Lorsque par 452 voix monsieur Vincent Auriol est élu à la magistrature suprême, le 16 janvier 1947, il devient le premier président de la IVe République. La France est un pays où les femmes votent depuis un an. C’est un pays à reconstruire où tout manque ou presque. L’éclairage des vitrines y est interdit parce que l’électricité manque. Elle manque parce que manque le charbon : d’autres secteurs de l’économie en ont besoin. Le pain manque aussi. Le gouvernement se voit contraint de fixer à deux jours à Paris et à trois en province, les jours de fermeture obligatoire des boulangeries. Cependant dans ce pays, dès 1949, l’Institut National de statistiques économiques révèle qu’un Français sur deux part en vacances. L’un des moyens de transport parmi les plus utilisés est la 4 CV, produite par Renault. Dans la France qui se reconstruit, rares sont ceux qui mettent en cause le progrès, ou qui en doutent. La ville du Havre, qui commence à se dresser sur des plans de Perret, peut prétendre passer pour un modèle. On inaugure en 1948 « la Cité radieuse » de Le Corbusier... On élabore chez Marcel Bloch-Dassault un avion à réaction. On peut, dès le mois de juin 1950, écouter la Radiodiffusion française en stéréophonie. Certains installent dans leur cuisine un réfrigérateur. On voit même, dans les campagnes, les facteurs des Postes commencer de faire leurs tournées au volant de 2 CV. Dans ce monde qui bouge sourdement, les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler. Elles ne sont pas les dernières à faire des études à l’Université, et si toutes ou presque rêvent du « New Look » que conçoit le couturier Christian Dior, celui-ci reste réservé à quelques « happy few ». Nombreuses sont celles qui s’émeuvent en écoutant la Môme Piaf... D’autres applaudissent les ballets de Roland Petit. On lit le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir. On applaudit Gérard Philipe au Théâtre National populaire de Jean Villard.
La France est aussi le pays des grèves. En janvier 1948 et en septembre 1949, malgré l’aide américaine, deux nouvelles dévaluations sont nécessaires. La métallurgie, les mines sont le théâtre de grèves dures. Et pourtant la reconstruction du pays impose de tels efforts dans tous les domaines qu’on ignore le chômage et que très vite les restrictions disparaissent. Dès 1951, la production industrielle du pays dépasse ce qu’elle avait été, à son sommet en 1929. L’agriculture, quant à elle, se heurte entre autre à l'exiguïté de la plupart des exploitations. Qui plus est, le matériel demeure encore inadapté. Ce n’est qu’avec difficulté que l’on parvient à produire en France au début des années 50 ce que l’on produisait à la fin des années 30. Dans la même période de ce début des années 50, c’est une crise du logement que connaît la France. Pourtant les difficultés du monde agricole lancent vers les villes et leurs périphéries industrielles une main-d’œuvre toujours plus nombreuse, qu’il faut loger.
Mais la France d'alors est aussi un Empire qui commence de se lézarder. Malaises en Tunisie, au Maroc. Difficultés et combats en Indochine. C’est que cette France d’après la seconde guerre mondiale doit affronter la menace que la « guerre froide » fait peser sur le monde. Un monde coupé en deux depuis Yalta, où Joseph Staline pour l’Union Soviétique, le président Roosevelt pour les Etats-Unis et le premier ministre britannique Winston Churchill pour le monde libre, ont marqué leurs zones d’influence. Derrière les colonies qui se dressent peu à peu pour réclamer leur indépendance, on soupçonne l’influence du parti communiste, celui de l’Union Soviétique comme celui de la Chine. Cette crainte du communisme amène un certain nombre de Français à choisir l’école libre, et donc catholique, pour donner un enseignement à leurs enfants...
En dépit des tensions sociales, en dépit des craintes que suscitent les colonies, en dépit des doutes que les Français peuvent avoir à propos de leur monnaie, la France ne veut pas cesser de rêver. Elle rêve aussi bien avec le mariage d’une certaine Brigitte Bardot (qu’on appelle déjà BB) et de Roger Vadim le 22 décembre 1952, qu'avec avec un médecin de vingt-cinq ans, un certain docteur Bombard qui traverse seul l’Atlantique sur un radeau pneumatique l’année précédente. Et elle commence de chanter, scandalisée ou gauloise, la chanson d’un jeune chanteur, un certain Georges Brassens : « Gare au gorille ».

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !