La crise italienne

Bien
que sortie victorieuse de la guerre, l'Italie connaît en 1918
une crise profonde.

Elle
est confrontée à des difficultés économiques.
Son appareil économique, fragile et déséquilibré,
marqué par l'opposition Nord-Sud et des problèmes
agraires importants, a été profondément
désorganisé par l'effort de la guerre. Cela débouche
en 1919 sur des troubles sociaux et une poussée
révolutionnaire. Des grèves avec occupation d'usines et
expériences de gestion directe des entreprises ont lieu dans
le triangle industriel Milan, Gêne, Turin. Des mouvements
agraires avec occupation des terres incultes et revendication du
partage des grands domaines se développent du Sud au Nord du
pays. On assiste à une poussée de la gauche
révolutionnaire avec une scission du parti socialiste et la
naissance du parti communiste.

Autour
du thème de la 'victoire mutilée', une agitation
nationaliste se développe. Elle prend appui sur le fait que
toutes les revendications italiennes n'ont été
satisfaites à la conférence de Paris : l'Italie ne
reçoit que 10% des réparations; elle doit évacuer
Fiume occupée par D'Annunzio et ses arditi. Cette agitation
trouve un écho chez les anciens combattants démobilisés
et qui éprouvent des difficultés à retrouver la
vie civile.

La
crise est aussi politique. Le régime, une monarchie
parlementaire, est fragile. Le suffrage universel n'a été
instauré qu'en 1912. Les catholiques ne participent à
la vie politique que depuis la fin du conflit avec le parti populaire
de don Sturzo. Les traditions parlementaires et démocratiques
sont faibles. Les gouvernements modérés (Giolitti) sont
instables (cinq se succèdent entre 1919 et 1922) et se
révèlent incapables de faire face à la
situation. Ils refusent tout changement, tout en étant
incapables de maintenir l'ordre. Un mécontentement profond se
développe dans tout le pays.

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La mise en place du fascisme

Un
ancien socialiste qui a animé la campagne en faveur de
l'entrée en guerre de l'Italie en 1914-1915, Benito Mussolini,
crée en 1919 le mouvement des 'Faisceaux italiens de combat'
pour exploiter ce mécontentement et s'opposer aux socialistes
et aux communistes. Il recrute parmi les ouvriers désorientés
par le reflux de la vague révolutionnaire, les nationalistes
d'extrême droite, les anciens combattants, les couches moyennes
inquiètent. Le terme de fasci reflète l'ambiguïté
du mouvement, à la fois référence aux paysans
révoltés du XIXème siècle et au
faisceau des licteurs de la Rome antique, symbole d'autorité.

Les
élections de 1919 sont un échec pour Mussolini. Il a
alors recours à la violence pour s'imposer. Il crée les
Chemise noires, une formation paramilitaire qui s'attaque aux
organisations de gauche. Il développe un climat de terreur
dans le pays: les locaux des organisations syndicales et politiques
sont détruits; leurs militants sont intimidés, blessés
ou tués. Socialistes et communistes ne parviennent pas à
s'opposer à cette violence. Les autorités laissent
faire. Le mouvement fasciste devient le point de ralliement de tous
les mécontents et son audience s'accroît. Mussolini est
élu à la Chambre en 1921 et poursuit son action
violente contre le régime. Le soutient des industriels et des
grands propriétaires, la neutralité des conservateurs,
l'aide des autorités locales et d'une parti de l'armée
lui permettent d'accéder au pouvoir en octobre 1922 à
l'occasion de la 'marche sur Rome'.

Mettant
d'abord en place un gouvernement de coalition avec la droite
nationaliste, il installe ensuite progressivement sa dictature.

Après
avoir obtenu les pleins pouvoirs en 1922, il modifie la loi
électorale et exerce diverses pressions qui lui permettent
d'obtenir les trois quarts des sièges aux élections de
1924.

En
juin 1924, il fait enlever et assassiner le dirigeant socialiste
Matteotti qui le critiquait. Cela suscite une profonde émotion
dans le pays et le régime est alors ébranlé.
Mussolini fait front; il poursuit ses actions violentes et
l'opposition ne parvient pas à le renverser.

Mussolini
peut alors établir définitivement sa dictature avec les
lois 'fascistissimes' de 1926 qui suppriment les libertés et
les partis politiques et lui donnent la totalité du pouvoir.
Mussolini peut légiférer par ordonnance, le Parlement
perd tout pouvoir réel. Les opposants sont arrêtés
ou doivent s'exiler.

Le fascisme italien

Mussolini
s'oppose aux principes démocratiques et met en place un régime
totalitaire. Il est le Duce, à la fois chef de l'Etat et chef
du parti. Il a tous les pouvoirs ('le Duce a toujours raison') et il
instaure un Etat fort avec identité absolue entre l'Etat et la
parti national fasciste qui domine le pays.

L'Etat,
présent partout, est fortement hiérarchisé. La
jeunesse, qui doit appartenir à l'Etat plus qu'à la
famille, est embrigadée dès l'âge de six ans :
les garçons sont d'abord enfants de la louve, puis balillas et
avant-guardistes, et reçoivent un entraînement
militaire. Les filles sont intégrées aux 'jeunes
Italiennes'. L'enseignement et les enseignants sont sous contrôle.

S'opposant
à l'idée de lutte des classes, Mussolini supprime les
syndicats, interdit la grève et met en place des corparations
(loi de 1926 sur les corporations), organismes uniques qui regroupent
patrons et ouvriers d'un même métier et assurent la
prépondérance du patronat.

Une
propagande s'exerce sur l'ensemble du pays avec un contrôle par
le parti fasciste de la presse et de l'édition, une
utilisation systématique de la radio, l'organisation de grands
rassemblements où Mussolini se met en scène et utilise
ses talents oratoires.

Un
culte du Duce se développe. Les libertés sont
supprimées. Les opposants sont pourchassés et arrêtés
par une police politique omniprésente.

Voulant
une Italie prospère et puissante, Mussolini met en place une
politique économique dirigiste. Il multiplie les grands
travaux pour lutter contre le chômage (autoroutes, aqueducs,
réaménagement de Rome). Il lance la bataille du blé
dès 1925 qui s'accompagne d'un effort de bonification des
terres (aménagement des marais Pontin) et développe une
politique nataliste. Il normalise ainsi les rapports avec la papauté
(accord du Latran).

Cette
politique se traduit par quelques succès : rétablissement
de l'équilibre budgétaire, redressement monétaire,
relance économique. Cependant, l'Italie est durement touchée
par la crise mondiale de 1929 et le régime a du mal à
faire face. Il développe une politique autarcique qui renforce
la place de l'Etat (création de l'IRI). Il s'engage dans un
politique d'expansion avec la guerre d'Ethiopie. Il intervient dans
la guerre d'Espagne et se rapproche de l'Allemagne hitlérienne.
Cette orientation conduit à la mise en place d'une véritable
économie de guerre qui accroît les difficultés
économiques et conduit à un durcissement politique.
Malgré la répression, une opposition subsiste
néanmoins, les catholiques se détachent du régime
et celui-ci devient de plus en plus isolé. Il ne résiste
pas à la guerre.

En
1943, Mussolini est destitué par le parti fasciste. Réinstallé
au pouvoir en Italie du Nord par les nazis, il est arrêté
et exécuté par la Résistance lors de la
libération du pays.

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !