Le Japon vient de subir un  séisme  de magnitude 9, situé dans les 5 plus gros séismes du siècle.

Les événements à t=0

  • Profondeur 32 km
  • A 05:46:23 UTC (6h46 heure française)
  • Epicentre à :
    • 130 km E of Sendai, Honshu, Japan
    • 178 km E of Yamagata, Honshu, Japan
    • 178 km ENE of Fukushima, Honshu, Japan
    • 373 km NE of TOKYO, Japan

Les secousses

Un séisme terrible de magnitude 9 vient de se produire au large du Japon à 130 km de SendaÎ et 373km de Tokyo. Il a été suivi d'innombrables répliques dont une réplique de magnitude 7.4.

La secousse principale a duré environ 2 min.

Une alerte au Tsunami a été lancée dans tout le Pacifique et ses côtes.

Ce tsunami a déjà touché la ville la plus proche de Sendaï provoquant des dégâts considérables.

Si les dégâts directs aux bâtiments par les ondes sismiques  semblent relativement réduits du fait des normes sismiques drastiques au Japon, des incendies se sont déclarés en de nombreux endroits, nottament dans la centrale nucléaire de MIYAGI et dans le complexe péttrochimique de Shiogama près de Sendaï. Et donc c'est surtout le tsunami qui a ravagé plusieurs villes côtières.

Et donc c'est surtout le tsunami qui a ravagé plusieurs villes côtières et la centrale nucléaire de FUKUSHIMA située en bord de mer.

Reprenons l'ordre chronologique avec le 11 mars le ravage opéré par le tsunami sur des bâtiments fragilisés par le séisme magnitude 8.9 quelques minutes auparavant : ils sont remarquablement visibles sur cette photo.....

S'en est suivi le lendemain samedi 12 mars à 15 heures 36 heure japonaise une explosion très impressionnate du bâtiment abritant le réacteur n°1 puis une deuxième explosion, certes fois-ci sur le réacteur n°3, le lundi 14 mars à 11h01 japonaise

Voilà ce que l'on pouvait voir par avion du site sinistré après cette seconde explosion :

Lundi 14 mars  vers 12h heure locale......deux nouvelles explosions. Désormais, deux réacteurs les 1 et 3 n'ont plus de confinement externe et l'on espère que la coque entourant les réacteurs ont résisté aux explosions.
Le réacteur n°2 est en surchauffe car les barres de combustible sont en partie sorties....Les experts français considèraient lundi soir que l'accident devrait en ce moment être classé en catégorie 5...

Mardi 15 mars , un nouvel incendie se déclarait près du réacteur n°4 éteint par des pompiers américains et l'enceinte du réacteur n°2 avait à son tour explosé. L'enceinte de confinement semblerait cette fois-ci endommagée ainsi que la piscine du réacteur n°4 abritant des barres de combustible qui seraient en partie à l'air libre.

Les autorités japonaises annoncaient des fuites radioactives dangereuses pour la santé et une radioactivité de 400 mSv/h autour du réacteur N°3.

La détection de particules radioactives dans la banlieue de Tokyo est égelement annoncée ce jour . Certaines ONG renoncent à envoyer des volontaires. On observe un exode massif des habitants de Tokyo vers le sud du pays.

Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité

Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi : les intervenants mettent leur santé en péril

Samedi 12 mars, suite à l’explosion du réacteur n°1, les débits de dose à proximité immédiate de la centrale avait atteint 1,5 mSv/h soit plus de 10 000 fois le niveau normal. Cette valeur était déjà très préoccupante : en 40 minutes de présence une personne reçoit du seul fait de l’irradiation externe une dose égale à la limite maximum admissible sur un an, soit 1 mSv/an.

Rappelons que les limites de dose (doses dites efficaces ou au corps entier) sont de 1 mSv/an pour les personnes du public et de 20 mSv/an pour les travailleurs les plus exposés. Elles ne correspondent pas à des niveaux de non risque mais de risques maximum admissibles. Par exemple pour 100 000 personnes exposées à 1 mSv, on s’attend à 5 décès par cancers radio-induits.

