Question 1

Le Document 1 est le texte d’une conférence faite par un instituteur en 1899.

Cet instituteur rappelle que « La Troisième République, le gouvernement actuel, date du 4 septembre 1870» : à l’époque, paradoxalement, les Royalistes étaient majoritaires à la première Assemblée Nationale élue en 1871.

Peu à peu, les Républicains vont enraciner un système économique et social : le système républicain.

Le modèle républicain, c’est la volonté d’élargir les libertés reconnues à l’individu et d’installer définitivement la démocratie par l’éducation des citoyens.

Conformément à l’héritage de 1789, les Républicains font de la liberté la base du régime. Les lois de 1881 élargissent les libertés publiques : la liberté de réunion et d’affichage est rétablie ainsi que la liberté de la presse, qui favorise le débat politique.

En 1884, la loi Waldeck-Rousseau autorise les syndicats. La loi de 1901 institue la liberté d’association.

Ainsi, l’instituteur souligne que la IIIème République «a fait de grands efforts pour rendre les lois plus justes».

Cet instituteur rappelle aussi que la IIIème République «a surtout cherché à améliorer le sort du peuple, de l’ouvrier, de ce qu’on a l’habitude d’appeler le petit ».  En effet, les Républicains ont d’abord laïcisé l’école publique avec les lois de Jules Ferry : Jules Ferry a instauré l’école primaire gratuite, obligatoire et laïque en 1882. Puis les républicains ont ensuite laïcisé l’Etat par la loi de Séparation entre les Eglises et l’Etat en 1905.

En cours d histoire, vous verrez que l’école devient donc le lieu privilégié de l’apprentissage de la patrie républicaine, de ses principes, de sa langue et de ses symboles comme on le voit dans le Document 3 qui reproduit un texte écrit en 1913 par un élève d’une école primaire : cet élève parle de la devise «Liberté, Egalité, Fraternité» qui est l’héritage des valeurs héritées de la Révolution Française de 1789. Comme le dit l’instituteur dans le Document 1, les principes de la IIIème République sont conformes à l’héritage de 1789 : «Nous allons nous entretenir d’une époque à laquelle nous devons tout ce que nous avons : je veux parler de la Révolution de 1789».

Cet élève parle aussi de la «Patrie», de «la grande famille des Français». Nous voyons ici l’héritage des principes hérités de 1870, année où la République est proclamée aux Tuileries après la défaite de Napoléon III à Sedan. Dans ce Document 3, on voit nettement que la République et la Nation ne font qu’un : «Ma Patrie, c’est la grande famille des Français» est une idée patriotique que partagent tous les Français.

Peu à peu naît une identité commune au peuple républicain dont les valeurs sont claires : Liberté, Egalité, Fraternité, et aussi Patrie. Cette identité commune débute à l’école gratuite et obligatoire pour tous, et les instituteurs sont les premiers à inculquer ces principes et ces valeurs de la République : «je ferai tout mon possible pour arriver à les faire connaître, ces principes devant former le catéchisme de tout républicain».

L’ensemble de l’enseignement permet de former de bons Républicains, très patriotes et attachés à la France républicaine.

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Question 2

Le document 4 est un tableau à l’huile d’Alfred Roll qui représente la première célébration du 14 Juillet. En 1880, le 14 Juillet devient le symbole de la République Française. La date du 14 Juillet a été choisie car elle commémore un des épisodes les plus marquants de la Révolution Française : la prise de la Bastille, qui était une prison, le 14 Juillet 1789. Cet évènement a symbolisé le début de la Révolution Française et la chute de la monarchie. Le 14 Juillet est donc un symbole de liberté. C’est un jour de fête laïque et nationale qui rassemble tous les citoyens sans exception.

Un an auparavant, en 1879, la Marseillaise, qui était le chant guerrier de la Révolution Française, est redevenue l’hymne national. La Marseillaise avait été écrite par l’officier Rouget de Lisle en 1792 pour l’Armée du Rhin, à la suite de la déclaration de guerre de la France à l’Autriche. Ensuite, le 14 Juillet 1795, elle était devenue chant national de la France, puis interdite sous l’Empire et la Restauration. Cette IIIème République «qui a terminé la guerre entre la France et l’Allemagne», comme le dit le Document 1,  reprend ce chant guerrier comme chant national, symbole de l’union «entre tous les citoyens».

Dès 1877, dans les mairies et sur les places de village sont installés des statues et des bustes de Marianne (qui remplacent les bustes de Napoléon III). Ces bustes de Marianne sont une allégorie de la République. Ces symboles forts permettent l’enracinement de la République dans le cœur des Français.

Tous ces symboles choisis par la IIIème République représentent la liberté et permettent l’union de tous les Français qui partagent les mêmes valeurs : les Français ont ainsi la même identité patriotique, contenue dans «la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen» de 1789 dont parle le Document 1.

Question 3

Le Document 2 est un tableau peint en Juillet 1907 par René Rousseau qui représente la vie politique sous la Troisième République à la Chambre des Députés : on y voit Clémenceau  répondre à Jaurès.

En effet la IIIème République est dominée par la Chambre des Députés qui marque le triomphe de la démocratie libérale. Les libertés fondamentales sont respectées et les citoyens sont égaux devant la loi. Les Droits de l’Homme sont affirmés en préambule de la Constitution et le droit de vote au suffrage universel masculin fait participer l’ensemble des citoyens à la vie politique.

Georges Clémenceau était Ministre de l’Intérieur puis Président du Conseil depuis le 25 Octobre 1906 jusqu’en 1909. Il est le chef de la Gauche Radicale et connu pour son éloquence.

