Fils aîné de Pépin le Bref et de Bertrade (ou Berthe au grand pied), Charles a vingt-six ans quand il succède à son père. Excepté par sa taille (peut-être 1,90 m), il n’est pas encore Carolus Magnus qui lui a valu son surnom de Charles le Grand ou Charlemagne. Cependant, il se distingue déjà par son intelligence, la fermeté de son caractère, son sens de l’organisation. En cette année 768, il partage avec son frère Carloman l’héritage laissé par Pépin. Il a été élevé à la royauté dans la ville de Noyon, Carloman à Soissons. La répartition des Etats que chacun gouverne a été bizarrement faite, juxtaposant dans les mêmes régions les pouvoirs des deux héritiers. C’est le cas de l’Aquitaine. Or, dès la mort de Pépin, une révolte y éclate, et Carloman refuse le soutien de Charles pour la réprimer. C’est la preuve du caractère impraticable d’un gouvernement à deux, mais aussi de la fragilité de la soumission des régions à l’autorité royale. Le décès prématuré de Carloman (771) résout la première difficulté : Charles prend possession de tous les territoires de son frère. Reconnu seul maître par les grands, il va s’appliquer à trouver une solution à la seconde : asseoir son plein pouvoir sur des bases solides tout en rétablissant l’unité du royaume franc. Qu’elle soit militaire, administrative, politique ou culturelle, l’œuvre immense de Charlemagne occupera sans relâche les quarante-trois années de son règne. Première intervention en Italie : Didier, roi des Lombards, menace les Etats que Pépin Le Bref avait donné à la papauté. Charlemagne accourt à l’aide du pape. Il assiège et prend Pavie (juin 774), fait prisonnier Didier et se fait couronner roi des Lombards, à Monza, près de Milan. Au nord, la Saxe échappe encore à la domination franque. Par terre ou par mer, en utilisant les flotilles frisonnes, la conquête est longue et meurtrière (772-803). Peuple de pillards idolâtres, les Saxons se révoltent après chaque campagne, derrière leur chef Widukind. 4 000 de ses hommes sont mis à mort à Verden et Charlemagne promulgue des lois impitoyables (778). Après une période de soumission, les luttes reprennent : vaincus, les Saxons sont massivement déportés, isolés dans différents Etats du royaume, convertis de force, définitivement matés (794-797). En Bavière, les velléités d’indépendance sont durement réprimées. Le duc Tassilon à la tête des rebelles est capturé et enfermé à l’abbaye de Jumièges (788). Annexée au royaume, toute la Germanie en augmente considérablement l’étendue mais aussi la difficulté d’en protéger les frontières. A l’est, les raids répétés des Avars, redoutable peuple de nomades sillonnant les plaines de Pannonie (Hongrie), obligent à des ripostes musclées (791-796). Elles aboutissent à la destruction de leur forteresse, le « ring », et la prise d’un énorme butin qui servira à financer la politique intérieure de Charlemagne. Au sud, la situation est inquiétante. La menace permanente d’incursions sarrasines exige de nombreuses campagnes (795-801), avant la création de la marche d’Espagne, entre Pyrénées et Ebre. Une première expédition se solde par un épisode malheureux, rapporté dans la Chanson de Roland. A la prière du gouverneur de Saragosse, et pour secourir les chrétiens espagnols, Charlemagne prend personnellement le commandement de deux armées (778). La première occupe Pampelune, la seconde Barcelone et Gérone, mais quoique réunies devant Saragosse elles ne peuvent s’emparer de la ville. Charlemagne décide de repasser les Pyrénées avant l’hiver. Au défilé de Roncevaux, l’arrière-garde tombe dans une embuscade montée par des montagnards basques : Roland, comte de la marche de Bretagne, et nombre de ses compagnons y perdent la vie (15 août 778). Sur les côtes, les coups de mains des Normands (Danois) fragilisent les frontières maritimes et forcent Charlemagne à se constituer une flotte plus efficace. A l’intérieur, dans ce qui constitue la France et le noyau solide du royaume, seules la Bretagne celtique et l’Aquitaine résistent encore. Malgré plusieurs campagnes, Charlemagne doit se contenter de la soumission temporaire des chefs bretons. En revanche, il réussit à maintenir dans l’obéissance les Aquitains. Pour ménager leurs tendances autonomistes, il fait de cette province un royaume particulier, sous l’autorité de son fils Louis, en 781. Au nord, au sud, à l'est et à l'ouest, les frontières du royaume franc sont progressivement protégées par les territoires conquis et la création de marches, sorte d’Etats tampons organisés militairement pour résister aux envahisseurs.
Aussi fermement qu’il conduit sa politique de conquête territoriale et d’intense colonisation franque, Charlemagne entreprend la réorganisation de ses Etats. Cette complète refonte, qui s’appuie sur le clergé et l’aristocratie, est fondée sur le serment de fidélité appliqué à tous les échelons de la société (préfiguration du système féodal). Les sujets (vassaux) sont regroupés en royaumes, duchés, comtés (plus de 200), diocèses. Les comtes, nommés et révocables par le souverain, sont les rouages essentiels dans la machinerie administrative. Ils gèrent les immenses domaines royaux, lèvent les tributs, réunissent les assemblées juridiques (les plaids), fournissent les contingents militaires, participent aux assemblées annuelles des dignitaires au palais du roi. Egalement nommés, les évêques n’ont pas seulement un rôle religieux. Ce sont des auxiliaires du pouvoir, assurant la transmission et l’exécution des ordonnances ou décrets royaux (capitulaires), des commissaires chargés d’inspecter les régions (missi dominici). En s’appuyant encore sur l’Eglise, et à l’instigation du moine Alcuin, Charlemagne réalise sa grande œuvre de politique scolaire et culturelle. Tout l’effort d’éducation du peuple, et par là d’unification, passe par l’instauration d’écoles paroissiales, épiscopales ou monastiques. Ces dernières instruisent les clercs, réforment l’écriture (création de la « caroline ») et se révèleront bientôt de brillants foyers de culture, formant les futures élites de savants et de lettrés. La ferveur religieuse qui dicte les actes de Charlemagne favorise aussi ce qu’on appelle la « renaissance carolingienne », souvent inspirée du modèle byzantin et antique. Renouveau en architecture (palais d’Aix-La-Chapelle, plus de cinq cents églises et monastères), en arts décoratifs (mosaïques, fresques, enluminures des livres saints) en orfèvrerie liturgique, en musique (chant grégorien). L’essor culturel doublé d’un véritable élan économique et de l’institution d’une monnaie unique achève de construire la cohésion et la stabilité de l’Etat. Reste le couronnement impérial de Charlemagne. S’il n’est pas hostile à l’idée, c’est son entourage qui pousse le roi des Francs et des Lombards à accéder à la dignité d’empereur. Tout au long de son règne, l’action quasi sacerdotale de Charlemagne n’a fait que consolider son alliance avec le Saint-Siège. Aussi, quand le pape Léon III est accusé d’immoralité et privé de pouvoir, il le prend sous sa protection et se rend à Rome pour arbitrer le différend devant le concile (23 déc. 8OO). Lavé de tout soupçon, le pape met soudainement la couronne impériale sur la tête de Charlemagne, le 25 décembre, alors qu’il est est en prière dans la basilique Saint-Pierre. Une assemblée de Francs et de Romains l’acclament : « A Charles Auguste, couronné par Dieu, grand et pacifique empereur des Romains, vie et victoire ! » L’Empire chrétien d’Occident était né (reconnu à Byzance par l’empereur d’Orient en 812 seulement). Le prestige de cette dignité nouvelle ne changea guère la politique de Charlemagne, ni l’organisation de l’Etat. Vieillissant et le plus souvent retiré dans son palais, il préside au règlement de sa succession (806), en respectant la pratique franque de partage du pouvoir monarchique, entre ses trois fils, Charles, Pépin et Louis. Ses frères aînés décédés en 810 et en 811, le futur Louis le Pieux se trouve seul héritier d’un empire immense, s’étendant de l’Ebre à l’Elbe, de la mer du Nord à l’Adriatique. Quelques mois avant de mourir dans sa capitale d’Aix-La-Chapelle (28 janv. 814), Charlemagne lui avait imposé lui-même la couronne impériale.

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A cette époque vivaient :

CARLOMAN (751-771)

EGINHARD (770-840)

ROLAND (?-778)

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !