17 janvier 1800    Traité entre Bonaparte et les derniers chefs vendéens.
Les Chouans capitulent. Bonaparte leur offre solennellement son pardon, assorti de menaces en cas de refus. C’est davantage par épuisement que par adhésion au gouvernement que les Vendéens acceptent la paix.

13 février 1800    Création de la Banque de France.
Soucieux de faire la guerre dans de bonnes conditions financières, Bonaparte crée la Banque de France, dont les statuts ont été approuvés, le 6 janvier. Elle est dirigée par un conseil de quinze régents et présente un capital de 30 millions.

14 février 1800    Soumission de Cadoudal.
Cadoudal qui est l’un des chefs de la chouannerie a repris la guerre en 1799. Le 18 Brumaire a arrêté son élan et il doit se soumettre. Cette soumission n’est pas une résignation. En Angleterre, il prépare un coup d’Etat contre Bonaparte qui aura lieu le 15 février 1804 et pour lequel, condamné à mort, il sera exécuté le 28 juin 1804.

28 février 1800    Plébiscite de la Constitution de l’an VIII.
Ce plébiscite a pour raison d’être de donner le pouvoir aux trois consuls désignés par Sieyès, que sont Bonaparte, Cabacéres et Lebrun ; il a été appliqué avant même que les résultats (truqués) ne soient connus.

3 mars 1800    Clôture de la liste des émigrés.
Rassurés par les mesures d’apaisement promulguées en leur faveur, 50 000 émigrés dont certains ont quitté la France dès les derniers jours de juillet 1789, peuvent rentrer en France.

1er juin 1800    Premiers essais de vaccination en France.
Le Premier consul Bonaparte est favorable à la vaccination contre la variole, mise au point par le médecin anglais Edward Jenner en 1796. On procède ce jour aux premiers essais en France. Pour donner l’exemple, en dépit des condamnations du clergé, des réticences et des peurs, Napoléon Ier fera vacciner le roi de Rome. Les cas de variole seront réduits aux trois quarts, dès 1814.

14 juin 1800    Bataille de Marengo.
A 9 heures du matin, la bataille s’engage. Les 22 000 Français font face à 30 000 Autrichiens. A 14 heures, la situation est critique. Victor est à court de munitions. Il abandonne l’artillerie à l’ennemi. Tout à coup, Desaix arrive à la rescousse et livre un combat d’arrière-garde pour mettre fin à la retraite. Marmont mitraille l’avant-garde autrichienne. Au cours de l’attaque, Desaix est tué. Kellerman et ses cavaliers fondent sur le flanc gauche de l’ennemi. Surpris, les Autrichiens se débandent. Commentaire le lendemain de Bonaparte à l’attention des consuls de la République : « Les nouvelles de l’armée sont très bonnes. Je serai bientôt à Paris. Je ne peux pas vous en dire davantage. Je suis dans la plus profonde douleur de la mort de l’homme que j’aimais et que j’estimais le plus. » Il s’agit de Desaix.

15 juillet 1800    Début des signatures du Concordat avec le Saint-Siège.
Depuis dix mois, les négociations sont ardues et le travail que demande chacun des articles est infini. Le secrétaire d’Etat du pape Pie VII, monseigneur Consalvi, par sa finesse et son habileté permet l’élaboration d’un document définitif que l’on commence de signer en ce jour. La religion catholique est considérée comme « celle de la majorité des Français ». Il revient au gouvernement de désigner les évêques que le pape institue. L’Etat garantit aux prêtres et aux évêques un traitement. L’Eglise, pour sa part, s’engage à ne pas inquiéter ceux qui ont fait l’acquisition de biens ecclésiastiques.

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30 septembre 1800    Traité franco-américain de Mortefontaine.
Les navires américains saisis par les corsaires du roi à l’occasion de la guerre contre le commerce maritime avec l’Angleterre enveniment les relations entre les deux républiques depuis des mois. Par ce traité, les deux gouvernements français et américain mettent fin au malentendu.

1er octobre 1800    Restitution de la Louisiane à la France.
Par le traité de San Ildefonso, la Louisiane revient à la France en échange de territoires nouveaux cédés au duché de Parme, possession d’un Bourbon d’Espagne.

24 décembre 1800        Attentat contre le Premier consul.
La bombe qui explose sur le chemin de l’Opéra, rue Saint-Nacaise, fait dix morts, vingt blessés, quelques quarante-six maisons sont endommagées ou même détruites. Le Premier consul est indemne… Son récit est celui-ci : « J’avais beaucoup travaillé toute la journée et le soir, j’étais fatigué… Je me suis jeté sur un canapé dans le salon de ma femme et je m’endors. Quelque temps après, Joséphine arrive, elle me réveille, et insiste pour que j’aille à l’Opéra… Bon gré mal gré, je me lève, et me mets en voiture accompagné par Lannes et Bessières. J’avais tellement envie de sommeil que j’étais endormi lorsque l’explosion eut lieu. » Pour marquer qu’il a de la chance, Bonaparte commente encore le soir même : « N’est-ce pas que je suis la poule blanche ? » Une centaine d’anciens révolutionnaires seront déportés à la suite de cet attentat, qui permet de museler les Jacobins comme les chaouans.

9 février 1801    Paix de Lunéville.
La paix, signée entre la France et l’Autriche, confirme le traité de Campoformio. Par celui-ci, les Autrichiens ont été chassés d’Italie à l’exception de la Vénétie et ont abandonné à la France la rive gauche du Rhin, l'actuelle Belgique, où sont créés quatre départements.

9 mai 1801    Toussaint Louverture promulgue une Constitution.
Par la Constitution qu’il promulgue, Toussaint Louverture institue en pratique l’indépendance de Saint-Domingue dont il est le seul maître. Le 8 juillet suivant, il se fera nommer gouverneur à vie de l’île.

7 novembre 1801    Volta présente sa pile électrique à Bonaparte.
Alessandro Volta fait, devant le général Bonaparte, à l’Institut, la démonstration de sa pile électrique. Bonaparte demande à ce qu’une médaille d’or soit décernée à l’inventeur, qui a répondu au général s’inquiétant de la place de Dieu dans l’expérience que Dieu n’avait pas été une hypothèse nécessaire. Il le fait comte et le pensionne. Les volts, unités de tension électrique, tiennent leur nom de celui de Volta.

4 janvier 1802    Mariage de Louis Bonaparte et de Hortense de Beauharnais.
Exigé par Bonaparte, le mariage entre son frère Louis et la fille de Joséphine, sa femme, sera très malheureux. De cette union naîtra Charles Louis Napoléon Bonaparte qui devient Napoléon III en 1852.

18 janvier 1802    Epuration du Tribunat.
Bonaparte, Premier consul, fait éliminer par le Sénat vingt tribuns hostiles au régime.

25 mars 1802    Traité d’Amiens entre la France et l’Angleterre.
Cette paix signée par Joseph Bonaparte et Cornwallis avec l’Espagne, la Hollande et l’Angleterre est la première qui soit signée par la France depuis 1792. Elle est accueillie avec enthousiasme.

26 avril 1802    Amnistie pour tous les émigrés rentrant en France.
Un sénatus-consulte accorde l’amnistie à tous les émigrés inscrits sur la liste à condition qu'ils reviennent en France, avant le 23 septembre, et qu’ils acceptent de jurer fidélité au régime.

19 mai 1802    Loi instituant la Légion d’Honneur.
Cinq jours plus tôt, le Premier consul à vie a écrit : « En exécution de l’article 87 de la Constitution concernant les récompenses militaires et pour récompenser aussi les vertus civiles, il sera formée une Légion d’honneur. Je défie qu’on me montre une république ancienne ou moderne dans laquelle il n’y ait pas eu des distinctions. On appelle cela des hochets ; eh bien, c’est avec des hochets que l’on mène les hommes. » En ce 19 mai, le décret est voté par le corps législatif.

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2 août 1802    Bonaparte nommé consul à vie.
« Le peuple français nomme et le Sénat proclame Napoléon Bonaparte Premier consul à vie. » Sur plus de 3,5 millions de votants lors du plébiscite, il n’y a guère que 8 000 non, dont 60 à Paris.

13 septembre 1802    Disgrâce de Fouché.
Talleyrand, Joseph et Lucien Bonaparte, furieux d’être espionnés sans cesse par les hommes de la police de Fouché, obtiennent du Premier consul Bonaparte sa disgrâce. L’empereur supprime le ministère de la Police.

26 décembre 1802    Décret assurant un traitement aux prêtres catholiques.
A la suite du Concordat de 1801, les « articles organiques » placent l’église catholique sous la dépendance de Bonaparte. Les prêtres recevront un traitement annuel de cinq cents francs.

15 mars 1803    Enlèvement du duc d’Enghien.
Bonaparte croit que le duc d’Enghien a trempé dans un complot royaliste contre sa personne. Sans attendre les preuves que pourrait apporter une enquête, il le fait enlever en pleine nuit par un escadron de dragons dans sa maison d’Ettenheim. Le prince sera exécuté le 25 mars au soir dans les fossés de Vincennes.

4 avril 1803    Fesch nommé ambassadeur de France à Rome.
Oncle de Napoléon, le cardinal Fesch est chargé de négocier la venue du pape à Paris pour le sacre de l’empereur.

12 avril 1803    Interdiction des coalitions ouvrières.
Les ouvriers n’ont guère d’autres formes d’associations que le compagnonnage qui ne concerne qu'un petit nombre d’entre eux. Il faudra attendre 1884 pour que la liberté d’association leur soit enfin reconnue.

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3 mai 1803    Les Etats-Unis achètent la Louisiane à la France.
Envoyé par le président américain Jefferson, l’ambassadeur Monroë, offre 80 000 000 francs à la France en échange de la Louisiane. Bonaparte cède aussitôt. La Louisiane deviendra en 1812 le dix-huitième Etat des Etats-Unis.

29 mai 1803    Acte de Malmaison.
Une assemblée de notables suisses adopte l’acte de Malmaison proposé par Napoléon, le 29 avril 1801, par lequel il arbitrait le conflit entre centristes et fédéralistes dans la République helvétique. Napoléon dont la Suisse n’est pas le premier des soucis ne lui demande que des contributions financières et des contingents de soldats.

9 août 1803    Essai de navigation sur la Seine d’un bateau à vapeur.
Pour la première fois, à la stupéfaction des Parisiens qui sont sur les berges, on voit passer sur la Seine, à près de 6 km/heure et qui plus est à contre-courant, un bateau long d’un peu plus de 21 mètres. Celui-ci a été mis au point par un Américain du nom de Robert Fulton ; il est mu par un moteur à vapeur d’une puissance de huit chevaux qui entraîne des roues à aubes. Si les badauds sont étonnés, en revanche les autorités restent parfaitement indifférentes à cette invention.

27 septembre 1803    Alliance franco-suisse.
En tant que médiateur, Napoléon Bonaparte permet à la Suisse de rétablir l’Etat fédéral. Treize cantons sont restaurés et six nouveaux sont créés.

19 novembre 1803    Capitulation de Rochambeau.
Toussaint Louverture a été intraitable. Il a proclamé l’indépendance de l’île de Saint-Domingue le 7 octobre 1801 en dépit des proposition que lui avait faites l’empereur. Napoléon a donc pris la décision d’en finir avec une expédition militaire. Le 2 novembre, le maréchal Leclerc est parti reconquérir l’île. Mais Leclerc a été emporté par la fièvre jaune après avoir durement lutté pour reprendre le contrôle de l’île. Rochambeau lui a succédé. Ses tentatives pour redresser la situation ont été vaines. D’autant qu’en mai 1803, en raison de la rupture de la Paix d’Amiens, les Anglais ont instauré un blocus. En ce jour Rochambeau est contraint de se rendre avec ses 3 800 hommes. Le 4 décembre suivant, l’évacuation de l’île par les Français sera terminée.

1er décembre 1803    Création du livret ouvrier.
Un arrêté daté de ce jour complète la loi du 22 Germinal An XI (12 avril 1803). Celui-ci détermine que tout ouvrier doit posséder un livret, qui lui sera délivré par la police ou par la municipalité du lieu où il réside. Ce livret sera à la disposition du patron chez lequel travaille l’ouvrier et aussi longtemps que celui-ci sera à son service. Tous les emplois successifs devront y être mentionnés. L’ouvrier qui change de résidence doit impérativement être muni de son passeport et de ce livret. Tout ouvrier dépourvu de ces documents sera considéré comme un vagabond et encourra une peine de six mois de prison. Ce livret ne sera aboli qu’en 1890…

22 janvier 1804    Apparition des premiers vélocifères.

21 mars 1804    Code civil.
Le code civil, élaboré par une commission constituée le 24 mars 1802 et dirigée par le juriste Pigeau, s’inspire de l’ordonnance de Lamoignon de 1667 qui a été simplifiée. Il est présenté au Conseil d’Etat qui lui consacrera 24 séances d’études. Il compte 2281 articles qui régissent la famille. Il ne tardera pas à prendre le nom de Code Napoléon.

21 mars 1804     Exécution du duc d’Enghien.
Le duc d'Enghien, fils unique du dernier prince de Condé, soupçonné sans preuve d’avoir été mêlé au complot de Cadoudal, après avoir été enlevé et jugé sommairement à Vincennes par un tribunal militaire, est fusillé dans les fossés du château.

18 mai 1804    Etablissement de l’Empire.
Un sénatus-consulte proclame Bonaparte « empereur des Français et de la République française » sous le nom de Napoléon Ier « Le gouvernement de la République est confié à un empereur héréditaire. » Le titre d’empereur a été choisi parce que plus « républicain » que celui de roi…

25 novembre 1804    Entrevue de Napoléon et de Pie VII.
L’oncle de Napoléon, le cardinal Fesch, a réussi à convaincre le pape Pie VII de venir à Paris y sacrer son neveu. C’est à Fontainebleau que le protocole a prévu la rencontre du pape et de l’empereur. Lorsqu’il apprend que Pie VII vient de quitter Nemours, Napoléon, sous le prétexte d’une chasse, prend le galop et rejoint la Croix de Saint-Hérem, où il sait que le cortège papal doit passer. Lorsque la voiture du souverain pontife arrive, l’empereur met pied à terre. Les deux hommes se saluent. L’empereur monte dans la voiture du pape et ils continuent ensemble la route jusqu’au château de Fontainebleau.

2 décembre 1804    Couronnement de Napoléon.
La veille, sur ordre du pape, le cardinal Fesch a béni religieusement le mariage de l’empereur avec Joséphine. En ce 2 décembre le carrosse impérial conduit par huit chevaux isabelle, qui a quitté les Tuileries et qui est passé par la rue Saint-Honoré, s’arrête devant Notre-Dame de Paris. La foule sur tout le parcours n’a cessé d’acclamer le couple impérial qui descend maintenant du carrosse. L’empereur est vêtu d’un manteau de velours cramoisi. Sa tête est ceinte d’une couronne de feuilles de laurier d’or. La robe de l’impératrice est constellée de pierreries. En entrant dans la cathédrale, l’empereur se penche vers son frère : « Joseph, si notre père nous voyait ! » Après les onctions saintes reçues du souverain pontife même, l’empereur prend dans les mains du pape la couronne qu’il se pose lui-même sur la tête, puis il couronne l’impératrice. Pie VII proclame alors face à la foule des dignitaires de l’empire : « Vivat imperator in aeternum ! » L’acclamation est reprise par toute l’assistance. Puis le pape se retire dans la sacristie et laisse l’empereur prêter serment. Au soir de ce sacre, dont la décoration a été l’œuvre de David et qui a été ponctué par le Te Deum de Paisiello, des motets de Lesueur et le Vivat de l’abbé Roze, l’empereur assure : « Je n’ai pas succédé à Louis XVI, mais à Charlemagne. »

4 février 1805    Décret fixant la numérotation des rues à Paris.
Jusqu’à ce jour, les maisons des rues de Paris n’étaient pas numérotées. Par ce décret, le premier pas vers le Paris d’aujourd’hui est fait. Mais il faudra attendre 1860 pour que les vingt arrondissements soient créés.

18 mars 1805    Napoléon roi d’Italie.
Parce que son frère Joseph a décliné l’offre qui lui était faite, Napoléon, ce 17 mars, dans la salle du trône des Tuileries reçoit les membres de la Consulta d’Italie et accepte la couronne de fer lombarde. Il est proclamé roi d’italie. Il sera couronné le 26 mai suivant dans la cathédrale de Milan.

26 mai 1805    Napoléon est sacré roi d’Italie à Milan.
C’est avec faste que la cérémonie se déroule dans la cathédrale de Milan. Napoléon ceint la couronne de fer lombarde. Puis il désigne comme vice-roi son beau-fils, Eugène de Beauharnais. Et il repart aussitôt pour le camp de Boulogne.

25 septembre 1805    L’armée de Napoléon franchit le Rhin.
En ce jour les 250 000 hommes qui forment l’armée de Napoléon franchissent le Rhin. Après toutes ses victoires, que couronne celle d’Austerlitz, elle méritera le nom de Grande Armée.

20 octobre 1805    Capitulation d’Ulm.
La veille, Napoléon Ier écrit à l’impératrice : « La garnison d’Ulm pose demain les armes à 3 heures après midi. Il y a 27 000 hommes dont 3 000 à cheval, et 60 pièces de canon attelées. » En ce jour, en signe de reddition, le général Mack remet son épée à l’empereur. Les soldats autrichiens qui défilent devant le vainqueur jettent à ses pieds toutes leurs armes.

21 octobre 1805    Bataille de Trafalgar.
L’amiral Villeneuve, en dépit de l’ordre précis de l’empereur, a différé son départ pour les côtes du royaume de Naples, où il aurait dû soutenir l’action de Gouvion-Saint-Cyr contre les Bourbons. Il redoute d’avoir à affronter l’escadre anglaise. Au matin de ce 21 octobre, avec les navires espagnols de l’amiral Gravina, il se décide à sortir de Cadix. Au large du cap Trafalgar, il se retrouve face aux Anglais. Mais les navires qu’il commande s’étirent sur une ligne de quelque six kilomètres. Nelson coupe cette ligne en trois. Une mêlée violente et confuse s’engage. Cinq heures plus tard, le centre et l’arrière de Villeneuve sont défaits. Il ne reste que quinze des trente-trois bâtiments de la flotte de Villeneuve. Les autres sont pris ou coulés. 7 000 marins ont été tués, se sont noyés ou sont hors de combat. A bord du vaisseau amiral Victory, Nelson agonise : « Grâce à Dieu, j’ai fait mon devoir. »

28 octobre 1805    Création de la Caisse des contributions de l’extraordinaire.
Cette Caisse des contributions de l’extraordinaire est créée pour collecter les contributions de guerre imposées aux pays vaincus.

15 octobre 1805    Prise de Michelsberg.
Ce village domine Ulm, où les armées autrichiennes du général Mack, quelque 40 000 hommes, sont retranchées. Cette prise rend possible les négociations qui conduiront à la capitulation d’Ulm cinq jours plus tard.

13 novembre 1805    Entrée des troupes françaises dans Vienne.
Trois jours plus tôt Murat est arrivé devant Vienne, dont il a attaqué les faubourgs. Il s’est rendu maître des ponts sur le Danube. En ce jour, il entre dans la ville suivi des grenadiers d’Oudinot et de la division de Suchet. Le lendemain, c’est le tour des troupes de Soult et de Davout. A Schönbrunn, Napoléon Ier écrit alors : « Le corps d’armée du maréchal Soult a traversé Vienne à 9 heures du matin. Celui du maréchal Davout la traverse en ce moment. » A la nouvelle de la chute de Vienne, on chante à Paris : « Sans reprendre haleine/ Comm’ nous l’espérions/ L’emp’reur est dans Vienne/ Avec ses bataillons/ Mais qu’il s’en revienne/ Pour que nous le chantions. »

2 décembre 1805    Bataille d’Austerlitz.
Au soir de cette victoire qui met fin à la troisième coalition, l’empereur donne à ses soldats cet ordre du jour : « Il vous suffira de dire “j’étais à la bataille d’Austerlitz” pour qu’on vous réponde “voilà un brave !” »

26 décembre 1805    Traité de Presbourg.
« La paix a été signée à Presbourg ce matin, à 4 heures, entre M. de Talleyrand et MM. le prince de Liechtenstein et le général Gyulai. » Par ce traité que la France signe avec l’Autriche après la victoire d’Austerlitz, l’Autriche renonce à la Vénétie, tandis que la Bavière, alliée de Napoléon, reçoit le Tyrol. Enfin, une page ancienne de l’histoire de l’Europe est tournée : une clause secrète supprime le Saint Empire romain germanique.

30 décembre 1805    Napoléon accepte d’être appelé « le Grand ».
La bataille d’Austerlitz détermine le Tribunat à proposer à l’empereur que son nom soit désormais Napoléon le Grand. Celui-ci accepte.

15 février 1806    Joseph Bonaparte proclamé roi de Naples.
Joseph a refusé la couronne d’Italie l’année précédente mais accepte avec plaisir celle de Naples. Il devra la quitter, l’année suivante, sur ordre de son frère Napoléon qui vient de faire de lui un roi d’Espagne.

17 février 1806    Décret pour la construction d’un arc de triomphe à Paris.
Il est décidé que l’Arc de triomphe sera élevé sur la colline de Chaillot, tandis qu’un autre se dressera place du Carrousel pour célébrer la gloire des armées de Napoléon Bonaparte. Percier et Fontaine sont chargés de celui du Carrousel et Chalgrin construit celui de l’Etoile.

30 mars 1806    Joseph Bonaparte est proclamé roi des Deux-Siciles.
Joseph Bonaparte, qui a refusé à son frère Napoléon la couronne d’Italie, est proclamé roi de Naples et des Deux-Siciles, ce qu’il accepte avec joie.

10 mai 1806    Création de l’Université impériale.
Par cette loi, complétée le 17 mars 1808, l’Université impériale est créée. Elle est chargée exclusivement de l’éducation des garçons et c’est le poète et critique Fontanes, fondateur du Mercure, qui en devient le grand maître.

5 juin 1806    Louis Bonaparte proclamé roi de Hollande.
Napoléon proclame son frère Louis roi de Hollande. Louis ne sera qu’un fantôme de souverain. Jugement de Napoléon sur son frère : « Tout le monde sait que hors de moi vous n’êtes rien. »

14 octobre 1806    Bataille d’Iéna.
A 3 heures du matin, après la bataille qui vient d’être livrée, Napoléon Ier écrit à l’impératrice : « Mon amie, j’ai fait de belles manœuvres contre les Prussiens. Ils étaient 150 000 hommes ; j’ai fait 20 000 prisonniers, pris cent pièces de canon et des drapeaux. J’étais en présence et près du roi de Prusse ; j’ai manqué de le prendre ainsi que la reine. » La Prusse est défaite. 45 000 Prussiens sont hors de combat et Brunswick, général en chef de l’armée prussienne, est mort.

21 novembre 1806    Blocus continental.
L’empereur ne parvient pas à venir à bout de l’Angleterre par les armes. Il choisit donc une autre méthode. Il s’agit, pour répondre au blocus mis en place par les Anglais depuis mai, d’interdire l’accès des navires anglais au continent. Le décret donné en ce jour à Berlin par Napoléon ordonne : « Tout commerce et toute correspondance avec les îles britanniques sont interdits. » En outre, toutes les marchandises qui proviennent d’Angleterre peuvent être saisies. Les navires qui auraient fait escale dans un port britannique sont menacés de saisie s’ils viennent à relâcher dans un port du continent.

27 novembre 1806    Napoléon arrive à Posen (Poznan).
Le 25, Napoléon à quitté Berlin. En ce 27 novembre, dans la soirée, il reçoit une délégation de Polonais. Il constate : « Les Polonais sont animés de la meilleure volonté. Ils montrent une grande ardeur de recouvrer leur indépendance : la noblesse, le clergé, les paysans ne font qu’un. »

7 janvier 1807    Blocus des ports de France par l’Angleterre.
Les échecs français en Espagne ont permis aux Anglais de reprendre pied sur le continent. Ils en profitent pour bloquer les ports de France et décrètent aussi le blocus de ses colonies.

8 février 1807    Bataille d’Eylau.
La bataille que Napoléon livre à l’armée russe et qu’il gagne laissera le souvenir d’une véritable boucherie. Grâce au courage des troupes de Murat, de Ney, d’Augereau et de Davout, la victoire est remportée. Mais sur 60 000 hommes, 25 000 sont morts et blessés.

19 avril 1807    Propos sur l’histoire de Napoléon.
Dans les observations qu’écrit régulièrement l’empereur, Napoléon note en ce 19 avril : « Il est reçu qu'un historien est un juge qui doit être l’organe de la postérité, et que l’on exige de lui tant de qualités, tant de perfections, qu’il est difficile de croire qu’une bonne histoire puisse se commander. »

14 juin 1807    Bataille de Friedland.
Les Français affrontent les 50 000 Russes que dirige Bennigsen. Le lendemain, Napoléon écrit à l’impératrice : « Mes enfants ont dignement célébré l’anniversaire de la bataille de Marengo ; la bataille de Friedland sera aussi célèbre et aussi glorieuse pour mon peuple. Toute l’armée russe mise en déroute ; 80 pièces de canon, 30 000 hommes pris ou tués ; 25 généraux russes, tués, blessés ou pris ; la garde russe écrasée : c’est une digne sœur de Marengo, Austerlitz, Iéna. »

25 juin 1807    Début des négociations de Tilsit.
Un radeau sur lequel un pavillon a été aménagé est amarré sur le Niemen. C’est là que, dix jours après la bataille de Friedland, Napoléon Ier, empereur des Français, et Alexandre Ier, tsar de Russie, se rencontrent. Le tsar assure : « Je hais les Anglais autant que vous. » Réponse de Napoléon : « En ce cas, la paix est faite. » Au soir de la rencontre, Napoléon note : « J’ai été fort content de lui ; c’est un beau, bon et jeune empereur ; il a de l’esprit plus qu’on ne pense communément. » Pendant vingt jours, ils rêvent d’un partage du monde : l’Occident irait à la France, l’Orient à la Russie.

16 août 1807    Proclamation de Jérôme roi de Westphalie.
Napoléon accorde à son plus jeune frère, Jérôme, un petit royaume fait de bric et de broc qui a la vertu de permettre le passage des troupes de l’armée impériale sur la rive droite du Rhin. Prodigue de fêtes, Jérôme y sera un souverain dispendieux.

19 août 1807    Suppression du Tribunat.
L’empereur supprime cette assemblée docile chargée de discuter les projets de lois du gouvernement. Tous les membres sont reclassés dans l’administration impériale.

8 décembre 1807    Jérôme Bonaparte roi de Westphalie.
Napoléon a créé de toutes pièces ce royaume de Westphalie qui lui est nécessaire pour atteindre l’Autriche. Il en donne la couronne à son plus jeune frère, Jérôme. Le 15 novembre, l’empereur lui a écrit : « Mon frère, vous trouverez ci-joint la Constitution de votre royaume. Cette Constitution renferme les conditions auxquelles je renonce à tous mes droits de conquête et à mes droits acquis sur votre pays. Vous devez les suivre fidèlement. N’écoutez point ceux qui vous disent que vos peuples, accoutumés à la servitude, recevront avec ingratitude vos bienfaits. » Les bienfaits du roi seront d’interminables fêtes…

4 janvier 1808    Visite de Napoléon à l’atelier de David.
Le peintre David est en train d’achever la toile qui représente le sacre, lorsqu’il est honoré de la visite impériale.

22 janvier 1808     Proposition de Napoléon sur l’Empire ottoman.
L’empereur Napoléon propose à l’ambassadeur d’Autriche Metternich qu’ils joignent leurs forces à celles de la Russie pour démembrer l’Empire ottoman.

1er mars 1808    Création de la noblesse impériale.
Un sénatus-consulte organise la noblesse d’Empire. Napoléon Ier, pour marquer la création d’une dynastie, crée la noblesse d’Empire et y associe quelques familles de l’ancien régime.

6 juin 1808    Murat devient roi de Naples.
Joseph Bonaparte, qui s’est vu contraint par son frère Napoléon d’accepter la couronne d’Espagne, cède à regret sa couronne de Naples à Murat qui, le 15 juillet suivant, deviendra Joachim Ier, roi de Naples.

30 juillet 1808    Joseph Bonaparte fuit Madrid.
Murat et ses mamelouks ont écrasé le 2 mai l’insurrection madrilène. C’est le 20 juillet que le frère de Napoléon Ier Joseph Bonaparte est entré malgré tout dans Madrid, où, roi, il se fait appeler don José primero. En ce 30 juillet, l’hostilité du peuple madrilène contraint Joseph à fuir. Il n’a pas encore reçu la lettre de son frère Napoléon, qui lui a écrit le 24 : « Il ne s’agit pas de mourir, mais de se battre et d’être victorieux. » Le piège espagnol commence à saper l’empire. Napoléon en prendra conscience dès le 29 septembre : « Ces diablesses d’affaires d’Espagne, elles me coûtent cher ! »

17 septembre 1808    Monopole de l’enseignement accordé à l’université.
Napoléon confie à Fontanes la direction de l’université impériale, qu’il veut laïque et à laquelle il confère le monopole de l’enseignement. En dépit de la volonté de l’empereur, Fontanes laisse se créer des institutions privées et introduit dans l’université même un grand nombre de prêtres.

12 octobre 1808    Convention d’Erfurt.
Après plusieurs heures de conversation, Napoléon renforce son alliance avec le tsar de Russie. A son propos, il écrit à l’impératrice même : « … s’il était femme, je crois que j’en ferais mon amoureuse ». Secrète, la convention est signée. Elle reconnaît au tsar autorité sur la Finlande, la Moldavie, la Valachie turque. Napoléon renonce à l’extension du Grand Duché de Varsovie. Alexandre laisse à Napoléon les mains libres en Espagne et promet son intervention contre l’Autriche. Officiellement le texte public ne précise que ceci : « Sa Majesté l’empereur des Français, roi d’Italie, et Sa Majesté l’empereur de toutes les Russies, voulant rendre de plus en plus étroite et à jamais durable l’alliance qui les unit, confirment et en tant que besoin est renouvellent l’alliance conclue entre eux à Tilsit. »

10 novembre 1808    Victoire de Burgos.
Au soir de ce 10 novembre, Napoléon écrit à son frère Joseph, roi d’Espagne : « Mon frère, je partirai à 1 heure du matin pour être rendu avant le jour à Burgos, où je ferai mes dispositions pour la journée, car vaincre n’est rien, il faut profiter du succès. » Au moment où l’empereur écrit ces lignes, les généraux Soult et Bessières viennent de remporter une victoire à Burgos même.

10 juin 1809    Excommunication de Napoléon Ier.
Napoléon a annexé les Etats pontificaux à l’Empire le 17 mai par le décret de Schönbrunn. Le 10 juin, une bulle du pape Pie VII Quem Memorando excommunie Napoléon sans le désigner nommément pour avoir violé la souveraineté temporelle du saint Siège.

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6 juillet 1809     Bataille de Wagram.
Une fois de plus, Napoléon est face aux armées autrichiennes. Le Danube sépare les deux armées. Le 4, Napoléon fait occuper l’île Lobau. Un violent orage, vers 9 heures du soir, permet à l’empereur de faire jeter sur le bras nord du fleuve trois ponts, par lesquels ses troupes passent. Le 5, l’armée française affronte en vain les Autrichiens. Leur position en équerre surprend l’empereur. Mais le 6, son plan de bataille prend en compte ce qu’il a découvert. La bataille commence par une intense préparation d’artillerie. Et l’attaque est lancée à la charnière de l’équerre autrichienne. L’armée autrichienne, coupée en deux, se replie. Epuisée, la cavalerie française ne parvient pas à poursuivre les fuyards. Qu’importe à l’empereur qui écrit à Joséphine : « L’armée ennemie fuit en désordre et tout marche selon mes vœux. Mes pertes sont assez fortes ; mais la victoire est décisive et complète. »

14 octobre 1809    Traité franco-autrichien de Schönbrunn.
« La paix a été signée, il y a deux heures, entre Champagny et le prince de Liechtenstein », confirme Napoléon. La France obtient toutes les provinces autrichiennes du Sud-Est. La Prusse obtient quant à elle le Hanovre et cède à la France Neuchâtel ; les principautés d’Ansbach et de Bayreuth sont rétrocédées au royaume de Bavière, qui lui-même donne à Napoléon les duchés de Berg et de Clèves. En outre l’empereur d’Autriche se voit contraint de verser à la France soixante-quinze millions d’indemnités de guerre.

6 janvier 1810    Traité de paix entre la France et la Suède.
Par ce traité, la France restitue à la Suède une partie de la Poméranie, en échange de son adhésion au blocus continental.

1er février 1810     Prise de Séville.
Par la volonté du roi d’Espagne, Joseph Bonaparte, Soult prend Séville. Mais la junte qui continue de ne pas admettre que le frère de Napoléon Ier puisse usurper le trône des Bourbons, prisonniers en France, parvient à s’enfuir à Cadix, ultime foyer de la résistance espagnole.

5 février 1810    Rétablissement de la censure et des prisons d’Etat.
Napoléon rétablit la censure et déclare : « Le droit d’imprimer n’est pas du nombre des droits naturels. » Il crée les prisons d’Etat pour, selon ses propres mots, « les personnes détenues sans qu’il soit convenable ni de les faire traduire devant les tribunaux ni de les mettre en liberté ».

11 mars 1810     Mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise.
François II d’Autriche, pour sceller sa réconciliation avec Napoléon, lui a donné en mariage sa fille Marie-Louise d’Autriche. Le mariage est célébré à Vienne par procuration, en présence de Berthier qui représente l’empereur. Le mariage civil aura lieu à Saint-Cloud le 1er avril suivant.

3 juin 1810     Publication du code pénal.
Promulgué en février, le code pénal est publié ce jour. Ce qu’aussitôt les juristes remarquent c’est la liberté d’interprétation que laisse aux juges un pareil texte qui introduit la notion de « circonstances atténuantes ».

18 octobre 1810    Décret de Fontainebleau.
La saisie massive de marchandises anglaises de contrebande à Francfort-sur-le-Main a précipité la promulgation de ce nouveau décret, qui, à la suite de la mise en place du blocus continental, renforce encore les contrôles douaniers.

13 décembre 1810    Sénatus-consulte portant l’empire à 130 départements.
L’empire français, qui compte désormais 130 départements au lieu des 98 créés par la Constituante en 1790, s’étend de la mer du Nord à l’Adriatique. Cette dimension est rendue possible par l’annexion de la Hollande, du Piémont, de la Ligurie, de la Toscane, de Parme, des Etats pontificaux, du Valais et de la côte allemande de la mer du Nord.

20 février 1811    Election de Chateaubriand à l’Académie française.
A la suite de la publication de son Itinéraire de Paris à Jérusalem, François-René de Chateaubriand est élu à l’Académie française. Napoléon qui n’admet pas qu’un opposant puisse être reçu sous la coupole lui interdit de prononcer son discours de réception.

23 février 1812    Annulation du Concordat par Napoléon Ier.
L’échec du concile de Paris en 1811 a laissé ouvert le conflit entre le pape et Napoléon. L’église refuse de donner l’investiture canonique aux nouveaux évêques. Le Condordat est abrogé.

9 mai 1812    Départ de Napoléon pour la campagne de Russie.
L’empereur quitte Saint-Cloud avec l’impératrice pour Dresde où l’attend un parterre de rois de la Confédération du Rhin. Parmi eux : le roi de Saxe, celui de Prusse, l’empereur d’Autriche, le roi de Westphalie… Douze jours plus tard, il quitte Dresde pour le Niemen où l’attend la Grande Armée.

7 septembre 1812    Bataille de la Moskova.
Le général russe Koutouzov s’est installé à Borodino entre la Moskova et la Kolocza. A 6 heures du matin, Davout et Ney attaquent au centre les fortifications de Semenovskoïe et la grande redoute qu’ils emportent au prix de très lourdes pertes. Eugène de Poniatowski fait diversion sur les ailes. Napoléon, qui ne veut pas engager sa réserve, laisse les Russes se replier vers Moscou. Cette bataille, au cours de laquelle aucune tactique n’a été mise en œuvre, s’achève sur un terrible bilan : 50 000 Russes et 30 000 Français viennent de mourir. A la boucherie, les Russes donnent le nom de Borodino. Napoléon l’appelle bataille de la Moskova afin qu’elle passe pour être une victoire devant Moscou.

14 septembre 1812    Napoléon entre à Moscou.
La bataille de la Moskova lui a ouvert les portes de la ville. Napoléon s’y installe. Mais à peine est-il entré que de toutes parts des incendies se déclarent. La ville brûle. Les Russes ont choisi de ne pas permettre que l’usurpateur occupe leur capitale. Quelques jours plus tard, Napoléon écrit à Alexandre Ier : « Monsieur mon frère, la belle et superbe ville de Moscou n’existe plus. Rostopchine l’a fait brûler. Quatre cents incendiaires ont été arrêtés sur le fait ; tous ont déclaré qu’ils mettaient le feu par les ordres de ce gouverneur et du directeur de la police. Ils ont été fusillés. »

18 août 1812    Entrée de Napoléon à Smolensk.
Constat de l’empereur : « Je rentre à l’instant ; la chaleur est excessive et il y a beaucoup de poussière, ce qui nous fatigue un peu. Nous avons eu ici toute l’armée ennemie, elle avait ordre de donner ici bataille, et ne l’a pas osé. Nous avons pris Smolensk de vive force. »

23 octobre 1812    Début de la retraite de Russie.
« Fussé-je mort à Moscou, ma renommée serait celle du plus grand conquérant qu’on ait connu. Mais les sourires de la Fortune étaient à leur fin. » C’est ainsi que Napoléon se souviendra à Sainte-Hélène de ce que fut le début de la retraite de Russie. En ce jour Napoléon évacue Moscou brûlée, où il est resté plus d’un mois. Les armées de Koutouzov le contraignent à reprendre la même route qu’à l’aller. Mais celle-ci n’est plus que ruines et terres brûlées. Qui plus est, un autre ennemi attend la Grande Armée, l’hiver russe.

28 octobre 1812    Jugement du général Malet.
Nombreux furent ceux qui ont cru à la nouvelle que le général Malet a fait courir dans Paris : l’empereur est mort devant Moscou. Malet, qui n’en est pas à son premier complot et qui a été interné dans la maison de santé du docteur Dubuisson, a réussi cependant à convaincre quelques soldats, à faire libérer quelques généraux républicains et à former une ébauche de gouvernement provisoire. Le général Hulin, commandant la place de Paris, s’est pourtant opposé à lui et a l’arrêté avec ses douze complices. Ils sont en ce jour condamnés à mort. Le lendemain à l’aube, ils seront fusillés. Personne malgré cette tentative de coup d’Etat n’a eu la présence d’esprit de songer à l’Aiglon. « Ce diable de roi de Rome, on n’y pense jamais ! », déclare Frochot, préfet de Paris.

29 novembre 1812    Passage de la Berezina.
Constat de l’empereur : « L’armée est nombreuse, mais débandée d’une manière affreuse. » Trois jours plus tôt la Grande Armée est arrivée devant la Berezina. Il fait -20 °C le jour. La nuit la température descend jusqu’à -30 °C. Si Oudinot et Ney cherchent à retarder l’avancée des troupes russes de Koutouzov, il faut au gros des troupes passer le fleuve. A 1 heure du matin le 28, les troupes de Victor se sont les premières engagées sur les ponts. 25 000 combattants parviennent à passer et 30 000 hommes qui ne peuvent plus combattre passent encore. L’armée n’a perdu que 25 canons et peut se replier vers Vilna. Le 29 au matin, Eblé met le feu aux ponts pour empêcher les Russes de poursuivre l’armée française. L’incendie déclenche une panique : des hommes se noient dans les eaux glacées. Quelque 8 000 hommes qui n’ont pas eu le temps de passer sont massacrés par les cosaques. Avant d’arriver à Vilna l’empereur écrit encore : « L’armée n’est pas belle à montrer aujourd’hui. »

5 décembre 1812    Napoléon quitte la Grande Armée.
L’empereur vient d’apprendre par un courrier que le général Malet a annoncé sa mort à Paris. S’il apprend aussi que celui-ci a été fusillé le 29 octobre, il n’admet pas que, à l’annonce de sa disparition, on n’ait pas crié « L’empereur est mort ! Vive l’empereur ! » Conscient de la précarité de la monarchie qu’il a fondée, il quitte en ce jour précipitamment la Grande Armée épuisée par la retraite de Russie pour gagner Paris au plus vite. On lui rapportera à son arrivée, le 18 décembre, le mot du préfet de Paris, Frochot : « Ce diable de roi de Rome, on n’y pense jamais ! »

25 janvier 1813    Concordat de Fontainebleau.
Napoléon et Pie VII signent un semblant de concordat en onze articles. Le pape signe à contrecœur et les cardinaux vont se rétracter. Le pape en fait autant le 24 mars. Dès le lendemain, en manière de riposte, Napoléon nomme douze évêques.

