Grâce à Descartes, ce n'est plus la religion qui dicte à l'homme ce qu'il doit penser, mais l'homme lui-même, sa pensée, le "je pense". Il place donc la personne humaine au centre de son système et il l'étudie par la méthode rationnelle, applicable à tous les domaines de la connaissance.

I. CONTEXTE

La Renaissance s'était caractérisée par la volonté de l'homme de connaitre son univers par la remise en cause des idées reçues et le développement de l'esprit scientifique. Le XVIIe siècle prolonge et accentue cette tendance.

1. L'autorité religieuse

Au début du XVIIe siècle, la philosophie englobe la science et toute l'étude de la nature; elle est encore soumise à la religion, par l'entremise de la doctrine d'Aristote et de la scolastique. Le savant est avant tout un clerc qui apprend par coeur les théories de quelques maîtres incontestés (Aristote, Saint Thomas d'Aquin).

2. L'autorité de la raison

Or, depuis la Renaissance, un nouvel esprit scientifique, fondé non plus sur la tradition et la révélation, mais sur l'exercice de la raison, se développe. Francis Bacon (1561-1626) pose les bases de la science expérimentale: celle-ci doit être fondée sur l'observation, la recherche et l'analyse des faits. Les découvertes de Galilée contredisent la physique aristotélicienne et montrent que la nature obéit à des lois mathématiques. Les mathématiques se posent comme "la reine des science" et connaissent un grand essor au XVIIe siècle. Les philosophes rationalistes de cette époque - Descartes, Spinoza, Liebniz - en font le modèle de toute connaissance rationnelle et tentent de fonder sur elles leurs systèmes philosophiques.

II. PRINCIPALES ŒUVRES

Le Discours de la méthode est l'oeuvre la plus connue de Descartes. Cependant, pour les philosophes, les Méditations métaphysiques constituent une charnière essentielle de toute l'histoire de la philosophie.

- Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences (1637)

Préface de trois essais scientifiques, c'est l'ouvrage le plus connu de Descartes. Le philosophe y établit un ensemble de règles auxquelles devrait se plier la raison lorsqu'on cherche la vérité. Il énonce ce fameux axiome "Je pense donc je suis" et en déduit l'existence d'un Dieu créateur et parfait.

- Méditations métaphysiques (1641)

Les Méditations apparaissent comme le développement des principes énoncés dans le Discours. Descartes s'attache à démontrer l'existence de Dieu et à expliquer la nature de l'âme.

-Traité du monde (1664 - posthume)

Descartes renonça à publier ce traité de physique rédigé après la condamnation de Galilée par l'Eglise. Il y exposait notamment sa théorie des tourbillons qui remettait en question la conception aristotélicienne de l'univers. Dans un chapitre consacré à l'homme, il réduit le fonctionnement du corps humain à un mécanisme.

III. APPORT

Ayant affirmé la primauté du "je", de la personne, Descartes apparait comme le premier philosophe moderne. Il a unifié tous les domaines de la connaissance en les soumettant  à un principe unique: la méthode rationnelle.

1. La méthode

La pratique des mathématiques montre que la raison peut arriver par elle-même à des vérités évidentes sans le recours à l'expérience. Fondant la connaissance sur la raison et le bon sens, Descartes l'a pour ainsi dire mise à la porté de tout le monde: chacun peut désormais parvenir à la vérité, sans se référer à la tradition livresque.

2. La métaphysique

Soucieux de ne pas heurter les autorités ecclésiastiques, mais aussi par conviction, Descartes a voulu harmoniser sa philosophie, qui pouvait apparaitre subversive, avec les vérités de la religion.

IV. POSTERITE

Les grands systèmes classiques (Spinoza, Liebniz, Malebranche) se réfèrent directement au cartésianisme, même si c'est pour s'en démarquer. Le siècle des lumière, newtonien et empiriste, rejettera toutefois la métaphysique de Descartes : à l'évidence du cogito, ils opposent la certitude des faits. La primauté accordée par Descartes au sujet sera reprise par Kant au XVIIIe siècle, par Husserl et Sartre au XXe.

V. VOCABULAIRE

Empirisme : Doctrine selon laquelle nos connaissances ont pour origine l'expérience, donc les sens, et qui récuse par conséquent tout principe non dérivé de l'expérience. L'empirisme s'oppose à l'idéalisme.

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Olivier

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