Maire du palais (741-751), puis roi des Francs (751-768)
Fils cadet de Charles Martel. Avant de mourir, en 741, ce dernier avait organisé un partage de la Francie entre ses deux fils : à Pépin revient la Neustrie, la Provence, l’Aquitaine et la Bourgogne ; à Carloman l’Austrasie et la Thuringe. Bien que gouvernant en tant que maires du palais, les frères sont les maîtres du royaume. Mais, s’ils exercent un pouvoir de fait, ils n’en détiennent pas pour autant le titre royal. Le trône est vacant depuis la mort de Thierry IV (737). Ils y installent Childéric III, en 743. Acte d’apaisement pour les partisans de la dynastie mérovingienne, mais également volonté de maintenir juridiquement l’unité de l’Etat. Unité vascillante qu’il faut sans cesse, sur tous les fronts, protéger. Ainsi, secondé par Carloman, Pépin doit faire face à de nombreuses révoltes. Elles sont réprimées en Alsace, en Saxe, chez les Alamans (742-746). Peu après, Carloman abdique en faveur de son frère pour se faire moine à l’abbaye italienne du mont Cassin (747). Pépin soumet seul la Bavière (749). Depuis le retrait de Carloman, il reste unique maire du palais. De nouveau, Austrasie et Neustrie se trouvent réunies entre les mains d’un seul homme. La fiction royale mérovingienne devient inutile. Profitant d’une relative paix intérieure, Pépin pense que les conditions sont favorables pour prétendre au trône. Prudent, il demande conseil auprès du pape Zacharie. Avis favorable : « Mieux vaut appeler roi celui qui possède le pouvoir. » Childéric III est déposé pour incapacité, relégué dans un monastère (751). Pépin se fait alors élire roi des Francs par une assemblée des grands du royaume, au « champ de mai » de Soissons. C’est un véritable coup d’Etat, très habilement conçu. Le principe ancestral de la désignation du roi par son peuple en armes est respecté. Le lieu choisi pour la cérémonie est également significatif : en choisissant Soissons, Pépin s’inscrit dans la continuité franque et rassure les éléments conservateurs. Reste à justifier que la royauté change de famille. Conciliante, l’Eglise vient à l’aide de Pépin, en puisant dans des références bibliques pour trouver un précédent. Ainsi l’évêque saint Boniface peut-il procéder à une liturgie encore jamais vue en Gaule : le sacrement d'un roi par une onction d‘huile sainte (752). Par cette action, la légitimité de Pépin est désormais établie, mais elle implique des obligations. Si le souverain est devenu un personnage sacré, envers qui l’obéissance est un devoir religieux, il est tenu, en contrepartie, de pourvoir à la protection de l’Eglise. L’occasion se présente en 754 lorsque le pape Etienne II, pressé par l’avance des Lombards sur Rome, vient lui-même trouver le nouveau roi en France pour le supplier d’intervenir. Après avoir obtenu la promesse écrite de son intervention, le pape procède personnellement, en l’église abbatiale de Saint-Denis, au renouvellement du sacre de Pépin (28 juillet 754), puis au sacre de ses fils, Charles (futur Charlemagne) et Carloman. Un moine de Saint-Denis témoigne : « Le même jour, le souverain pontife bénit la reine Bertrade, femme de Pépin, et fit défense à tous, sous peine d’interdit et d’excommunication, d’oser jamais choisir un roi issu d’un autre sang que celui de ces princes, que la divine piété avait daigné confirmer et consacrer de la main du bienheureux pontife, leur vicaire. » La royauté de droit divin était née. Le roi, comme ses descendants, est montré comme l’élu du dieu des chrétiens. Après cette confirmation solennelle, Pépin s’acquitte aussitôt de sa dette envers l’Eglise. Il prend la tête de deux expéditions en Italie (en 754 et en 756) contre les Lombards, auxquels il enlève l’exarchat de Ravenne et la Pentapole pour les remettre à la papauté. Ces territoires libérés consolident le pouvoir temporel du pape et constitueront  l’embryon des Etats pontificaux. En serviteur zélé de l’Eglise, Pépin patronne les missions évangélisatrices en Germanie de saint Boniface, qui réforme le clergé franc et devient le haut dignitaire ecclésiastique de l’Austrasie. Si les relations entre Pépin et le Saint-Siège se révèlent solides, l’autorité du roi demeure fragile à l’intérieur du royaume. L’esprit de révolte des populations et des familles aristocratiques n’est jamais complètement étouffé, les assises territoriales sont rarement définitives. Des menées subversives dans les régions périphériques obligent le roi à reprendre les armes. En 759, il guerroie contre les Sarrasins, s’empare de Narbonne et soumet la Septimanie (bas Languedoc). De 760 à 768, il doit entreprendre cinq campagnes pour réduire des rébellions en Aquitaine et finir par annexer la totalité du duché. Cette dernière conquête terminée, Pépin tombe malade alors qu’il fait une halte dans la ville de Saintes. Revenu à Saint-Denis, il y meurt quelques jours plus tard, le 24 septembre 768. Mais, avant de mourir, fidèle à la vieille conception franque selon laquelle le royaume est le patrimoine privé du roi, Pépin le Bref avait partagé ses Etats entre se deux fils, Charles et Carloman.

A cette époque vivaient:

CHILDEBERT Ier (v. 495-558)

CLOTAIRE Ier (497-561)

RADEGONDE, Sainte (v. 520-587)

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !