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Il fut avec Tite Live le plus grand
historien connu du monde romain. On sait très peu de chose sur lui ce
qui évidement a laissé la place à de très nombreuses hypothèses
développées par tel ou tel historien.

On peut dire que l'on n'est même pas fixé sur son prénom car dans de nombreux et vieux écrits, on retrouve la mention de Gaius
(citée aussi par Sidoine Apollinaire), d'ailleurs selon le plus connu
de ses traducteurs, BURNOUF (1775-1841), son prénom est du domaine de
l'hypothétique. On ne connaît pas la date de sa mort, on est contraint
de supposer qu'elle dut survenir au début du règne de  l'empereur
Hadrien, beaucoup de spécialistes tablent pour 117 après J.C. et on
connaît aussi très mal l'origine de sa famille. On a pensé qu'il était
membre de la « gens Cornelia » mais aucun des « Cornelii » n'a porté le surnom de Tacitus (trad : sans bruit, en silence, tout bas). Le cognomen
de Tacitus est très rare, les historiens ont ainsi pu essayer de le
suivre et ils en ont fait  une véritable enquête policière. Selon Pline
l'Ancien, on le retrouverait en Gaule Belgique dans la famille d'un
procurateur dont on peut penser qu'il s'agirait du père. C'est une
hypothèse que rien ne réfute mais que rien ne confirme. Aujourd'hui, il
n'en demeure pas moins que les historiens sont d'accord pour voir dans
la version de Pline, l'expression de la réalité. Il serait donc le fils
de Cornelius Verus Tacitus Il serait né à Vaison la Romaine en Gaule Narbonnaise dans une famille équestre ; il est à constater aussi que son beau père, Julius Agricola était aussi issu de la Gaule Narbonnaise.

Tacite suivit toutes les étapes, du cursus honorum
et arriva au sommet des honneurs en 97 après J.C. quand il sera nommé
consul suffect (remplacement pour « x » raison d'un consul ordinaire)
sous l'empereur Nerva. Il commença sous Titus
comme questeur puis fut édile et préteur en 88 après J.C. Pour terminer
sa carrière civile, dans la magistrature, il fut proconsul d'Asie
(Anatolie), nous en avons pour preuve une inscription retrouvée à
Mylasa. Il passa quatre année en dehors de Rome ce qui lui permit de ne
pas être mêlé à la pénible fin du règne de l'empereur Domitien  avec
tout son cortège d'horreur. Il se maria avec la fille de Cnaeus Julius Agricola, Julia,
(78 après J.C.)qui gouverna l'Aquitaine et fut un brillant général qui
conquis une grande part du territoire de la Bretagne (Grande Bretagne)
personnage dont il fit une biographie, il se maria alors que ce beau
père venait d'être consul et partait pour le gouvernement de l'île
bretonne. Mais revenons à sa jeunesse qui lui vit faire de brillantes
études qui firent de lui un éblouissant orateur mais tous les Romains
d'une certaine culture se devait d'être instruit parfaitement dans
l'art oratoire. Il fut aussi un excellent avocat. Il eut, entre autres,
Quintilien, comme maître.

Il fut un grand ami de Pline le Jeune,
il était un peu plus âgé et il entretint une importante correspondance
avec lui, c'est ainsi que l'on sait qu'il aimait la chasse et en
général toutes les activités du corps qui se déroulaient à l'extérieur.
Tous deux poursuivirent en justice, à la demande des habitants de la
province, Marcus Priscus, proconsul d'Afrique. Le procès se déroula devant l'empereur et le Sénat.

« Marius Priscus, accusé par les
Africains, dont il a été le proconsul, renonçant à toute défense, se
bornait à demander son renvoi devant une commission. Cornélius Tacite
et moi invités par ordre du sénat à assister les provinciaux, nous
crûmes qu'il était de notre devoir de représenter au sénat que la
cruauté et la barbarie de Priscus avaient dépassé la mesure des crimes
auxquels on peut accorder le renvoi à une commission. On l'accusait
d'avoir reçu de l'argent pour condamner et même faire égorger des
innocents. » Pline le Jeune, Lettre II, 11.

« L'affaire fut renvoyée à la première
assemblée du sénat, qui eut une physionomie tout à fait solennelle. Le
prince la présidait; il était en effet consul » Pline le Jeune, Lettre II, 11.

Il fut dit et écrit que Tacite et Pline avaient dignement rempli leur tâche, Priscus fut condamné et du s'exiler. Durant son consulat, il fit l'éloge funèbre d'un grand homme, Vergirius Rufus,  Il remporta un grand, là, un grand succès.

« Son éloge funèbre fut prononcé par
Cornelius Tacite : car il eut ce comble de bonheur, d'être loué par le
panégyriste le plus éloquent. » Pline le Jeune, Lettre II, 1.

