L'internationalisation de la production

Le développement dynamique des transactions internationales depuis 1950 s'est accompagné d'une transformation profonde des logiques de l'échange et de la répartition mondiale des activités à travers l'essor des entreprises multinationales. Mais le retour récent des crises a conduit à une résurgence des réflexes protectionnistes et à une recherche effrénée des avantages de la compétitivité. L'ensemble de ces transformations a profondément modifié la hiérarchie de la puissance économique entre les régions du monde, faisant émerger de nouveaux partenaires.

I) Les caractéristiques de la mondialisation

A)    Les principales caractéristiques des échanges internationaux

Une seconde mondialisation

La mondia des échanges n’est pas un phénomène nouveau puisqu’on considère qu’une 1ère mondia aurait eu lieu à partir de la seconde moitié du XIXe, mais une nouvelle phase a émergé depuis la fin des années 1970. Depuis 1950, le volume du commerce mondial a été multiplié par plus de 27.

Une insertion internationale inégale

Depuis 1945, les échanges entre pays industrialisés sont au cœur de la dynamique du commerce international. Toutefois, les pays émergents connaissent une insertion croissante dans les échanges internationaux et assurent ajd autour de 40% des échanges internationaux. Les pays en dvlp représentent plus de la moitié de l’augmentation du volume des importations depuis 2000, mais parmi eux les pays mois avancés(PMA) restent marginalisés.

L’internationalisation des entreprises

La progression des flux d’inv direct à l’étranger (IDE) et des fusions-acquisitions (achat des parts d’une entreprise par une autre, les deux entreprises fusionnant alors en une seule) depuis le milieu des années 1980, atteste que les firmes multinationales (entreprise qui possède des unités de prod à l’étranger. Le groupe est composé d’une société mère et d’au moins une filiale située à l’étranger et détenue à au moins 50% par la société mère) sont devenues des acteurs majeurs des échanges. Les FTN des pays émergents assurent une part de plus en plus importante des flux d’IDE.

B)    Comment expliquer la progression des échanges ?

Des déterminants technologiques et politiques

Les échanges ont été indéniablement favorisés par la baisse continuelle des coûts de transport et communication du fait en particulier du progrès technique. La proximité géographique des pays est également un facteur d’intensification des échanges (régionalisation). Enfin, des institutions supranationales (OMC) ont encouragé ma réduction des barrières aux échanges (multilatéralisme).

L’ouverture des économies doit permettre un gain à l’échange

Ricardo met en évidence que la spécialisation des pays selon leurs avantages comparatifs (pour un pays, fait d’avoir une productivité relative dans la production d’un bien (par rapport aux autres biens) supérieure à celle des autres pays) est avantageuses pour tous. Le modèle HOS prolonge cette théorie, en insistant sur le poids de la dotation factorielle (ensemble des facteurs de prod (W, K, ressources naturelles) dont dispose un pays) dans la spécialisation des pays. Ces théories traditionnelles du commerce international reposent sur des hypothèses strictes et n’expliquent ni la progression des échanges intra-branches, ni le rôle des firmes transnationales.

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II) Avantages et inconvénients de l’ouverture des économies

A)    Vertus du libre-échange, vices du protectionnisme

Le libre-échange stimule la croissance

Le libre-échange (échange libre des biens et services au niveau international, donc sans barrières) accroît la variété des produits proposés, engendre des gains d’efficience pour faire face à la concurrence et favorise les transferts de technologies. Cette concurrence conduit aussi une baisse des prix.

Le coût de la protection

La mise en place de mesures protectionnistes met artificiellement à l’abri certains secteurs, ce qui peut être défavorable, à leur compétitivité. De même, le protectionnisme (ensemble des barrières tarifaires ou non, qui protègent la production nationale de la concurrence étrangère) qu’il soit tarifaire (droits de douane) ou non tarifaire (quotas, subventions, normes techniques ou sanitaires…) défavorise les conso (prix plus élevés).

B)    L’ouverture internationale des économies et ses limites

Les limites de l’ouverture internationale

L’ouverture internationale ne procure néanmoins pas tjrs des gains aussi élevés que les théories libre-échangistes l’affirment. En effet, toutes les spécialisations ne se valent pas et certaines éco voient leur solde commercial se dégrader en s’ouvrant aux échanges. De même, le libre-échange peut se révéler très coûteux pour certaines éco en termes de restructuration et de chômage. Par ailleurs, une ouverture trop brutale aux échanges peut être néfaste pour les pays éco fragiles à l’instar de l’application des plans d’ajustement structurels dans les pays en dvlp tout au long des années 1990.

Avantages comparatifs et concurrence imparfaite

De nombreux pays (dvlp et émergents) se sont dvlp en étant sélectifs et mesurés dans leur degré d’ouverture internationale, voire en étant protectionnistes. Les théories contemporaines du commerce international, à l’instar de la « politique commerciale stratégique », soulignent à cet égard que, dans une certaine mesure, la protection de grandes entreprises peut-être favorables pour la spécialisation d’une éco. L’ouverture graduelle est à privilégier.

III) Les firmes transnationales face à la mondialisation

A)    Les déterminants des stratégies des entreprises

La diversité des stratégies et leur évolution

Les entreprises adoptent différentes logiques d’internationalisation de leurs activités, en fonction de leurs objectifs et de leurs contraintes, de coûts essentiellement. Elles peuvent choisir d’exporter, ou réalisent des IDE en créant des filiales-relais (stratégie de multinationalisation  horizontale) ou des filiales-ateliers (stratégie de multinationalisation verticale). Dans ce cas, les délocalisations (arrêt d’une activité au niveau national pour la reprendre à l’étranger) d’activité peuvent affecter l’emploi dans un pays d’origine des firmes si elles se traduisent par des réductions d’effectif. Les firmes peuvent aussi choisir l’externalisation (pour une entreprise, appel à une entreprise extérieure (étrangère ou non) pour certaines activités plutôt que de les réaliser elle-même) d’une partie de leur prod en recourant à des sous-traitants, dans ce cas l’impact est négatif sur l’emploi si cela se fait au détriment d’une entreprise domestique.

Les logiques de différenciation des FTN

Si les FTN délocalisent parfois dans une logique de compétitivité-prix (capacité d’une entreprise (ou d’un pays) à rivaliser avec ses concurrents au moyen de prix le plus bas possible), cette stratégie ne rend pas compte de l’intégralité de leurs motivations. Elles peuvent privilégier aussi la différenciation des produits pour favoriser une compétitivité hors-prix (capacité d’une entreprise (ou d’un pays) à rivaliser avec ses concurrents par la qualité, la nouveauté…, indépendamment du prix proposé) et être en situation de concurrence monopolistique.

B)    La division internationale du processus productif (DIPP)

La décomposition internationale des processus et le commerce intra-firme

Les FTN pratiquent une stratégie verticale de DIPP (répartition mondiale des différentes activités du processus productif (marketing, assemblage, matières 1ères …) entre les différents territoires, selon les spécialités de chacun) pour rechercher les localisations optimales en fonction de l’avantage comparatif des régions d’accueil. La conséquence est l’essor d’un commerce international intra-firme (échanges internationaux de biens et services réalisés entre les filiales d’une FMN) (commerce dit « captif »).

Les FTN créent-elles l’avantage comparatif ?

Par leurs choix de localisation de leurs IDE, les FTN ont la capacité de modeler voire de construire un avantage comparatif sur un territoire. La spécialisation peut ainsi résulter de l’échange.

Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, tout en étant globalement favorable aux principes du libre-échange, reconnaît, dans La Grande Désillusion, que les conditions dans lesquelles s'est opérée la mondialisation économique conduit à distinguer des gagnants et des perdants. Contrairement à l'optimisme ricardien du « jeu à somme positive » pour tous les participants, certaines économies ont souffert et souffrent encore de la mise en concurrence brutale de leur appareil productif avec des pays bénéficiant d'avantages décisifs. D'autres encore restent largement en dehors du jeu de l'échange. Peut-être peut-on espérer qu'à long terme l'échange favorise l'homogénéisation des niveaux de développement et permette des relations plus harmonieuses. Force est de constater que ce n'est pas encore le cas.

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Olivier

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