Les sports de raquette tels que nous les connaissons aujourd'hui ont subi de multiples changements au fil des siècles, principalement menés par les innovations techniques de chaque époque.

Découvrez la confection des balles, volants et raquettes depuis leurs lointaines origines.

Historique des balles et volants

Les origines de la balle

quelles innovations techniques ont marqué les sports ? Evolution du matériel sportif

L'expression « enfant de la balle» que l'on associe plutôt au monde du cirque, en référence aux jon- gleurs. est en fait ce qui caractérise, au XVIIe siècle, la transmission du savoir d'un paumier à son fils, de génération en génération.

Plus que d'une technique, c'est d'un art qu'il s'agit. L'Académie des sciences, dans l'ouvrage Description des arts et métiers, réserve une place unique pour un jeu aux textes et planches du maître paumier Garsault.

Ce sont les paumiers nommés « faiseurs d'esteufs » (faiseurs de balles) par Rabelais, qui avaient acquis le monopole de la fabrication et de la vente des bal-les. Les balles utilisées au jeu de paume étaient très dures.

C'est d'ailleurs en raison de cette dureté que battoirs, gants et raquettes ont fait leur apparition; il devenait en effet très vite douloureux de les frapper avec la main nue. .

Premières caractéristiques techniques

Une enveloppe de cuir bourrée de poils d'animal devait en constituer la fabrication, mais une ordonnance de Louis XI, en 1480, laisse penser que de nombreux autres matériaux entraient dans le garnissage de la balle. Il y est rappelé que le sable, les métaux, la sciure de bois ou la terre sont interdits.

La bourre de laine entrera ensuite dans la composition de la balle, puis des pelotes de drap blanc pressées et ficelées très fermement feront leur apparition. On entretient d'ailleurs la blancheur de cette balle en la plongeant régulièrement dans la farine de son.

Apparition du caoutchouc

II faudra attendre la fin du XVIIIe, et surtout le début du XIXe siècle, pour voir apparaître la balle en caoutchouc.

Rappelons que si le caoutchouc est connu depuis longtemps dans les forêts sud-américaines, ce n'est qu'en 1736 que Charles de La Condamine en expédie plusieurs rouleaux qui seront à l'origine d'un regain d'intérêt pour la recherche scientifique et industrielle sur ce produit aux qualités exceptionnelles.

La balle est alors formée d'une vessie caoutchoutée et gonflée (il semble que l'His-toire ait oublié le nom de l'inventeur de cette technique; c'est John Boyd Dunlop qui sut en exploiter l'industrialisation) ou bien d'une épaisse boule de caoutchouc dont le cœur est creux.

L'invention du squash par les étudiants de Harrow est l'une des applications nouvelles rendues possi- bles par l'avènement du caoutchouc. II faut attendre 1877 pour que le major Heathcote imagine la balle creuse recouverte d'un drap blanc collé permettant enfin les rebonds sur l' herbe.

Le tennis de table, quant à lui, nécessitera dans un premier temps l'usage d'une balle en liège ou en caoutchouc. Et c'est l'invention du celluloïd par Hyatt, en 1870, qui permettra la mise au point de la balle en celluloïd en 1890 par l'ingénieur Gibb.

Naissance du volant

Si on s'attarde sur la trajectoire historique du volant, c'est d'abord la constance des matériaux le composant qui surprend l' observateur. En effet, la base est toujours composée de liège et la jupe de plumes (le volant de compétition de nos jours répond encore à ces exigences).

 

quelle évolution du matériel sur le terrain ? Accessoire en plumes pour la pratique sérieuse

II faut attendre 1920 pour voir apparaître un volant dont la base est en caoutchouc et 1935 pour qu'une tentative (qui échoua) de substitution des plumes par du boyau naturel soit réalisée. Bien sûr, l'ère moderne et récente du badminton a vu la fabrication de volants dont la jupe et la base sont en plastique.

Le second point remarquable concernant l'histoire du volant se situe au niveau de caractéristiques comme son poids et sa taille. Le plus vieux volant (1840) exposé au musée RSL en Angleterre mesure 16 centimètres, pèse 100 grammes et est affublé de 35 plumes.

Rappelons qu'un volant actuel est composé de 16 plumes, mesure 8 centimètres et surtout ne pèse que 5 grammes ! A contrario, un autre volant de collection (1900) ne mesure, lui, que 6 centimètres et n'est constitué que de 10 plumes. Le plus lourd volant était frappé à l'aide d'un battoir et le plus léger avec un tambourin.

Historique des battoirs et raquettes

Les débuts au gant

Si, comme nous l'avons déjà précisé, les jeux de raquettes étaient à leur origine pratiqués à la main, de nombreux instruments ont diversement accompagné leur évolution. La dureté des balles et la violence des frappes ont d'abord amené les joueurs à se protéger en se munissant d'un gant.

Les jeux de pelote en sont une variante qui a elle-même subi des transformations et dont le chistera est un exemple. Puis le gant est amélioré par la présence de cordes tendues, ce qui a pour effet de donner plus de force à la frappe.

L'apparition de la raquette

On situe à la fin du XIVesiècle l'apparition de la raquette dans le jeu de paume. Isabelle Belmas évoque une intervention d'Érasme en 1510, dans les Colloquia, posant le problème du jeu de paume avec ou sans raquette.

Selon ce même auteur, raquettes et battoirs de bois sont apparus en même temps et sont usités dans des proportions identiques. II faut attendre le milieu du XVIe siècle pour que la raquette prenne le pas sur le battoir.

C'est la corporation des brossettiers-vergetiers confectionnant des brosses pour battre les tapis qui s'approprie le monopole de la fabrication des raquettes, aidée en cela par une série de décisions royales (Charles IX en 1571, Henri IV en 1599 et Louis XIII en 1613).

Confection des raquettes

Le manche et le cadre sont en bois et leur fabrication est précisément décrite dans les Statuts des raqueniers (1571). Le tamis est constitué de corde en chanvre ou en boyau de mouton.

Une parenthèse s'impose en ce qui concerne les fameux boyaux de chat et nous nous appuierons sur l'ouvrage de H. Cochet et J. Feuillet pour affirmer qu'aucun cordage de raquette n'a jamais été réalisé à partir de boyaux de chat.

Cette légende est due à la traduction littérale de catgut, qui signifie en anglais « boyau de chat », mais par référence à l'instrument de musique à une corde dont le son évoquait le miaulement du chat. Cette corde étant appelée catgut et les raquettes étant cordées avec des cordes d'instruments de musique, le raccourci fut si facile que, près d'un siècle plus tard, on associe toujours les deux termes.

Notons qu'en cette période il n'existe pas encore d'industrie spécifique pour le cordage des raquettes. Christian Quidet, dans La fabuleuse histoire du tennis, attribue au chirurgien Lister l'idée de corder une raquette avec du fil chirurgical : nous sommes en 1868.

Christian Crémet, quant à lui, rapporte dans la revue France Badminton qu'en 1875 Sir Bussey, fabricant de raquettes, demande à la firme Babolat, alors spécialisée en cordes pour instruments de musique, s'il est possible de confectionner une corde de violoncelle de 7 mètres de long.

Améliorations techniques et variantes

Les gravures et tableaux représentant les différents jeux de raquettes montrent la grande diversité des tailles des cadres et des manches ainsi que la variété d'enchevêtrement des cordes du tamis. Il faut attendre 1867 pour voir se généraliser l'enchevêtrement dessus-dessous que nous connaissons encore aujourd'hui.

Jusqu'alors, les traverses étaient le plus souvent nouées autour des montantes. L'aspect d'abord artisanal de ces périodes, puis commercial et enfin sportif explique sans doute les fluctuations anarchiques des équipements.

Une fois codifiée par le législateur sportif, la raquette ne subira plus jusqu'à nos jours que des améliorations technologiques qui reposeront surtout sur la nature des matériaux employés.

Le tennis a cependant connu d'innombrables tentatives d'amélioration des qualités de renvoi du tamis : double cordage, modification des surfaces de tamis, etc.

Le squash et le badminton ont semble-t-il anticipé sur ces risques et, à l'instar du tennis, réussi à réglementer de façon durable et efficace l'usage et la conception des équipements. Le tennis de table reste la seule activité de raquettes qui est encore confrontée à cette réglementation de l'équipement.

Les surfaces caoutchoutées sans cesse modifiées (les picots longs, pour ne citer que la dernière transformation) et le droit au collage restent des moyens matériels stratégiques d'influer sur le résultat de l'affrontement.

Autres instruments et disciplines de raquette

Le battoir

De nombreux autres instruments ont participé à l'histoire des jeux de raquettes (c'est l'ouvrage de H.-R. d'Allemagne qui nous en décrit le plus grand nombre).

Le battoir en bois recouvert de peau de mouton puis de parchemin se transforme en raquette dont le cadre est recouvert d'une peau ou d'un parchemin tendu (c'est d'ailleurs sur un battoir de ce type qu'Henrietta Somerset a réalisé ses 2018 échanges au volant).

Parfois, le battoir est réduit au cadre et ne possède pas de manche; on évoque alors le jeu au tambourin, qui nécessitait l'usage d'un volant très léger. Cet instrument sonore permettait de rythmer les comptines que les enfants inventaient ou psalmodiaient en jouant au volant.

Les variantes de volants

Le volant au cornet ou volant assis devait, selon d'Allemagne, permettre une pratique plus réduite. L'instrument est composé d'un cône de cuir ou de carton, fixé au bout d'une baguette de bois de 30 centimètres, dans lequel il faut faire entrer le volant.

Un brusque mouvement de bras et de poignet devait permettre de le relancer à nouveau. Il est difficile de ne pas faire le parallèle entre ce jeu et le stickball joué par les Indiens d'Amérique, baptisé le lacrosse par les colonisateurs et mieux connu aujourd'hui sous le nom de crosse québécoise.

Autres sports alternatifs

Enfin, un dernier dérivé des jeux de raquettes peut être évoqué : il s'agit du jeu de grâces. Les joueurs, munis de deux baguettes longues de 60 centimètres chacune, échangeaient un anneau d'osier qu'il fal- lait attraper au vol en croisant les deux bâtons.

Nous ne résistons pas à la tentation d'évoquer la forte analogie avec le jeu du diabolo connu depuis la plus haute Antiquité et qui, dans les années 1820, constitue un très grand rival du jeu de paume.

Le développement des clubs et des compétitions de diabolo à cette périodes en atteste.

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Sophie

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