Quelle place pour l'UE dans le système mondial ?

L'intégration économique de l'Europe a débuté au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La communauté européenne est assez rapidement parvenue à l'étape du Marché commun, développant alors une nouvelle ambition d'intégration monétaire, sociale et politique. Aujourd'hui, le volet économique du processus, qu'on pouvait considérer comme en voie d'achèvement, est en partie remis en cause, notamment sur la question monétaire, par une crise qui semble renvoyer à plus tard le processus d'unification sociale et politique. Le poids de l'Union européenne à 27 partenaires (26 % environ du PIB mondial en 2011) suffit-il à contrebalancer l'influence des États-Unis (22 % du PIB mondial) sur l'économie mondiale ? Quel rôle cette union, fragile sur le plan politique, peut-elle jouer face aux géants émergents que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil ?

I) Une intégration croissante des économies européennes

A)    La construction du marché unique Une intégration éco réalisée par étapes A la suite de la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1951, 6 pays européens signent le Traité de Rome en 1957 qui créera la Communauté éco européenne (CEE). L’Acte Unique européen (1986) organisera la réalisation d’un marché unique. La libre circulation des marchandises, des hommes et des K sera réalisée en 1993.Le traité de Maastricht (1992) met en place les étapes du passage à la monnaie unique et étend le champ des compétences de la Communauté européenne qui devient l’Union européenne (UE). Une intégration politique La CEE puis l’UE ne se limitent pas à une simple zone de libre-échange. Elles se sont dotées d’institutions communes (Conseil européen, Commission, Parlement, Cour de Justice…) qui mènent des pol supranationales. Les Etats membres conservent toutefois l’essentiel de leur souveraineté et de leurs prérogatives budgétaires. B)    Avantages et limites de l’intégration européenne Les bénéfices attendus du marché unique Selon ses fondateurs, le marché unique devait intensifier la concurrence entre les firmes et ses Etats membres et favoriser la circulation des K, des biens et services et des personnes. Ces évolutions devaient elles-mêmes stimuler la croiss du PIB, créer des emplois, augmenter la variété des produits disponibles pour le conso et exercer une pression à la baisse sur les prix. Enfin, une convergence des différentes éco nationales était également attendue, et notamment un rattrapage des plus riches par les moins prospères. Intégration et élargissement : deux objectifs contradictoires ? Depuis sa création, la communauté n’a cessé d’accueillir de nouveaux pays, non sans certaines conditions, pour atteindre ajd 27 membres. Toutefois, ces élargissements rendent la concertation pol tjrs plus compliquée. Ils accroissent la diversité des situations éco, risquant de favoriser des concurrences fiscales et sociales.

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II) Pourquoi une monnaie unique ?

A)    Les justifications du passage à la monnaie unique Enrayer la fluctuation des changes Avec la fin du système de Bretton Woods (1976), les devises nationales fluctuaient désormais en fonction de l’évolution des balances des paiements respectives. Une telle situation renforçait les incertitudes de change, au détriment des échanges commerciaux dans la zone. Celles-ci étaient amplifiées par des attaques spéculatives contre les monnaies européennes. Créer une « zone monétaire optimale » Les Etats ouest-européens s’efforcèrent de coordonner leur pol monétaires dès 1972pour contenir les fluctuations réciproques de leurs devises dans certaines marges. Celle-ci fut progressivemt renforcée, avec la mise en place du Système monétaire européen (SME) en1979, et surtout du traité de Maastricht de 1992 qui fixera des critères de convergence pour assurer le passage à la monnaie unique. L’euro (monnaie adoptée parla majorité des Etats membres de l’UE) naît le 1er janvier 1999 avec 11 membres au départ. L’enjeu pour eux est de former une « zone monétaire optimale », CAD suffisamment homogène économiquement pour pouvoir mener une même pol monétaire convenant à tous. B)    Un outil contraignant et contesté Des performances éco et décevantes Le bilan actuel de l’euro est cependant décevant : les pays de l’Union économique et monétaire (UEM, accord entre plusieurs Etats qui adoptent une monnaie unique et des pol communes et concertées. C’est le dernier stade de l’intégration éco, selon Bela Balassa. L’UEM désigne aussi la zone euro, le terme ayant été adopté pour désigner l’accord des Etats membres) ont connu depuis sa création une croiss du PIB inférieure et le chômage reste supérieur à ceux qui ont préféré rester à l’extérieur. Les critères de convergence, relayés parle Pacte de stabilité et de croiss (1997), fixent par ailleurs des obj à ne pas dépasser en matière budgétaire qui empêchent de mener de véritables pol de relance. Une politique monétaire restrictive La Banque centrale Européenne (BCE), indépendante des gouvernements, a pour seul obj la maîtrise de l’inflation ce qui a conduit à des pol monétaires restrictives (désinflation compétitive). La pol monétaire de la BCE proposant un taux d’intérêt nominal unique, certaines éco plus inflationnistes ont pu consommer et s’endetter plus que d’autres grâce à de faibles tx d’intérêts réels. Tandis que d’autres éco moins dynamiques pâtissaient de tx d’intérêts réels trop élevés. Cela a entraîné une divergence des éco au sein de la zone euro.

III) Quelle direction politique pour la zone euro ?

A)    Une politique monétaire unique et des politique budgétaires nationales : un policy-mix asymétrique Un budget communautaire insuffisant Comparé à d’autres fédérations d’Etats, le budget communautaire de l’UE apparaît très faible. En conséquence, la BCE gère la pol monétaire et les Etats-membres la pol budgétaire. Des instruments de gouvernance décrédibilisés Le pacte de stabilité et de croiss est supposé encadrer les pol budgétaires des Etats, mais ses règles se révèlent trop rigides pour tenir compte des situations particulières. En même temps, il n’est pas parvenu à assurer un contrôle suffisant sur les finances des Etats (exceptions, statistiques peu faibles…). Enfin, aucun instrument ne permet à la BCE et aux Etats membres de venir en aide à un de leurs menacé d’insolvabilité, seule la sanction étant prévue. B)    Comment se coordonner par temps de « crise » ? Le cercle vicieux de la dette Suite à la crise initiée à l’été 2007, les Etats de l’UE se sont retrouvés confrontés à une crise de l’endettement public. Celui-ci n’a cessé de se creuser sous l’effet d déficits budgétaires importants (la baisse du PIB entraînant une baisse des recettes et une hausse des dépenses), mais aussi de la hausse des tx d’intérêts. La difficulté à élaborer des solutions communes Pour venir en aide aux Etats des pays du sud, très endettés, un fonds européen de stabilité financier (FESF) a été mis sur pied. Cependant, les pays de l’UEM rencontrent de très graves difficultés à s’entendre sur le montant et les conditions de l’aide à apporter. Il s’agit en effet de repenser la solidarité budgétaire entre les pays ce qui implique des transferts de souveraineté, sources de tensions. Certaines analyses considèrent que la construction européenne s'est faite à l'envers : le monétaire d'abord, le politique ensuite. Il n'y a donc pas, au sein de l'Europe, une autorité politique incontestée, ni de budget européen permettant de mobiliser des masses financières importantes. La politique budgétaire reste pour l'instant du ressort des États nationaux. Le Pacte de stabilité et de croissance a perdu, en raison des dégâts engendrés par la crise financière, l'essentiel de sa crédibilité. Si la Banque centrale européenne a assoupli sa position pour tenir compte des difficultés d'endettement de nombreux pays, elle reste confrontée à l'obligation de mener une politique monétaire unique face à des pays dont les problèmes exigeraient des réponses différenciées. L'Union est ainsi impuissante à répondre à ces chocs asymétriques qui touchent certains de ses membres sans concerner les autres (niveau de la dette publique, vieillissement démographique, situation de la protection sociale, dépendance énergétique…). Faire parler l'Europe d'une seule voix sur la scène internationale face aux autres géants (États-Unis, Chine, Russie, Inde ou Brésil) suppose des abandons de souveraineté dans des domaines sensibles comme la politique étrangère ou la défense nationale, prérogatives traditionnelles des États-nations. Les cultures politiques marquées par l'histoire et le poids des opinions publiques nationales rendent cette étape de l'intégration plus problématique que les précédentes.

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Olivier

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