Imprévus, obligations et possibilités

Usages courants, exemples

Les contingences de la vie sont les circonstances imprévues auxquelles nous sommes soumis. Un contingent est une quantité fixée réglementairement : par exemple, le nombre d’hommes soumis à la conscription (militaire) chaque année dans certains pays, ou le groupe d’une certaine nationalité au sein d’une armée d’alliés (« le contingent britannique »).

« Faites le nécessaire » signifie : « Agissez pour que tel but soit atteint ».

« Ne prenez que le nécessaire » signifie : « N’emportez avec vous que l’indispensable ».

Mais on dit aussi que la collision de deux trains circulant en sens inverse sur la même voie est nécessaire, c'est-à-dire inévitable. Enfin, « Un oubli est toujours possible » invite à la vérification (car on ne peut pas exclure une inattention), tandis que « Des progrès sont possibles » affirme une capacité, un potentiel.

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Définitions

Le latin contingere signifie « toucher, atteindre », et « arriver par hasard », d’où « échoir en partage ». Contingent signifie « qui peut arriver ou non ». « Ce qui ne peut pas reculer » serait l’origine de nécessaire, par négation du verbe latin cedere (« s’en aller »).

Est nécessaire ce qui ne peut pas ne pas arriver. Pouvoir (du latin posse, qui a aussi donné possible) a le double sens d’éventualité ou de capacité : ce qui se peut et ce que nous pouvons.

Est possible ce qui peut arriver, mais n’arrive pas forcément.

Usages philosophiques

Ces trois termes renvoient à deux dimensions différentes : le déroulement des faits dans le temps et l’intervention humaine, qui prévoit, explique et agit. Le problème sous-jacent à cette association de termes est celui de la liberté.

On pourrait ranger les trois notions dans l’ordre suivant : contingent, possible, nécessaire.

On pourrait même les inclure dans une série plus complète : impossible, contingent, possible, nécessaire. Lorsque nous considérons le futur, soit nous excluons une certaines éventualité (que demain le soleil ne se lève pas), nous l’admettons sans la juger très vraisemblable (qu’il neige au printemps), soit nous nous y préparons, même si elle reste à prouver (l’imminence d’une phase dans une maladie), soit nous en sommes certains (que l’eau bout à 100°C).

D’autre part, en considérant le passé, nous expliquons ce qui s’est produit en repérant et pondérant des causes. Les évènements historiques ne peuvent jamais être parfaitement prédits, mais ils peuvent toujours être expliqués après coup.

Etre fataliste (du latin fatum, « destin »), c’est juger que les évènements ne pouvaient pas se produire autrement. C’est une exagération de l’idée de nécessité dans laquelle ne tombe pas le déterminisme scientifique. Pour reprendre un exemple d’Alain, le combattant est enclin au fatalisme, alors que le physicien peut expliquer comment un peu moins de poudre dans l’obus cause une trajectoire, donc un autre « destin ».

Le problème de la limite ou des relations entre nécessité et contingence se pose de façon très particulière dans le domaine des sciences humaines. La forme brutale de Durkheim selon laquelle « la société réclame chaque année son contingent de suicidés » illustre la position délicate du sociologue par rapport à son objet d’étude : on peut sans doute réduire le nombre de suicides, mais on ne pourra malheureusement pas faire disparaître les facteurs qui frappent chaque année une certaine proportion de personnes.

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Olivier

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