Se cultiver

Pour définir la culture, on l’oppose à la nature. La culture vient du latin « colere », ce qui veut dire cultiver : c’est celui qui a été transformé par une action. La culture est le résultat de la transformation de la nature par l’homme, c’est aussi l’ensemble des moyens par lesquels l’homme transforme la nature. En d’autres termes, la nature est ce qui existe indépendamment de l’action de l’homme, et la culture est ce qui est inventé par l’homme. On oppose ainsi ce qui est naturel ou inné, à ce qui est culturel ou acquis. Les hommes reçoivent un double héritage : un héritage naturel (l’hérédité biologique, transmise génétiquement) et un héritage culturel (acquis par l’apprentissage).

Culture et hérédité

Hérédité naturelle : la détermination culturelle, la couleur des yeux, la couleur des cheveux, les comportements instinctifs, les maladies génétiques, la taille… Héritage culturel : la religion, le savoir, les valeurs, la langue, les techniques, les mœurs… Aucun peuple ne vit naturellement comme les animaux. Même les peuples les plus démunis ou vivant au contact de la nature possèdent une langue, des techniques (comme le feu), des croyances et obéissent à des règles, des mœurs qui sont souvent encore plus complexes que les nôtres. Nous sommes tentés de rejeter du côté de l’animalité ces sociétés que nous qualifions de sauvages ou de barbares. Or, c’est simplement par ignorance, par méconnaissance de la complexité de ces cultures que nous les jugeons primitives, inférieures ou non-civilisées. On appelle « ethnocentrisme » l’attitude qui consiste à prendre pour norme sa propose culture afin de juger les autres. Chaque culture possède sa richesse propre. Les règles de la nature (lois naturelles), par exemple la gravitation, expriment des rapports constants entre phénomènes. Elles sont universelles : tous les corps tombent, sans exceptions. Tandis que les lois humaines sont conventionnelles : elles résultent d’un choix, d’une décision, qui aurait pu être autre. Dans une société donnée, on s’accorde sur une certaine organisation qui pourrait être différente, qui sont contingentes, tandis que les lois de la nature sont nécessaires (sens philosophique du mot nature : qui ne peut pas être autrement). L’homme est l’animal qui n’accepte pas le donné naturel tel qu’il est : il transforme son propre corps, il travaille la terre, il capture des animaux, il crée l’animal domestique… Nous dirons que c’est le même processus avec les plantes : les pêches sont naturelles, alors que les nectarines et les brugnons sont des croisements, donc culturels.

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Y’a-t-il des signes naturels chez les êtres humains ?

Un signe serait naturel que si les mêmes états de conscience (sentiments, pensées, désirs…) étaient traduits par les mêmes comportements (gestes, mimiques, paroles…). Un signe désigne autre chose selon un code donné. La réponse est non : tout signe est culturel. Contingent : qui pourrait être autrement. Une langue : c’est un système de signes que chaque sujet combine selon les règles de la syntaxe. Chaque individu parlant utilise le code de la langue à sa manière : la langue est anonyme (elle appartient à tous), en revanche la parole est individuelle, chacun choisit le vocabulaire dont il a besoin sous l’influence de l’éducation, du métier qu’on exerce, du milieu social. D’autre part, la prononciation varie selon la zone géographique. La parole est donc singulière. Le poète fait de la langue un usage original et créatif. La langue est le moyen par lequel nous échangeons des pensées dans la communication orale, écrite ou gestuelle. Toute langue est conventionnelle, aucune n’est naturelle. Il en va de même des règles ou des lois sociales. Tandis que l’organisation sociale des animaux est soumise à l’instinct : les abeilles ont une organisation sociale complexe et pourtant elle est instinctive. Elles ont aussi un code de communication, qui est visuel : elles dansent, elles tournent, ce qui permet de tenir compte de l’orientation du vent ou de trouver la distance avec le pollen. Mais ces insectes ne peuvent pas s’adapter car ils n’ont pas la capacité d’invention.

Le mythe de Prométhée

C’est un mythe grec par lequel il est attribué une origine divine à la possession par les hommes des techniques du feu. Cette origine religieuse n’est pas un fait, mais une croyance. Il n’en demeure pas moins que la maîtrise du feu fait l’originalité de l’homme par rapport aux autres animaux : grâce au feu, il peut cuire ses aliments, il peut se reposer en toute sécurité. Un mythe : du grec muthos (=parole) : le mythe est un récit transmis oralement qui cherche à donner du sens à de grandes réalités naturelles ou humaines. Il répond ainsi à des questions que nous nous posons mais pour lesquelles nous n’avons pas de réponses rationnelles (fondées sur la démonstration ou sur la preuve).

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Olivier

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