19 novembre 1703    Le « Masque de fer » meurt à la Bastille.
Un prisonnier meurt ce jour à la Bastille, où il est enfermé depuis 1698. Il a été auparavant interné à Pignerol puis à Sainte-Marguerite de Lérins. Nul n’a jamais pu voir son visage caché par un masque de velours noir (et non de fer). Il a quarante-cinq ans et il a vécu en captivité depuis vingt-quatre ans. Pourquoi ? Personne ne le sait. L’identité de ce prisonnier provoque bien des hypothèses : Est-il, comme a voulu le croire Voltaire, le frère jumeau de Louis XIV ? Est-il, comme le croient d’autres, son bâtard ? Est-il le duc de Beaufort ? le comte de Vermandois ? Est-il le surintendant Fouquet ? Est-il… ? C’est sous le nom de Marchiali qu’il est enterré quelques jours plus tard au cimetière Saint-Paul.

16 août 1705    Victoire de Cassano.
Depuis deux ans, dans cette guerre de Succession d’Espagne, les armées du roi de France vont d’échecs en défaites. Le duc de Vendôme, quand bien même il n’est pas l’un des favoris du roi, permet par son habileté et son courage de remporter une victoire contre le prince Eugène de Savoie. L’année précédente, ce dernier avait défait les armées françaises à Höchstädt.

23 octobre 1709    Dispersion des religieuses de Port-Royal.
En ce jour les religieuses de l’abbaye de Port-Royal, conduites par leur abbesse, Mère Agnès Arnauld, sont dispersées dans diverses institutions religieuses. Le philosophe Blaise Pascal écrit dans Les Provinciales à propos des jansénistes persécutés par le pouvoir royal : « C’est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d’opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité et ne servent qu’à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l’irriter encore plus. »

28 avril 1710    Destruction de Port-Royal des Champs.
Parce que les religieuses de Port-Royal avaient refusé en 1664 de signer le formulaire royal imposé à tous les ordres religieux, formulaire qui affirmait la suprématie du roi sur le pape, Louis XIV fit dissoudre l’ordre en 1709 et, en ce 28 avril, il fait raser les bâtiments conventuels de leur abbaye de Port-Royal des Champs.

14 octobre 1710    Louis XIV établit l’impôt du dixième.
L’impôt du dixième est perçu sur tous les revenus à titre provisoire pour financer l’effort de guerre qu’implique la guerre de Succession d’Autriche.

14 avril 1711    Mort du Grand Dauphin.
La mort du Grand Dauphin âgé de cinquante ans, celle du duc de Bourgogne puis celle du duc de Bretagne posent le problème de la succession à Louis XIV. Agé de cinq ans, de santé fragile, le dernier fils du duc de Bourgogne, arrière-petit-fils du roi Louis XIV devient l’unique héritier de la couronne. Louis XV est déclaré majeur, en 1723, à treize ans.

29 janvier 1712    Ouverture du congrès d’Utrecht.
Ce congrès élabore un traité qui met fin à la guerre de Succession d’Espagne. Louis XIV cède aux Anglais Terre-Neuve, la baie d’Hudson et l’Acadie. Philippe V, bien que le second fils du Grand Dauphin, fils de Louis XIV, conserve ses colonies et renonce enfin, le 5 novembre, à ses droits au trône de France.

15 février 1714    Le Parlement et la bulle Unigenitus.
Louis XIV contraint le Parlement à enregistrer cette bulle qui condamnent les jansénistes et en particulier les 101 propositions de Quesnel et plus encore qui divise le clergé français en « acceptants » et en « appelants ». Les premiers sont ceux qui, autour du cardinal de Noailles, font appel au pape pour qu’il retire un texte jugé trop vague et les seconds sont ceux qui l’acceptent.

6 mars 1714    Traité de Rastatt.
Il complète celui d’Utrecht et met fin à la guerre de Succession d’Espagne dont Philippe V, petit-fils de Louis XIV, conserve la couronne.

1er septembre 1715    Mort de Louis XIV.
Le roi est âgé. Il a soixante-seize ans. La gangrène sénile qui a atteint sa jambe gauche tachée n’a cessé de progresser. Le roi, qui, le 25, a reçu Mme de Maintenon, son épouse morganatique, lui a dit : « Quoi madame, vous vous affligez de me voir en l’état de bientôt mourir ? N’ai-je pas assez vécu ? M’avez-vous cru immortel ? » Le lendemain, c’est son arrière-petit-fils le Dauphin qu’il a reçu : « Mon cher enfant, vous allez être le plus grand roi du monde… Tachez de soulager vos peuples, ce que je suis assez malheureux de n’avoir pu faire. » A des courtisans il a dit encore, ce même jour : « Je m’en vais messieurs, mais l’Etat demeurera toujours. » Le 28 août, il confia à Mme de Maintenon : « J’ai toujours ouï dire qu’il est difficile de mourir ; pour moi qui suis sur le point de ce moment si redoutable aux hommes, je ne trouve pas que cela soit difficile. » Le 31 août, le roi a récité le Pater d’une voix si forte qu’on l’a entendu de la pièce voisine. Puis il a perdu connaissance. En ce matin, à 8 h 15, le roi vient de s’éteindre.

2 septembre 1715    Philippe d’Orléans régent.
La veille, le roi Louis XIV est mort. Un testament fait de Philippe d’Orléans le régent du royaume. Louis XIV lui a dit : « Mon neveu, je vous fait régent du royaume. Vous allez voir un roi dans le tombeau et un autre dans le berceau. Souvenez-vous toujours de la mémoire de l’un et des intérêts de l’autre. » Mais il a subordonné son pouvoir à celui du duc du Maine. Philippe s’élève lors de la lecture du testament contre cette clause. Le Parlement consent à le casser, en échange de la restitution du droit de remontrance, supprimé soixante ans plus tôt. Pour qu’aucune contestation soit possible, le Régent demande au roi, qui n’a guère que cinq ans, de le désigner pour seul régent lors d’un lit de justice devant le Parlement le 12 septembre suivant.

12 septembre 1715    Le Parlement casse le testament de Louis XIV.
Dès le 2 septembre, Philippe d’Orléans a obtenu les pleins pouvoirs. En ce 12 septembre, pour légitimer ce coup de force, il a organisé un lit de justice au Parlement de Paris. Là, Louis XV lui-même, qui a cinq ans, proclame son oncle seul régent du royaume, et lui remet les pleins pouvoirs et la garde de sa personne. Le testament de Louis XIV, qui soumettait la régence du duc d’Orléans à la surveillance du duc du Maine, est cassé par le Parlement.

2 mai 1716    Law fonde la Banque générale.
Pour mettre fin à la crise financière que cause la dette publique et le manque de numéraire, le Régent fait appel à ce banquier écossais aventureux. En ce 2 mai, Law ouvre une banque de dépôts, de charge et d’escompte qui émet des billets acceptés par les caisses royales.

21 avril 1717    Pierre le Grand reçu à Versailles par le Régent.
La tsar Pierre le Grand qui fait un voyage en Europe est reçu en grandes pompes par le Régent et Louis XV.

4 décembre 1718    La banque générale de Law déclarée Banque royale.
Le système du crédit mis en place par la Banque générale de l’Ecossais John Law donne des résultats au-delà des plus folles espérances. Des fortunes colossales se sont faites en quelques heures. On a vu un abbé gagner dix-huit millions de livres. On a même vu un mendiant en gagner soixante-dix. Depuis 1716, le commerce et l’industrie profitent de cette manne. La Compagnie d’Occident et du Mississippi créée en 1717, qui a reçu le monopole du commerce avec la Louisiane, est une autre garantie du succès de la Banque générale, qui en ce jour devient, grâce au soutien du régent, Banque royale.

9 janvier 1719     Guerre franco-espagnole.
Le roi Philippe V d’Espagne a des prétentions au trône de France. Pour les déjouer, le régent met en scène un attentat contre sa personne. L’attentat aurait été fomenté dans l’entourage de l’ambassadeur d’Espagne, ce qui tient lieu de prétexte à l’entrée en guerre.

26  janvier 1721    Enquête sur les opérations de Law.
A la demande des frères Pâris, jaloux de la réussite du banquier Law, une enquête financière est ouverte. La montée du prix de ses actions ne correspond pas aux bénéfices escomptés de la mise en valeur de la Louisiane. Law a eu l’imprudence de mettre trop de billets en circulation. Il doit s’enfuir.

22 août 1722    Majorité de Louis XV.
A 10 h 30 du matin, Philippe d’Orléans, régent du royaume, commence l’éducation de Louis XV, qui vient d’atteindre la majorité : « Je supplie Votre Majesté de ne pas être effrayée de ce qu’elle n’entendra pas d’abord… Chaque chose se développera l’une après l’autre d’elle-même, et sans qu’elle s’en aperçoive, les affaires où elle croira n’entendre rien lui deviendront insensiblement familières. »

25 octobre 1722    Sacre de Louis XV.
Le roi est sacré pour sa majorité, à treize ans. La cérémonie du sacre témoigne par son faste de l’attachement d’un peuple qui a donné à son roi le surnom de « Bien-Aimé ». Le marquis d’Argenson rapporte : « On se souviendra longtemps qu’il ressemblait à l’amour. »

18 juillet 1724    Ordonnance sur la mendicité.
Une ordonnance royale prescrit l’enfermement des pauvres qui sont invalides et prescrit la mise au travail de ceux qui ne le sont pas.

24 septembre 1724    Création de la bourse de Paris.
C’est à l’Hôtel de Nevers, rue Vivienne à Paris, que s’installe cette bourse. Les agents de change en reçoivent le monopole. Quatre ans plus tôt, à la chute de la banque royale, créée par Law, Paris répétait : « Lundi je pris des actions, mardi je gagnai des millions, mercredi je pris équipage, jeudi j’agrandis mon ménage, vendredi je m’en fus au bal, et samedi à l’hôpital. » On espère que cette bourse conjurera la déroute financière du royaume.

15 août 1725    Mariage de Louis XV et de Marie Leszczynska.
En ce jour, c’est un mariage par procuration qui est célébré dans la cathédrale de Strasbourg, où le duc de Bourbon représente le roi. Marie ne le rencontre que le 4 septembre près du château de Fontainebleau. Là, cette princesse pauvre dont le père, roi, ne règne pas sur son royaume de Pologne, croit vivre une manière de conte de fées quand elle découvre enfin un bel époux et un château somptueux. Dès le lendemain, 5 septembre, le mariage a lieu dans la chapelle du château.

5 septembre 1725    Mariage de Louis XV.
C’est la veille, le 4 septembre, près du château de Fontainebleau, que Marie Leszczynska a rencontré celui qu’elle a épousé par procuration à Strasbourg, le 15 août. En ce jour, le mariage est célébré dans la chapelle du château.

12 juin 1726    Fleury, Premier ministre.
Le duc de Bourbon est disgracié. Louis XV fait de celui qui fut, des années plus tôt, son précepteur et qui a soixante-seize ans, le cardinal André Hercule de Fleury, son Premier ministre. Saint-Simon juge « l’homme le plus superbe au-dedans et le plus implacable ».

19 août 1726    Rétablissement de la Ferme générale.
La Ferme générale est réorganisée. Le bail Carlier confie pour six ans à quarante fermiers généraux le recouvrement de quatre-vingts millions de livres d’impôts indirects par an. Les fermiers construisent un mur autour de Paris pour percevoir l’octroi. Commentaire des Parisiens : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant. »

1er avril 1734    L’Empereur d’Autriche déclare la guerre à la France.
A cause de ses liens familiaux avec Stanislas Leszcynski, Louis XV s’est investi dans la guerre de Succession de Pologne, pour cette raison, l’Autriche lui déclare la guerre.

20 février 1737    Disgrâce de Chauvelin.
Chauvelin, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, est tenu responsable par Fleury, ministre de Louis XV, de l’engagement de la France dans la guerre de Succession de Pologne qui se révèle ruineuse ; il est écarté du pouvoir et exilé.

18 novembre 1738    Traité de Vienne.
C’est au bout de trois ans de négociations que la France, qui a soutenu la cause du roi de Pologne Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV, accepte enfin de signer ce traité. Leszczynski renonce au trône de Pologne ; il reçoit les duchés de Lorraine et de Bar, qui reviendront à sa mort au roi de France. François de Lorraine reçoit Parme et la Toscane. L’infant don Carlos d’Espagne obtient la Sicile et Naples, qui formeront le royaume des Deux-Siciles.

29 août 1741    Rétablissement de l’impôt du dixième.
La guerre de Succession d’Autriche coûte cher. Il faut de l’argent. Philibert Orry, contrôleur général des Finances, se voit contraint de rétablir l’impôt du dixième.

23 juin 1743    Bataille de Bettingen.
C’est la guerre de Succession d’Autriche. Les Anglais débarquent à Hanovre. George III, roi d’Angleterre, défait Adrien Maurice, comte d’Ayen, et troisième duc de Noailles.

15 mars 1744    Louis XV déclare la guerre à l’Angleterre et à l’Autriche.
La France, parce que les droits à la succession de l’empereur Charles VI sont déniés à Marie-Thérèse, sa fille, par les rois de Pologne, de Prusse, d’Espagne et par le duc de Bavière, entre en guerre contre l’Angleterre et l’Autriche qui les soutiennent. Le roi lui-même prend la tête des armées.

11 mai 1745    Bataille de Fontenoy.
Elle oppose les armées françaises conduites par le maréchal Maurice de Saxe aux Anglais et à leurs alliés, Hollandais et Autrichiens. Au cours de cette bataille, Louis XV s’illustre par son courage. Pour remercier le maréchal de la victoire, Louis XV lui fit don du château de Chambord.

11 octobre 1746    Victoire de Rocourt.
Une fois encore dans le cours de cette guerre de Succession d’Autriche, le maréchal de France Maurice de Saxe remporte une victoire sur les Autrichiens.

27 septembre 1748    Suppression des galères.
Une ordonnance du roi Louis XV supprime en ce jour les galères, qui sont réunies à la marine royale. Les forçats sont internés dans des prisons côtières ou enfermés dans les navires hors service. Depuis 1560, où une condamnation à un minimum de dix ans a été instituée par Charles IX, les condamnés étaient enchaînés à leur banc. A leurs côtés, les engagés volontaires n’étaient pas enchaînés. Si la galère coulait ceux-ci pouvaient donc, s’ils savaient nager, tenter de survivre. Les condamnés quant à eux coulaient avec l’épave. Les uns et les autres formaient la chiourme. Un comité les commandait.

28 octobre 1748    Traité d’Aix-la-Chapelle.
Ce traité met fin à la guerre de Succession d’Autriche. Tous les droits de Marie-Thérèse d’Autriche et ceux de François de Lorraine sont reconnus. En dépit des victoires qui furent celles du maréchal Maurice de Saxe, le roi Louis XV accepte de s’en tenir au statu quo d’avant la guerre et rend les Pays-Bas autrichiens qui avaient été conquis. Paris enrage et répète ce mot qui va de bouche en bouche : « Bête comme la paix ! » Un libelle rime à l’attention du roi : « Vos ennemis vaincus aux champs de Fontenoy/ A leurs propres vainqueurs ont imposé la loi/ Et cette indigne paix qu’Aragon nous procure/ Est pour eux un triomphe et pour vous une injure. »

30 avril 1749    Disgrâce de Maurepas.
Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, secrétaire d’Etat à la Maison du roi est soupçonné d’être complice de l’une de ces « poissonnades » qui portent atteinte à l’honneur de Mme de Pompadour, dont le premier nom est Jeanne-Antoinette Poisson. Celle-ci, ulcérée, demande au roi le renvoi de son ministre et l’obtient.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !