L’Allemagne apparaît comme un pays majeur d’une Europe aujourd’hui en crise, dont la réussite serait liée à un « modèle allemand ». Ce modèle est en réalité un modèle social, fondé sur la résolution de la « question sociale » qui trouve son origine dans la réponse apportée à une population ouvrière qui se constitue en Allemagne à la fin du XIX° siècle sous la forme d’une idéologie, le socialisme. Elle, « berceau du socialisme », entend donner à sa population les moyens d’obtenir plus d’égalité sociale d’un mouvement ouvrier, c'est-à-dire à un ensemble d’organisations et d’actions destinées à améliorer la vie ouvrière, favorisant davantage de justice et de liberté pour cette catégorie de travailleurs. Or ce mouvement ouvrier, depuis sa naissance jusqu’à nos jours, oscille entre des aspirations réformistes et révolutionnaires.

            Ainsi, le mouvement ouvrier allemand se définit-il encore comme un compromis entre réforme et révolution ?

            Il s'agira de monter dans une premiere temps que la naissance et la structuation du mouv ouvrier allement a partir de 1875 repose sur une division entre réformistes et revolutionnaires qui s'accentue durant l'entre-deux-guerres, renforçant le clivage du monde ouvrier tout en menacant de le détruire. Il faudra montrer la division du mvt au sein de deux Allemagne divisées idéologiquement à partir de 1945, qui n'empêche pas de divisons internes. Il s'agira de voir enfin que le mvt ouvrier est toujours divisé dans l'Allemangne réunifiée en 1990 mais que la tendance révolutionnaire s'est fortement affaiblie à l'heure actuelle, laisse penser à une adaptation du mvt ouvrier dans le contexte éco et pol acturel.

L'organisation du mouvement ouvrier en Allemagne (1875-1914)

La création du parti social-démocrate et progres de la classe ouvrière

- 1875 : SAP est le premier parti socialiste de l’histoire, est créé lors du congrès de Gotha, dans une Allemagne unifiée et impériale.

- Son programme pol est un compromis entre deux tendances (l’une plus marxiste que l’autre). Il considère que le travail, source de la richesse et de la culture, doit être libéré du monopole capitaliste. Cette libération ne peut être l’œuvre que de la classe ouvrière, qui doit conquérir la majorité au parlement pour obtenir l’égalité des droits, faire respecter la liberté de pensée et assurer l’accès universel à la formation et à la culture.

- Un nouveau programme (plus marxiste), est adopté au congrès d’Erfurt en 1891 : le SPD (parti social-démocrate)

Le dépassement des entraves imposées par Bismarck

- 1878 : deux attentats contre l’empereur Guillaume Ier donnent prétexte au chancelier Bismarck pour décréter des lois d’exception.

- Il utilise la force contre les socialistes en interdisant toutes manifestations publiques et dissous-le syndicat.

-  Mais devant la montée en puissance de la nouvelle formation et pour s'allier aux ouvriers il fait voter un ensemble de lois sociales destinées à protéger les travailleurs et à les rallier à l’État : assurance contre la maladie (1883) et contre les accidents du travail (1884), assurance contre l’invalidité et système de retraite (1889) : cela désamorce les luttes pol et sociales

- Bien que le SAP soit interdit, des socialistes peuvent siéger au Reichstag  pour former un groupe parlementaire.

- Pour contourner l’interdiction du SAP,  les socialistes créent leurs organisations sociales et culturelles. Mais il existe un syndicalisme chrétien et des syndicaux libres.

- À la suite de la levée des lois d’exception (1890), la Ligue des syndicats allemands, créée en 1892, opte pour la signature de conventions collectives avec le patronat (salaires et les conditions de travail) : inaugururation culture de la négociation caractéristique du mouvement syndical allemand.

- France : situation est inverse : composante syndicale du mvt ouvrier précède le parti socialiste (1895 : création  CGT ; 1905 : création SFIO).

- 1889 : suite à la premiere greve générale des mineurs, se tient à Berlin une conférence internationale pour renforcer la protextion légale des mineurs ;

- Hostile, Bismarck quitte le pouvoir. Les socialistes renforcent alors leur organisation en créeant en 1891 le SPD.

- En 1914 : 4 millions de syndiqués contre un million en France et le SPD représente un tiers de l'électorat : le plus grand pari sociaiste d'Europe.

- L'Allemagne est en avance sur le plan social : 81% des travailleurs sont protégés contre les accidents, 44% contre les maladies, 53 % ont une retraite.

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Les tensions au sein du mouvement ouvrier

- Trois tendances principales s’opposent au sein du SPD : les réformistes, partisans de l’action parlementaire, prônent la réforme par l’élaboration de lois ; les  révisionnistes, autour d’Edouard Bernstein, soutiennent que, contrairement aux affirmations de Marx, le capitalisme ne va pas disparaître ; les révolutionnaires privilégient l’action violente.

- Malgré l’adoption, en 1905, du principe de la grève générale, c’est plutôt une ligne modérée qui domine.

- Ces tensions se retrouvent dans l’ensemble du mvt socialiste européen.

- Elles s’expriment au sein de la IIe Internationale, regroupement de syndicats et de partis socialistes nationaux fondé à Paris en 1889. De plus en plus minoritaires, les révolutionnaires refusent de participer à un gouvernement bourgeois et veulent riposter à la « guerre bourgeoise » par la grève générale.

Votre professeur d'histoire vous le dira, le mouvement ouvrier allemand s’est imposé en se structurant autour du parti social-démocrate : contrairement à ce qui s’est passé en France, il n’a donc pas connu la tension entre syndicat et parti. En 1914, il représente le groupe parlementaire le plus important, soutenu par 4 millions de syndiqués.

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C'est parti

D'une guerre à l'autre : socialisme et syndicalisme dans la tourmente (1914-1945)

Scission au sein du mouvement ouvrier

- 1914 : le SPD, première force au Reichstag (110 députés), se prononce en faveur de la guerre et votera les crédits de guerre au nom de l'Union sacrée : première rupture

- Cette rupture avec l’internationalisme suscite l’apparition de deux courants minoritaires : les spartakistes, regroupés dès 1914 autour de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, et l’USPD (SPD indépendant), qui se détache du SPD en avril 1917.

- De puissantes grèves contre la guerre ont lieu à partir d'avril 1917.

- 9 nov 1918, alors que la victoire des Alliés est inéluctable et que l’agitation révolutionnaire monte dans le pays, l’empereur Guillaume II abdique. Le lendemain, le SPD et l’USPD constituent un gouvernement provisoire.
- Favorables à un « communisme démocratique », les spartakistes s’opposent au gouvernement provisoire. Ils fondent le KPD et déclenchent une insurrection.

- Pour mettre fin au soulèvement, le gouvernement fait appel à l’armée, qui l’écrase dans le sang à Berlin en janvier 1919. Cet événement scelle la rupture entre sociaux-démocrates et communistes allemands.

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Le SPD et le pouvoir sous la république de Weimar

- La menace révolutionnaire écartée, le SPD organise des élections pour une assemblée constituante. N’obtenant pas la majorité, il s’allie avec le centre et les démocrates. La Constitution de juillet 1919 est un compromis entre ces trois tendances.

- Le SPD soutenu par syndicats met en place lois sociales : journée de 8 heures, assurances sociales, allocations chômage, conventions collectives. Mais dès 1920, il perd des voix aux élections et doit quitter le gouvernement.

- Le KPD ne soutient pas le régime, par ailleurs confronté à une vive agitation d’extrême droite (putschs, assassinats politiques).

- Après la mort en 1925 du président social-démocrate Ebert, Hindenburg, (symbole de l’ancien régime), est élu pour le remplacer. Mais SPD retrouve place au gouvernement au sein de la « grande coalition », entre 1928 et 1930.

- Dans un contexte de crise éco et de fortes tensions pol, le SPD est isolé dans son soutien au régime. Aux élections de juillet 1932, les partis opposés à la démocratie parlementaire sont majoritaires (parti nazi, 37% ; KPD, 14%).

Le mouvement ouvrier allemand face au nazisme

- Nommé chancelier par Hindenburg, le 30 janvier 1933, Hitler obtient rapidement les pleins pouvoirs. Il interdit le KPD (après l’incendie du Reichstag, le 27 février), les syndicats, le SPD et tous les autres partis.

- Les rouages du totalitarisme sont alors mis en place : parti et syndicat uniques ; police politique (la Gestapo) pourchassant tous les opposants ; propagande encadrant les esprits et les comportements.

- Interdits et pourchassés, socialistes, communistes et syndicalistes allemands tentent, au prix de leur vie, d’organiser la résistance au totalitarisme nazi et de défendre les valeurs de la démocratie. Ils mettent en place des réseaux clandestins, mais sont durement frappés par la répression.

- Ces réseaux tentent de maintenir le contact avec certains dirigeants en exil en URSS (KPD) ou en Europe de l’Ouest (SPD).

Pilier de la fragile république de Weimar, le SPD fait adopter des mesures sociales. Mais, désormais divisé entre socialistes et communistes, le mouvement ouvrier allemand ne peut empêcher la montée du nazisme.

L'opposition frontale entre communisme et socialisme dans la Guerre froide

L'expérience d'un Etat socialiste en RDA

- Avril 1946, sous l'impulsion des Soviétiques,  le KPD et le SPD fusionnent pour former le SED (parti socialiste unifié).

- 7 octobre 1949 : création de la IIe République démocratique allemande (RDA) sur le modèle soviétique.

- La vie politique est régie par la SED qui dirige l’État et encadre la société. Il est secondé par une police politique, la Stasi, qui surveille étroitement la population.

- La planification de l’économie est adoptée. Elle donne priorité à l’industrie lourde au détriment des biens de consommation, tandis que l’agriculture est collectivisée.

- Juin 1953 : un mouvement insurrectionnel éclate à Berlin-Est et se propage dans la plupart des villes, réclamant des élections libres et la fin du régime communiste.

- La fuite à l’Ouest est un autre moyen de manifester son opposition. Les autorités réagissent en bouclant les frontières, puis en construisant le mur de Berlin en août 1961.

- Au cours des années 1980, l’écho des réformes de Gorbatchev en URSS (glasnost et perestroïka) stimule la combativité des Allemands de l’Est. Le 9 novembre 1989, ils réussissent à faire tomber le mur de Berlin.

L’intégration du SPD et des syndicaux au système libéral de la RFA

- Mai 1949 : création République fédérale d’Allemagne (RFA) par la réunion 3 zones d’occupations occidentales. Le SPD affirme son anticommunisme

- La vie pol est régie par la Loi fondamentale. L’unité syndicale est assurée par la DGB : la négociation d’égal à égal avec le patronat doit assurer la paix sociale dans le cadre d’une « éco sociale de marché ».

- Une forme de coopération entre les puissants symdicats ouvriers et le patronat se met en place : la cogestion (lois de 1951 et 1976) qui permet aux représentants syndicaux de participer aux décisions de l’entreprise.

- 1970 : le SPD compte un million d'adherents en  RFA.

- Relégué dans l’opposition, le SPD adopte un nouveau programme lors du congrès de Bad Godesberg (1959) : il abandonne la référence au marxisme, et reconnaît l’écode marché et l’ancrage à l’Ouest.

- Cette évolution du socialisme et du syndicalisme mène la social-démocrate au pouvoir : W. Brand devient chancelier en 1969 de la coalition socialiste-libérale (SPD-FDP) et mène une politique d’alternance (ouverture à l’Est, plus de démocratie à l’intérieur).

- Emergence de mvt d’extrême gauche, éphémères et parfois violents de la mouvance écologiste. Elle se structure peu à peu autour du parti des Verts.

Le devenir du socialisme et du syndicalisme dans l’Allemagne réunifiée

- Généralisant le système ouest-allemand à l’ex-RDA, la réunification se traduit par démantèlement du système de protection sociale hérité du communiste.

- Le SPD revient au pouvoir de 1998 à 2009, d’abord avec les Verts puis dans une « grande coalition » avec la CDU.

- Mais réformes du système de protection sociale (Agenda 2010) divisent le parti, certains jugeant que mesures prises sont contraire aux intrets des travailleurs.

- Le SPD se maintient au pouvoir en 2005 en partageant avec les chértiens-démocrates du CDU, mais il doit faire face à la montée du nouveau parti de la gauche radicale Die Linke. Il composé principalement d’anciens communistes de RDA et de démissionnaires du SPD, déçus par l’alignement néolibéral. Dans le même temps, la DGB connaît une relative désaffection.

- 2009 : SOD obtient leur plus mauvais score de l'après guerre aux élections européennes.

- Les puissants syndicats peinent aussi à s'adacpter aux mutations socioprofessionneles et au contexte d'unification éco et de crise écologique et financière de la planète.

- Des grandes grèves sectorielles ont lieu tandis que le nombre de syndiqué ne cesse de diminuer.

Depuis 1990, l’échec de l’État socialiste en RDA a consacré la solution libérale, qui reconnaît le rôle essentiel des partis (dont le socialiste) et des syndicats dans le fonctionnement de la démocratie politique, économique et sociale.

            La naissance et la progression du socialisme en Allemagne se font dans le contexte du dvlp de l'industrie et de l'accroissement de l'influence du monde du travail. Bien que déchiré par des conflits internes et ataqués par le pouvoir bismackien, le SPD devient rapidement le plus puissant parti socialiste euro, en parti imité par bien d'autre. Le mouvement syndical nait en parallèle. Il est à ses débuts, très proche du SPD, avant de s'en détacher.

La première GM met à l'épreuve la sociale démocratie. Critiqué pour avoir participé à un gouv de coalition favorable à la guerre, le mouvement socialiste se scinde et donne naissance au parti communiste allemand en 1918 (KPD). Les 2 partis se font alors concurrence et s'opposent dans la République de Weimar. Ils sous dissous ensuite par le régime nazi en 1933.

Au lendemain de la deuxieme GM, le socialisme, le communisme, et le syndicalisme sont confrontés à des situations pol, éco et sociales complexes qui imposent des restructurations. Le communisme s'impose en RDA et fait face à la reconstruction du socialisme en RFA. La réunification allemande fait émerger de nouvelles difficultés.

            L’Allemagne contemporaine, l’idéal d’une révolution comme mode de résolution des inégalités sociales est aujourd’hui très minoritaire. Même si cela donne lieu à débats, l’idéal révolutionnaire ne suscite plus de divisions majeures au sein du monde ouvrier, divisions qui ont permises une vitalité mais qui ont aussi constitué une fragilité pour ce mouvement ouvrier depuis 1875. Ces divisions ont été à l’origine d’expériences diverses dont la crédibilité est aujourd’hui remise en question, notamment le socialisme réel en RDA, que les historiens appréhendent de manière plus précise avec l’ouverture progressive des archives et qui entretiennent aujourd’hui les débats sur les raisons d’être du mouvement ouvrier allemand. Ce dernier doit néanmoins faire face à une remise en cause du modèle social allemand dans une Europe en crise et en manque de pays leaders dynamiques.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !