Dès juin 1940, Winston Churchill, premier ministre anglais décide de poursuivre le lutte et de libérer l'Europe. A Terre Neuve en août 1941, Churchill et Roosevelt signent un accord sur l'Atlantique. Ils se rencontreront une seconde fois après l'attaque japonaise sur Pearl Harbourg, pour mettre au point une stratégie contre l'Allemagne. Il s'ensuivra la mise en place d'un état-major commun, le combined chiefs of staff. Deux ans plus tard, Roosevelt, de Gaulle, Churchill et le général Giraud se rencontrent à Casablanca et décident un débarquement sur les côtes  nord-ouest de l'Europe. Le commandement des armées alliées sera confié à l'état-major conjoint interarmes ou COSSAC: Chief of Staff to the suprême allied commander (chef d'état-major du commandant suprême allié). Ce commandement sera confié au général Frederick Morgan le 12 mars 1943.L'objectif est de vaincre l'Allemagne, et de poursuivre les combats jusqu'à la reddition sans conditions des adversaires. En premier lieu, le plan est basé sur une opération amphibie d'envergure avec mise en place d'une tête de pont vers le continent afin de déclencher des attaques décisives vers l'Allemagne. Le 28 mars, les Anglais et les Américains se rencontrent en Écosse, et mettent au point trois plans. La première se nomme Starkey, attaque de diversion en 1943, la seconde c'est Rankin elle consiste à une attaque suite à la dislocation allemande la troisième est Overlord est l'opération du débarquement en Europe prévue en 1944. Le lieu du débarquement va se préciser sur la Normandie. Pourquoi ?  premièrement à cause de la météorologie et du vent, en second lieu parce que les plages sont d'accès facile et moins protégées. Depuis l'année 1941, les commandos britanniques sont intervenus par des vols de reconnaissance, sur les côtes du Calvados. A Luc sur Mer le 28 septembre 1941. A Saint-Aubin sur Mer les 17 et 18 septembre 1941. A Saint-Laurent sur Mer les 17 et 18 janvier 1942. Sur ordre de Lord Mountbatten, la 2è division canadienne s'attaque aux défenses allemandes à Dieppe. Ce fut un désastre, quatre mille trois cents hommes sont tués disparus ou blessés. Les alliés, malgré cela en tirent d'énormes informations qui serviront pour le futur débarquement en Normandie. La même année en 1942, le général Marshall établit  un plan de débarquement sur le littoral normand, mais les Anglais jugent cela prématuré. En 1943, la conférence de Washington reprend l'essentiel de ce précédent plan qui devient plan Overlord (Seigneur Suprême), approuvé lors de la conférence de Québec et planifié pour sa mise en oeuvre en mai 1944. Les opérations de débarquement se suivent, le 8 novembre 1942 Torch en Afrique du Nord, le 10 juillet 1943 Husky en Sicile et en janvier 1944 Anzio. Quatre divisions américaines d'Italie et trois anglaises venant d'Afrique sont rapatriées en novembre 1943. Le mois suivant, le commandement suprême d'Overlord est confié au général Dwight Eisenhower. Son adjoint sera sir Arthur Tedder. Les opérations en mer sont confiées à Bertram Ramsay, les interventions aériennes à Trafford Leigh-Mallory. Le chef d'état-major sera Walter Bedell-Smith. Les armées terrestres seront commandées par Omar Bradley et Bernard Montgomery. C'est en janvier 1944 que l'ordre suivant parvient à Eisenhower "You will enter the continent of Europe and, in jonction with the other united nations, undertake operations aimed at the heart of Germany and the destruction of her armed forces" (Vous pénètrerez en Europe, et conjointement avec les autres nations alliées, vous entreprendrez des opérations dont le but sera le cœur de l'Allemagne et la destruction de ses forces armées). Bernard Montgomery se voit confier le remaniement des opérations du débarquement. Le front est élargi de 80 kilomètres, de l'estuaire de l'Orne (Calvados) jusqu'aux dunes de Varreville (Manche), ce front sera investi par cinq divisions d'infanterie et trois divisions aéroportées. La date du débarquement sur la côte d'Azur est reportée au 15 août. Suite à l'échec subi en 1942 devant le port de Dieppe, il n'est plus question d'attaquer de front. Les alliés vont construire suite à une idée de Winston Churchill, un port artificiel pour y déposer hommes et matériel. Ce port sera construit en quelques mois par vingt cinq mille ouvriers. Bientôt vont se poser des questions de logistique; approvisionnement en carburant, recherche de navires pour l'acheminement des hommes et du matériel. L'Angleterre va se transformer en un immense camp militaire. De nombreux exercices se révèlent meurtriers: lors d'un exercice de débarquement amphibie on dénombrera 90 morts. Les parachutistes répètent inlassablement la prise du pont de Bénouville. Pour un débarquement sans encombres, il faut réunir trois conditions. Pour les navires une demi marée haute, l'assaut doit se faire à l'aube et les troupes aéroportées doivent être lâchées par une nuit de pleine lune. Ces trois conditions ne sont réunies que les 5-6-7 juin. Eisenhower fixe la date au 5 juin avec possibilité de report. De leur côté, les alliés préparent avec minutie ce débarquement qui doit libérer l'Europe, pour cela il faut qu'ils s'imposent très vite face aux Allemands et pour ce faire ils doivent avoir la maîtrise de l'air et de la mer, pour cela les usines américaines produisent en 1943, 35000 chars et 90000 avions. Tout ceci est acheminé en Angleterre ainsi que cent cinquante mille hommes par mois. Au printemps, toutes les voies de communication routières et ferroviaires sont soigneusement bombardées dans le but d'isoler le nord-ouest de la France. Au début d'avril toutes les défenses côtières du mur de l'Atlantique sont visées. En juin 1944, les forces alliées britanniques possèdent 11000 avions dont 4000 chasseurs et 5500 bombardiers. De leur côté les Allemands ne possèdent que cinq cents avions. Le jour J les Allemands de la Lutwaffe n'effectuent que trois cents raids, alors que les alliés en effectuent 15000. Les aviateurs anglo-américains ont rendu possible et faciliter l'invasion du 6 juin 1944. Cette supériorité aérienne est secondée par la maîtrise des mers depuis mai 1943. De 1939 à 1943 eut lieu la bataille de l'Atlantique. Enfin, le jour J, les 187 navires se voient affecter un objectif précis. Pour les épauler, l'aviation a pour mission de bombarder l'Allemagne, et la France là où se trouvaient les ouvrages du mur de l'Atlantique, stations radar, ponts et voies ferrées. En avril et mai 1943, quatre-vingt mille tonnes de bombes sont lâchées. Les armées alliées sont composées de trois millions d'hommes. Afin de tromper les Allemands sur leurs intentions, les alliés engagent l'opération Bodyguard pour leur faire croire que le débarquement aurait lieu plus tard sur un site encore non déterminé. Le plus grand leurre sera de faire croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu dans le Pas de Calais (Opération Fortitude). Une fausse armée est créée, décors en carton pâte, blindés gonflables en caoutchouc, articles de presse et surtout, le commandement de cette armée fantoche est confié au général Patton. Les espions allemands mordent à l'hameçon en confirmant le tout, le secret sera gardé jusqu'au bout. La résistance française et belge reste mobilisée et permet de fournir des renseignements sur les dispositifs allemands, leurs implantations et leurs déplacements. Grâce à un résistant qui réussit à substituer les plans du mur de l'Atlantique en 1942, les alliés connaissent exactement toutes les positions ennemies. Les évacuations s'effectuent entre 1943 et 1944, car les Normands n'ignorent pas que le débarquement aurait lieu chez eux, ils avaient quand même espéré qu'il aurait lieu ailleurs. Côté allemand, le maréchal Von Rundstedt est inquiet car il manque de manœuvre. De plus il ne croit pas un seul instant à l'efficacité du mur de l'Atlantique, enfin son adjoint Rommel tient ses ordres du Führer. Depuis juin 1942 Hitler avait décidé la construction de quinze  vingt Bunkers par kilomètre de plage, mais en juillet 1943 seulement huit sont construits. Voyant que l'objectif ne serait pas atteint, le Führer fait miner es plages du Pas de Calais. De son côté, Rommel pense qu'en renforçant son dispositif, il peut jouer un rôle important. Quatre mille ouvrages sont mis en place. Pieux de bois enfoncés dans le sable, blocs de béton et obstacles de toutes sortes, les dunes sont minées et les issues des plages obstruées par des barbelés et des murs antichars. Les champs et les prairies sont inondés et Rommel y fait planter les "asperges de Rommel" contre les planeurs. Malgré tout cela, l'Allemagne est en infériorité, l'aviation allemande n'a que cinq cents avons capables de prendre l'air, et Von Rundstedt n'a que sept cents mille hommes pour tenir cinq mille kilomètres de côtes. Parmi ces hommes il ne dispose pas des unités d'élites. Hitler est persuadé que le débarquement ne peut se faire que dans un port, ce qu'il ne sait pas c'est que depuis l'échec cuisant de Dieppe, cette solution est abandonnée par les alliés. De plus le moral des troupes allemandes est au plus bas, elles considèrent que la guerre est perdue. Quant à la tactique à appliquer, Rommel et Von Rundstedt sont opposés. Le premier veut bloquer le débarquement allié sur place, tandis que le second préfère laisser débarquer es alliés pour ensuite lancer une contre offensive à l'aide des divisions blindées, pour ainsi les rejeter à la mer. Rommel demande que les blindés soient placés près du littoral, Hitler ne lui accorde que trois panzer divisions. Rommel se confiant à son aide de camp, déclare en ces termes sa conviction sur le débarquement "Croyez moi Lang, les premières vingt-quatre heures seront décisives......Le sort de l'Allemagne en dépendra.....Pour les alliés comme pour nous nous, ce sera le jour le plus long". L'attaque préparée de longue date se fera avec cent cinquante mille hommes, vingt-cinq mille véhicules, quinze mille avions et sept mille navires. Quinze jours avant le 6 juin 1944, jour du débarquement, les divisions d'assaut sont acheminées dans un lieu secret, près des zones d'embarquement pour éviter tout contact avec l'environnement. Le 1er juin, hommes et matériels embarquent sur les navires. L'inquiétude grandit chez les alliés, en plus de l'attente, la météorologie annonce une perturbation qui vient d'Irlande, se dirigeant vers le sud. Le 5 juin, on annonce des nuages en basse altitude, une mer agitée et un vent très puissant. Eisenhower reporte le départ de vingt-quatre heures. La tempête, comme prévu, s'abat effectivement sur le sud de l'Angleterre. La météorologie annonce au matin du 6 juin, une accalmie de trente six heures pour le lendemain. Eisenhower, lance l'attaque à quatre heures quinze, c'est l'aube du 6 juin 1944. Normands et Allemands s'attendent bien à un débarquement sur les côtes du nord-ouest, mais pour eux, il n'est pas propice d'effectuer un débarquement par un aussi mauvais temps. C'est pourquoi Rommel part pour Erlingen voir sa famille et rencontrer Hitler, les officiers de la 7è armée allemande partent en réunion à Rennes. Pendant ce temps, l'impressionnant convoi poursuit sa progression. Pour donner le change, la RAF lâche dans le ciel du Pays de Caux et du Pas de Calais, des petites feuilles appelées "Windows". Le soir du 5 juin, Eisenhower rend visite aux parachutistes de la première division aéroportée "aigles hurlants", et il déclare "Bonne chance pour cette nuit soldats", Eisenhower est conscient que ces soldats vont lors de leur atterrissage sur les plages, avoir à faire à forte partie et que leur avancée sera tragique.. Vers vingt deux heures la BBC égrène des messages à destination des résistants français "Les dés sont sur le tapis", "Les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon cœur d'une langueur monotone". Ces messages indiquent aux résistants que le débarquement est pour le lendemain. Les Allemands connaissent la signification de ces messages, mais de nombreuses circonstances font que le haut commandement n'en a pas connaissance. Le 6 juin Eisenhower s'adresse aux soldats, aviateurs et marins avant qu'ils ne se lancent à l'assaut des plages de Normandie "Nous n'accepterons que la victoire totale. Bonne chance à tous et implorons a bénédiction de Dieu tout puissant pour cette grande et noble entreprise". Un peu après minuit la 6è division britannique du général Richard Gale lâche ses planeurs au nord-est de Caen. Au même moment les parachutistes américains sont largués au dessus se Sainte-Mère-l'Eglise, chaque corps d'armée a ordre d'opérer dans un secteur précis avec une mission bien déterminée. Ceci sera possible grâce à la résistance française qui a transmis de nombreuses photos aériennes et des renseignements. C'est ainsi que les parachutistes anglais s'emparent des ponts de Ranville et de Bénouville. Pour les parachutistes américains c'est autre chose, en sautant ils s'égarent dans les marais. Ces premiers parachutages, accompagnés de bombardements massifs, déroutent les Allemands qui ont toujours du mal à croire au débarquement. Les bombardements ont permis la destruction de la majorité des stations radar allemandes en Normandie. Les membres du réseau Résistance PTT ont sectionné le câble téléphonique reliant Cherbourg à Rennes via Saint-Lô. Pour ajouter à la confusion, après avoir écouté Wagner, Adolphe Hitler , avant d'aller se coucher, donne l'ordre de ne pas le réveiller. A l'aube du 6 juin 1944, une immense armada de 7000 navires ayant à son bord 300000 hommes, parvient après avoir traversé la Manche par un temps exécrable, devant les côtes normandes. Malgré a souffrance du voyage par mauvais temps, ils sont tous prêts à débarquer. Pour les soldats alliés, les plages qu'ils doivent reprendre sont connues sont les noms de Sword Beach, Juno Beach, Gold Beach, Omaha Beach et Utah Beach. Sword Beach est située entre Ouistreham et Lion-sur-Mer, la plage est confiée à la 3è division britannique du général Rennie. Gold Beach se situe entre Graye-sur-Mer et Arromanches elle est confiée à la 50è division d'infanterie britannique commandée par le général Graham. Omaha Beach est située entre Colleville-sur-Mer et Vierville-sur-Mer elle est confiée au 5è corps d'armée américain aux ordres du général Gerow. Utah Beach est située sur la côte est du Cotentin elle est confiée au 7è corps d'armée américain commandé par le général Collins. Les Américains investissent les plages d'Omaha et d'Utah vers 6 heures 30, alors que les troupes anglaises atteignent les plages de Sword, Juno et Gold vers 7 heures 30. A 6 heures 30, radio Berlin annonce le débarquement, tandis que le New York Times annonce dans son édition matinale "Les alliés ont débarqués en France". Dix heures Hitler apprend que le débarquement a eu lieu sur les côtes normandes, il pense que s'est une diversion et que le débarquement se fera sur les côtes du Pas de Calais. Il accepte de déplacer deux unités blindées vers les côtes normandes, la Panzer Lehr et la 12è SS Panzerdivision "Hitlerjugend". Dans l'après midi du 6 juin, le général de Gaulle fait cette déclaration à la BBC "La bataille suprême est engagée". Ce débarquement s'effectuera tout au long de la journée, avec plus ou moins de difficultés, la prise d'Omaha Beach laissera beaucoup de morts. Dans la soirée toutes les troupes tiennent leur position, et les défenses et batteries allemandes sont détruites, 150000 hommes sont en place. Quelques heures plus tard, certaines troupes parviennent à l'intérieur des terres, mais cette avancée va s'avérer beaucoup plus difficile que prévu. Les Britanniques auront la charge de bloquer la contre offensive de la 21è Panzerdivision. Caen ne sera libérée que le 19 juillet. Voyant la tournure des évènements, Rommel déclare "L'ennemi se renforce sous la protection d'une très forte supériorité aérienne. Notre aviation e notre marine sont incapables de mener une opposition valable. L'ennemi se renforce beaucoup plus vite que n'arrivent nos réserves. Notre position est extrêmement difficile, l'adversaire nous interdit tout mouvement de jour alors qu'il déplace ses forces, même par air en toute liberté. L'ennemi a une totale maîtrise de l'air sur la zone des combats et jusqu'à cent kilomètres à l'intérieur". Au soir du 12 juin, les alliés comptent 320000 hommes, et 54000 véhicules. Ces combats pour la libération vont faire de nombreuses victimes et beaucoup de villes et villages seront détruits sous les bombardements. La bataille de Normandie prend fin à Falaise, avec l'encerclement des troupes allemandes et leur défaite le 21 août 1944. La route est libre pour libérer Paris et progresser vers l'est.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !