Depuis
le début du XIXème siècle, l'Europe puis
l'Amérique du Nord connaissent de profondes mutations
économiques. Elles entrent dans l'ère industrielle et
sont marquées par une forte croissance aux rythmes divers. Le
paysage social est profondément modifié. La Première
Guerre Mondiale provoque un bouleversement de la vie économique
qui va avoir des répercutions sur l'ensemble de la vie
politique et sociale.

La Révolution Industrielle

La
Révolution Industrielle proprement dite couvre la période
1750-1850 et concerne d'abord l'Angleterre, puis la France et la
façade Nord-Ouest de l'Europe. Elle consiste en un certain
nombre de progrès techniques, peu nombreux d'abord, mais
essentiels, qui vont bouleverser profondément les moyens de
production et les structures économiques et sociales de
l'Europe.

1.1)Les
innovations techniques

Sur
le plan technique, la révolution est double. Une nouvelle
source d'énergie apparaît, la charbon, utilisé
dans la machine à vapeur. Les techniques de production sont
modifiées : dans le textile, la mise au point de la machine
permet de multiplier de façon inouïe les gestes de
l'homme; dans la métallurgie, divers progrès
(utilisation du charbon, puddlage..) donnent une fonte et un fer plus
abondants et de meilleure qualité.

Ces
diverses innovations sont liées les unes aux autres. Les
premières améliorations du tissage appellent des
transformations pour le filetage. Le métier à
tisser ne devient possible que lorsque la force nécessaire
pour le faire tourner existe, avec la création de la machine à
vapeur de Watt.

1.2)Les
mutations des structures économiques

Ces
innovations provoquent de grands changements dans l'organisation de
la production. On passe de l'artisanat à l'industrie. De
grandes usines font leur apparition, concentrant des moyens
techniques nombreux et une main-d'oeuvre abondante. La concentration
financière se développe avec la création de
grandes entreprises.

La
production connaît un essor spectaculaire et la productivité
augmente de façon très importante.

L'appel
à de nouvelles sources d'énergie conduit à une
modification de la répartition géographique des
activités. Des régions économiques nouvelles
apparaissent autour des centres d'extraction du charbon ou à
proximité des lieux d'accumulation de capitaux (ports
pratiquant le commerce colonial).

1.3)Les
moyens de ces transformations

L'essor
de la révolution industrielle implique un certain nombre de
facteurs : la présence d'hommes, aussi bien comme
consommateurs que comme main-d'oeuvre, des moyens financiers et une
bonne circulation des marchandises. Dans ces différents
domaines, les XVIIIeme et XIXeme siècles voient des
transformations importantes.

Le
nombre des hommes s'accroît sous l'effet d'un double phénomène.
D'un part, une révolution démographique s'amorce au
milieu du XVIIIeme siècle et donne à l'Europe un
dynamisme plus grand. D'autre part, la révolution agricole
permet de nourrir une population plus abondante et, par les gains de
productivité qu'elle autorise, favorise les transferts de
population et la campagne vers la ville.

Au
XVIIIeme siècle, les capitaux aussi deviennent plus abondants.
Une conjoncture de hausse des prix permet l'augmentation des profits
tirés de la terre comme des autres secteurs d'activité.
Les mutations de l'agriculture – notamment le développement
d'une agriculture plus spéculative – dégagent
davantage de ressources. Le grand commerce colonial constitue une
source d'accumulation de capitaux considérable.

Enfin,
les progrès des transports et le développement des
conceptions libérales en matière douanière
permettent un début de constitution de marchés
nationaux et favorise l'écoulement de la production.

Dans
ces différents domaines, l'Angleterre se trouve aux
avant-postes et bénéficie d'une avance remarquable.

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L'épanouissement du capitalisme industriel

Après
1850, les innovations de la période précédente
trouvent leur plein épanouissement.

2.1)
La poursuite du progrès technique

Sans
présenter le même caractère décisif
qu'avant 1850, les innovations techniques se multiplient et
concernent des secteurs de plus en plus nombreux et variés.
Avec la mise au point procédé Bessemer, on entre dans
l'âge de l'acier. L'usage de la vapeur se généralise
et de nouvelles sources d'énergie se développent avec
le pétrole et l'électricité. De nouveaux
secteurs font leur apparition : la métallurgie de non-ferreux;
l'industrie chimique.

En
même temps, avec l'apparition du taylorisme, une nouvelle
organisation du travail industriel commence à se mettre en
place.

2.2)
Les transformations de l'organisation financière

Elles
accompagnent le développement de la croissance économique.
Les besoins considérables en capitaux vont pouvoir être
satisfaits grâce à certains événements et
mesures. Après 1850, la découverte de nouveaux
gisements d'or (Californie, Alaska, Canada, Afrique du Sud) permet de
disposer d'un stock plus important de métal précieux.
Cette abondance monétaire est encore accentuée par le
développement de nouveaux types de monnaie : fiduciaire et
scripturale (billet de banque et chèque).

L'apparition
de nouveaux types de banques, les banques de dépôt,
s'ajoutant aux banques familiales et aux banques d'affaires
traditionnelles, favorise l'essor du crédit. L'organisation
des sociétés par action facilite la création
d'entreprises nouvelles qui peuvent rassembler des capitaux
importants grâce à la croissance de l'activité
des Bourses, où s'échangent les actions.

2.3)
Diversité de la croissance

Tous
les secteurs de l'activité économique sont concernés
par cette croissance.

L'industrie
entre dans l'ère de la concentration et de la production de
masse. Trusts, konzern, cartels font leur apparition.

L'agriculture
connaît des transformations profondes. L'abandon de la jachère
entraîne une modification des rythmes de culture. L'outillage
s'est amélioré et la mécanisation se développe.
Les progrès de la chimie conduisent à l'augmentation de
la consommation d'engrais et à une meilleure sélection
des semences.

Des
mutations touchent également les échanges. La
révolution des transports prend de l'ampleur. Un réseau
mondial de chemin de fer se constitue. Les transports maritimes
connaissent aussi la révolution de la vapeur. Les systèmes
de distribution sont modifiés (apparition des grands
magasins). Un commerce mondial s'organise avec les progrès du
libre-échange.

Cependant,
des inégalités se manifestent. Tous les pays ne sont
pas touchés au même rythme par ces transformations. Le
croissance n'est pas continue et elle est entrecoupée de
crises courtes mais brutales (1846-1847, 1857, 1873, 1882, 1900).

L'impact de la grande guerre

3.1)
L'évolution économique des années 1920

  • Une
    réadaptation difficile

Une
guerre a épuisé l'Europe et entraîné la
montée des pays neufs. Elle débouche sur un profond
désordre financier. L'Europe est confrontée à un
problème de réadaptation : instaurer de nouveau une
économie de paix alors que des millions de soldats sont
démobilisés. Le processus s'engage dans de bonnes
conditions. La reconstruction et la satisfaction des besoins différés
créent un appel qui profite à l'industrie. En 1919, une
forte croissance permet d'absorber la main-d'oeuvre supplémentaire.
Mais, dès 1920, une crise brève mais violente part des
Etats-Unis, touche les pays européens et révèle
la fragilité de l'édifice.

  • La
    prospérité des années 1920

La
crise résorbée, l'économie mondiale s'engage
dans un processus de croissance. Les années 1920 paraissent
une ère de prospérité. Elles connaissent des
mutations qui prolongent la seconde révolution industrielle.

Le
bouleversement des sources d'énergie se poursuit. Le charbon
recule au profit de l'électricité et du pétrole.
La chimie, qui a profité de la guerre, poursuit sa croissance.
De nouvelles industries de pointe se développent : matériel
électrique, caoutchouc, aciers spéciaux. L'automobile
connaît un essor spectaculaire.

La
diffusion du taylorisme entraîne des transformations
importantes dans le travail industriel. Production et productivité
connaissent une forte croissance. On entre dans l'ère de la
production de masse et dans la société de consommation.
De nouvelles formes de vente et la publicité font leur
apparition.

La
concentration industrielle se développe. Elle devient
financière avec la constitution de holdings autour de banques
très puissantes. Elle touche surtout les Etats-Unis (Morgan ou
Rockfeller), l'Allemagne (IG Farben, Vereinigte Stahlwerke), le
Royaume-Uni. Des ententes internationales (cartels) se mettent en
place pour organiser la production et fixer les prix : cartel de
l'acier en Europe, cartel international du pétrole en 1928.

  • Les
    limites de la prospérité

Des
problèmes demeurent. Le monde agricole est en crise
permanente. Une surproduction liée à l'arrivée
sur le marché de pays neufs et à la modernisation
agricole provoque une baisse des prix et une chute de revenu
agricole. L'instabilité monétaire persiste après
1918. La conférence de Gênes (1922) s'efforce de
réorganiser le système monétaire et met en place
les Gold Exchange Standard favorable au dollar. Le retour à la
stabilité prend du temps. La plupart des monnaies dévaluent.
Les conséquences sociales et économiques sont
nombreuses : ruine des couches moyennes, gêne pour les
échanges, politiques de déflation qui freinent
l'activité économique.

Il
y a, dans l'industrie, de nombreuses disparités sectorielles.
Au dynamisme des industries nouvelles (automobile, électricité)
s'opposent les difficultés des branches traditionnelles
(textile). Certains pays – le Royaume-Uni notamment – connaissent
des problèmes durables. L'abondance de la production conduit à
un problème de débouchés.

3.2)
La grande crise de 1929

  • Aux
    origines de la crise

Après
des années de forte croissance, la bourse de Wall Street
connaît en octobre 1929 un krach retentissant. Une crise
profonde débute.

Son
ampleur a plusieurs causes. Elle présente une dimension
cyclique d'autant plus forte que 1929 voit la conjonction de la fin
d'une phase de dépression de longue durée (cycle
Kondratieff) et d'une crise courte de type Jaglar. Elle prend sa
source dans certains aspects de la croissance des années 1920,
notamment la spéculation boursière qui conduit à
une surcapitalisation qui pèse sur les profits. En outre, il y
a surproduction ou sous-consommation, interprétation qui fait
l'objet des débats.

  • Le
    déroulement de la crise

Aux
Etats-Unis, la krach entraîne une chute prolongée des
valeurs boursières et une crise bancaire. La faillite des
banques se répercute sur l'industrie. La crise devient
générale et touche peu à peu tous les secteurs.
La production industrielle s'effondre. L'agriculture est concernée.
Le chômage s'accroît considérablement. La crise
est longue : en 1933, les chômeurs sont 13 millions aux
Etats-Unis.

Dès
1929, les Etats-Unis rapatrient leurs capitaux . Le commerce
international est touché par la baisse des prix et les
tensions monétaires. La crise gagne alors l'Autriche et
l'Allemagne, puis le Royaume-Uni et la France. Les colonies sont
aussi victimes de la désorganisation des échanges
internationaux. Le nombre des chômeurs atteint 30 millions dans
le monde en 1932.

  • Les
    conséquences de la crise

Toutes
le catégories sociales – ouvriers, agriculteurs, couches
moyennes – sont touchées par le chômage. Les
oppositions sociales s'accentuent et se traduisent au plan politique.
Les nationalismes économiques s'exacerbent et entraînent
un dégradation du climat international.

Economistes
et dirigeants politiques sont désorientés par l'ampleur
de la crise. Les solutions présentées (politiques de
déflation, réponses dispersées à une
crise générale) accentuent les difficultés.

Cela
conduit à une remise en cause du capitalisme libéral et
à l'intervention de l'Etat dans l'économie. Le
Britannique Keynes propose une politique où le déficit
budgétaire et une inflation contrôlée permettent
à l'Etat, par des investissements massifs, de développer
la consommation et de relancer l'activité économique.

Sous
l'effet de l'industrialisation, les sociétés européennes
connaissent de profondes transformations. Celles-ci touchent
inégalement l'ensemble du continent, puis se diffusent en
Amérique du Nord.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !