Introduction

Vers 1850, on constate l’apogée de la prépondérance britannique, puisque ce pays détient à lui seul une production cotonnière qui est le triple de celle de l’Allemagne, la France et les Etats-unis. Il y a par ailleurs autant de lignes de chemin de fer en Grande-Bretagne qu’en Europe et en Amérique du nord réunis. Il semble donc que la prépondérance britannique ne puisse pas être remise en cause ; Or, le Royaume-Uni n’a pas su moderniser son industrie, et en réalité, sa puissance est exclusivement financière. Dans le même temps, L’Europe, puis les Etats-Unis et le Japon, utilisent les techniques britanniques, les développent, et conquièrent peu à peu des parts de marché.

Il est nécessaire d’étudier tout d’abord les économies pionnières – early starters – à savoir le modèle anglais puis, après 1850, son déclin relatif, émergence de la France présentée comme une grande puissance en retard, avant d’aborder les pays de la 2ème génération industrielles, avec les géants allemands et américains (devenant la première puissance industrielle au monde). Un troisième thème d’étude sera consacré aux « late comers » que sont la Russie et le Japon, la première tardant à relever le défi de l’industrialisation à l’occidentale, le second parvenant en un quart de siècle à devenir l’une des plus grandes puissances industrielles au monde.

Les économies pionnières des « early starters »

Le modèle anglais : la suprématie britannique au XIXème siècle

Pourquoi l’Angleterre ?

Contexte : agriculture, population, institutions politiques, innovations technologiques ; Souligner que certains de ces facteurs sont typiquement anglais. Les britanniques jouissent d’avantages supplémentaires – communication, ressources, commerce internationale, grande ouverture sociale par la religion, l’individualisme, la constitution d’une bourgeoisie véritable.

Les caractères économiques et sociaux de la Grande-Bretagne.

Population de 7 millions en 1750, 21 million 1851. C’est une population jeune car le taux de natalité baisse lentement ; L’urbanisation est par ailleurs forte : lors du recensement de 1851, 2/3 des citadins sont nés à la campagne. Enfin, une faible part des actifs dans l’agriculture – 22% en 1851, et déjà 50% dans le milieu industriel.

En 1851, les exportations représentent 12% du revenu national – secteurs de pointe, dont les 2/3 de la production de textile. En revanche, le Royaume-Uni importe matières premières et produits agricoles.

La Grande-Bretagne après 1850 : un déclin relatif

Entre 1840 et 1875, croissance britannique due aux exportations – 30% du PIB annuel. Cela est indéniablement du à la supériorité industrielle de la Grande-Bretagne ; Par exemple les rails de chemin de fer représentent à eux seuls le quart des exportations. Dans le même temps, le pays est de plus en plus dépendant des importations.

Entre entre 1875 et 1914, les premiers signes de déclin apparaissent :

  • Une crise agricole en qui provoque l’effondrement du cour du blé (prix divisé par trois), ainsi qu’une accélération de l’exode rural (en 1914, plus que 11% d’agriculteurs).
  • Un déclin industriel relatif qui se marque sur les marchés, avec la concurrence de l’Allemagne qui va remporter en 1894 le marché des chemins de fer ottoman. Les allemands vont alors gagner le marché en proposant de laisser ses ingénieurs sur le territoire ottoman pendant une durée de 10 ans et en offrant les wagons dont le coût est presque nul. Les britanniques accusent alors les allemands de dumping. Les allemands vont, dans le domaine de la papeterie, pratiquer le marketing à nouveau. Ils inventent le fait d’offrir des crayons contre l’achat d’une certaine quantité de papier.

Pourtant, la prospérité britannique devient éclatante : les britanniques savent avec un art consommé mettre en valeur l’économie ; Ils exploitent leur empire colonial en y laissant les élites qui pré-existaient auparavant.

De même, leur balance commerciale est structurellement déficitaire, mais la balance des paiements est structurellement excédentaires. Les britanniques ont un système où les revenus des invisibles compensent largement les revenus du commerce extérieur. A l’époque, 80% des assurés le font à la LLoyd’s anglaise. Tout les services bancaires sont partagés par les banques britanniques, dont la Westminster bank. Les revenus des capitaux investis par les britanniques représentent à eux-seuls 10% du RNB en 1914. L’empire britannique constitue à l’époque 40% de la population mondiale.

Invisibles : revenus immatériels

Apres 1890, comme les autres pays d’Europe, les Royaume-Uni va se doter d’une législation sociale qui va ralentir la croissance, parce qu’elle se traduit notamment par une forte augmentation des salaires.

Une grande puissance en retard : La France

Un début de modernité au XVIIIème siècle

L’agriculture française est liée à une population non servile. Ce système y est aboli dès le XIVeme siècle ; Ils vont bénéficier de la physiocratie, de l’anglomanie.

→ Recul de la jachère, spécialisation agricole par région. La production agricole augmente de 60%, au XVIIIème siècle, la population augmente d’un tiers, passant de 21 à 28 millions d’habitants, soit une hausse par tête de 20% de la production agricole.

=> Les famines vont alors disparaître. Les dernières années de recul nets de la population se font en 1741/1743.

→ Les innovations françaises vont être accompagné par de nombreux savant – Lavoisier, Montgolfier… Le voyage d’étude permet une spoilation des inventions britanniques.

→ Le commerce extérieur et surtout colonial représente un tiers des échanges ; Sur l’ensemble du XVIIIeme siecle, les bénéfices vont tripler grâce au commerce triangulaire. Des ports spécialisés – Marseille, Le Havre, Bordeaux… – vont commercer en échangeant des esclaves contre des armes dans les pays arabes, voir dans les tribus d’Afrique désireux de s’en débarrasser. Ceux-ci sont ensuite envoyés en Haiti, qui produisait alors 99% du sucre au monde, en plus de certaines ressources comme l’indigo et le rhum. Pourtant, les attaques de pirates, les révoltes d’esclaves sont des phénomènes fréquents. Cela n’empêche pas la formidable rentabilité du secteur – 3000 euros récupérés par euro investi. Pour affréter des navires, on va collectiviser l’achat d’un navire et toucher ainsi une part équivalente à son investissement après rentabilité.

→ Depuis le milieu du XVIIeme siècle, la France à une école spécialisée dans la construction des ponts et chaussées. La France a donc une avance considérable dans les routes pavées (elle en possède plus que dans toute l’Europe. Ce phénomène est accéléré par la centralisation parisienne.

=> Ceci provoque une accélération considérable des temps de transport ; Il faut 14 jours au début du XVIIIeme pour aller de Paris à Bordeaux contre seulement 6 jours à la révolution.

Le prix du billet demeure cependant prohibitif. Il coûte alors 125 livres, soit le quart du salaire annuel d’un artisan.

Les difficultés financières françaises sont dues au poids de la guerre et à un système de fiscalité indirecte et pesante : il y eut des tentatives de réforme pour les infrastructures (premier pays à faire des cartes avec l’école des ponts et chaussées), pour la libéralisation (système de brevets, messageries royale, tentative d’unification douanière par suppression des douanes intérieures, suppression des corporations, des corvées pour les paysans).

=> Le tollé est tel que le roi revient sur ses décisions rapidement (les corporations sont remises en place dans la semaine suivante).

Les impôts sont par ailleurs élevés car indirects. Ils pèsent sur la consommation intérieure, principalement sur les produits de premières nécessités. Au XVIIIeme siecle, la Ferme Générale est système dans lequel un banquier, par exemple Lavoisier et Condorcet, avance au roi des fonds, puis va se rembourser sur les populations grâce à l’aide de l’armée royale. Ces fermiers perçoivent un bénéfice de 20% au minimum, ce qui va alourdir considérablement la dette.

=> En 1789, le roi convoque les états généraux pour la première fois depuis 1610. Les deux assemblées rentières refusent ces accords car ils n’ont pas pour intérêt de payer des impôts supplémentaires. Louis XVI refuse ensuite de déclarer la banqueroute, principalement par convictions morales.

Les guerres révolutionnaires et l’Empire

La France, à l’inverse de la Grande-Bretagne, va connaître des bouleversements politiques qui va entrainer une alternance de nombreux régimes entre 1789 et 1914.

=> Durant cette période, la France est constamment en guerre, guerre civile ou révolution.

→ La France va connaître un certain nombre de réformes malgré cette instabilité politique :

  • En mars 1791, loi d’Allarde. Permet la liberté d’entreprise.
  • En juin 1791, loi Le chapelier abolit les corporations, proclame la libertés du travail mais interdit les syndicats et les coalitions au nom de cette liberté du travail. Elle ne sera aboli qu’à la fin du XIXeme siècle.
  • La révolution française permet une égalité devant l’impôt, qui demeure encore majoritairement un impôt sur la consommation.

Entre 1791 et 1815, la France perd autant de soldats qu’à la guerre 14-18, alors que la population n’est que de 28 million contre 40 million à la grande guerre.

La France perd ses colonies puisque les britanniques profitent de la Révolution pour s’emparer de ses territoires.

La production agricole et industrielle va stagner au moment où commençait l’industrialisation.

=> Alors qu’elle aurait dû devenir la première puissance industrielle, elle va être déclassée en en restant seulement une parmi d’autres.

→ Même si la France profite de l’industrialisation britannique, elle en reste fortement dépendante. En, se développe au nord de la France une industrie de filature de lin fonctionnant avec les machines sorties frauduleusement d’Angleterre avec ses plans. Elle copie la Grande-Bretagne, mais ne parvient pas encore à copier le savoir-faire britannique.

→ Lorsque le chemin de fer français va se développer, il va être considérablement ralenti par une volonté absurde de vouloir économiser à tout prix sur la consommation de charbon.

Une croissance en dents de scies

Entre 1840 et 1860, la France connait une industrialisation rapide dans les chemins de fer. Comme la France en est à un stade précoce, les chemins de fer ont des effets d’entraînements considérable sur la sidérurgie, les banques, l’agriculture

Entre 1860 et 1892, l’activité économique va se ralentir progressivement. En 1860 elle signe avec l’Angleterre le traité Cobden-Chevalier qui favorise le libre-échange. Napoléon III comprend que cela permettra une stimulation du marché, devenant ainsi plus innovant.

=> Cela entraîne une crise agricole : le prix du blé diminue de moitié. Elle se transforme sporadiquement en révolte – ex : Midi Ricole 1894-1896, car les producteurs de vins sont concurrencés par les vins d’Algérie. Clemenceau va discréditer Marcelin Albert, le meneur du mouvement, par une manœuvre calomnieuse.

L’Etat va perdre l’Alsace-Lorraine, à l’époque un des territoires les plus industrialisés, où se trouve des mines importantes ; Par exemple Mulhouse était le centre textile le plus moderne de France. Le gouvernement va lancer une politique volontaire de travaux publics avec le Plan Fressinet de 1879, qui va multiplier les voies de chemin de fer secondaires, construire des canneaux, cependant à l’époque trop petits pour être utilisés.

→ Cet essor interventionniste est insuffisant.

=> En 1892, la France renonce au libre-échange avec les tarifs Méline, qui imposent des droits de douanes de 50% sur l’agriculture et l’industrie.

→ Le revenu agricole va pouvoir remonter. Cela va permettre à la France de développer des industries de pointe : elle est leader en aluminium et électricité, placée au 1er rang mondial pour la construction.

Bilan en 1914

La France est un vivant paradoxe, dans la mesure où elle présente des faiblesses comme un faible taux d’urbanisation, un trop grand nombre d’agriculteurs(52%) et qui ne diminue pas ; Des rendements agricoles faibles, un faible taux de salarisation ( En 1914, 50% de salariés en France contre 90% en Grande-Bretagne !) explicable par l’idéal français d’être son propre patron.

Pourtant, elle présente des avantages, comme une évolution des salaires réelles comparable à celle de la Grande-Bretagne, une puissance financière considérable (la 2eme au monde jusqu’en 1914) grâce un très fort taux d’épargne, une monnaie très stable.

La deuxième génération : l’avènement des géants

L’Allemagne : une industrialisation rapide sur des bases originales.

Les deux pays vont connaître un démarrage dans une période très proche ; Tous deux connaissent une expansion après des guerres – Civil War (1861 – 1865), la guerre des duchés en 1864, la bataille de Sadowa en 1867, guerre francoprussienne de 1870. Enfin, ils vont fonder leur développement sur un protectionnisme fort ; Leur niveau de vie pas dès lors exploser véritablement.

Des obstacles initiaux

L’historien britannique Alexandre Gershenkron publie vers 1960 Economic backwardness in an Historal Perspective(tendances économiques analysées dans une perspective historique). Contrairement au modèle de Rostow, qui privilégie les atouts à l’industrialisation, Alexandre Gershenkron va s’intéresser aux obstacles. Dans le cas de l’Allemagne, l’obstacle est son morcellement politique. L’Etat a dû intervenir pour favoriser l’industrialisation ; De même, les entreprises elles-même ont dû très vite se montrer plus performantes, de plus grande taille afin de rivaliser avec la concurrence. Ces entreprises vont devoir recourir à toutes les techniques de pointe pour s’adapter au marché.

Au début du XIXeme, l’Allemagne débute sa modernisation, alors qu’elle est entourée de pays développés comme la France, la Grande-Bretagne ou le Benelux ; En Silésie, une machine à watt est importée dès 1787. Cela ne va pas entraîner d’industrialisation : l’emploi industriel ne représente que % de la population active. A cela s’ajoute des difficultés politiques : Le congres de vienne de 1815, suivant la défaite de Napoléon à Waterloo, amène à rayer la Pologne de la carte. Pour l’Allemagne, on détermine 39 états autonomes. Le royaume de Prusse va chercher à unifier ce territoire. La Prusse était alors une caserne à ciel ouvert, dans la mesure où elle est un état entièrement tourné vers la militarisation. En 1834, elle bénéficie de la création d’une union douanière, le zllverein, rassemblant les états du sud, puis tous les états allemands. Elle se dote en 1867 d’un parlement douanier, le Zollparlament, discutant des taux appliqués à l’entrée dans l’union douanière. Elle dispose seulement de 6,000 kilomètres de chemin de fer en 1830. La Prusse va en construire 12000 par an entre 1870 et 1890 ; Les allemands vont alors commencer à considérer l’Allemagne comme un même territoire unie ;

En outre, cela va favoriser les déplacements de troupes pour l’invasion française déjà anticipée. La France s’oppose alors à la succession au trône d’Espagne par un prince allemand, dans la mesure où la reine Victoria a par ailleurs déjà épousé un prince allemand, elle serait alors totalement cernée. La guerre va en réalité éclater à cause de la dépêche d’EMS, où Bismarck va publier un télégramme insultant à l’égard de Napoléon III. Celui-ci va alors déclarer la guerre en 1870. La guerre se termine très rapidement, suite à la Victoire de Sedan (Septembre 1870), où l’empereur est fait prisonnier avec un million de soldats. L’Allemagne exige une indemnité de 5 milliards de francs or, le territoires d’Alsace-Lorraine en s’appuyant sur l’origine historique allemande de la Lorraine au Vème siècle. Bismarck va alors profiter de la victoire pour réunir les souverains allemands à Versailles. Ils proclament alors en Janvier 1971 la naissance de l’Empire allemand de Guillaume IV de Prusse, devenu Guillaume Ier. Certains états, comme la Bavière, vont s’y opposer. Celui-ci va le convaincre en acceptant de financer ses dettes.

Les bases de la croissance

→ L’agriculture : en Allemagne, il existe deux types d’agriculture. A l’est, les propriétés féodales des aristocrates que l’on nomme yunkers. L’exploitation des terres y est réalisée militairement. En revanche, à l’ouest et au nord, l’Allemagne va s’essayer au libre-échange entre 1862 et 1879. Mais la concurrence provoque l’effondrement du revenu agricole d’environ 30%. Elle revient alors au protectionnisme, et developpe le recours aux engrais chimiques dans la même période. Entre 1880 et 1894, l’essentiel des investissements de l’Etat ne sont pas destinés à l’industrie mais à l’agriculture. Ainsi, l’Etat allemand, contrairement au modèle britannique, va contribuer à l’expansion de son agriculture. Cela répond avant tout à des considérations politiques, Bismarck souhaitait parvenir à une indépendance alimentaire.

→ Les chemins de fer : en 1913, ils forment 40% de l’industrie allemande, 50% des exportations ; Ils favorisent le développement de l’industrie houillère, de l’industrie métallurgique, et du secteur bancaire.

L’action de l’Etat

En Allemagne, la tradition interventionniste est beaucoup plus marquée que dans les autres pays. La création de ces deux secteurs va se produire uniquement grâce aux politiques économiques du chancelier Bismarck. En effet, il fonde un secteur réservé à l’armée, dont l’importance est telle qu’il représente les ¾ du budget en 1913. Il développe un système scolaire décentralisée, en s’inspirant du pragmatisme britannique ; Il exige en revanche une multiplication des écoles techniques pour cadres moyen, les realschule ; Entre 1883 et 1889, il crée un système complet d’assurance sociale. Celui-ci redoutant la montée des partis socialistes, il considère qu’en octroyant ces droits aux ouvriers, cela conviendra à en réduire la portée.

Cette action de l’état va avoir un certain nombre de conséquences : la concentration industrielle, des entreprises allemandes qui vont se regrouper en cartels – ex : syndicat cordonnier de Rhénanie-Westphalie(1813), représentant 98% de la production allemande de charbon. Cela va provoquer la naissances des Konzerns allemands.

Cette concentration est encouragée par l’Etat, qui va légiférer en créant les sociétés par action ; Celles-ci ont 3 avantages :

  • Le gouvernement supprime les transactions sur les actions étrangères. On ne va alors trouver à la bourse de Berlin que des actions allemandes.
  • Les taux d’intérêts passent de 3,5 à 4,5% par an. Cela amène à une hausse de l’épargne, ce qui fournit des liquidités aux banques.
  • L’Etat garanti un rendement de 3,5% par an minimum pour les actions des sociétés crées avant 1842.
  • L’Allemagne va favoriser le développement d’un système bancaire original : à partir de 1853, avec la Darmstadter Bank. Il s’agit de la première banque de commerce et d’industrie, ce qu’il appelle une universalenbanken (banque à tout faire). Désormais, il existe des banques d’affaires faisant du dépôt à vue et des prêts aux industriels en besoin de financement. C’est alors le seul pays européen à avoir adopté ce système.

Bilan en 1913

→ L’Allemagne possède un certain nombre d’avantages, dont le dynamisme démographique. La natalité va augmenter très vite. En 1911, les moins de 20 ans représentent 45% de la population. La mortalité a décru plus vite qu’en France, et l’Allemagne va bénéficier de son élan économique pour fournir les emplois aux jeunes travailleurs. Les investissement vont se produire dans l’agriculture et l’industrie, ce qui entraîne une progression continue des salaires de 1853 à 1885 d’environ 1,3% par an, alors qu’en Grande-Bretagne le niveau de vie stagne. L’Allemagne est alors devenue une puissance financière. Elle connait un taux de croissance de 6% par an entre 1904 et 1909. En 1913, elle est le premier exportateur de produits industriels, de machines-outils, de produits chimiques. Sa seule faiblesse économique est son retard considérable dans la conquête coloniale.

Les Etats-unis, première puissance mondiale

La prospérité précède l’industrialisation

→ Dès le XVIIIème siècle, le revenu par tête y est plus élevé qu’en Europe grâce à la faiblesse de densité démographique. On y compte seulement 4 millions d’habitants, ce qui explique que les revenus agricoles soient très élevés. En outre, contrairement à l’Europe, on ne trouve pas de prélèvements royaux et de taxes seigneuriales. Enfin, les avantages du climat, les terres riches et formidablement productives contribuent très vite au développement agricole. C’est pourquoi la mécanisation va se produire rapidement, afin de pallier à un déficit de main-d’oeuvre. La mécanisation va avoir lieu car elle est très rentable. Même le sud esclavagiste met au point en 1793 la première machine à égrener le coton. Cependant, cette économie agricole est extrêmement sensibles aux variations du commerce mondial : le cour du coton brut régule à lui seul l’économie américaine. Les capitaux, fournis par les britanniques, manquent cruellement aux américains.

Un pays attirant

Les Etats-unis sont un pays qui, tout au long du XVIIIeme siècle, va devoir se peupler. Jusque là, les vagues de migrants étaient constitués d’individus des persécutés religieux : membres des sectes protestantes, dont les puritains britanniques. Par exemple, les Pilgrim’s fathers fuient l’église anglicane qui ne correspond pas aux valeurs d’origine. Les irlandais fuient pour des causes religieuses, politiques sociales mais aussi alimentaires (potatoes crisis). Le niveau de vie, les possibilités de réussite individuelle vont contribuer à l’essor de l’immigration. Les compagnies privées mais aussi l’Etat vont réaliser d’immenses campagnes de publicité, afin d’attirer des migrants.

→ Ceux-ci ont accueillis environ 8 millions entre 1800 et 1880, et 25 millions jusqu’en 1914 dont près de 10 millions reviendront en Europe faute d’une intégration réussie. Par ailleurs, le niveau de formation requis pour trouver un emploi est de plus en plus important. Cela est d’un grand intérêt pour les Etats-unis, qui n’ont pas un coût et un temps de formation à amortir. Au début du XIXème, les européens de l’ouest (irlandais, anglais néerlandais et français) constituent la 1ère vague d’immigration. Suit l’Europe du sud (italiens, grecs, espagnols) et centrale (austro-hongrois, roumains, tchèques) et de l’Est (Pologne, Russie). S’en suit alors une vague chinoise puis asiatique après 1820.

Le rôle du chemin de fer

En kilomètres

Europe

Etats-unis

Reste du monde

1850

23500

14000

38400

1870

104000

90000

209000

1900

282000

357000

785000

1913

359000

457000

1100000

Les chemins de fer sont indispensables au développement des Etats-unis ; La conquête de

l’ouest regroupe en réalité deux phénomènes :

Vers 1840, des pionniers vont récupérer les terres amérindiennes de l’ouest. Cela entre en contradiction avec la pensée amérindienne, selon laquelle la propriété terrestre est impensable. Pour que ces populations demeurent,

Le développement américain ne peut pas avoir lieu sans la liaison des deux côtes atlantique et pacifique. Deux compagnies, l’une à l’est l’autre à l’ouest, vont finalement se rejoindre à l’Utah en 1869.

Les Etats-Unis accélèrent tellement la construction que vers 1850, ils construisent autant de chemin de fer que le reste du monde. Le seul investissement ferroviaire représentaient à lui seul 15% de l’investissement ;e accorde à ces deux compagnies une bande de terrain selon le système du bail emphytéotique (99 ans), pouvant aller jusqu’à 4 km de la voie de chemin de fer. En 1862 est voté le homestead act où toute personne qui le demande reçoit 64 hectares pour environ un dollar ; En revanche, les cadastres de l’époque sont soit inexistants soient fantaisistes. On s’approprie les terres par une lutte à mort dans le terrain choisie.

→ L’ouest va se peupler rapidement : on compte 2 millions d’exploitations agricoles en 1860, 6 millions en 1910. Leur taille moyenne passe de 70 hectares environ en 1860 contre 180 hectares en 1910.

En 1914, les Etats-Unis ont encore 5,5% de population rurale, 55% de population rural, seulement 33% d’emplois manufacturés. → Ces chiffres ne signifient en aucun cas un retard de développement. Le nombre de ruraux est le signe d’un aménagement du territoire réussi.

  1. Des modes de production orientés vers le marché intérieur

(voir la 2ème partie ici)

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