Question 1

Le Document  1 est daté de 1913. Il s’agit d’un extrait d’un livre pour enfants du dessinateur alsacien Hansi qui en a aussi écrit les commentaires.

Ce Document  1 est un témoignage du nationalisme très fort dans les esprits avant le déclanchement de la Première Guerre Mondiale. En effet, après une humiliante défaite à Sedan en Septembre 1870, le Second Empire s’est effondré. Paris connaît la famine et le sang avec la Commune, et la France est alors amputée de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine à cause de sa défaite face aux Prussiens.

Au-delà de la perte de ces régions minières, importantes pour l’économie de l’époque, c’est le cœur nationaliste de la France qui est touché.

Comme l’exprime ce document, il existe une rancœur bien vivante contre ce pays voisin de l’Est. Cette rancœur est entretenue par la Troisième République, à travers des manuels scolaires qui font de Charlemagne ou d’Henri IV les grands personnages d’une nation désormais meurtrie. Les écoliers et les enfants sont donc dès leur plus jeune âge encouragés à détester les Allemands.

Dans le texte associé au dessin, Hansi insiste sur l’attitude orgueilleuse des Allemands qui arrivent en pays conquis : «… arrogant,… dédaigneux, … hautain, … parvenus, … grognent sans cesse, … médisent de tout et de tous ».

Hansi insiste aussi sur le sans-gêne des Allemands, qui, au lieu de se fondre dans la communauté alsacienne, font tout pour se faire remarquer, en déballant « d’étranges provisions » : en fait, les Allemands apportent leurs propres provisions qui  semblent très bizarres aux Français et se contentent de commander « une grande cruche de bière ».

Le dessin est encore plus explicite : d’un côté, à gauche, on voit la famille d’Allemands endimanchés, roux et laids (avec des lunettes). Ils sont installés à une des tables de l’auberge avec leur gros baluchon plein de provisions posé aux pieds du père de famille.

Ils ont commencé à manger, on voit que leurs provisions ont été emballées dans un journal allemand.

De l’autre côté, à droite, il y a la jolie et souriante servante alsacienne qui apporte la cruche de bière, et derrière, tous les enfants regardent la scène, de même que les volailles, ce qui accentue le côté satirique du dessin.

Les meilleurs professeurs d'Histoire disponibles
Chrys & chris
5
5 (124 avis)
Chrys & chris
78€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Diego
4,9
4,9 (12 avis)
Diego
35€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Thibault
5
5 (23 avis)
Thibault
150€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Rémy
4,8
4,8 (24 avis)
Rémy
40€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Angelina
5
5 (20 avis)
Angelina
39€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Chemsa
5
5 (14 avis)
Chemsa
45€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Hugo
5
5 (9 avis)
Hugo
40€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Eloïse
5
5 (13 avis)
Eloïse
25€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Chrys & chris
5
5 (124 avis)
Chrys & chris
78€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Diego
4,9
4,9 (12 avis)
Diego
35€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Thibault
5
5 (23 avis)
Thibault
150€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Rémy
4,8
4,8 (24 avis)
Rémy
40€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Angelina
5
5 (20 avis)
Angelina
39€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Chemsa
5
5 (14 avis)
Chemsa
45€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Hugo
5
5 (9 avis)
Hugo
40€
/h
Gift icon
1er cours offert !
Eloïse
5
5 (13 avis)
Eloïse
25€
/h
Gift icon
1er cours offert !
C'est parti

Question 2

Comme on l’a vu dans le Document 1, le premier moyen de propagande utilisé contre l’ennemi est le dessin satirique.

Le Document 3 est un autre dessin satirique, mais contrairement au Document 1, il n’est pas uniquement destiné aux enfants. Cette caricature est une carte postale éditée en 1914 qui représente le soldat allemand sous la forme d’un ogre.

Le soldat français se penche pour regarder à l’intérieur de la bouche de l’ogre et dit : « Nous verrons bien ce qu’il a dans le ventre! ».

Cette carte postale est emblématique du changement qui se passe dans les mentalités pendant la Première Guerre Mondiale : contrairement aux autres guerres qui l’ont précédée, il n’y a plus de considération envers l’ennemi, ce dernier est traité comme une bête.

Dans le Document 2, il est question du moyen de propagande le plus répandu à l’époque : les journaux. Les journaux sont  le seul moyen d’information possible pour la population française, aussi est-il tentant  pour les journaux nationalistes d’exagérer, « de grossir démesurément », voire de « mentir » afin d’encourager le nationalisme et le ressentiment contre les Allemands, ce dont s’aperçoit l’auteur de ce texte et qu’il dénonce dans ses Carnets de Guerre. On peut effectivement parler de bourrage de crâne à propos de la propagande pendant la Première Guerre Mondiale.

Cette propagande vise à faire croire que l’armée française est bien meilleure que l’armée allemande, et que l’ennemi ne sait pas ce que c’est de s’attaquer à l’armée française (Document 3).

Un deuxième but de cette propagande est de faire croire que l’ennemi allemand est capable de toutes les turpitudes et qu’il a tous les vices : «… ces barbares, … malandrins, … bandits ». (Document 2).

Question 3

Entre les Documents 1 et 3, il y a eu l’assassinat à Sarajevo de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, le 28 Juin 1914, ce qui explique l’évolution de l’image de l’ennemi : dans le Document 1, il est indélicat, voire grossier. Dans le Document 3, c’est devenu un ogre prêt à manger les soldats Français tout crus.

En effet, l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand entraîne toute l’Europe dans la guerre, comme une étincelle qui met le feu aux poudres.

L’engrenage des alliances entre les différents pays les entraîne tous dans la guerre : l’Autriche-Hongrie menace la Serbie, coupable de l’assassinat.

La Russie, alliée de la Serbie, menace l’Autriche-Hongrie et obtient le soutien de la France.

C’est  la mobilisation générale en Europe. Le 3 Août, l’Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique, ce qui provoque l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne.

Dans tous les pays, c’est l’Union Sacrée : les divisions et les oppositions sont oubliées, le peuple entier se mobilise pour défendre les intérêts nationaux. Ainsi, en France, après l’assassinat de Jean Jaurès le 31 Juillet 1914, les socialistes (la SFIO et la CGT), malgré leur pacifisme, se rallient au gouvernement d’union nationale, afin de combattre  « l’ogre envahisseur» représenté dans le Document 3.

Question 4

Le Document 5 est un passage d’une lettre écrite par un soldat Français pendant la Guerre de 14-18, et extraite du livre Lettres d’un fils (1914-1918).

Dans cet extrait, on est témoin d’une conversation entre un soldat Français et un soldat Allemand.

La conversation commence par un engagement de la part des deux parties de ne pas se tirer dessus pendant que le soldat Français franchit la ligne ennemie, ce qui est déjà assez étrange en soi puisque c’est la guerre…

Ensuite, les deux soldats s’expriment en allemand et échangent des banalités terribles quand on se rend compte du contexte…

En fait, leur conversation traduit un des problèmes principaux des soldats des deux camps : le manque de nourriture et la faim.

Ensuite, lorsqu’il est question de la paix, on voit bien que c’est le désir profond des soldats, qu’ils soient Français ou Allemands, et c’est d’ailleurs ce désir commun et profond de paix qui permet la fraternisation entre eux.

La dernière phrase : « Quel mal à s’entendre, et quel bien ce serait ! » traduit la réalité de l’époque. La haine de l’ennemi est institutionnalisée par la propagande officielle, car les Etats Français et Allemands n’arrivent pas à s’entendre, mais dans les faits, les ennemis des soldats Français sont leurs compagnons d’infortune Allemands, et comme l’écrit ce soldat, ce serait « bien » pour eux que leurs gouvernements respectifs s’entendent.

Question 5

Les Documents 1, 2, 4 et 5 montrent les attitudes différentes face à l’ennemi : la moquerie (Document 1), la compassion (Documents 2 et 5), enfin la cruauté (Documents 2 et 4).

Mais ces documents montrent surtout comment ces trois attitudes sont imbriquées entre elles : chaque Français de l’époque peut passer d’une attitude à l’autre.

Par exemple dans le Document 2, l’auteur raconte l’arrivée des premiers prisonniers de guerre Allemands en Août 1914 : la foule présente est très excitée contre les Allemands. L’auteur parle de « clameur d’imprécations et de malédictions », il mentionne que « des galopins jetaient des pierres » : on comprend bien que l’auteur excuse ces excès car il juge que la foule a été intoxiquée par de faux bruits répandus par les journaux et par la propagande ambiante (Document 1).

Ainsi, lorsque cette foule va connaître la vérité, « cette haine farouche s’atténua », ce qui prouve bien qu’une foule peut passer de la cruauté à la compassion.

Dans le Document 4, on a pratiquement le même cas de figure : l’auteur est un ancien combattant et il raconte combien il aimait tuer : « Surprendre l’ennemi dans sa tranchée, sauter sur lui, jouir de l’effarement de l’homme… ». Or, dans ses mémoires, ce soldat exprime qu’il est passé de la cruauté à la compassion, peut-être même à la compassion envers lui-même : « Et c’est cette défloraison de l’âme que j’ai pardonnée le moins facilement à la guerre ».

De même, dans le Document 5, nous avons déjà parlé de l’ambiguïté de la scène : deux soldats qui vont peut-être se tuer l’un l’autre le lendemain, ont une conversation qu’on peut qualifier de banale et qui se termine par un « geste à demi-amical ».

>

La plateforme qui connecte profs particuliers et élèves

Vous avez aimé cet article ? Notez-le !

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) 5,00 (1 note(s))
Loading...

Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !