Le sport fait partie de notre société depuis la nuit des temps et inspire de nouveaux adeptes chaque jour. Découvrez les aspects sociologiques qui marquent la pratique sportive dans notre société contemporaine et stimulent toujours notre intérêt au fil des siècles.

Présentation générale

3 champs théoriques

Objet = structure (des rapports sociaux, du savoir et du pouvoir, des relations inter  individuelles) et apparition entre ensembles structurés. Le premier champ théorique prend pour objet ce que l’on appelle la structure de la société.

Structure : ensemble d’éléments et leur relation. Ce que l’on cherche à faire apparaître c’est l’effet de structure. On s’intéresse aux formes les plus stables de l’organisation sociale.

Forme de subjectivité et non pas une activité fondatrice du sujet (M. Foucault). Figuration’ d’individus (N. Elias). Etudes qui s’intéressent aux formes de subjectivité qui s’oppose généralement aux approches qui s’intéressent aux activités fondatrices. On s’intéresse à la structure du savoir, du pouvoir plus qu’à la façon dont certaines personnes vont créer du savoir, du pouvoir. Opposition entre la forme et le contenu. On mesure la forme c’est-à-dire le caractère influençable du sujet par une autorité.

Les modèles déterministes se situent à un niveau d’analyse macroscopique, considérant la réalité sociale comme un champ (espace structuré de position). Le but : accéder à l’objectivité. Les personnes sont déterminées dans leur comportement par des forces objectives cachées (P. Bourdieu).

Théories de la résistance / niveau d’étude méso (entre macroscopique et microscopique). La culture  est pensée dans les rapports et le degré d’opposition que les groupes entretiennent avec la culture dominante (école de Birmingham).

Objet = valeur. Valeurs constitutives de la culture, c’est l’ensemble des significations qui organisent notre compréhension du monde (normes structurant la vie sociale et orientant nos actions). Une valeur, c’est quelque chose qui vaut, c’est une accentuation.

Problème : Quelle est l’origine des valeurs ?

Marx (théoricien matérialiste) : conditions matérielles d’existence qui déterminent les valeurs. Les valeurs ne permettent pas de comprendre la société, c’est la structure qui le permet. La société est structurée en classe pour Marx.

Weber : les croyances sont le produit de raisons perçues comme fortes ou légitimes par les sujets. Ces raisons sont les causes de la croyance (A. Ehremberg). Weber est un théoricien marqué par le courant idéaliste.

  • Théorie de la justification, école des conventions. Comprendre quels sont les principes et les valeurs de référence qui permettent aux acteurs de manifester leur désaccord ou de s’accorder par la voir de la justification. P. Duret s’interroge sur le dopage, le sentiment de justice, d’injustice dans le domaine du sport. Duret s’inspire des théories de la justification.
  • Les idées et les principes politiques fondent l’organisation de la société (Y. Vargas). Idées philosophiques qui se sont installées au 18ème siècle, ce sont des idées qui rendent la logique sportive paisible (idée de libéralisme + démocratie).

Objet = mondes de la vie, processus de création de la société. La société se construit aussi à l’échelle de la vie quotidienne. Chacun à le droit de manœuvrer (processus microscopique) différentes approches déterministes.

La société possède une dimension artificielle objective. Elle est construite grâce à une activité qui possède un sens subjectif. Problème de la sociologie : Comment se fait-il que l’activité humaine produise un monde de choses ? (P. Berger et T. Luckmann).

G. Simmel : saisir la société en train de se faire. Socialisation / dynamique de l’action réciproque. La sociologie étudie les « relations minimales entre les êtres humains, dont la répétition continue fonde et porte toutes ces grandes formations, devenues objectives ». «  La socialisation ne cesse de nouer, de dénouer et de renouer ses liens entre les hommes (…) même lorsqu’elle ne va pas jusqu’à produire de véritables organisations » (Sociologie. 1998).

  • Valeur, engrammer de l’irrationnel, poser aussi le problème des valeurs autrement qu’en terme de vérité (partage, aventure, jeu etc…).
  • A. Schütz (Weber) « que signifie le monde social pour l’acteur tel qu’on observe et qu’à t-il voulu signifier par son action ? »

Objectif : faire un retour vers l’homme oublié des sciences sociales, vers l’acteur dont le faire et le sentir se trouvent au fond de tout système social.

  • Sous monde et approche interactionniste.
  • Sociologie phénoménologique.

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Formes de subjectivités et figuration

Deux thèses ont exercé une influence profonde sur les approches sociologiques et socio historiques du sport, celles de Michel Foucault et Norbert Elias.

Foucault et son influence

Foucault s’intéresse à la vérité non pas dans son rapport aux choses mais dans la façon dont les discours (sur la folie, la prison, la sexualité…) sont constitués et sur la manière dont ils produisent un effet de vérité. Il considère ainsi l’ordre des discours et des rhétoriques, des logiques, des stratégies et des dispositifs.

Il interroge le savoir et les conditions qui le rendent possible, il fait apparaître des configurations et des ruptures dans le temps. Il appréhende des formes de subjectivité et non pas l’activité fondatrice du sujet, non pas l’activité constituante du savoir.

Foucault considère la vérité inscrite dans le jeu des rapports de forces et des effets de pouvoir. La méthode utilisée rompt avec la tradition philosophique. Il ne se réfère pas aux auteurs classiques pour saisir leur conception de la folie ou de la médecine. Mais il dépouille dans les archives les textes d’auteurs obscurs souvent dénués de toute renommée (manuel de médecine, cours de médecine, manuel de police). C’est dans cette perspective théorique et méthodologique que se situe la thèse d’état de Georges Vigarello.

Pour Vigarello, l’éducation physique est « l’ensemble des tactiques pédagogiques appliquées aux pratiques corporelles ». Les pédagogies, les équipements appartiennent à l’ensemble des dispositifs qui contribuent à la mise en œuvre des normes corporelles (notamment la norme de rectitude, « tiens toi droit ») et qui reflète les ruptures dans les modes d’organisations du savoir et dans les rapports de pouvoirs.

La méthode est similaire à celle de Foucault et « le corps redressé » fait notamment l’impasse sur Rousseau qui est un auteur phare dans la psychologie.

Norbert Elias et son influence

Elias s’intéresse comme Foucault à la transformation des sociétés sur une longue durée. Pour lui, l’invention sociale que représente le système (invention qui naît en Angleterre en 1860) est propice à l’euphémisation de la violence selon un processus d’auto contrôle. Cette diminution par auto contrôle est contemporaine de la mise en place du système parlementaire ainsi le processus de civilisation se réalise dans la compétition sportive et politique.

L’émergence des sports et le parlementarisme sont donc liés dans une « figuration » historique donnée. Plusieurs auteurs se sont inspirés de ce modèle figurationnel ou conjoncturel. Les disciples d’Elias (E. Dunning et K. Sheard) en 1979 puis en France Bertrand Duriez qui manifeste cette dépendance dans des jeux du sport.

  • Le modèle des jeux traditionnels, caractérisés dans des sociétés faiblement centralisées où le pouvoir se situe dans la communauté de vie.
  • Les gymnastiques qui sont fondées sur la discipline et la rationalisation. Ce modèle est caractéristique du despotisme éclairés, de pouvoirs centraux forts et des états nations.
  • Le modèle du sport accessible à tous.

Conclusion de ce chapitre concernant Foucault et Elias

On a insisté sur les travaux qui présentent l’éducation physique et le sport comme constitutif d’ensemble de structure de figuration théorique.

Si on retient de cette première partie le souci commun de ces auteurs, de parler d’ensemble structuré, on peut citer la définition sociologique du sport donnée par Pierre Parlebas : « le sport est l’ensemble fini et dénombrable des situations motrices codifiées sous forme de compétition et institutionnalisé ».

Les modèles déterministes

La critique du sport

J.M Brohm : «  Le sport est considéré comme le reflet des aspects les plus négatifs de la société, comme les inégalités, le contrôle social s’exprime dans le sexisme, le racisme ou le militarisme ». Le sport est le reflet mais aussi un écran, une idéologie qui cache ou modifie la vision des rapports sociaux. Ce sport agit comme la religion chez Marx, il atténue les souffrances et engendre de l’illusion. Le sport est l’opium du peuple, idée véhiculée par Brohm.

Les modèles déterministes : nuances, variantes et réserves

L’origine sociale, les conditions sociales de  vie déterminent les jugements, les pratiques (dans les approches de type « monde de la vie » on verra que les pratiques peuvent aussi contribuer à la détermination du goût, du jugement et des perceptions), parmi les différentes catégories de personnes (catégorie définie selon les critères classe sociale, groupe racial et ethnique, sexe…). On valorise la catégorisation en fonction de l’origine sociale.

a) Premier auteur : Lüschen

Il souligne en 1969 la préférence des classes sociales supérieures pour la nouveauté c’est-à-dire les nouvelles expériences, les nouveaux objets et pour la réussite individuelle ces classes pratiquent des sports nouveaux individuels dans des clubs.

b) Yiannakis

« Théorie de la stratification sociale » (1976). Il utilise notamment le coût des sports, la publicité et le contact physique comme facteur de différenciation. Il constate que les personnes d’un statut élevé préférent les sports individuels et coûteux.

c) Travail de Rerson

Il s’intéresse au statut social lié au symbolisme de la pratique. Il indique que les sports que pratiquent certaines classes sociales symbolisent leur statut et leur fonction dans la société : « l’épée ou le pistolet représente pour la classe sociale élevée les « bâtons » marquant le statut ».

d) Bourdieu

Le modèle déterministe le plus influent qui va dominer la sociologie du sport en France à partir de la fin des années 70 est la théorie des champs sociaux et du jeu social de Pierre Bourdieu. Dans cette théorie, il y a deux notions clés : – notion d’habitus : « un ensemble de dispositions stables et durables qui constituent la grammaire du comportement » L’habitus est perçu comme le sens du jeu. Il est le jeu social incorporé, retranscrit dans Choses dites (1987). L’agent social répond à tout instant à ce que demande et exige le jeu.

Notion de champs « question de sociologie ». Ce sont des espaces structurés de positions dont les propriétés dépendent de leur position dans ces espaces et qui peuvent être analysées indépendamment des caractéristiques de leurs occupants (en partie déterminées par elles).

Bourdieu défend l’idée d’un isomorphisme (identité de forme) entre les habitus propres à chaque classe et le rapport au corps induit par un sport. Telle classe = tel sport. Un sport a d’autant plus de chance d’être adopté par les membres d’une classe sociale qu’il ne contredit pas le rapport au corps […] (l’usage bourgeois exclu, par exemple que l’on puisse jeté le corps dans les combats obscur du rugby d’avant).

e) Pociello

Il publie en 1981, Sports et société. Il a marqué la sociologie du sport en France. Plus la distance à l’adversaire augmente, plus l’individu occupe une position élevée dans la structure sociale. Plus il y a une médiation entre le sujet et son environnement et plus la position sociale est altérée.

Il propose un système des sports, ce système se gère par le haut, les choses les plus favorisées innovent pour se distinguer, les autres en aval imitent pour se rapprocher des positions dominantes. Pociello est critiqué dans la méthode de Raymond Thomas qui pour lui « force quelques fois les faits pour les amener à coïncider avec ses idées et avance des données fausses ».

f) JM. Faure

JM. Faure publie les « facteurs » en 1989 fait usage de l’expression du jeu social pour parler du football. Une forme de vie propre aux ouvriers commande la forme du jeu et son appréciation. Le sport n’a pas une structure propre ainsi les footeux ne caressent pas le ballon, ils le poussent et le frappent devant eux. C’est ainsi que le jeu est apprécié. Plusieurs études ont cependant relativisé la portée de ces travaux par des observations réalisées sur plusieurs cultures ou effectuées à des moments différents.

1978 : Le système sportif et social. Le même sport est représenté par des niveaux de statut social qui diffèrent selon les sociétés.

Donnely 1993

Démocratisation revisité. Le processus de démocratisation entraîne des transformations de statut au fil des années. Si l’on a tenté d’apprécier l’importance du déterminisme social en sport, on a aussi étudié la possibilité d’échapper à sa condition sociale pour le sport. C’est la perspective d’Alain Outtman. Il questionne l’idée de faire carrière dans le sport. Le projet apparaît réalisable mais difficile.

« Pour chaque Johnson ou Jordan il y a eu sans exagération des centaines de milliers de noirs ambitieux qui ont perdus leur chance infime d’accéder à une carrière de sportif pro ». Cette affirmation est appuyée par des statistiques, 1,6% engagés dans une compétition universitaire de base-ball et basket et des noirs au foot us avaient une chance de passer pro en 1988. Et la carrière du petit nombre qui y parvient s’étend sur 4 années.

L’approche qualitative

Une étude des carrières de joueurs blancs et noirs de basket : NCAA est menée par Patricia et Peter Adler avec le livre Backboards and blackboards (1995) par observation participante avec le cadre théorique de l’interactionnisme symbolique. Ils décrivent le revers de l’ambition naïve en arrivant sur le campus, ces sportifs ont pour but d’apparaître à la TV, avoir une vie sociale existante et obtenir leur licence. Les études sont hypothéquées par les entraînements et ne peuvent pas vraiment jouir de leur popularité.

Les joueurs souffrent d’un engloutissement dans le rôle : ils trouvent écrasantes les exigences et les récompenses du rôle de sportif et ils ont été engloutis par lui. Ils se sont complètement immergés dans leur rôle de sportif et ont négligé ou abandonné leur identité contenue dans d’autres rôles . Aucun membre de l’équipe n’a intégré la NBA et ceux qui avaient des difficultés dans leurs études n’ont pas eu leur diplôme.

L’observation participante

L’engloutissement dans le rôle et autant posé par les contraintes que les récompenses. Méthode théorisée par Malinowski qui publie en 1992 « Les argonautes du pacific occidental ». C’est une méthode de contact et c’est une réaction à la connaissance livresque.

Elle consiste surtout (…) à se couper de la société des blancs et à rester le plus possible en contact étroit avec les indigènes ce qui ne peut se faire que si on arrive à camper dans leur village. « Par ces relations nationales qui se trouvent ainsi créées, arriver à connaître votre entourage, à vous familiariser avec ces mœurs  et ces croyances, 100 fois mieux que si vous vous en rapportiez à un informateur rétribué ». Il définit alors l’idéal du travail ethnographique : l’idéal premier et fondamental du travail ethnographique de plein air est de donner un plan clair et cohérent de la structure sociale et de dégager du fatras, des faits, les lois et les normes de tous les phénomènes culturels.

L’enquête ethnographique

Elle implique le recours à l’enquête empirique car les faits ne peuvent être découvert par déduction ou par réflexion. Elle est ouverte à ce qui n’est pas codifiable au moment de l’enquête. On distingue les enquêtes in situ et les enquêtes codifiées a priori. Ces dernières sont plus appropriées aux démarches hypothético déductives.

Plus l’enquête est ouverte, plus on agit en ethnographe. Elle est ancrée dans un terrain, c’est-à-dire qu’elle est particularisante et doit donc être distinguée des enquêtes empiriques universalisantes ni formelles.

Les théories de la résistance : les sous cultures sportives

Introduction

Il s’agit de définir ce que l’on entend par sous culture mais aussi de situer ces approches par rapport aux approches de types sous monde ou interactionnistes. On essaie de voir s’il y a relation entre sous culture et société. On va descendre jusqu’au niveau microscopique (exemple, hypothèse des tout petits groupes qui ont la capacité de créer leur culture).

Beaucoup de travaux ont été réalisés aux Etats-Unis dans les années 60 puis par l’école Britannique à partir des années 70 sur ces sous cultures sportives. Donnely P. en 1995 distingue les sous cultures sportives professionnelles, récréatives et déviantes. Il indique que parmi les nombreuses études qui se sont intéressées aux sous cultures récréatives (plus faciles d’accès et donc plus nombreuses) la grande majorité de la recherche est descriptive et souvent superficielle.

Elle saisie très peu la complexité du comportement humain et des interactions. De plus, « le travail théorique s’est surtout intéressé au processus de formation de la sous culture et a eu tendance à considérer les sous cultures spécifiques comme si elles étaient isolées de tout les autres aspects de la société ».

Le problème théorique central apparaît : Quelle est la nature de la relation entre le groupe de pratiquants et la société qui l’englobe entre le groupe sous culturel et la culture dominante ? En discutant les concepts de sous culture et de sous monde, T. Crosset et B. Beal indiquent comment l’école de Birmingham et les ethnographes nord américains ont pensé cette relation. T. Crosset a étudié le monde du golf en le décrivant comme sous culture. Beal est spécialiste de l’approche de sous culture, il étudie le ateate-board.

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Présentation et sous culture

La notion de sous culture qui ne possède pas nécessairement une signification péjorative ou hiérarchique, permet d’appréhender les sous ensembles d’une culture et les rapports qu’entretiennent des groupes particuliers avec la société. Pour reprendre l’expression de Crosset et Beal, le préfixe « sous » renvoie à un niveau intermédiaire de la société situé entre les niveaux microscopique et macroscopique.

Largement appliqués à la jeunesse et aux délinquants, la notion a contribué au développement de nombreuses études sur le sport aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. Concept ambigu, la sous culture a suscité la production de plusieurs articles de synthèse dans le domaine du sport. Cette opposition peut être violente sur le plan physique mais aussi sur le plan symbolique.

Le travail de Crosset et Beal constitue une tentative tout à fait féconde pour clarifier  le contenu de cette notion (il est parfois difficile, disait-il, de faire la distinction entre sous culture, groupe et occupation) notamment en la confrontant à celle de sous monde trop peu utilisée par les ethnographes du sport. La sous culture se différencie de la contre culture par le degré d’opposition ou de séparation des valeurs et des normes de la culture dominante.

Les études culturelles de Birmingham présentées par Crosset et Beal. Ce courant tente de comprendre la manière dont des groupes subordonnées acceptent les idéologies dominantes et surtout s’opposent et résistent à la culture dominante. La question du pouvoir est au centre des préoccupations.

Ainsi, hégémonie et résistance sont les moteurs de la (re)production de la culture. Les auteurs recommandent l’inscription des études ethnographiques sur le sport dans un contexte social et historique ; la remarque d’adresse aux interactionnistes symboliques comme Fine.

Critique sur l’interactionnisme et Fine

Fine utilise les références à l’homosexualité, il va restituer le vocabulaire et les images. Ainsi, analysant la petite ligue de base-ball, Fine parle surtout de l’utilisation des images homosexuelles faites par les adolescents sans aucune connexion avec la question de l’homosexualité en général.

Isolant le sport de la culture de classe, de sexe, nationale ou internationale, les études interactionnistes sont anhistoriques et athéoriques et manque de perspective critique. Respectueux d’une présentation équitable des positions défendues, Crosset et Beal reconnaissent toutefois les mérites au tenant de l’interactionnisme qui mettent en garde contre la tendance à définir ou décrire la sous culture en terme de conflit à l’intérieur d’une culture dominante au détriment des perspectives vécues des participants sous culturels qui jouent pourtant un rôle en politique.

Enfin, rappelant les travaux de Klein sur le body-building de Jung et Gallup en 1989 sur le windsurf et de Beal en 1995 sur les skate boarders, les auteurs soulignent que les membres de ces communautés tirent leur force de la marginalisation par rapport à la culture dominante. On retrouve là le thème fort évoqué par Huizinga à propos des communautés joueuses qui tirent une partie de la force qui les rend solidaires, le sentiment de jouer en marge de l’instituer.

Le concept de monde social

Le concept de monde social qui est à promouvoir en ethnologie du sport prend racine chez les ethnographes de l’école de Chicago. Dans son étude sur les personnes âgées, Unruh en 1983 clarifie la notion. Les mondes sociaux ne se définissent pas à partir de leur relation avec la culture dominante mais d’après la production d’un objet social tel que le sport, l’opéra, les collections de cartes ou les jardins.

Ces mondes sociaux proviennent selon Unruh « des efforts coordonnés pour créer, distribuer et évaluer l’objet social ». Ce concept a été utilisé pour décrire la natation (Chambliss 1989), la course de chevaux (Rosencrance) et le golf professionnel féminin (Crosset).

Les membres d’un monde social sont liés par des perspectives partagées, un langage et des activités qui leur sont propres, des réseaux de communication communs. Les golfeurs par exemple acquièrent la connaissance commune de leur monde par des revues, des vidéos etc, mais aussi par les relations de face à face qui favorise les clubs house et les magasins spécialisés c’est-à-dire des lieux où ils peuvent partager leur connaissance sur ce sport.

L’analyse de sous monde se centre sur le processus culturel spécifique par lequel des gens s’unissent pour créer un objet social. Cela n’exclu pas que des sous mondes soient en même temps des sous cultures s’ils exagèrent ou ignorent les valeurs, les normes et les pratiques spécifiques de la culture dominante au point que la société dominante définie le sous monde comme répulsif, oppositionnel et marginal. Les travaux sur le skateboard véhiculent bien cette position théorique qui valorise l’idée de résistance et d’opposition.

Calogirou et Touché

Ces auteurs mènent une recherche sur la façon dont les groupes de jeunes occupent l’espace public, effectuent un marquage des lieux et opèrent un détournement des objets urbains . Le skateboard s’exerce dans la rue, hors de tout équipement. Il met en scène de façon extrême des interactions de la rue, c’est un support de l’analyse de la culture urbaine. Comme le vélo, le patin à roulettes  ou la course à pied, le skateboard remet en cause les usages plus ou moins venus de la rue.

Cette fonction de contestation n’est pas portée par les bribes d’interview qui en principe devraient représenter la base empirique du travail. Ces extraits caractérisent le skate et le snowboard comme des sports de sensations.

Les auteurs adhèrent aux thèses de Loret : « la glisse est un mode de vie fondé sur la marginalité, la rébellion, la primauté des sensations, la recherche de l’extrême, le déguisement ».

La relation d’opposition peut avoir 3 sources :

  • elle peut être générée par les pratiquants de la sous culture.
  • elle peut venir d’un représentant de la culture dominante.
  • elle peut venir d’une source sociologique ou ethnologique.

Une personne peut avoir un comportement déviant sans avoir l’intention de faire quelque chose de déviant.

Beal

Le travail sur le skateboard est le mieux théorisé à partir de la notion de sous culture, appuyée sur le concept d’hégémonie, emprunté à Gramsci. Beal voit dans la pratique du skateboard une définition à l’ordre institué. Par hégémonie, Gramsci entend le recours à la contrainte et l’adhésion à un projet. Beal  prend soin de distinguer le skate de compétition  de celui qu’elle considère comme partie intégrante de la culture populaire.

Tandis que la culture dominante valorise la compétition, les récompense extrinsèques, l’élitisme fondé sur la technique et la spécialisation, le skate entendu comme une forme de culture populaire représente un défi à l’hégémonie. La non participation des skateurs à  des concours organisés est vue comme la preuve d’une résistance explicite et quotidienne aux valeurs et aux normes de la société capitaliste.

Pegard

L’auteur étudie une activité physique produite sous forme jouée (par opposition aux formes institutionnelles) dans un espace urbain non aménagé pour elle, la place Voquelin (Montréal). Le skate est un jeu qui se dit en marge de contrôle de l’autorité publique « perturbant l’ordre public, ce jeu est considéré avec un regard négatif » mais traduit-il vraiment « une relation d’opposition secrètement désirée vis-à-vis de l’aménagement urbain ? ». Non.

En fait le skate est d’abord un jeu de défi, un jeu de simulacre et un jeu de vertige (Caillois). La place Vauquelin est le réceptacle de deux formes culturelles antagonistes. Le but du travail de Pégard est d’aller vers une compréhension autre de l’adolescent. Le jeu, l’investissement ludique est une manière de contrer le monde.

A l’égard des piétons, les skateurs n’endossent pas qu’un rôle d’opposition, les formes de provocation alternent avec celles de séduction : le désir de plaire est d’étonner, pousser à tenter des prouesses. Pegard relève le côté novateur de ces pratiques adolescentes et il cite G. Balandier, « d’abord révélateur d’une société qui se défait, les jeunes deviennent les artisans de plus en plus organisés d’une société qui cherche à naître ».

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Le sport, vecteur d’une culture de l’héroïsme : A. Ehrenberg

Le sport est le vecteur principal d’une culture de l’héroïsme. Le sport est le bassin d’attraction de cette culture, il lui fournit sa forme idéale. Ehrenberg interroge la passion agonistique, le culte de la performance, l’esprit de conquête qui ont explosés en France dans les années 80 et qui représentent l’angle d’attaque pour interpréter le moment démocratique actuel car il révèle la diffusion d’une nouvelle figure de l’égalité. Aujourd’hui on est dans une France d’entrepreneurs, de sportifs, d’aventuriers, de créatifs et de créateurs. C’est une société où n’importe qui doit faire la preuve qu’il est capable de se produire lui-même.

En quoi performance et égalité sont liées ?

Une culture de la performance ne peut exister que dans la comparaison, elle ne fonctionne que dans des rapports de compétition, de concurrence ou d’affrontement or on ne peut se comparer qu’entre égaux. Le développement d’une culture généralisée de l’affrontement est un des indicateurs de l’état social égalitaire d’aujourd’hui.

L’auteur reste une figure de référence, un tableau (culture de l’héroïsme). Cette construction est un idéal-type. La base empirique qu’il utilise est fait de citations d’essais, d’extraits d’articles de presse (Libération, Le Monde des Affaires, L’Expansion, Challenge) dont la fonction est de rendre vivant le tableau qu’il réalise et non pas de constituer un corpus auquel est confronté son hypothèse.

Qu’est ce que l’idéal type ?

Pour comprendre la perspective dans laquelle s’inscrit l’idéal type de Weber, il faut d’abord rappeler la différence qu’il établi entre sciences empiriques de l’action (la sociologie et l’histoire) et les sciences dogmatiques (le développement ou l’éthique) qui « cherchent à explorer le sens juste et valable de leur objet ». Weber adhère aux sciences empiriques de l’action et son travail doit être compris à partir de cette orientation.

Weber prend une position nuancée dans un débat qui oppose alors les tenants de la tradition historienne (c’est-à-dire le courant selon lequel l’historien doit s’en tenir à l’analyse empirique du donné sans anticiper le sens du devenir de l’humanité) à ceux qui s’efforcent de séparer l’économie de l’histoire pour établir les lois régissant les aspects économiques des phénomènes sociaux.

Weber reconnaît aux économistes légalistes d’avoir séparé la connaissance nomologique (connaissance des lois) et la connaissance de la réalité concrète, il leur reproche néanmoins d’avoir assimilé la recherche et la formulation des lois abstraites au but premier du savoir (ce qui mène à l’illusion qu’une déduction de la réalité à partir des lois est possible). Weber voit dans l’économie abstraite une variante de la conception déductiviste qui hante les formes du savoir de l’époque. Il retient toutefois l’intérêt de la formalisation conceptuelle qu’elle fait valoir.

La théorie de l’idéal type qu’il élabore précise la place des constructions abstraites dans la constitution du savoir scientifique. Néanmoins il s’érige contre l’hégémonie du modèle de la science proposé par les savoirs modernes de la nature, modèle selon lequel il n’y a de connaissances rigoureuses qui dépouillées de toute valorisation. L’idée centrale de la théorie de l’idéal type et de la méthodologie Wébérienne se résume dans le souci de penser clairement dans le cadre d’une science contrainte à l’empirisme.

A propos de la théorie économique, Weber dit qu’elle nous offre des synthèses qu’on nomme généralement idées de phénomènes historiques. La théorie économique présente un tableau idéal des évènements qui se produisent dans une société organisée selon le principe d’échange et d’une activité strictement rationnelle. Ce tableau de pensée représente des évènements de la vie historique sous forme d’une énergie non contradictoire de relations pensées. Cette construction a le caractère d’une utopie que l’on obtient en accumulant par la pensée des éléments déterminés de la réalité.

On construit ainsi un idéal type à partir duquel on va se représenter la réalité. On obtient un idéal type en accentuant un ou plusieurs points de vue et en enchaînant une multitude de phénomènes donnés isolement diffus et discrets qu’on ordonne pour former un tableau de pensées homogènes. On ne trouve nulle part un pareil tableau dans sa pureté conceptuelle : il est donc une utopie. Le travail historique aura pour tâche de déterminer dans chaque cas particulier combien la réalité se rapproche ou s’écarte de ce tableau idéal.

Théorie de la justification : le sport et ses affaires. Duret et Trabal.

Rares sont les phénomènes sociaux où les questions de justice, de mérite et d’égalité occupent une place aussi centrale que dans le sport. D’une part les épreuves sportives permettent d’instaurer une hiérarchie entre compétiteurs sur la base d’une égalité des chances qui est postulée au départ. D’autre part, une fois qu’elle est établie, cette hiérarchie n’est pas immuable.

Par principe, le sport offre au perdant le droit de tenter un nouvel essai ou d’obtenir une revanche. D’où le fait, comme l’a montré Eirenberg, que le sport puisse faire figure de mythe égalitaire par excellence : c’est le domaine où les chances sont réputées à la fois égales et renouvelées. Il permet ainsi de mettre en scène les valeurs d’égalitarisme et de méritocratie sur lesquels repose officiellement la compétition pour le pouvoir de notre société.

Dans leur ouvrage, les auteurs se centrent d’abord sur ce qui pourrait remettre en cause ce mythe : les tricheries, le manque d’équité, les magouilles et autres arrangements délictueux. Il s’agit pour les auteurs de mettre à jour la dynamique sociale qui mène à la dénonciation de ces tricheries et injustices et les effets que peuvent avoir de telles accusations sur les institutions sportives et la sauvegarde du mythe dans l’esprit du public.

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Deux formes de transgression : le scandale et l’affaire

Le scandale est marqué par le consensus, une dénonciation univoque, un jugement bref et une sanction claire qui traduisent l’ordre normatif en vigueur (ex : Ben Jonhson convaincu de dopage en 88 est sanctionné).

L’affaire provoque l’entrée en lice de plusieurs opinions contradictoires. Dans les cas qu’examinent les auteurs, l’affrontement oppose les fédérations non seulement à certains sportifs accusés ou qui demandent réparation mais encore aux ordre médiatiques, juridiques et scientifiques extérieurs à l’espace sportif.

Le débat déborde alors rapidement le cadre du sport institué. Mis en scène par l’institution sportive, le scandale a pour effet de la renforcer, les affaires au contraire l’affaiblissent car elles l’a déborde. Aujourd’hui, la tension grandie entre scandale et affaire.

Dans la dynamique qui relie le simple litige au scandale, la stratégie des différents acteurs est une donnée centrale. En matière de dopage, les auteurs font ressortir 4 stratégies de réhabilitation utilisées par les sportifs dans ce type de situation :

  • Le détournement consiste à faire porter sur un tiers la responsabilité du geste
  • La banalisation qui pose l’utilisation de produits dopants comme la condition sine qua none de la course aux médailles
  • Le retournement fondé sur l’image du sportif qui se sacrifie à une cause sublime
  • La conversion où le sujet, après une action malheureuse, accède à un état de conscience qui le rend meilleur.

Ce tableau des affaires et de leurs dynamiques est complété par la prise en compte des changements structurels intervenus ces dernières années dans le sport de haut niveau. Ces changements sont le sport spectacle, la professionnalisation et la marchandisation. Les sportifs sont désormais directement associés aux bénéfices des entreprises. Leur mobilité prend en compte le niveau de rémunération et les fiscalités des différents pays. Ce qu’ils ont de plus cher à vendre (nom + image) fait parfois même l’objet d’une cotation.

Pour prendre en compte ce nouveau rapport de force, Duret et Trabal se démarquent de la sociologie critique de Brohm qui décrit un monde en noir, et des défenseurs inconditionnels du sport et de son spectacle avec en l’occurrence Eirenberg et Bromberger qui décrivent eux un monde trop rose. La méthode qui sert de base à Duret et Trabal est l’analyse de contenu.

L’analyse de contenu va impliquer un choix des documents, des hypothèses et l’élaboration d’indicateurs d’analyse. En ce qui concerne le choix des documents, on procède à la constitution d’un corpus. Le corpus est l’ensemble des documents pris en compte pour être soumis à l’analyse.

Plusieurs règles président à sa constitution :

  • la règle de l’exhaustivité : une fois défini le champ corpus, il faut prendre en compte tous les éléments de celui-ci
  • la règle de représentativité : lorsque le matériel s’y prête, on peut effectuer l’analyse sur l’échantillon, c’est-à-dire sur un partie représentative de l’ensemble de départ.
  • La règle d’homogénéité : les documents retenus doivent être obtenus par des techniques identiques.
  • La règle de pertinence : les documents retenus doivent être adéquat comme source d’information.

L’hypothèse est l’affirmation provisoire que l’on se propose de vérifier.  En ce qui concerne les indices et les indicateurs, la fréquence d’apparition d’un mot ou d’un photo (indice) peut être l’indicateur d’un phénomène ou d’un processus.

Le codage 

  • Il faut déterminer les unités d’enregistrement : c’est l’unité de significations à coder. Elle correspond au segment de contenu à considérer comme unité de base en vue de la catégorisation et du comptage fréquentiel. Il y a plusieurs possibilités de découpages : thème, phrase, mot, photo, évènement…
  • Il faut respecter les règles d’énumération : il faut distinguer l’unité d’enregistrement  (ce que l’on compte) et la règle d’enregistrement (manière de compter). Ainsi on peut enregistrer la présence ou l’absence d’un thème ou d’un objet, la fréquence ou la fréquence pondérée.

Le sport inculque des idées

Vargas

Le sport grave dans nos esprits deux idées fondamentales de notre mentalité : l’idée de progrès et celle de démocratie électorale.

Quand Vargas parle de sport, il désigne : – un spectacle, – qui consiste en un combat, – dont les acteurs (sportifs) sont des professionnels, – ce combat se conclu sur la désignation d’un vainqueur aléatoire entre des possibles déterminés. Ceci veut dire qu’il existe au départ une part du hasard, d’incertitude dans la détermination du résultat. La victoire est formulée par supériorité quantitative et elle est acquise par des capacités musculaires actives réalisées au moment du spectacle. Le spectacle est strictement codifié par des règles.

Si les sports n’existaient pas, je me demande combien il faudrait d’heures d’instruction civique dans les écoles pour nous convaincre de leur validité.

L’efficacité du procédé d’inculquer des idées est rendue par hypotypose ; c’est une figure vivante et animée qui représente une valeur, une idée. La culture est une hypotypose sociale.

  • Le progrès : le sport pour Vargas installe l’évidence du progrès. Le sport avec ses records qui attendent d’être dépassés et le règne du progrès sans ombre = plus vite, plus haut, plus loin. Le sport est une épure conceptuelle. Le progrès apparaît comme une évidence avec le sport.
  • La démocratie électorale : Aujourd’hui l’urne donne le pouvoir légitime. Le pouvoir est donné par le scrutin comme le spectacle qu’il rencontre, les buts marqués dans les règles, les matchs revanche, les saisons, les mi-temps déterminent les vainqueurs.

Comment le sportif exprime-t-il des idées ? Les sports comme les arts martiaux sont vantés pour leurs valeurs

Conclusion

Le sport pour Vargas a en charge les grandes idées de la société moderne, à cet effet il ne peut qu’être irréprochable, il ne peut être une épure qu’en étant pur, d’où l’anathème jeté sur le dopage. La description des faux progrès obtenue par dopage permet de faire valoir les vrais progrès obtenus par l’entraînement.

Un monde de signes

Un mythe des contemporains : le catch.

Qu’est ce qu’un mythe ? Pour Barthes, c’est un système de communication, un message.

Le catch n’est pas un sport mais un spectacle qui délivre donc un message. Le catch mime le concept moral de justice. C’est un spectacle excessif où la fonction du catcheur n’est pas de gagner mais d’accomplir exactement les gestes qu’on attend de lui, il rempli une fonction d’emphase, d’exagération. Le catch livre au public le grand spectacle de la Douleur, de la Défaite, de la Justice. L’idée de paiement est essentielle : « fait le souffrir » signifie d’abord « fait le payer ».

Les mondes de la vie et de la société en train de naître

On peut distinguer les modèles positivistes qui visent à faire émerger les lois qui régissent les comportements et les modèles interprétatifs. Erikson classe dans la catégorie des recherches interprétatives l’observation participante, l’ethnographie, les études de cas, l’interactionnisme symbolique, les approches phénoménologiques ou qualitatives. Cela revient à dire qu’il est utile de distinguer les démarches explicatives qui tentent de cerner la ou les causes qui produisent un phénomène et les approches soucieuses de comprendre, c’est-à-dire de saisir le sens.

Problématique

Peut-on expliquer les phénomènes par un ou plusieurs causes ? Les modèles multi variés permettent-ils de déterminer des causes ou présentent-ils seulement des facteurs de vulnérabilité ? Comment rendre compte du processus qui fait qu’un individu ou une institution passe d’un état à un autre ?

Expliquer = modèle multi varié ou séquentiel ? Selon Becker, deux manières d’appréhender les phénomènes sociaux coexistent dans les sciences sociales : la conception explicative et la conception actionniste.

La conception explicative définit la déviance comme la transgression d’une norme acceptée d’un commun accord, elle entreprend ensuite de caractériser ceux qui transgressent les normes et recherche dans la personnalité et dans les conditions de vie de ceux-ci les facteurs susceptibles de rendre compte de leur transgression.

Becker

Selon Becker, cette manière de penser et de faire « présuppose que ceux qui ont transgressé une norme constituent une catégorie homogène parce qu’ils ont commis le même acte déviant ». L’homogénéité est donnée par exclusion.

Pour Becker, il faut s’intéresser « moins aux caractéristiques personnelles et sociales des déviants qu’au processus au terme duquel ils sont considérés comme étrangers au groupe et à leur réaction à ce jugement ». Il résume le problème en le simplifiant : « ce ne sont pas les motivations déviantes qui conduisent aux comportements déviant mais à l’inverse, c’est le comportement déviant qui produit au fil du temps de la motivation déviante.»

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Sophie

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