Fils de Louis le Pieux et de sa seconde épouse, Judith de Bavière. La faveur que lui témoigne son père au détriment des ses autres fils (Pépin, Lothaire Ier, Louis dit le Germanique) fut la cause d’une lutte incessante entre eux. Après le décès de Pépin (838), Charles reçoit un territoire pris sur celui de ses demi-frères et situé à l’ouest d’une ligne délimitée par la Meuse, la Moselle et le sommet des Alpes. La mort de Louis le Pieux (840) relance la guerre pour la succession entre les frères ennemis. Lothaire réclamant l’intégralité de l’héritage paternel, Charles se rapproche de Louis pour conclure une alliance militaire ; alliés, ils infligent à leur aîné une écrasante défaite à Fontenoy-en-Puisaye (juin 841). Peu après, ils raffermissent leur union par une cérémonie solennelle : les serments de Strasbourg (février 843). En présence de leur armée respective, Charles et Louis jurent de se prêter assistance, chacun dans la langue du partenaire, roman et tudesque, pour être compris de tous les guerriers. Lothaire doit consentir à une redistribution territoriale. Par le traité de Verdun qui s’ensuit (août 843), l’Empire carolingien est démantelé et partagé en trois entités, occidentale, orientale et médiane. Charles obtient la Francia occidentalis, tous les pays situés à l’ouest de l’Escault, de la Meuse, de la Saône et du Rhône. Bien qu’un « régime de concorde » soit institué entre les frères, le désir de conquête demeure. A l’intérieur de son royaume, Charles doit d’abord faire face à une situation anarchique. Dès son avènement, son neveu Pépin II revendique l’Aquitaine, autrefois propriété de son père. Pour faire valoir ses droits à l’héritage, il entre en guérilla contre Charles, en soulevant sporadiquement une partie de l’aristocratie locale durant une vingtaine d’années. Après s’être emparé de Toulouse, Charles met fin à la révolte en enfermant Pépin II dans un monastère (864). Parallèlement, les chefs bretons, dont les tendances autonomistes n’ont jamais été totalement étouffées, se soulèvent contre l’autorité du roi. Plusieurs campagnes entre 845 et 863 sont nécessaires pour pacifier la Bretagne. Plus menaçantes encore sont les expéditions des Normands, qui des incursions éclairs sur les côtes sont passés à une invasion généralisée (843). Venus de Scandinavie, ces Normands (hommes du Nord) ou Vikings (rois de la mer) pénètrent loin dans les terres en circulant sur les fleuves. Pillages des monastères, mises à sac des villes se multiplient. Charles organise la résistance en développant les fortifications des cités et en faisant construire des forteresses sur les rives des fleuves ou à l’emplacement des ponts. Quand ce dispositif est inefficace, Charles a recours au paiement du tribut. Ainsi, moyennant 3 OOO livres d’argent, la flotte normande de la Seine est contrainte de faire retraite après sept années de pillage (855-862). Troubles et conflits internes, invasions externes sont exploités par son frère Louis le Germanique. Il envahit le royaume en 858, reçoit le serment de fidélité de nombreux grands, avant de devoir se retirer en 859. A son tour, Charles convoite les Etats laissés sans héritiers à la mort de ses neveux (fils de Lothaire). Il prend possession de la Provence (863), puis de la Lotharingie (869), qu’il doit finalement partager avec Louis (traité de Meerssen, 8 août 870). Mais ce traité porte la frontière de ses Etats sur la Moselle et rend pour la première fois voisins les deux royaumes. Après le décès du dernier fils de Lothaire (875), Charles réclame le titre impérial, se fait couronner à Rome par le pape Jean VIII (25 décembre 875), puis roi des Lombards à Pavie (janvier 876). Cette politique expansionniste, au détriment de son frère Louis, provoque la colère de ce dernier. Nouvelle invasion de la Francia occidentalis (876). Nouvelle expulsion du royaume par Charles accouru d’Italie. A l’annonce de la mort subite de Louis, Charles entre en Lorraine, mais doit renoncer à son annexion après sa défaite face aux fils du défunt (Andernach, 8 octobre 876). Appelé à l’aide par le pape Jean VIII contre les Sarrasins, Charles retourne en Italie. En son absence éclate un formidable soulèvement de l’aristocratie, qui juge le moment venu d’en finir avec un pouvoir royal considérablement affaibli, et l’oblige à repasser les Alpes en toute hâte. Il meurt sur le chemin du retour dans un village de la Maurienne le 6 octobre 877, peut-être empoisonné. Quelques mois plus tôt, pour s’assurer la fidélité des grands, trop enclins à passer d’un souverain à l’autre, Charles avait signé le capitulaire de Quierzy-sur-Oise qui reconnaissait l’hérédité des fiefs. De ce décret allait véritablement naître le système féodal en France.

A cette époque vivaient :

HINCMAR (806-882)

LOUIS II le Germanique (804-876)

NITHARD (mort v. 844)

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !