Observations générales

L’admissibilité repose, pour la deuxième année, sur l’étude d’un dossier de Reconnaissance des Acquis de
l’Expérience Professionnelle. Les épreuves orales se déroulent en avril, conformément au calendrier de la
plupart des concours internes. Ainsi, il s’agit à travers ce dossier puis d’un oral professionnel d’évaluer les
compétences attendues d’un futur enseignant de SVT qui, en cas de succès, sera nommé dès la rentrée
suivante en qualité de stagiaire.
La qualité des prestations des candidats reçus atteste du sérieux de leur préparation. Qu’ils en soient ici
félicités. Le jury regrette cependant que les qualités repérées et valorisées, ne soient pas plus fréquentes
chez les candidats qui pour beaucoup, rappelons-le, sont des personnels en fonction.
On peut rappeler quelques grands critères qui permettent au jury de discriminer les derniers reçus des
premiers recalés.
1 – Réactiver, actualiser ou acquérir des connaissances scientifiques solides en sciences de la vie et
de la Terre.
On ne peut enseigner convenablement qu’en s’appuyant sur une maîtrise correcte des contenus
disciplinaires. Rappelons que le grade de professeur certifié, et l’accès à son échelle de rémunération dans
l’enseignement privé, offrent la possibilité d’enseigner à tous niveaux du collège et du lycée. Le moins qu’on
puisse exiger est donc la maîtrise des notions essentielles des programmes de SVT de l’enseignement
secondaire dans son ensemble. Les résultats du concours, lors de l’épreuve orale qui constitue le seul
moment de validation de la maîtrise de ces grands concepts, révèlent malheureusement des bases
scientifiques trop souvent déficientes. Il est fortement conseillé aux candidats, d’une part, de profiter de
chaque situation d’enseignement pour travailler avec rigueur et veiller à l’exactitude des
connaissances, d’autre part, d’actualiser et compléter les apports de leur bagage universitaire en
développant des visions systémiques et le sens de l’essentiel.
2 - Identifier les lignes directrices des sujets traités.
Les présentations écrites comme orales doivent être organisées et structurées. On attend d’un professeur
qu’avant de se présenter devant sa classe et de s’y adapter, il ait une vision stratégique de la leçon qu’il
aborde, du chapitre qu’il traite, du programme de l’année. Il est donc recommandé de lire les programmes
en insistant plus particulièrement sur leurs objectifs, leurs intentions générales et les idées fédératrices. Il est
rappelé que le règlement du concours stipule que le candidat doit « maîtriser les objectifs et dominer les
contenus des programmes en vigueur ».
Dans le dossier comme lors d’une présentation orale, le programme semble le plus souvent se résumer en
une suite juxtaposée de « notions » à construire et « d’activités envisageables », la séquence se réduisant
alors à la mise en oeuvre mécanique, sans aucun recul, d’une succession de gestes rituels. Ce serait bien
sûr une erreur de se limiter à cette vision.
Les programmes sont fournis aux candidats ; on ne leur demande pas d’en apprendre chaque ligne par
coeur. Mais la connaissance des fils directeurs ou des grandes parties est indispensable pour poser
correctement les problématiques et définir les contenus. Pour se préparer au concours, il est nécessaire
de s’attacher à développer un regard plus global sur les grands concepts et d’en tirer une perception
plus exacte de la spécificité de chaque niveau, de la progressivité des acquisitions. Est-il utile de
souligner que ces grandes lignes directrices correspondent à des orientations scientifiques majeures ? Cette
connaissance de grands courants de pensée fait partie de l’enseignement scientifique et contribue au
décodage de nombreux problèmes de société.
3 – Exploiter les faits avec rigueur et honnêteté intellectuelle.
Un enseignement scientifique se base sur l’exploitation des faits. C’est dire l’importance qu’il faut accorder
aux supports qui le sous-tendent. Connaître les conditions et les techniques d’obtention des résultats fournis
sous forme de tableaux, courbes, photographies, diagrammes etc.., dans leur principe du moins, constitue
une nécessité première si l’on veut construire une analyse rigoureuse. Manipuler, présenter et traiter les
résultats, critiquer, tout cela contribue à la mise en place d’une culture scientifique dont les candidats doivent
savoir faire preuve. S’entraîner à une exploitation scientifique rigoureuse des faits biologiques et
géologiques, prendre en compte les résultats même s’ils sont inattendus, accepter la complexité des
situations, les incertitudes… les sciences biologiques et géologiques y conduisent, et l’adaptabilité des
candidats à la variabilité des faits n’est pas indépendante de l’honnêteté intellectuelle qu’ils pourront
participer à développer. Maîtriser soi-même la démarche scientifique est un incontournable pour
enseigner des SVT, faire comprendre la science et donner du goût aux sciences.
4 – Faire preuve d’une culture didactique et pédagogique de bon sens
Maîtriser les aspects didactiques et pédagogiques, c’est s’affranchir d’une standardisation formaliste
sclérosante. L’automatisme de la succession monotone du problème posé, de la notion à construire, de
l’activité des élèves et du bilan témoigne d’un manque de diversification pédagogique au sein de la classe et
d’une absence de prise en compte de ceux pour qui on met en place tout cela c’est-à-dire les élèves. Le
rigorisme artificiel de certains dossiers et de certaines présentations se double parfois de l’utilisation d’un
vocabulaire pseudo-spécialisé mal maîtrisé qui ne constitue finalement qu’une poudre aux yeux que le jury
n’est guère prêt à valoriser. De plus, lors de l’oral, si le candidat a été malgré tout admissible, les membres
des commissions, en demandant de façon sélective des précisions, se forment rapidement un jugement sur
l’authenticité et l’opérationnalité de la réflexion des candidats dans les domaines didactique et pédagogique.
Le bon sens est à privilégier lorsqu’on expose le contexte pédagogique ou la réflexion didactique qui
guident certains choix. Il convient également que la progression proposée ait du sens : il s’agit de créer le
besoin de l’exploitation d’un document, la réalisation d’une manipulation, afin de construire progressivement
les explications recherchées dans une démarche au cours de laquelle les élèves, à tout moment, savent ce
qu’ils cherchent. Il s’agit de montrer de façon explicite comment une leçon se déroule concrètement
en classe, ce que les élèves ont réellement à faire et pour atteindre quels objectifs.
5 – Vivre avec son temps
L’enseignant du vingt et unième siècle ne peut plus se passer de la maîtrise des outils actuels d’information
et de communication. L’enseignement des SVT fait largement appel à des logiciels spécifiques (banques de
données, modélisations, simulations), mais aussi à l’emploi habituel d’outils de bureautique (traitement de
texte et tableur). L’actualisation des connaissances et de la culture didactique et pédagogique au cours de la
préparation au concours est grandement facilitée par les ressources disponibles sur internet, notamment à
partir d’Eduscol, de la clé concours, du site du CAPES interne et des sites académiques. La maîtrise des
technologies numériques est évaluée lors de l’oral puisque les futurs enseignants de SVT sont dispensés du
certificat de maîtrise. La consultation du référentiel national du C2i2e (Certificat informatique et
internet de niveau 2 « enseignant ») est une bonne aide quant à la connaissance du niveau de
maîtrise de compétences professionnelles dans l'usage pédagogique des technologies numériques.
Ainsi, le concours est étroitement en adéquation avec des situations ou des attentes professionnelles. La
validation du plus grand nombre de reçus à l’issue du stage en situation atteste d’ailleurs de la pertinence de
la sélection réalisée par ce concours interne. L’évaluation des prestations se fait d’abord sur des faits : des
écrits, des analyses de documents, des connaissances, des manipulations réalisées, des observations
matérialisées par des productions écrites ou numériques, etc.… Elle repose aussi sur l’analyse du degré de
réflexion du candidat, sur le regard qu’il porte sur les pratiques professionnelles. Comme par le passé, ceci
nous amène à insister sur l’importance des actes quotidiens. C’est chaque jour, pour chaque contractuel,
vacataire, pour chaque personnel non titulaire, que se prépare le concours.
Le bon déroulement du concours au cours de cette session a permis d’évaluer les candidats dans
d’excellentes conditions matérielles. Les candidats ont trouvé un accueil de qualité offert par le lycée
Georges de la Tour à Metz et l’académie de Nancy-Metz dont les responsables doivent être remerciés. Les
membres de l’équipe technique, d’un très haut niveau de compétence, ont su apporter leur aide efficace à la
fois au jury et aux candidats : le concours ne fonctionne que grâce à leur dévouement sans faille.

Règlement

1. Les épreuves
Selon l'arrêté du 27 avril 2011 modifiant les modalités d'organisation des concours internes donnant accès à certains corps de personnels enseignants du second degré et d'éducation, publié au journal officiel du 3 mai 2011, l'admissibilité repose sur un dossier de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle (Raep) établi par le candidat. Ce dossier n'est pas rendu anonyme. Il est soumis à une double correction et est noté de 0 à 20. La note 0 est éliminatoire.

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Clément M

Freelancer et pilote, j'espère atteindre la sagesse en partageant le savoir que j'ai acquis lors de mes voyages au volant de ma berline. Curieux scientifique, ma soif de découverte n'a d'égale que la durée de demie-vie du bismuth 209.

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