Son œuvre d'historien est tardive, il ne commença de publier qu'à l'âge
de 40 ans et peut-être plus. Il écrivit la majeure partie de ses divers
livres sous le règne de Trajan, empereur libéral, qui le laissa libre
d'évoquer les problèmes crées par le principat. Ses livres n'eurent pas
une grande diffusion mais il était connu et même très connu puisque
l'empereur Tacite, selon l'« Histoire Auguste » disait descendre de
l'écrivain et confia son œuvre, à maintes occasions, à des copistes.
C'est à la Renaissance qu'on le redécouvrit grâce à l'humaniste
flamand : Juste Lipse.

Tacite tout comme son
beau-père, faisait partie de l'ordre sénatorial et se lamentait de la
perte de plus en plus importante de l'autorité de l'aristocratie. Son
style fut qualifié de concis et d'énergique, il peut s'apparenter au
récit narratif tel que le fit Thucydite lorsqu'il voulait tout
simplement décrire quelque chose ou quelqu'un. En fait de récits
narratifs, il voulut faire de ses écrits une œuvre morale, comme le fit
Salluste, en les parsemant de commentaires personnels.

Des
œuvres qui nous sont parvenues, il  reste :

- Le dialogue des orateurs.

- La vie d'Agricola.

- La Germanie.

- Les Histoires

- Les Annales.

Plusieurs de ses écrits sont perdus. Parmi
ceux-ci, on trouve ses discours, ses plaidoyers, ses poésies et ses
panégyriques. Son premier écrit fut le « dialogue des orateurs ».
Il a été beaucoup discuté sur la paternité de celui-ci et même
maintenant les avis sont partagés. On a dit que ce « dialogue » serait
de Quintilien. Burnouf, traducteur éminent, a écrit : « Je ne
prolongerai pas davantage cette discussion que je suis loin d'avoir
épuisée. Je crois fermement, sans oser pourtant l'affirmer que le
« dialogue » est de Tacite et que c'est son premier ouvrage. » Il fait
partie d'un même document datant du moyen age, trouvé en 1425 puis
perdu et retrouvé en 1902 qui a comme nom le : « codex Aesinus ».

Pour rédiger la « Germanie », il se
serait servi d'une œuvre perdue de Pline l'Ancien et de la « Guerre des
Gaule » de César. Il voulut comparer deux races, celle des Germains et
celle des Romains, et montrer que cette dernière était décadente et
corrompue, pour arriver à se régénérer, elle devait revenir aux temps
anciens de la République qui mettait en place un gouvernement
aristocratique. En dépit de plusieurs contre vérités, cet écrit est
important pour la connaissance des Germains de cette époque car il y a
très peu de mentions sur ce sujet.

On peut penser que la « vie d'Agricola »
fut écrite en 98 après J.C. pour évoquer la gloire de son beau-père.
Comme pour la « Germanie », il compare la décadence romaine à la
vigueur des Bretons (Anglais) qui n'ont pas été encore contaminé par la
civilisation. Tacite met en scène un certain Calgacus dont le discours
est un des plus violents (avec celui que Salluste met dans la bouche de
Mithridate) contre l'impérialisme romain. Il veut montrer que la classe
sénatoriale, à laquelle il appartient ainsi que son beau-père, est
faite pour gouverner et qu'un empire ne peut être administré par un
seul homme qui, bien vite, risque de virer au despotisme. Il ne faut
pas oublier que l'on est très proche de la fin du règne de Domitien.

La plus importante partie de son œuvre date de 100-110 après J.C., il s'agit des « Histoires » suivies des « Annales ».

Les « Histoires » ou du moins ce
qu'il nous en reste couvre la période de la guerre civile suite à la
venue des quatre empereurs et se termine au milieu de l'année 70 après
J.C. C'est-à-dire qu'il est parvenu à notre époque les quatre premiers
livres et une partie du cinquième (fin au V, 26, 2.). On suppose, qu'en
entier, il devait y avoir douze livres et que la fin devait évoquer la
mort de Domitien.

Et l'on va terminer par la partie la plus importante de son œuvre, c'est-à-dire les « Annales ».

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Elles furent donc écrites après la
publication  des « Histoires » et devaient couvrir la période qui
s'était écoulée depuis la mort d'Auguste jusqu'à celle de Néron. On a
perdu un certain nombre de livres, on n'est même pas sûr du nombre
original : 16 ou 18. Sont manquant les livres 7 à 10, une partie des
livres 5, 6 et 11 plus le reste. On peut être sûr des événements qui
sont racontés car comme sénateur, Tacite avait accès aux archives
diverses du Sénat, il était donc parfaitement documenté.

A travers ses œuvres, il a voulu démontrer que certains êtres étaient
incapables de maîtriser leur passion et que la foule conduisait au
désordre ; on peut penser qu'il écrivit non pas comme un scientifique
mais comme un psychologue et qu'il fit un panégyrique de
l'aristocratie. Et après tout, s'il avait voulu tout simplement écrire
de l'histoire ?

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !