"La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie", Milan Kundera (écrivain franco-tchèque)

 

La mémoire : définition

La mémoire a pour fonction de rappeler et réactiver le passé. Elle permet aussi l’apprentissage par le stockage des connaissances.

Pourquoi les capacités mémorielles diffèrent ? Pensez à noter cette définition !

Exemples :

  • Lorsque l’on discute avec quelqu’un la mémoire intervient car sinon on ne se souviendrait pas de la dernière phrases dite par l’interlocuteur.
  • La mémoire intervient dans le sport car le stockage de connaissance permettent à un expert d’anticiper ou de prédire les coups d’un adversaire en fin de match par exemple et ce grâce aux connaissances qu’il a acquit durant le match.
  • La mémoire permet aussi de retenir les séquences d’exécution du geste, c’est grâce à la mémoire que l’on parvient à s’améliorer techniquement.

Les 3 phases de l’activité mnémonique (mémorisation)

Le cerveau n’est pas une masse de cire vierge sur laquelle se grave des données provenant de l’extérieur.

Mais avant de retenir des informations et laisser une trace permanente, il faut "organiser pour mieux retenir". Il y a deux étapes intermédiaires :

  1. La première concerne de brève conservation dans la mémoire sensorielle (info venant des sens)
  2. La deuxième concerne le traitement de l’information dans la mémoire à court terme.

Si l’information doit être retenue à long terme, c’est la mémoire à court terme qui va préparer les transformations pour quelle soit stockée définitivement.

La phase d’acquisition

Cette phase est simplement réduite à un acte perceptif.

Les données issues de la phase d’acquisition sont conservées dans la mémoire sensorielle.

Cette phase d’acquisition est très importante selon que l’on veuille retenir l’information définitivement ou très brièvement.

La phase de stockage (phase de rétention)

Au cours de cette phase vont être mis en place des processus de transformation ou l’on va transformer des traces labiles (court terme) en traces définitives (long terme).

Cette phase comporte deux modalités :

  1. La première c’est un stockage à cours terme qui consiste à retenir l’information un lapse de temps pour l’oublier par la suite.
  2. La deuxième modalité c’est un stockage à long terme, il permettra de retenir l’information sur un long moment ou définitivement.

Le temps pendant lequel sera mémorisée l’information dépendra de la profondeur de traitement de cette information. La profondeur de traitement de l’information fait appel à d’autres processus cognitifs.

Pour faciliter la phase de stockage il va falloir apprendre à organiser les matériels (informations) à mémoriser car l’information qui a été mémorisée de façon structurée sera plus facilement stockée que l’information mémorisée n’importe comment.

Pour cela on peut faire appel à des stratégies mnémoniques (mnémotechnique), ou à la méthode de l’autorépétition.

La phase de réactivation ou de rappel

Elle consiste à restituer les éléments qui ont été stocké en mémoire en vue de les utiliser. Chacune de ces phases peut être améliorées par l’attention, la motivation et les stratégies mnémoniques.

La pluralité des mécanismes mnésiques

La mémoire est un phénomène complexe car il n’existe pas qu’une seule mémoire, mais plusieurs mémoires.

Comment améliorer ses capacités mémorielles ? Votre mémoire turbine pour vous permettre de stocker tout un tas d'informations !

Elle remplit 3  rôles principaux qui déterminent les trois systèmes de mémoire :

1. La mémoire sensorielle ou mémoire immédiate

La mémoire enregistre et encode les sensations et les conserve quelques fractions de secondes pour pouvoir l’identifier.

Elle conserve les informations (informations sensorielles) fournit par nos sens, elle ne demande aucune attention particulière. En revanche les informations sensorielles (qui passent dans la mémoire sensorielle) n’existent durant qu’une courte durée (100 à 500 ms).

Cette mémoire joue le rôle d’un système tampons (entonnoir) pour l’ensemble du système car toutes les informations stockées ou non passe par celle-ci, elle a donc un rôle de relais.

A la sortie de cette mémoire les informations rejoignent la mémoire à long terme ou sont oubliées.

Dans cette mémoire sensorielle, le souvenir est précaire car la mémorisation va se confondre avec l’analyse qu’en fait le cortex. L’information n’est perçue que par le réseau neuronal de la fonction sensorielle qui la capte.

Dans le réseau la perception de l’information reste éphémère, mais c’est une étape obligatoire pour retenir l’information à court terme.

2. La mémoire à court terme ou mémoire de travail

La mémoire à court terme se définit comme un ensemble de processus qui permet de maintenir active l’information nécessaire aux activités courantes.

Elle traite les informations,  les transforme en représentations mentales, les conserve donc quelques secondes pour pouvoir les utiliser. La mémoire à court terme a une durée de vie qui n’excède pas 30 secondes en théorie (voire 1 minute).

Les informations qui transitent dans cette mémoire proviennent systématiquement de la mémoire sensorielle : ce sont les processus attentionnels qui vont favoriser le transfert. Ces processus attentionnels déterminent la profondeur à laquelle l’information sera retenue.

La capacité de mémoire à court terme est représentée par le nombre d’items ou d’éléments qui peuvent être mis en mémoire pendant un bref instant et qui, une fois utilisés, rappelés et réactivés, seront oubliés.

Miller a définit en 1959 le nombre magique 7 en stipulant que la mémoire pouvait contenir au maximum 7 éléments !

3. La mémoire à long terme

La mémoire à long terme se définit comme un système de stockage a capacité indéfini, voire illimité. L’information y est détenue de façon durable.

Elle remplit le rôle de répertoire de notre expérience en stockant de façon structurée et organisée les informations importantes pendant une durée très longue.

La mémoire à long terme ne contient que des informations qui ont été bien apprises. C’est également cette mémoire qui va contenir les informations et les souvenirs accumulés tout au long de la vie. Cette mémoire est donc utilisée dés lors que la durée de rétention (délai d’utilisation) dépasse la durée de rétention de la mémoire à court terme.

Toutes les informations qui sont stockées dans cette mémoire sont au préalable passées par les deux autres mémoires (court terme et sensorielle).

On distingue dans cette mémoire, 2 types de mémoires :

  1. La mémoire non déclarative : il s’agit en fait d’une mémoire inconsciente ou implicite (qui n’est pas accessible à la conscience et qui n’est pas verbalisable). Elle comprend les habilitées et les habitudes que l’on qualifie de mémoire procédurale.
    Exemples : savoir conduire, savoir pédaler, savoir faire un service... Ce sont des connaissances inconscientes.
  2. La mémoire déclarative : il s’agit d’une mémoire consciente et explicite, elle conserve les informations du type « savoir que … ». Ce sont des informations verbalisables, accessibles à la conscience et facilement modifiables. Il y a deux types de mémoires dans celle-ci :
    A) la mémoire épisodique (c’est la mémoire des évènements particuliers et datés, elle est dépendante du contexte et on ne retient que les évènements qui nous sont propres.)
    B) Et la mémoire sémantique (c’est la mémoire conceptuelle ou mémoire encyclopédique, elle englobe toutes les connaissances acquises sur le monde, ce sont des évènements indépendant du contexte commun à la société dans laquelle on vie).

La mémoire procédurale est une mémoire qui se forme grâce à la répétition (et donc l'apprentissage). L’oubli est quasiment impossible contrairement à la mémoire déclarative ou l’oubli est possible.

Les bases neurologiques de la mémoire

Que sont les synapses ? Votre état neurologique le vendredi soir, après une semaine de travail.

Il n’existe pas un centre cérébral spécifique à la mémoire. La mémoire diffuse dans tout le cerveau (donc plusieurs centres).

L’information va parcourir un circuit neuronal et  graver le circuit grâce à des mécanismes biologiques.

Plus un neurone va être sollicité, plus il va multiplier les points de contact (Synapses) et les renforcer (en augmentant les récepteurs). L'ensemble de ces points de contact symbolise la trace mnésique qui va être distribuée dans plusieurs aires cérébrales en lien avec la fonction sensorielle.

Concept de synapses Hebbienne

Enregistrer une info revient à créer une carte neuronale de cette info (création de connexion entre plusieurs neurones).

A chaque fois que je veux me souvenir de cette information, je réactive ou reconstitue cette carte neuronale. Notez que la répétition de l’info permet de renforcer la carte neuronale (selon l'intensité de la gravure = répétition, attention, affection) !

Les premiers travaux qui ont montré cela sont des travaux menés par Hebb en 1949.

  1. Lobe préfrontal : il sert essentiellement à conserver les informations éphémères (1 minute maximum). Il n’y a pas création de carte neuronale car pas d’attention. Le circuit neuronal sera éphémère et n’aura pas la possibilité de rappeler l’information. Siège de la mémoire temporaire. Il reçoit tous les stimuli sensoriels.
  1. L’hippocampe : il joue le rôle d’imprimante, il fait passer les informations de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme. Il reçoit les informations provenant du lobe préfrontal. Il peut aussi relayer les informations dans les aires cérébrales spécifiques à l’information relayée qui dépendent de la fonction perceptive (visuelle, auditive...). Ce voyage de l’information donne lieu à un circuit neuronal et si un individu répète plusieurs fois l’information, le circuit neuronal sera consolidé, ce qui permet de retenir l’information plus long temps. En revanche, il ne peut pas stocker les souvenirs, ainsi il transmet cela aux autres aires cérébrales.

Les souvenirs sont en fait des groupes de neurones qui vont s’exciter ensemble à chaque activation. Plus il est activé, plus le circuit va devenir indépendant et les connexions entre les cellules, permanentes !

Les grandes pathologies de la mémoire

Qu'est-ce qu'une amnésie ? Autrefois appelée démence, nous savons aujourd'hui ce qui se cache réellement derrière les symptômes de cette maladie.

Les amnésies

L’oubli intervient chez tout le monde.

Le cerveau peut effacer ce qui l’encombre comme certaines informations dues à des causes affectives (mauvais souvenirs).

Mais la plupart des oublis proviennes de pathologies : les amnésies.

  • Amnésie antérograde (amnésie de fixation) : suite à l’accident (lésion cérébrale) qui cause cette amnésie, le patient ne peut plus stocker des informations nouvelles en mémoire en revanche les informations stockées en mémoire avant l’accident restent intacts : risque de perte de la mémoire à court terme (Ce type d’amnésie se rencontre souvent chez les alcooliques).
  • Amnésie rétrograde : suite à un accident, le patient ne parvient pas à se souvenir des informations stockées avant l’accident (perte du langage, perte du savoir d’écrire…). Cependant nous sommes capable de réapprendre, de mémoriser...
  • Amnésie lacunaire : c’est une perte de mémoire sur une période bien précise (perte de mémoire lors d’une crise d’épilepsie, coma).
  • Amnésie globale : c’est un oubli de tous les évènements passés et récents, le stockage d’information est altéré. Incapacité d’apprendre de nouvelles choses

Ces amnésies peuvent survenir suite à un accident ou suite à une maladie.

La maladie d’Alzheimer

Histoire

Cette maladie a été identifiée en 1906 par le docteur Alzheimer, qui l’a découvert suite à l’autopsie d’une femme atteinte de démence (perte des capacités cognitives).

Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes, généralement cette maladie se révèle après 60 ans et s’étale en moyenne sur une dizaine d’années.

Définition

La maladie d’Alzheimer se caractérise cliniquement par :

  • le développement progressif d’une démence ou domine les troubles de la mémoire,
  • l’atteinte du langage
  • et les fonctions intellectuelles qui permettent d’agir, de savoir et de penser.

Symptômes

  • Oublis sur la mémoire à court terme,
  • Désorientation spatiale et temporelle,
  • Difficulté de langage, mémoire, parole, planification,
  • Changement d’humeur et de comportement, possibilité de devenir violent,
  • Perte d’autonomie.

Causes physiologiques

  • Dégénérescence des cellules nerveuses du cerveau (encore mal identifiée)
  • Diminution de l’acétylcholine dans le cerveau : neurotransmetteur. Plaques B-amyloides (..)
  • A terme, réapparition de réflexes archaïques, incontinence.

L’évolution de la maladie d’Alzheimer en 3 phases

  • Phase 1 : Perte graduelle de la mémoire pouvant provoquer de l’anxiété voir une dépression.
  • Phase 2 : La mémoire à court terme se dégrade, perte du sens du temps et de l’orientation. (aphasie : altération du langage avec difficulté à s’exprimer, l’apraxie : perte de coordination des mouvements, agnosie : difficulté à reconnaitre des objets familiers, prosopagnosie : difficultés à reconnaitre des visages connus). A ce stade les patients parviennent à manger et à assurer son hygiène.
  • Phase 3 : Apparition de psychose, d’hallucinations, violence, agressif, exigeant, les patients ne sont plus autonome, l’hospitalisation est donc nécessaire.

Les patients ne meurent pas directement de la maladie d’Alzheimer, mais ils meurent à causes de la dégénérescence cognitives et motrices dues à cette maladie.

La prévention de la maladie d'Alzheimer

  • Intervenir sur les maladies (diabète…)
  • Alimentation saine, diminuer les apports caloriques
  • Entrainement mental (maintenir les connexions neuronales intactes)
  • Médicaments

Les avancées de la recherche sur la maladie d'Alzheimer : (recherches en cours)

  • Médicaments pour augmenter l’acétylcholine et améliorer l’influx nerveux
  • Vaccin pour détruire les plaques de protéines
  • Circulation sanguine
  • Régénérescence des neurones à partir de cellules souches (problème d’éthique)

Sur un IRM le cerveau d’un patient atteint de la maladie apparaît avec des dégénérescences de sa matière grise.

Vous avez aimé l’article ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (4,67/ 5 pour 3 votes)
Loading...

Gaspard

Ancien étudiant de STAPS et passionné de Coaching Sportif. Je mets mes cours de sport à votre disposition. N'hésitez pas à me poser des questions en commentaire !

Vous avez aimé
cette ressource ?

Bravo !

Téléchargez-là au format pdf en ajoutant simplement votre e-mail !

{{ downloadEmailSaved }}

Votre email est invalide