26 juin 1813     Entretien de Napoléon avec Metternich.
L’entretien est tendu entre le ministre des Affaires étrangères de l’empereur d’Autriche, Metternich, et l’empereur des Français. Metternich se présente en tant que médiateur entre la France, d’une part, et la Russie et la Prusse, de l’autre. Napoléon le soupçonne de n’être pas impartial. « Sire, nous ne pouvons rester neutres ; il faut que nous soyons ou pour vous ou contre vous. » L’entretien s’achève sur cette menace : « Vous êtes perdu, Sire ; j’en avais le pressentiment en arrivant, maintenant j’en suis convaincu. » Quelques deux semaines plus tard, l’Autriche déclare la guerre à la France…

27 août 1813    Bataille de Dresde.
Le 27 même, Napoléon note : « J’ai remporté hier une grande victoire à Dresde sur les armées autrichiennes, russes et prussiennes, commandées par l’empereur d’Autriche, l’empereur de Russie et le roi de Prusse. On amène beaucoup de prisonniers, des drapeaux et des canons. » Il est conscient que ses ennemis ne sont pas en retraite et qu’il lui faut encore lancer le roi de Naples, Murat, avec trente-huit bataillons du duc de Bellune contre les armées russes et autrichiennes, que commande Schwarzenberg. Au soir, 38 000 Russes et Autrichiens sont tués. Et 10 000 Français sont morts.

12 août 1813    L’Autriche déclare la guerre à Napoléon.
Après le désastre subi en Russie par Napoléon, une sixième coalition s’est formée contre lui. La Prusse, la Russie et l’Angleterre en sont déjà les piliers. La Suède les rejoint. Napoléon n’a pas la moindre illusion : « Je n’ai pas la nouvelle que l’Autriche m’ait déclaré la guerre ; mais je suppose que j’en recevrai la nouvelle dans la journée. »

8 octobre 1813    Wellington envahit le Midi de la France.
Le duc de Wellington, qui a déjà infligé une défaite décisive aux Français à Vitoria en Espagne, poursuit les armées françaises et remonte jusqu’à Toulouse.

11 décembre 1813    Traité de Valençay.
Le comte de Laforest, ambassadeur de France à Madrid, est envoyé par l’empereur auprès du roi d’Espagne Ferdinand VII, interné au château de Valençay depuis 1808. Le traité rend l’Espagne au fils de Charles IV que l’on nomme « le Désiré ». Le roi s’engage à ne céder aucun territoire à l’Angleterre. Le cardinal de Bourbon, recevant à Madrid ce traité qu’il a fallu moins d’un mois pour mettre au point, refusera d’en accepter les termes tant que le roi Ferdinand ne sera pas libéré et de retour dans son royaume.

1er janvier 1814    Capitulation de Dantzig.
C’est après un long siège commencé le 12 janvier 1813 et soutenu par le général Rapp, gouverneur de la ville, que Dantzig se rend et est restituée à la Prusse.

11 janvier 1814     Trahison de Murat.
Napoléon ayant refusé de lui céder l’Italie, Murat, roi de Naples, signe un traité d’alliance avec l’Autriche.

11 février 1814    Bataille de Montmirail.
Vainqueur à la Rothiére et se croyant débarrassés de Napoléon, les alliés autrichiens, prussiens et russes ont divisé leurs forces. Les Autrichiens descendent vers Paris par la Marne. L’empereur décide de les écraser les uns et les autres séparément. A Montmirail où il compte arriver avant le prussien Yorck et le russe Sacken, il parvient à les séparer. Une retraite précipitée permet au Russe de sauver ses troupes au prix de son train d’équipage qu’il doit abandonner.

31 mars 1814    Capitulation de Paris.
Les alliés entrent dans Paris après la défaite de Napoléon Ier et invitent le Sénat à nommer un gouvernement provisoire et à préparer une nouvelle constitution. Pendant ce temps, Napoléon s’établit avec son armée au château de Fontainebleau.

6 avril 1814     Abdication de Napoléon Ier.
Le 4, il a abdiqué en faveur de son fils, le roi de Rome, et de l’impératrice, régente. C’est désormais sans condition que l’empereur doit abdiquer. « L’empereur Napoléon renonce pour lui, ses successeurs et descendants, à tout droit de souveraineté tant sur l’Empire français et le royaume d’Italie que sur tout autre pays. » Cinq jours plus tard, un article complémentaire lui garantit la souveraineté de l’île d’Elbe…

20 avril 1814    « Adieux de Fontainebleau » .
Après son abdication, contraint de partir pour l’île d’Elbe, Napoléon fait ses adieux à sa garde. « Soldats de ma vieille garde, je vous fait mes adieux. Depuis vingt ans, je vous ai trouvé constamment sur le chemin de l’honneur et de la victoire… Adieux mes enfants ! Je voudrais vous presser tous sur mon cœur. Que j’embrasse au moins votre drapeau. »

3 mai 1814    Entrée solennelle de Louis XVIII à Paris.
Ce roi obèse et podagre de soixante-cinq ans revient à Paris après vingt-trois ans d’exil. La veille à Saint-Ouen, il a fait une déclaration où il a remis en cause la constitution rédigée par le Sénat. Il fait son entrée dans Paris qu’il va exaspérer par sa mollesse et les coteries qui l’entourent.

4 juin 1814    Publication de la Charte octroyée par Louis XVIII.
Louis XVIII qui vient de monter sur le trône promulgue la « charte » qu’il octroie à la France. Le mot « constitution », parce qu’il lui rappelle trop la révolution, lui est intolérable. Qui plus est, pour marquer la continuité avec le règne de son frère Louis XVI, il date cette charte de la 19e année de son règne. Le préambule rappelle que l’autorité réside dans la seule personne du roi.

10 avril 1814    Choix de l’île d’Elbe.
Napoléon qui a dû abdiquer est contraint à l’exil : « Je jetai les yeux sur un coin de terre où je pusse être mal et profiter des fautes que l’on ferait. Je me décidai pour l’île d’Elbe. Cet acte fut celui d’une âme de rocher. Je suis d’un caractère bien singulier, sans doute, mais on ne serait pas extraordinaire, si l’on était d’une trempe à part. Je suis une parcelle de rocher lancée dans l’espace. »

30 mai 1814    Traité de Paris entre la France et les puissances alliées.
Signé par monsieur le comte d’Artois, frère du roi et futur Charles X, par les représentants de l’Angleterre, de l’Autriche, de la Prusse et de la Russie, ce traité stipule : « Le royaume de France conserve l’intégrité de ses limites, telles qu’elles existaient à l’époque du 1er janvier 1792. »

1er novembre 1814    Ouverture du congrès de Vienne.
Depuis plusieurs semaines les diplomates ont entamé leurs conversations. Talleyrand a réussi a imposé sa présence pour représenter la France ; Metternich est là pour l’Autriche, Nesselrode pour la Russie, Castlereagh pour l’Angleterre, pour la Prusse enfin Humboldt et Hardenberg. Ceux qui furent des alliés se déchirent. Parmi les problèmes, le sort de la Pologne, celui de la Saxe, celui des Etats italiens… En ce jour, le congrès est ouvert officiellement. Les rapports secrets et les intrigues n’en cessent pas pour autant.

1er mars 1815    Napoléon déparque à Golfe-Juan.
Il est parti de l’île d’Elbe, dérisoire « royaume » qui est le sien depuis son exil, sur l’Inconstant avec une poignée d’hommes. En ce jour, vers 13 heures, le brick accoste à Golfe-Juan. L’aventure des Cent-Jours vient de commencer.

7 mars 1815    A Laffrey, ralliement de troupes légitimistes à Napoléon.
Sur la route de Paris où il compte reprendre le pouvoir, Napoléon est arrêté au défilé de Laffrey par une troupe légitimiste qui lui barre la route. L’empereur découvre sa poitrine : « S’il en est un qui veuille tuer son empereur , me voici ! » On l’acclame. La Bedoyère qui commande la troupe se met à ses ordres. Les portes de Grenoble s’ouvrent devant lui.

20 mars 1815    Napoléon entre à Paris.
Tandis que Napoléon entre par un côté des Tuileries, Louis XVIII entre par un autre. Jusqu’à ce vingtième jour depuis son débarquement à Golfe-Juan, l’empereur n’a rencontré aucun obstacle.