Jean Jaurès est le premier Directeur du journal L’Humanité qu’il a fondé en 1904 et il est aussi le leader du Parti Socialiste Français (sous le nom de SFIO : Section Française de l’Internationale Ouvrière). Jean Jaurès accepte la IIIème République, mais n’hésite pas à la critiquer.

On peut imaginer que les deux hommes politiques s’affrontent à propos des nombreuses grèves que Clémenceau a l’habitude de réprimer en particulier durant l’année 1906 (à la suite d’un coup de grisou dans une mine du Nord-Pas-de-Calais) et aussi en 1907 (révolte des vignerons du Languedoc).

Les joutes oratoires entre ces deux hommes dans le cadre de la Chambre des Députés sont la preuve de la démocratie triomphante durant la IIIème République.

D’ailleurs, pendant le gouvernement de Clémenceau seront mis en route divers projets sociaux :

  • Application de la loi sur le repos hebdomadaire dès 1906
  • Création du Ministère du Travail en 1906
  • Projet de loi sur les retraites ouvrières et paysannes, adopté en 1910
  • Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat en 1906
  • Projet de loi d’impôt sur le revenu qui servira de base à la réforme de la fiscalité directe mise en place en 1914
  •  Vote d’une loi sur les Habitations Bon Marché en 1908 (HBM, ancêtre des HLM)

Question 4

Les institutions parlementaires de la IIIème République reposent sur la Constitution de 1875.

Cette Constitution de 1875 pose une séparation souple des pouvoirs :

  • La Chambre des Députés : les députés sont élus au suffrage universel.
  • Le Sénat : le Sénat se rattache à la tradition monarchique. Dans la pensée monarchique, cette chambre devait freiner la Chambre des Députés et devait représenter l’élite sociale. Mais grâce à l’habileté des Républicains, le système est différent. Les Sénateurs sont élus sont par des conseils municipaux (c’est-à-dire les communes rurales).
  • Le Président de la République : les textes donnent au président de larges pouvoirs qui sont les attributions d’un monarque constitutionnel. Il est le chef de l’exécutif mais aussi du Gouvernement. Les actes du Président doivent être contresignés par un Ministre. On constate l’émergence d’un Président du Conseil (Clémenceau par exemple dans le Document 2) qui a le rôle d’un Premier Ministre et qui n’était pas prévu par la Constitution. L’amendement du député WALLON stipule que le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et par la Chambre des Députés réunis en Assemblée Nationale. Il est nommé pour sept ans, et il est réilligble.

Au départ de la IIIème République, les monarchistes avaient l’espoir d’une Restauration monarchique.

Peu à peu, les Républicains deviennent les maîtres de tous les rouages de l’Etat. Ils ont une base politique solide et vont accomplir une œuvre considérable en dépit des difficultés.

Comme le rappelle le Document 1, les Républicains accordent :

  • La liberté de la Presse (1881)
  • L’instauration de l’enseignement primaire, obligatoire, laïc et gratuit (28 Mars 1882)
  • La reconnaissance des Syndicats (1884)
  • La liberté de réunion et la liberté d’association (1901)

En conclusion, les Républicains sont attachés aux institutions parlementaires parce-que ces institutions sont le fondement de la IIIème République et empêchent le retour de la monarchie absolue.

Question 5

On voit bien dans le Document 3 que l’armée est un des pivots de la République. Depuis 1889, chaque Français doit effectuer trois ans de service militaire. L’armée est donc, après l’école, le meilleur moyen pour former l’identité Républicaine. Cet enfant de l’école primaire le dit bien : «Si ma patrie était attaqué(e) je serai(s) brave et s’il le fallait je mourrais pour la France et son drapeau».

D’autre part, l’armée représente le rempart de la République et est un élément de stabilité face à l’instabilité politique de la IIIème République (par exemples face aux différentes crises comme le scandale de Panama et l’Affaire Dreyfus).

La puissance militaire de la France est une des préoccupations principales de la IIIème République ; l’obsession de la République est de prendre sa revanche sur l’Allemagne et de récupérer l’Alsace-Lorraine. On se rend compte de cet état d’amertume général dans le discours de l’instituteur dans le Document 1 : «par des hommes incapables et insouciants», «paiement de l’indemnité de 5 milliards».

Cet état d’esprit forme la base d’un nationalisme qui est détaillé dans le Document 5 avec des mots qui expriment l’orgueil :

  • «on était fier de participer par un vote»
  • «ardemment»
  • «tout le monde applaudissait de confiance»

et aussi le combat :

  • «des cérémonies où se retrempait la foi»
  • «où il fallait lutter»
  • «des compétitions étaient organisées»
  • «objet de prix»
  • «un immense feu de joie»

Ainsi, la célébration de la Prise de la Bastille le 14 Juillet 1880 représentée dans le Document 4 est symbolique de ce nationalisme : un jour de combat sanglant devient un jour de fête, où tous les Français sont unis.

Durant cette époque, et dans le but de prendre sa revanche sur l’Allemagne, la Troisième République cherche à sortir de son isolement diplomatique.

En 1894, la République Française s’allie à l’Empire Russe, qui est le régime le plus autoritaire de l’époque. C’est un bon moyen pour la France de s’opposer à l’Allemagne.

Dans le même temps, l’Angleterre se rapproche de la France car l’Angleterre a peur de la puissance militaire, politique et surtout économique de l’Allemagne.

En 1902, l’Entente Cordiale est signée par l’Angleterre et la France, renforcée par un accord anglo-russe en 1907.

La culture Républicaine, avec ses rites, ses fêtes, ses coutumes et ses symboles prépare les Français à accepter de se battre en 1914, en même temps qu’une politique d’alliance renforce le poids de la France dans les relations extérieures mondiales.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !