naturels; l'eau et l'air (G. Bachelard)

Bachelard identifie 4 éléments naturels : L’eau, l’air, la terre et le feu. Pour lui ces éléments sont sources d’imaginaire et donc d’émotions esthétiques.

Comment concilier le sport et la nature ? La symbolique de l'eau.

L’eau : renvoie d’abord à une symbolique féminine donc plutôt à un régime nocturne mais qui peut changer de sexe en devenant une eau violente, elle passe alors dans un régime diurne.

REGIME NOCTURNE

Eaux féminines de la vie, l'eau de la rêverie, du repos, pureté et de la douceur, eaux claires, limpides : pureté et douceur ; eaux fraiches : symbolique de la régénérescences, la vie, la beauté, la joie …

Comment faire du sport nocture ? La symbolique de la nuit.

Eaux calmes, courantes et peu profondes, qui sont des eaux ''porteuses'', d'émerveillement.

Eaux féminines de la mort, eaux calmes, silencieuses, sombres mais insondables (« angloutissantes »), dimension angoissante. L'eau dans la nuit donne une peur pénétrante.

REGIME DIURNE

Eaux masculines, rêverie de l'effort, de la lutte dans les évènements, (Rafting) renvoi aux eaux violentes, ''colériques'', (Tsunamis)

Bachelard définit donc une trilogie des eaux (2 ♀ & 1♂)

L'air : est au fondement de l'imaginaire ascensionnel de la hauteur. Il est le symbolisme de l’ascension, qui s’oppose à la lourdeur provoquée par la gravité, symbole aussi de la pureté. L’air est très fortement corrélé au symbole de la liberté, au + on est haut au + on est libre. La liberté c’est se libérer des contingences (Poids, Attache au sol…)

L'air est la substance même de la symbolique de la liberté, de la joie humaine et surhumaine.

Anthropologie du sport et des espaces naturels (Bernard Jeu)

Bernard Jeu définit le sport au sens large du terme comme une pratique sociale qui n’échappe pas au déterminisme de l’imaginaire. Il va s’intéresser à l’espace, aux émotions, qui sont pour lui commune à toutes les pratiques. L’émotion serait d’abord l’affrontement à l’épreuve.

L’épreuve est la poursuite d’un exploit, d’un jeu symbolique (badminton), et parfois réel avec le risque de mort (Alpinisme).

Il y a recherche d’émotion pour donner un sens à la vie, à la mort.

Pour lui les pratiques sportives sont structurées comme des cartes. Dans les jeux d’épreuves, il va y avoir une dimension de l’espace.

L’individu à travers son engagement dans un espace sauvage, s’engage à « traverser l’enfer » et à en ressortir grandit.

Il fait un parallèle avec les contes. On investit un espace naturel pour y accomplir des exploits. A travers l’épreuve, l’homme recherche à travers son immersion dans la nature, sa vraie nature.

Il y a une symbolique d’un âge d’or, où les hommes accomplissaient des exploits en affrontant des choses.

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Gaspard

Ancien étudiant de STAPS et passionné de Coaching Sportif. Je mets mes cours de sport à votre disposition. N'hésitez pas à me poser des questions en commentaire !

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