22 avril 1815    Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire.
Napoléon Ier a son retour de l’île d’Elbe souhaite donner un aspect libéral à l’Empire. Il donne le pouvoir législatif à deux chambres. La liberté individuelle et celle de la presse sont proclamées.

1er juin 1815    Assemblée dite du « Champ de Mai ».
Alors que Napoléon vient de chasser Louis XVIII et qu’il vient de proposer une nouvelle constitution, pour asseoir sa popularité, il organise une grande fête au Champ-de-Mars en souvenir de la Révolution et des arbres de la liberté. Il paraît habillé de satin blanc et couvert du manteau du sacre.

15 juin 1815     Début de la campagne de Belgique.
La veille, devant Charleroi, face aux troupes prussiennes de Blücher, Napoléon a lancé à ses soldats : « Pour tout Français qui a du cœur, le moment est arrivé de vaincre ou de périr. » En ce 15 juin, le soir, il écrit au maréchal comte Grouchy : « A 10 heures, la bataille était finie et nous nous trouvions maîtres de tout le champ de bataille. »

18 juin 1815    Bataille de Waterloo.
Le matin, Napoléon ne doute pas de la victoire. « Nous avons quatre-vingt-dix chances pour nous. Je vous dis que Wellington est un mauvais général, que les Anglais sont de mauvaises troupes, et que ce sera l’affaire d’un déjeuner. » Il tombe des trombes d’eau. L’empereur ne donne le signal du combat qu’en fin de matinée. Les charges de Ney arrivent trop tôt et sont désordonnées. Les troupes de Grouchy tardent. Blücher, en revanche, arrive. Dans le jour qui tombe, on confond la débandade de quelques troupes de la Garde avec celles de la Vieille Garde. Les cris « Tout est perdu ! La Garde est repoussée ! » se font entendre. C’est le sauve qui peut. Le lendemain, Napoléon confie : « J’avais en moi l’instinct d’une issue malheureuse. » Cependant, il écrit au roi Joseph : « Tout n’est point perdu. »

21 juin 1815     Retour de Napoléon Ier à Paris.
L’empereur rentre à Paris, crotté et épuisé. « Il y avait trois jours que je ne mangeais pas ! J’étais très fatigué. En arrivant, je me suis jeté au bain et j’ai mangé. » Les vivats et les applaudissements des Parisiens ne lui laissent cependant aucune illusion. Au soir, il écrit à la fin d’un message à la Chambre des représentants : « Ma vie politique est terminée. »

22 juin 1815     Seconde abdication de Napoléon.
Après sa défaite à Waterloo, Napoléon abdique pour la seconde fois. « Je m’offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France. Puissent-ils être sincères dans leurs déclarations et n’en avoir jamais voulu qu’à ma personne. Unissez-vous tous pour le salut public et pour rester une nation indépendante. Je proclame mon fils sous le nom de Napoléon II, empereur des Français. »

8 juillet 1815    Entrée de Louis XVIII à Paris.
C’est à Gand que Louis XVIII s’est réfugié pendant les Cent-Jours. Certains à Paris depuis la défaite de Waterloo chantent : « Rendez-nous notre père de Gand ! Rendez-nous notre père ! » D’autres raillent : « Rendez-nous notre paire de gants ! » Le 7, le roi est à Saint-Denis. Talleyrand et Fouché viennent se présenter au roi auquel ils se rallient. Chateaubriand note : « Tout à coup, une porte s’ouvre : entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, monsieur de Talleyrand soutenu par monsieur Fouché. » Lorsqu’en ce 8 juillet, le roi rentre aux Tuileries, les chambellans n’ont pas eu le temps de faire retirer les tapis semés d’abeilles et d’aigles. Ils s’en excusent. Réponse du roi : « Mais au contraire, j’ai plaisir à marcher dessus. »

31 mai 1815    Traité de Vienne.
Autour de la table, la Prusse, la Hollande, l’Autriche et l’Angleterre forment une nouvelle coalition. Sa première décision est de décréter Napoléon Ier hors la loi.

1er août 1815    Licenciement de l’armée impériale.
Le 22 juin 1815, Napoléon a abdiqué sans condition. Le 15 juillet il est monté à bord du Bellérophon, qui a appareillé pour Sainte-Hélène. En ce 1er août, le roi Louis XVIII, qui est entré dans Paris le 8 juillet, dissout l’armée impériale sans solde.

14 août 1815    Début des élections de « la Chambre introuvable ».
Le retour de Louis XVIII donne lieu à l’élection d’une Chambre à laquelle les électeurs envoient des ultraroyalistes. Le roi, en apprenant les résultats des élections, s’exclame « Mais, c’est une Chambre introuvable ! », tant elle est plus royaliste que le roi.

13 octobre 1815    Exécution de Murat.
Pour ne pas perdre son royaume de Naples, Murat s’est rallié à Napoléon Ier durant les Cent-Jours. Le 8 octobre dernier il a débarqué sur la côte de Calabre, décidé à chasser les Bourbons. Il a été arrêté à Pizzo. Il aurait dû comparaître devant une commission militaire. Mais il a chassé de sa cellule le prévôt venu le chercher. Il a conclu son refus de comparaître par ces mots : « Je suis Joachim-Napoléon, roi de Naples. Sortez, monsieur ! » C’est en son absence que le tribunal l’a condamné à mort. Dans la demi-heure qui précède son exécution, il se confesse et écrit une dernière lettre à sa femme. Sur la terrasse du château où le peloton l’attend, il refuse de s’asseoir et qu’on lui bande les yeux. Aux soldats, il donne un dernier ordre : « Soldats, épargnez mon visage et visez au cœur. En joue. Feu ! »

17 octobre 1815    Arrivée de Napoléon à Sainte-Hélène.
La navigation a duré soixante-douze jours. Le Northumberland, parti de Plymouth le 7 août, arrive à Sainte Hélène. L’île, à 1 850 kilomètres des côtes de l’Afrique, n’est longue que de 17 kilomètres et large de 10. Son geôlier porte le nom d’Hudson Lowe. Napoléon enrage : « Comment les souverains de l’Europe peuvent-ils laisser polluer en moi ce caractère sacré de la souveraineté ? »

20 novembre 1815    Traité de paix de Paris.
Ce traité de Paris est le second. Le premier date du 30 mai 1814. Les signataires en sont l’Angleterre, la Prusse, la Russie, l’Autriche et la France. La France est « condamnée » à payer une indemnité de guerre de 700 millions de francs aux alliés. Elle devra subir l’occupation de leurs troupes durant trois ans dans le nord et l’est du pays. Les frais d’entretien de cette armée d’occupation seront à sa charge. L’article premier du traité stipule : « Les frontières de la France seront telles qu’elles étaient en 1790. » Enfin, toutes les œuvres d’art prises par Napoléon devront être restituées. Paris chante par dérision : « Messieurs de la Sainte-Alliance, vous partez donc ? Ah, quel chagrin ! »

7 décembre 1815    Exécution du maréchal Ney.
Ney n’a pu s’empêcher de tomber dans les bras de l’empereur à Auxerre, où il était allé l’arrêter après avoir promis qu’il le ramènerait dans une cage de fer. La Restauration ne lui pardonne pas cette trahison. Après Waterloo, il n’a rien fait pour échapper à la Terreur blanche qui s’installe. A 3 h 30 du matin en ce jour, on lui annonce à la prison du Luxembourg le verdict prononcé par la Chambre des pairs : la mort. Lorsqu’on le conduit devant le peloton d’exécution et qu’on s’apprête à lui bander les yeux il rétorque : « Ignorez-vous que depuis vingt-cinq ans, j’ai l’habitude de regarder en face la balle et le boulet ? » Quelques minutes plus tard, face aux soldats qui le mettent en joue, il lance, la main sur le cœur : « Soldats, hâtez-vous et tirez là ! »

8 mai 1816    Loi abolissant le divorce.
Parmi les mesures qui marquent la Restauration, le divorce institué en France en 1792 est aboli.

5 septembre 1816    Dissolution de « la Chambre introuvable ».
« Cette Chambre, que dans les premiers temps le roi qualifia d’introuvable, se montra folle, exagérée, ignorante, passionnée, réactionnaire, dominée par les intérêts de caste », a affirmé la comtesse de Boigne. Décidé à se défaire de cette Chambre devenue impossible, d’autant que l’empereur de Russie lui-même menace de laisser ses troupes en France si le roi ne renvoie pas de tels députés, Louis XVIII admet : « Ils finiraient par m’épurer moi-même. » A l’annonce de la dissolution, la rente monte aussitôt de trois points…

5 février 1817     Loi Laîné sur les élections.
Cette loi réforme les dispositions électorales en faveur d’une bourgeoisie urbaine. Sont électeurs les hommes de trente ans qui payent 300 francs d’impôts et les hommes de quarante ans qui payent 1 000 francs d’impôts.

12 février 1817     Loi sur la liberté individuelle.
Extrêmement libérale, elle est la première de nombreuses lois qui seront promulguées au cours de l’année.

28 février 1817    Loi sur la presse.
Cette loi permet à la presse d’opinion du plus ultra, Le Drapeau blanc, au plus à gauche, Le Constitutionnel, de s’exprimer avec une liberté retrouvée.

7 novembre 1818    Une délégation allemande vient négocier à Rethondes.
Dans la nuit du 6 au 7, les plénipotentiaires allemands traversent les lignes du front pour mettre au point avec le maréchal Foch, généralissime des forces alliées, les conditions d’un armistice signé pour trente-six jours. Celui-ci sera reconduit jusqu’au traité de Versailles, le 28 juin 1919, et entrera en vigueur le 11 novembre 1918 à 11 heures du matin.

13 février 1820    Assassinat du duc de Berry.
C’est un certain Louvel qui assassine de duc de Berry, second fils du futur Charles X, lors d’une représentation à l’opéra en lui enfonçant une alêne de cellier dans la poitrine. Le duc a la force de la retirer lui-même, puis s’effondre. En dépit des soins de Dupuytren, le prince succombe non sans avoir demander au roi Louis XVIII, son oncle, la grâce de son assassin.

12 juin 1820    Mouvement insurrectionnel à Paris.
La loi du 12 juin 1820 de « double vote », qui permet aux contribuables les plus imposés de voter deux fois, interdit à l’opposition d’avoir le moindre espoir d’une majorité à la chambre, un jour ou l’autre. Cette nouvelle disposition du régime ultra du roi Charles X provoque des émeutes dans Paris, au cours desquelles un étudiant du nom de Lallemand est tué.

5 mai 1821    Mort de Napoléon Ier.
Napoléon est âgé de cinquante et un ans. Un cancer de l’estomac le ronge. « Je sens, à l’extrémité gauche de l’estomac, une douleur qui m’accable. » A 5  heures 49, au moment précis où tonne le canon de la garnison anglaise de Sainte-Hélène, Napoléon rend « à Dieu le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l’argile humaine », selon Chateaubriand. Dans son testament, l’empereur a noté : « Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé. »

31 août 1823    Prise du fort de Trocadéro.
Dans le but de rétablir sur le trône les Bourbons d’Espagne, Louis XVIII a confié le 7 avril le commandement d’une expédition au duc d’Angoulême. La prise du fort de Trocadéro, suivie quelques jours plus tard par la chute de Cadix, aux mains des insurgés, est un succès.

16 septembre 1824    Mort de Louis XVIII.
C’est la maladie qui a touché mortellement Louis XIV qui emporte aussi en ce jour le roi Louis XVIII. Peu de temps avant de mourir, le roi désigne le duc de Bordeaux : « Que Charles X ménage la couronne de cet enfant ! » Pour la dernière fois dans l’histoire de la France, on entend crier aux Tuileries, lorsqu’il rend le dernier soupir : « Le roi est mort ! Vive le roi ! » Le docteur Brechet est moins officiel ; devant le cadavre du roi qu’il autopsie, il constate : « Voilà le roi devenu sujet… »

29 mai 1825    Charles X est sacré à Reims.
Charles X a soixante-six ans lorsqu’il monte sur le trône et qu’il est sacré à Reims. Petit-fils de Louis XV, frère de Louis XVI et de Louis XVIII, il a été l’un des premiers, dès le 17 juillet 1789, à faire le choix de l’émigration. Le roi a fait composer spécialement une messe par Luigi Cherubini pour son couronnement qu’il veut fastueux.

29 avril 1827     La dissolution de la garde nationale.
Lors d’une revue de la garde nationale, on se met à crier devant le roi Charles X : « A bas les jésuites ! A bas Villèle ! » Le roi furieux que l’on rejette son Premier ministre prend la décision de dissoudre la garde dans l’instant. Les gardes nationaux se retirent, mais gardent des armes qui vont leur servir trois ans plus tard… en 1830, lors de la révolution.

4 octobre 1827    Début des hostilités contre le dey d’Alger.
En avril, le consul de France Deval s’était rendu à la convocation du dey, exaspéré qu’une ancienne dette datant du temps du Directoire contractée à son égard par deux commerçants livournais n’ait toujours pas été payée. A trois reprises le dey a alors frappé le consul de son chasse-mouches. A la lecture du rapport lui relatant ces faits, le ministre des Affaires étrangères Villèle a exigé que des excuses soient faites à la France. Le dey a refusé. Pour obtenir ces excuses, en ce jour, une escadre française bloque le port d’Alger.

3 janvier 1828    Démission du ministère Villèle.
Il a fait voter des mesures impopulaires comme les lois limitant la liberté de la presse. Il se retire sous la pression des libéraux. C’est le cabinet du semi-libéral Martignac qui lui succède.

11 avril 1828    Etablissement des omnibus à Paris.
Stanislas Baudry crée à Paris des lignes de voitures à chevaux qu’il appelle « omnibus » comme la première ligne qu’il a créée à Nantes, en 1823, et qui partait de la boutique d’un certain Omnes. Son enseigne annonçait en latin : « Omnes omnibus », Omnes pour tous.

5 juillet 1830    Prise d’Alger.
Les troupes du corps expéditionnaire français ont débarqué le 16 juin à Sidi-Ferruch. La veille, elles ont emporté la victoire en prenant le fort l’Empereur à Staouéli. En ce 5 juillet, Alger capitule.

27 juillet 1830    Première des Trois Glorieuses.
La signature de quatre ordonnances par le roi Charles X, dont l’une remet en cause la liberté de la presse, met le feu aux poudres. Le 26, sans autorisation, Le National, Le Temps et Le Globe publient ce manifeste : « Le régime légal est interrompu, celui de la force a commencé. L’obéissance cesse d’être un devoir. » Paris se soulève en dépit de la certitude du maréchal de Marmont qui a assuré au roi que Paris n’oserait pas bouger. Ce 27 juillet est la première des trois journées, les Trois Glorieuses, qui chassent les Bourbons du trône de France.

30 juillet 1830    Rétablissement de la garde nationale.
Les journées révolutionnaires de Paris des 27, 28 et 29 juillet que sont les Trois Glorieuses ont chassé les Bourbons. Les Tuileries ont été prises. La garde nationale est rétablie. La Fayette en reçoit le commandement.

2 août 1830    Abdication de Charles X.
A Rambouillet, où il s’est réfugié pendant les trois journées d’émeutes qui l’ont renversé, Charles X, parce que le duc d’Angoulême refuse la couronne, signe son abdication en faveur de son petit-fils, le comte de Chambord. Il se peut qu’en ce jour il se souvienne de la conversation qu’il a eue avec Talleyrand lorsqu’il déclara à ce dernier : « Un roi qu’on menace n’a de choix qu’entre le trône et l’échafaud ! » Talleyrand lui a répondu : « Sire, Votre Majesté oublie la chaise de poste. »

7 août 1830    Une « Charte » révisée.
En ce 7 août, M. Thiers est encore convaincu que l’on peut s’en tenir à la république. « Faisons donc la république, la république honnête, sage, conservatrice. » Cependant la Charte, quoique revue et corrigée, qui est approuvée par 219 députés contre 33, mais avec un peu plus de 200 abstentions, est encore celle que Louis XVIII a accordée aux Français. La liberté de la presse, l’abolition de la censure, la suppression des tribunaux d’exception, l’initiative des lois à la Chambre, sont votées ce même jour. Qui plus est, le catholicisme n’est plus religion d’Etat.

9 août 1830    Louis Philippe accède au trône.
Fils du régicide duc d’Orléans, Philippe Egalité, Louis Philippe a accepté le 7 août le trône, que les députés, en délégation autour de Laffitte, lui ont offert « à lui-même et à ses descendants, de mâle en mâle à perpétuité ». A la Chambre la motion a été acceptée par 210 voix sur 253. En ce jour, au Palais-Bourbon, où les fleurs de lys ont été remplacées par les trois couleurs, l

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !