La Perception est un ensemble des mécanismes par lesquels nous reconnaissons, nous organisons et donnons du sens aux sensations que l’on reçoit à partir des stimuli de l’environnement.

Elle fait appel aux 5 sens (surtout visuel) et permet d’interagir dans l’environnement. On parle de cycle perception-action.

Selon le courant cognitiviste, différentes étapes entre perception et action, mesure du TR pour voir ces étapes par chronométrie mentale.

La perception est une construction de la réalité par le cerveau. Une représentation mentale couplée avec des envies, des attentes que l’on a.

Expérience sensorielle et réalité sensorielle : mise en évidence

Sur la Grille d’Hermann, le blanc paraît moins lumineux car il est entouré de plus de noir que les lignes, il paraît donc gris. Si on regarde – activement – une intersection, elle paraît blanche car on stimule les cellules de la fovéa.

Comment le cerveau s'adapte à une illusion d'optique ? La fameuse illusion d'optique...

L’expérience perceptive n’est pas constante parce qu’elle dépend des événements qui l’entourent.

La création du cerveau = illusion d’optique. Soit la perception d’une image mobile alors qu’elle est statique.

Les distorsions quant à elles représentent un effet qui vient de ce qui entoure l’objet.

Il existe 2 phases :

  1. Analyse du dessin dans un 1er temps (seulement des tâches)
  2. Organisation des tâches => percept mental (représentation mentale d’un stimulus perçu) Intervention de nos connaissances pour voir, faire un percept.

L'illusion d’optique implique la perception d’informations visuelles physiquement absentes dans le stimulus sensoriel visuel.

Ces illusions d’optiques nous montrent que tout ce que nous ressentons n’est pas obligatoirement ce que nous percevons dans notre esprit. Notre esprit va traiter cette info d’une certaine façon pour créer des représentations mentales d’objet, propriété, relation spatiale issu de notre environnement.

La plupart des illusions ont une origine cognitive. Elles résultent d'une interprétation des signaux visuels qui se base sur des hypothèses qui sont incorrectes ou inappropriées.

La Notion de représentations construites : elles sont la base des hypothèses émises

Elles peuvent également avoir une origine physiologique, pour certaines : Les "after-images" qui restent après avoir fixé un objet particulièrement brillant (par exemple, une lumière intense) sont causées par une désensibilisation temporaire de la rétine suite à une sur-stimulation.

Ressent = stimulus, perception = représentation mentale

Perception : quelques concepts de base

Qu'est-ce que la vision ? Revoyons quelques fondamentaux...

  • Stimulus : décrit le phénomène environnemental de nature physique ou chimique capable d’être capté par un récepteur approprié.
  • Sensation : correspond à la détection du stimulus par un récepteur spécifique. « Événement psychique élémentaire résultant d’une modification de l’environnement », Bagot 1996. Elle donne lieu à un processus de traitement d’information qui va se traduire via l’activité de cellules réceptrices spécialisées, neurones également. Elle est spécifique à une modalité sensorielle selon le type de stimulus qu’on va percevoir.

Un système sensoriel exige des récepteurs distincts pour discriminer les différentes formes d’énergie.

Loi des énergies spécifiques : les récepteurs et les voies nerveuses, utilisés par les différentes modalités sensorielles, sont indépendants, et présentent, pour chaque modalité un fonctionnement spécifique.

  • Perception : interprétation et appréciation du stimulus. « La perception représente l’ensemble des mécanismes par lesquels nous reconnaissons, organisons et donnons du sens aux sensations que l’on reçoit à partir des stimuli de l’environnement », Epstein & Rogers, 1995

« La perception fait référence aux modalités par lesquelles nous interprétons l’information recueillie (et traitée) par les sens. En un mot, nous ressentons la présence d’un stimulus mais nous percevons ce qu’il est », Levine et Shefner (1981).

Dans ce cas, percevoir, c’est organiser le message (sensoriel), l’élaborer et chercher à cerner d’emblée sa signification.

  • Conséquences : 1 stimulus (1 image), 1 sensation. Plusieurs perceptions possibles (plusieurs visages) ou 2 stimuli (1 image, 1 son), 2 sensations (visuelle & auditive) : Perception (Ventriloque)
  • La proprioception : le sens du mouvement est un sixième sens. Même avec les yeux fermés, vous connaissez la position de votre corps - où sont vos bras, vos jambes, par exemple - et vous savez s’ils sont en mouvement ou non

Perception qu’a l’homme de son corps, par les sensations kinesthésiques, et posturales en relation avec la situation du corps par rapport à l’intensité de l’attraction terrestre.

Quelques conceptions psychophysiques pour la perception

La psychophysique (Weber) est une branche de la psychologie expérimentale qui cherche à déterminer les relations quantitatives qui existent entre un stimulus physique et la perception qu’on en a.

La psychophysique s’intéresse aux sens psychologiques tels que la vue, l’ouïe, le toucher (plus rarement l’odorat ou le goût), mais aussi a des sensations comme la perception du temps ou du mouvement.

La psychophysique c’est la science exacte des relations fonctionnelles de dépendance entre le corps et l’esprit. (Fechner)

Notion de seuil

Il s’agit de la limite à partir de laquelle un individu n’est plus capable de dire si une stimulation est présente ou non. Par extension, c’est aussi au dessous duquel il ne parvient pas à distinguer deux stimulations.

Tous les systèmes sensoriels peuvent être étudiés par la mesure des seuils.

Le seuil absolu

C’est la plus petite intensité du stimulus capable de déclencher des potentiels d’actions dans les fibres nerveuses sensorielles. [Grandeur physiologique]

Le seuil de perception

C’est la plus petite intensité du stimulus capable d’évoquer une sensation [Grandeur psychophysiologique] (capable de dire qu’il s’est passé quelque chose mais pas capable de dire ce qui a été dit)

Il correspond à la plus petite valeur d’intensité d’un stimulus qui, statistiquement, est décelée dans 50% des cas. Il s’agit d’une sensation dans laquelle on apprécie seulement la présence ou l’absence d’un stimulus si bien qu’on l’appelle quelquefois « seuil de détection ».

[Notion de sensibilité augmentée]

Le seuil différentiel

Il représente la plus petite augmentation entre deux stimuli voisins, qui toujours statistiquement, donne lieu à la sensation de « différence ». Ce n’est plus l’existence mais la différenciation entre les valeurs voisines qui est en cause.

Il correspond à la plus petite variation d’intensité que le sujet peut percevoir. (Au dessus des seuils des perceptions mais est-ce qu’une différence de 0.5 g est senti par le sujet ?)

On exprime souvent par DI la différence d’intensité entre les stimuli qui permet de les percevoir comme différents dans 50% des cas. Par exemple, si je peux faire la différence entre un objet A pesant 1Kg et un autre B pesant 1.2Kg, alors mon seuil différentiel est inférieur à 0.2Kg.

Le seuil spatial

C’est la plus petite distance perceptible entre deux points. Elle représente en quelque sorte, le pouvoir de discrimination du système sensoriel considéré (Exemple du seuil spatial tactile : tests du compas de weber).

Plus de sensibilité spatiale au niveau du dos qu’au niveau des mollets.

Le signal et le bruit

En psychophysique, le bruit est défini comme les conditions non informatives (qui brouillent le signal) présentes au moment de la recherche du signal (dans cette acceptation, le bruit peut être constitué de stimulation visuelles, olfactives, tactiles…), mais qui se manifeste aussi en son absence.

On sait que si on augmente artificiellement le bruit, on diminue les capacités de perception des sujets ou en tout cas, on produit des perceptions erronées.

Donc, il faut faire en sorte, soit de réduire le bruit pour soi même, soit d’augmenter le bruit pour l’adversaire : une feinte en sport collectif peut être considérée comme du bruit. Bruit : si vous fermez mal vos chaussures, vous allez récupérer du signal (mouvement du pied par exemple) qui n’est pas informatif de votre pratique. C’est du bruit.

On appelle « bruit visuel » tout élément graphique qui ne transmet pas d’informations, surcharge la présentation, ou entre en compétition avec l’information.

La théorie de la détection du signal

La théorie de la détection du signal est un moyen de quantifier la capacité à discerner le signal du bruit. Le sujet reçoit un stimulus complexe et il doit indiquer non pas l’intensité du signal, mais seulement sa présence ou son absence. (Exemple : Ou est Charlie ?)

Dans des contextes riches en informations, de toute nature, la détection d’un signal ne s’effectue pas avec une absolue certitude.

Elle est donc probabiliste si bien que les modèles élaborés pour traiter de telles situations sont eux aussi probabilistes et font appel à des lois statistiques. Cette modalité de repérage de l’information relève d’une prise de décision.

Il appartient en effet au sujet, en présence du stimulus, de décider de la présence ou de l’absence du signal incriminé.

La perception en psychologie cognitive

La psychologie moderne considère que percevoir est une situation essentiellement active qui fait intervenir plusieurs processus dans l’enchaînement qui mène de la stimulation à l’identification de l’objet :

  • Existence d’un stimulus
  • Processus construit
  • Processus en trois étapes
  • Processus basé sur des connaissances et des attentes et pas que sur le stimulus que l’on va voir.

L’expérience de Bruner et Goodman (1947)

L’expérience est la suivante : on demande à des enfants de 10 ans provenant de milieux sociaux différents d’ajuster, à l’aide d’un dispositif approprié, un cercle lumineux de façon à ce qu’il ait la même taille que :

  1. Des pièces de monnaies qu’ils peuvent observer
  2. Des disques en carton de même taille que les pièces de monnaie

Les résultats montrent l’existence globale d’une surestimation : les cercles produits sont plus grands que les pièces qu’ils sont censés représenter ce qui traduit une perception « surévaluée » de l’argent.

C’est alors qu’intervient la seconde partie de l’expérience dans laquelle les pièces sont remplacées par des disques de carton gris sur lesquels doivent être ajustés les cercles lumineux. Il n’existe alors que de très légères erreurs d’ajustement.

Cette expérience, devenue célèbre met bien en évidence le rôle indicateur mais finalement non déterminant du stimulus dans l’acte perceptif.

Un processus construit : la réponse perceptive n’a donc rien de prédéterminé ou d’automatique qui serait lié à la nature du stimulus que recevrait un organisme conçu comme passif.

La perception apparait tout au contraire comme le résultat, élaboré d’un ensemble d’influences en interaction qui se combinent pour produire un effet.

Un processus construit : le rôle des valeurs

Un complément, à cette étude menée par Bruner et Goodman a été de comparer les résultats des enfants de catégories sociales différentes.

La surestimation des pièces est d’autant plus vraie que les enfants proviennent de catégories sociales défavorisées.

La notion de VALEUR a une influence sur le processus de perception.

Les théories de la perception

Qui est James J Gibson ? Quelle différences entre théories descendantes et ascendantes ?

Les théories cognitives de la perception :

  • Théories ascendantes de la perception On part de l’élément de base qui est le stimulus physique, on va vers les centres supérieurs de traitement de l’information : Traitement dirigé par les DONNEES.
  • Théories descendantes de la perception (ces théories se focalisent sur les processus cognitifs supérieurs, les connaissances déjà existante et les attentes préalable qui influencent la perception : rôle des attentes. Traitement dirigé par les CONCEPTS).

Les approches du traitement ascendant

Théorie de la perception directe (Gibson) = théories des affordances !

Elle décrit la perception comme un traitement immédiat, d’indices à prélever dans le milieu. (Toute l’information nécessaire pour expliquer nos perceptions est présente dans l’environnement, attendant d’être prélevée par l’œil mobile de l’observateur).

3 postulats de base pour la théorie de la perception directe :

  • 1) Les stimuli comprennent suffisamment d’informations pour être perçus et reconnus (IDENTIFICATION)
  • 2) Le sens des objets provient de leurs affordances

Les affordances, selon Gibson, concernent les utilisations possibles des objets, ce que les objets nous permettent de faire. (Quand je regarde une chaise je vais me dire que je peux m’y assoir). La notion d’affordance permet de comprendre comment l’acteur donne du sens à l’environnement et peut directement agir en conséquence. Cela signifie que la spécification des propriétés de l’environnement est perçue en fonction des capacités des actions.

Selon la théorie des affordances, la perception est l’invitation à l’action (Gibson, 1979)

Une affordance permet d’accéder a la relation fonctionnelle entre l’individu et l’environnement et donc de se percevoir dans l’environnement. Une affordance est une information perçue en termes de possibilités d’action.

  • 3) Le processus à la base de la perception et la reconnaissance des objets est un processus de résonance.

L’environnement fournit de nombreuses informations, mais le système nerveux ne traite que celles qui sont en résonance avec certaines caractéristiques préétablies ou attendues.

Le phénomène de résonance explique pourquoi une partie seulement des informations présentes dans le milieu est traitée. Pour expliquer ce qu’est un processus de résonance, Gibson prend l’analogie de la radio.

Si une radio est sur le bon canal, elle va recevoir des ondes sous formes de paroles, de musiques, de chansons… Si elle n’est pas sur le bon canal, elle émet un bruit de fond insensé. En d’autres termes, le récepteur résonne à la fréquence à laquelle émettent ces ondes.

De la même façon, l’environnement fournit de nombreuses informations, mais le système nerveux ne traite que celles qui sont en résonance avec certaines caractéristiques préétablies ou attendues.

D’après la théorie de la perception directe de Gibson, l’ensemble des informations contenues dans nos récepteurs sensoriels, y compris le contexte sensoriel, est tout ce dont nous avons besoin pour percevoir quelque chose.

En d’autres termes, les processus cognitifs supérieurs ne sont pas nécessaires pour servir de médiateurs entre nos expériences sensorielles et nos perceptions. Gibson pense que le monde réel contient suffisamment d’informations contextuelles pour permettre d’opérer des jugements perceptifs. Par conséquent, on n’a pas besoin d’invoquer des processus intelligents supérieurs pour expliquer la perception

La théorie de la perception de directe assume que :

  1. Toute l’information requise pour la perception est présente dans l’environnement
  2. La perception est immédiate et spontanée (Pas besoin de connaissance)
  3. La perception et l’action ne peuvent pas être séparées. Percevoir pour agir.

Perception directe : il n’existe donc pas de processus d’interprétation 

Dire que la perception est directe revient à dire que la détection et le prélèvement de l’information est directement disponible au sein de la structure de la stimulation (Gibson, 1950)

Un des problèmes majeurs rencontré avec les théories ascendantes tient à leur valeur explicative des effets des attentes préalables et du contexte environnemental sur quelques mécanismes de la perception de patterns.

Les approches du traitement descendant : la perception construite

Dans la perception construite, le sujet percevant édifie, construit une compréhension cognitive (perception) d’un stimulus en se fondant sur l’information sensorielle pour la structure, tout en s’appuyant aussi sur d’autres sources d’informations pour construire sa perception.

Ainsi, par exemple, lorsque vous êtes en amphi avec vos collègues de fac, vous reconnaissez vos collègues plus rapidement que dans la rue, car vous vous attendez à les rencontrer.

Cette approche est caractérisée par les postulats suivants :

  1. La perception n’est pas uniquement déterminée par les stimuli
  2. L’item reconnu (dans la reconnaissance de forme) est le fruit d’une interaction entre un stimulus et les hypothèses relatives à ce stimulus.
  3. La perception est influencée par la motivation.
  4. Du fait de l’influence de nos attentes, la reconnaissance peut aboutir à des erreurs ou à des illusions.
  5. Processus inférentiels : formulation d’hypothèses. Si nous formulons des hypothèses fausses, le risque de commettre des erreurs augmente.

L’approche du traitement descendant : approche constructiviste

D’après les constructivistes, la perception consiste à former et tester rapidement plusieurs hypothèses liées aux percepts et qui reposent sur ce que l’on ressent (les données sensorielles), ce que l’on sait (les connaissances stockée en mémoire) et ce qu’on peut inférer (en faisant appel aux processus cognitifs supérieurs).

Perception  Intelligence

L’approche du traitement descendant : les effets de contexte

Exp de Palmer (1975) démontre bien les effets de contexte. Les sujets ont vu la photo d’une cuisine suivie de la présentation de stimuli comme une baguette de pain, une boîte aux lettres et un tambour. Les objets appropriés au contexte, ici la baguette de pain, ont été plus rapidement identifiés en comparaison d’objets inadéquats dans ce contexte.

Contexte environnemental joue un rôle direct sur la perception du stimulus présenté.

Arguments en faveur du constructivisme :

Rôle des connaissances préalables

Expert : à la perception de la trajectoire s’ajoute leur connaissance stockée ce qui leur permet de prédire ce qui va se passer plus vite et de façon plus précise que les novices.

Permet de préparer son coup.

Effets expérimentaux

  • Effets motivationnels, effets de contexte
  • Illusions perceptives
  • Principes d’organisation perceptive

Principes d’organisation perceptive

  • Principe de proximité : on a tendance à organiser, regrouper ensemble tout ce qui est proche dans le champ visuel.
  • Principe de similitude : on a tendance à voir ensemble tout les objets qui ont la même forme, les éléments qui se ressemblent.
  • Principe de continuité : on a tendance à regrouper les éléments qui nécessite le moins de changements de directions dans une ligne droite.
  • Principe de fermeture : on a tendance à remplir les éléments vides (deux arc de cercles vu comme un cercle).

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Gaspard

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