Après l’explosion du bâtiment qui abrite le réacteur n°2, explosion qui aurait enrainé une perte de confinement , les autorités japonaises ont publié des niveaux d’exposition externe excessivement élevés :

  • Réacteur n°3 : 400 mSv/h (milliSieverts par heure)
  • Réacteur n°4 : 100 mSv/h
  • Réacteur n°2 et 3 : 30 mSv/h

Avec des valeurs aussi élevées (1 million de fois et plus le bruit de fond naturel) on n’est plus dans le domaine des faibles ou très faibles doses de rayonnements, avec des pathologies ne se manifestant qu’après un temps de latence (plusieurs années à plusieurs décennies pour les cancers par exemple) mais dans le domaine des fortes doses d’irradiation.

Les fortes doses de rayonnements provoquent une destruction massive des cellules, destruction qui peut altérer le fonctionnement de certains organes. Dans ce cas, les effets se produisent rapidement (selon le niveau de dose en quelques heures, jours, semaines ou mois) et chez toutes les personnes exposées au seuil correspondant (avec des sensibilités individuelles). Les effets varient selon les organes et sont d’autant plus graves que les doses sont élevées.

En quelques heures d’exposition, les doses au corps entier peuvent en effet atteindre plusieurs Sieverts : atteintes graves aux cellules les plus radiosensibles : cellules de la moelle osseuse, de la muqueuse intestinale, cellules basales de la peau…

Par exemple, le syndrome médullaire est provoqué par la destruction des cellules souches qui assurent le remplacement des globules et des plaquettes du sang. Plus la dose est importante, plus le nombre de cellules détruites est important, plus les effets sont graves. L’irradiation provoque ainsi la baisse du nombre de lymphocytes, de neutrophiles et des plaquettes, provoquant des risques de décès par infection et hémorragie (d’où les traitements par greffe de moelle osseuse).

Le syndrome gastro-intestinal est consécutif à la destruction des cellules souches situées dans les cryptes intestinales et qui assurent le renouvellement de la muqueuse intestinale ce qui provoque une perte de la fonction digestive. Evidemment les risques d’effets différés, et notamment de cancer, ne disparaissent pas aux fortes doses, mais se rajoutent aux effets déterministes. Le syndrome nerveux est caractérisé par la désorientation, la prostration, les convulsions.

On ne sait rien de la façon dont le travail est organisé sur le site (rotation des équipes pour limiter le temps de présence et donc les niveaux d’exposition ?). Quoi qu’il en soit les employés et les équipes de secours mettent assurément leur santé en jeu pour éviter le basculement vers une situation catastrophique.

L’Agence Internationale de (promotion) l’Energie Atomique (AIEA) a aussitôt émis un communiqué pour préciser que la valeur de 400 mSv/h était certes une valeur élevée mais qu’il s’agissait d’une « local value at a single location and at a certain point in time ».

L’information n’est pas documentée (pas d’heure, ni de durée) et il importe de préciser que des valeurs de 100 mSv/h et 30 mSv/h sont elles aussi des valeurs élevées, voire même excessivement élevées. Par ailleurs, rien ne permet de conclure que la valeur de 400 mSv/an était la plus élevée du site (3 résultats seulement ont été publiés et il faut les mettre en rapport avec la superficie du site).

L’AIEA indique qu’à 1h du matin (heure française) le débit de dose mesuré à l’entrée de la porte principale était de 11,9 mSv/h et, 6 heures plus tard, de 0,6 mSv/h (soit bien plus de 1 000 fois le niveau normal). Rappelons qu’heure après heure les doses se cumulent et que plusieurs jours se sont déjà écoulés depuis le déclenchement des situations d’urgence.

Rejets radioactifs et contamination de l’air

toujours pas de données

De plus, les chiffres ne tiennent compte que de la dose reçue par exposition externe, c'est-à-dire du fait des rayonnements ionisants émis par les atomes radioactifs qui se désintègrent et qui sont situés à distance de l’organisme (un peu comme une personne peut être exposée aux UV émis par le soleil). Il faut ajouter à cette exposition, les doses de rayonnement reçues du fait de la contamination interne et notamment de l’inhalation de gaz, halogènes et aérosols radioactifs en suspension dans l’air. Ceci est vrai pour le secteur de la centrale comme pour toutes les régions du japon où des élévations des débits de dose ont été constatées.

Pour cela, comme la CRIIRAD l’indiquait dans ses précédents communiqués, il est indispensable de connaître les niveaux de contamination de l’air : les activités volumiques, en Bq/m3 (becquerels par mètre cube d’air) pour chacun des radionucléides présents, en tout cas pour les plus significatifs sur le plan sanitaire. Il est indispensable de connaître l’activité des produits de fission comme l’iode 131, le césium 137, les isotopes du krypton et du xénon … et des transuraniens (isotopes du plutonium, de l’américium…).

Le 2ème paramètre clef pour l’évaluation des risques encourus par la population concerne l’intensité des dépôts au sol qui détermine en grande partie le niveau de contamination de la chaîne alimentaire.

Rappelons qu’à ce jour, on ignore tout de la quantité de radioactivité rejetée dans l’environnement. Les déclarations officielles parlent volontiers de rejets « contrôlés ». Cette présentation est plus que discutable. Il s’agit en fait de rejets radioactifs associés aux opérations de dépressurisation, opérations dictées par la nécessité (entre 2 maux, il faut choisir le moindre) et qui ne permettent absolument pas de contrôler la radioactivité émise. A cela s’ajoutent les rejets associés aux incendies, ruptures de tuyauterie ou autres incidents qui sont eux totalement hors contrôle.

Quels sont les niveaux d’exposition à 100 ou 200 km de la centrale de Fukushima ?

Les mesures qui suivent sont des mesures du débit de dose, exprimées µSv/h (microSieverts par heure) ou µGy/h (microgray par heure) Elles renseignent sur le niveau d’exposition externe. Les résultats sont à comparer au niveau normal (ou bruit de fond naturel, ou niveau de rayonnement ambiant) qui est inférieur à 0,1 µSv/h (de l’ordre de 0,03 à 0,06 µSv/h sur les zones que nous avons examinées.

La centrale d’ONAGAWA est située à environ 120 km au Nord-Nord-Est de FUKUSHIMA DAIICHI. Les résultats sont donnés par 6 balises implantées sur le site, tout autour des installations.

L’augmentation des débits de dose semble avoir commencé le 12 mars autour de 19h (heure locale - HL, soit 11h heure française - HF) : 0,2 µSv/h à 21h ; 0,4 µSv/h à 22h.

Aux alentours de minuit, les débits de dose augmentent très fortement (facteur 100), dépassant 10 µSv/h avec un maximum de 21 µSv/h le 13 mars vers 2h du matin (soit 500 fois le niveau normal). Depuis lors les niveaux diminuent assez régulièrement (léger pic à 8,3 µSv/h vers 10h le 13 mars) mais lentement.

Ce mardi 15 mars à 16h HL (8h HF), les résultats sont compris entre 1,1 et 5,4 µSv/h.
Ces valeurs restent près de 100 fois supérieures à la normale et attestent de la présence persistante de masses d’air contaminées et/ou du rayonnement émis par les particules radioactives qui se sont déposées au sol.

Les conditions météorologiques devraient devenir favorables d’ici quelques heures (et pour probablement 24h), avec des vents soufflant du nord-ouest (et repoussant les masses d’air contaminées en provenance de FUKUSHIMA DAIICHI vers le sud-est). Ces vents de secteur nord-ouest pourraient se maintenir au moins 24 heures.

L’agglomération de Tokyo est située à 230 km au Sud-Sud/Ouest de Fukushima Daiichi.

Le lundi 14 mars, les résultats disponibles indiquaient des niveaux de rayonnements normaux, fluctuant autour de 0,05 µSv/h.

La municipalité de Tokyo a annoncé que le débit de dose avait atteint 0,81 µSv/h entre 10h et 11h (HL), soit une multiplication par 16 du bruit de fond, avant de redescendre à 0,075 µSv/h. Ces valeurs traduisent l'arrivée, puis le reflux – provisoire ? – de masses d'air contaminé sur la région.

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