Miracle païen et miracle chrétien

Jésus et Apollonios de Tyane
Philostrate reste extrêmement prudent par rapport à l'épisode dont il a été témoin
Alceste femme d'Admète se sacrifie pour mourir à la place de son époux suite à un sacrifice à Artémis qu'Admète avait négligé. Plusieurs points de comparaison possibles, et Jésus semble avoir été perçu par ses contemporains comme un théios aner. En dehors des Évangiles, Jésus apparaît peu dans les sources extérieures aux chrétiens; tacite, l'historien parle de christ, une lettre privée le compare à Socrate et à Pythagore => considéré comme un thaumaturge, un sage fondateur d'une secte gréco-romaine, crucifié, c'est surtout sa mort qui a marqué les esprits. Certains ont vu, encore récemment, dans la figure d'Apollonios de Tyane la réincarnation du Christ (internet, où on lit tout et n'importe quoi) et cette vie qu'a retracée Philostrate est souvent comparée aux évangiles bien qu'il soit à peu près certain que Philostrate ne pense pas aux milieux chrétiens qu'il écrit. Pas d'influence d'un écrit sur l'autre mais reflet d'un même état mental.
Mission chez Jésus de chasse contre les démons comme Apollonios de Tyane. Il y a un certain nombre de parallèles, le décès touche une personne en particulier. La veuve est frappée doublement par le peuple. Toute la ville de Rome s'associe.
Interruption de la cérémonie: l'action se limite à chaque fois au toucher. Chacun repart dans la famille où il doit aller. Les récits miracles sont inscrits dans une tradition littéraire ce qui explique la récurrence de certains motifs et voire de certains stéréotypes. Il y a toujours des témoins oraculaires, les auteurs ne tranchent pas entre réanimation et animation.
Pérégrions a fait l'objet d'un pamphlet . Il écrit un traité sur la mort de Pérégrinos (Lucien) C'est un témoignage  à charge contre ce personnage historique quaugu gelle au contraire semble apprécier.
Il a pratiqué son autodafé en 165, Lucien a assisté à son suicide de manière spectaculaire. Lucien s'est peut être inspiré d'un écrit de Théagène où la vie et la mort de Pérégrinos étaient racontées comme celle de Pythagore dans la Légende dorée. Pour Lucien, il n'est rien d'autre qu'un imposteur et l'auteur se livre dans ce pamphlet à une attaque en règle. Après avoir été contrait à l'exil pour avoir étranglé son père (calomnie, probablement), les pas de Pérégrinos le conduisent de rencontre en rencontre. Il fréquente notamment les milieux chrétiens.
Lucien a une vision des chrétiens réductrice, il considère que ce sont des gens illuminés et qui sont naïfs et crédules, et qui se sont fait avoir par Pérégrinos. Il ne va pas respecter un interdit alimentaire. Il y a un amalgame entre le judaïsme au christianisme. Références à des interférences alimentaires chrétiennes.
L'extraordinaire solidarité du réseau chrétien, les chrétiens se démènent pour lui, viennent le voir en prison, dépêchent des personnes d'Asie et lui donnent de l'argent.
On le voit, Jésus n'est pour Lucien qu'un de ces "hommes divins" qui fourmillent crédulité des gens. Finalement, Pérégrinos est libéré et de retour chez lui, il cède tout son héritage à la communauté et repart en errance au crochet des chrétiens mais pour avoir transgressé un interdit alimentaire (lié à un sacrifice) il est exclu de la communauté.
IL va y avoir des phénomènes miraculeux concernant la mort autour de Lucien
Ce qui est intéressant, c'est ce que ce qu'il a lui même proféré comme rumeur, va lui revenir aux oreilles par une autre personne.
Après la mort de Pérégrinos, enfin, Lucien s'amuse de la crédulité des naïfs et souligne la facilité avec laquelle n'importe qui peut persuader les foules. Lucien, à propos de la mort de Pérégrinos, ajoute même qu'un vieux barbu vénérable (probablement stoïcien) lui rapporte les éléments de la rumeur qu'il a pourtant lui même lancée.
Le personnage de Pérégrinos a largement été réhabilité depuis le pamphlet de Lucien et l'on a noté la forte déformation que Lucien a fait subir au personnage historique. Très certainement critique organisée avec le concours des épicuriens on peut considérer qu'il s'agit d'une oeuvre de propagande vivant à lutter contre le culte d Pérégrinos (comme Alexandre).
Les auteurs chrétiens qui vont raconter la vie de Jésus étaient nourris de cette culture. La représentation des démons  doit énormément à la représentation antique. C'est la lente évolution, c'est le résultat d'une culture et qui prend ses racines dans la religion greco-romaine.
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Les démons

Le mot démon est extrêmement connoté, de manière négative, et cela renvoi à tout un univers mental et collectif.
Les incubes sont des divinités du monde. Un incube est une divinité nocturne qui se met sur la poitrine la nuit et qui nous étouffe, c'est l'incarnation des cauchemars.
Ce n'est qu'au moyen age que se forge la représentation stéréotypée du diable sous forme cornus, fourchus, associés au rouge et au noir. Cette représentation est directement héritée de celle du dieu pan (satyre associé à Priape et à un faune). C'est en s'appuyant cette imaginaire là, que se développe le démon dans le moyen age, sauf qu'on retire la dimension sexuelle.
La notion de démon : daimon, pluriel daimones : grec
en latin : genius, pluriel genii
Quand on dit que Léonard de Vinci est un génie c'est au sens figuré.
La notion complexe : plusieurs sens selon les contextes (folklore, tradition superstitieuse, réflexion philosophique) la conception populaire du daimon est vague.
La notion de daimon a beaucoup évolué depuis Homère (1ère attestation) et Hésiode
Démonologie : doctrine relative aux démons, mais emploi de ce mot délicat car il n'y a pas à proprement parler de système que l'on pourrait reconstruire dans la pensée religieuse antique concernant les démons.
Il n'y a pas de religion pour les démons.
Les démons sont des êtres intermédiaires qui peuvent être bons ou mauvais.
C'est l'utilisation du démon au pluriel
Au singulier, démon : fortune/ destin. Platon distingue dieux et démons mais chez les autres auteurs la distinction n'est pas toujours évidente, + conception du démon individuel ou personnel (intellectuel plutôt que spirituel) démons - âmes partie supérieure de l'âme humaine. nous-daimon (esprit démon) => démon de Socrate.
On va attribuer au démon ou à la fortune des échecs unitaires.
Les démons sont une manière de "dédouaner" les dieux;
On attribue généralement au démon ou à la fortune les échecs militaires, alors que les victoires seront attribuées aux dieux. La mort est également due au sort ou au daimon.
Rome et ses "démons"
En latin, le mot "genius)" (génie) = plusieurs sens, avec ou sens majuscule. Certaines divinités mineures sont considérées parfois comme des démons (ex: Flore, divinité de la nature, ou nymphe Egérie, les faunes). Le genious, avec les lares, les pénates et les manes fait partie des plus anciennes divinités du latium.
Le genius est la force de vie en une personne, la force divine, cela peut être une sorte de dieu particulier à chaque humain, mais aussi à chaque lieu.
Prendre soin de son genus: profiter des plaisirs de la vie
Le lares : génies du lieu ou la famille habile, on les nourrit sous l'autorité du pater familias dans le laraire. Les autres génies sont les pénates : autres divinités de la maison (penus = réserve/ cellier). Les pénates on les trimbale partout avec soi, d'où l'expression porter ses pénates.
Les mânes, les lémures et les larvae (larves) âmes des morts :
=> Di manes : âmes divinisées des morts. Manes = bons, bienveillants mais par antiphrase car ils font peur et il faut se les rendre favorables. Ils sont l'objet d'un culte, offrandes+fêtes
(illustration autel dédié aux dieux mâmes)
Chaque année on effectuait ces cérémonies pour éviter que les morts n'engagent ces vies.
Ovide : les lemuria: fête des lémures, ou âmes/ fantômes de morts. Déroulement strictement réglementé, les 9 et 11 et 13 mai.
Gestes et rituel apotropaïques = pour écarter les ombres des morts. On retrouve les chiffres symboliques 3 et 9. L'explication de cette célébration se rattache, selon Ovide, à la légende de Remus dont l'ombre serait apparue à ses parents adoptifs et leur aurait demandé d'intervenir auprès de Romulus pur obtenir l'institution d'une fête en son honneur => Remuria, devenues Lemuria plus tard.
(voilà pour les romains)
Démons malfaisants : les striges : démons féminins ailés douées de serre et qui se repaissen du sang et des entrailles des nouveau-nés. Equivalent grec = Lamia voleuse d'enfant. Lamia fut l'amante de Zeus. Héra, jalouse tua ses enfants et lui empêcha de fermer paupières pour pouvoir se reposer. Devenue folle, Lamia prit une apparence monstrueuse (buste de femme et corps de serpent) et se terra dans ne caverne. Jalouse des autres mères, elle en sort parfois pour dévorer un jeune enfant. Ces démons ont beaucoup influencé l'art gothique à travers les gargouilles, l'héroic fantasy.
Mormo : ou Gélo démon féminin qui mord les enfants ou les rend boiteux (croque mitaine) variante : mormolycé (équivalent du croque mitaine: mormo+louve: nourrice de l'Achéron (fleuve des enfers). Les jeunes gens, eux, ont à craindre des lamias, des génies féminins qui sucent le sang et sont avides de plaisirs érotiques (ancêtres des vampires). Dans la mythologie, ces démons/génies féminins malfaisants = harpies. Sirènes : monstres mi-femmes mi-oiseau ravisseuses d'enfants et d'âmes parfois représentées sur les tombeaux.
Les incubes démons folkloriques : démons masculins qui parfois abusent des femmes pendant leur sommeil.
Les harpyes : les ravisseuses : ces démons qui passaient pour habiter les îles strophades mais Virgile les situe dans le vestibule des enfers.
(tête de femmes,
Célébres pour le mythe de Phinée : rio de Salmydessos (Thrace) qui avait reçu d'Apollon le don de prophétie, pour le punir des mauvais traitements qu'il avait infligés à ses fils, les dieux le rendirent aveugle et le livrèrent aux harpyes qui ne cessaient de tourmenter. Elles  lui volaient sa nourriture ou le souillaient d’excréments.
Le folklore romain a aussi ses incubes, qui passaient pour venir se coucher sur la poitrine des dormeurs et provoquer des cauchemars. Ils s'accouplent parfois avec des femmes, à leur insu, pendant le sommeil. Ils sont responsables dans la croyance populaire, des troubles du sommeil ) divinités nocturnes à rapprocher d'Hécate.
Les Erinyes ou les euménides. Dans la mythologie grecque, déesses de la vengeance, que les latins indentifièrent avec leurs furies (dirae). Les anciens les appellent par antiphrase les euménides, c'est à dire les bienveillantes, de manière à s'attirer leurs bonnes grâces en flattant. Leur naissance est née du sang de la castration d'Ouranos (le ciel) elles seraient trois : Tisiphone, Alecto et Mégère. Génies féminins ailés dont les cheveux son entremêlés de serpents + torches + fouet.
Les rêves sont vus dans son coté négatif souterrain angoissant.
L'endroit où elles vivent est appelé l'Erèbe (Ténébres, obscurité, soeur de la nuit mais aspect négatif/ souterrain de la nuit).
Elles punissent surtout les coupables d'hybris (orgueil, démesure) et les criminels qu'elles rendent fous.
coté infernal avec les chiens et les torches.
Ixion a embrassé le fantôme d'Héra, il est condamné à être enchaîné dans une roue enflammée qui tourne éternellement.
Que peser de ces croyances au mauvais démons qui sont autant littéraires que folkloriques ?
Elles traduisent des peurs bien connues et justifiées: l'après-mort, la mortalité infantile, l'angoisse de la noyade (croyance en des démons dans les puits, les sources obscures). La plupart des récits de possession les présentent comme véridiques (= témoignages d'une expérience vécue ou racontée) mais cela fait partie du genre(comme dans la littérature fantastique du XIXème siècle). Savoir ce que croyaient vraiment les auteurs et les masses est un problème insaisissable et toutes les nuances se trouvent du plus sceptique au plus crédule.
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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !