Depuis la fin du XIX° siècle, les tensions entre les
grandes puissances européennes sont fortes. Les rivalités coloniales, en
particulier en Afrique, en sont une des causes. La guerre paraît inévitable,
elle est même souhaitée par plusieurs gouvernements estimant qu’elle permettrai
de résoudre certaines affaires en suspens depuis plusieurs années. Dans
certaines régions comme les Balkans ou l’Autriche-Hongrie et la Serbie
s’affrontent.

La première GM est considérée comme le
véritable début du XX° siècle tant elle transforme la vie des hommes. En 1914,
les soldats et les populations des deux camps croient à une guerre courte sur
le modèle des guerres du XIX° siècle. La mise en œuvre de stratégies et
d’armements nouveaux feront durer la guerre quatre longues années et seront à
l’origine d’un bilan sans précédent avec huit millions de morts et vingt
millions de blessés.

Comment sur le front et à l’arrière les Européens
vivent-ils une guerre de quatre ans ?

I] L’entrée dans la guerre

1)Accepter la guerre

-->Les populations sont résignées voir enthousiastes
lorsque la guerre éclate. La détérioration lente des relations internationales
depuis la fin du XIX° siècle a incontestablement préparé les esprits à cette
extrémité. En 1914, la propagande exalte le nationalisme. Dans tous les pays,
la Guerre est présentée par les dirigeants comme une cause juste et un mode
indispensable pour préserver les intérêts de la Nation.

-->Dans les deux camps, les
populations ne remettent pas en cause l’entrée en Guerre, les réservistes
acceptent de partir pour le front estimant tous qu’ils seront de retour pour
les vendanges.

-->En France, la vie politique est bouleversée par
l’assassinat du socialiste Jean Jaurès ( 31 juillet 1914 ), tué parque qu’il
militait pour un rapprochement entre socialistes français et allemands afin de
préserver la paix. Cet événement ne remet pourtant pas en cause l’unanimité des
partis qui réalisent l’Union sacrée.

2)La guerre
s’installe

-->Le plan allemand prévoit d’utiliser la puissance de
l’artillerie pour écraser rapidement l’armée française, puis de se retrouver
contre l’armée russe. De son côté, la France compte lancer une offensive en
Alsace qui n’est pas française pour couper les troupes allemandes en deux grâce
à ses fantassins. Ces deux stratégies échouent en quelques semaines
seulement :

_ Les troupes françaises sont
arrêtées en Alsace par l’artillerie allemande.

_ L’armée allemande viole la
neutralité de la Belgique et se dirige vers Paris. Mais la contre-offensive
française, sur la Marne, du 6 au 13 septembre 1914 l’a fait reculer jusqu’à
l’Aisne.

-->Dès lors, chaque armée tente de déborder l’autre et
le front se déplacer vers le Nord, c’est la « course à la mer »
qui s’achève en novembre 1918 à la mêlée de Flandres. Le
front se stabilise alors et les deux armées se font face de la mer du Nord à la
Suisse.

-->Pour préserver leurs positions
respectives, les armées françaises et allemandes creusent des tranchées qui
vont devenir le lieu de vie des soldats. De v1915 à 1917, de grandes
offensives, perdues d’avance, sont tentées pour percer le front et elles se
révèleront de véritables boucheries en faisant des milliers de morts.

II] De dures conditions d’existence

1)L’enfer des
tranchées

-->Les tranchées sont la réponse des belligérants à une
guerre longue. Leur aménagement est tout d’abord sommaire puis elles se
transforment en systèmes défensifs quasi imprenables composés de fils de fer
barbelés destinés à contraindre les assaillants au piétinement sous le feu de
l’artillerie ainsi que de champs de mine. C’est ce qu’on appelle la première
ligne, les soldats y sont en alerte 24h/24. En arrière se trouvent les services
auxiliaires et les baraquements pour les troupes au repos.

-->Les tranchées ennemies sont souvent assez proches
les unes des autres. Les adversaires s’observent en permanence grâce à des
postes d’écoute établis en avant de la tranchée souvent camouflés, par exemple
dans de faux arbres ou poteaux ou à des ballons pris à des avions qui prennent
des photographies.

-->Le matériel militaire s’adapte aux nouvelles
conditions de la guerre :

_ L’uniforme du soldat
français change et adopte la couleur bleu horizon tandis que le casque remplace
le képi.

_ L’artillerie devient de plus
en plus précise.

_De nouvelles armes s’imposent :
lance-flammes, tank (1916), gaz toxiques qui rendent indispensables les masques
à gaz.

-->Les conditions de vie dans les tranchées sont effroyables. L’hiver
et la pluie les transforment en mares d’eau croupies ou en bourbiers glacials.
Les rats se nourrissent des cadavres mais ils servent aussi d’aliments. Le
bruit des combats peut rendre fou. L’odeur est fétide à cause des cadavres en
décomposition qui ne sont pas évacués. Sals et mal rasés, les soldats français
sont désormais appelés les poilus. Il existe pourtant des moments de détente
grâce à la circulation des journaux de tranchées, aux compétitions sportives,
des séances de cinéma et surtout grâce à la correspondance avec ceux restés à
l’arrière.

-->Ce qui effraye le plus les soldats c’est l’assaut,
c’est à dire le moment où ils doivent quitter les tranchées pour tenter de
percer les lignes ennemies avec le risque d’agoniser durant des heures si on a
été blessé. Il Y A 350 000 morts dans les attaques d’Artois et de Champagne
décidé par Joffre en 1915 pour avancer les lignes françaises de quatre
kilomètres seulement.

-->La vie dans les tranchées place les
soldats face à la menace permanente de la mort : la sienne ou celle du
camarade. Ceux qui survivront seront profondément transformés soit moralement,
soit physiquement puisque la plupart des blessés resteront valides.

2)La vie à
l’arrière

-->La perspective d’un guerre longue provoque
l’engagement de plus en plus important de l’économie dans l’effort de guerre.
Dans le cas de la France, la situation est d’autant plus compliquée que les
principales régions industrielles sont localisées sur les lieux de combats dans
le Nord et l’Est. Il faut ainsi en trouver de nouvelles loin du front. L’Etat
contrôle progressivement tous les secteurs économiques grâce à des offices.
Ainsi l’office des matières premières dresse le bilan des ressources, récupère
les vieux matériaux, recherche les produits de remplacement ( semelles de bois,
tissu de papier ) et permet aux usines de répondre aux commandes de l’Etat. L’office
des céréales gère la répartition des stocks et oblige les boulangers à ajouter
des pommes de terre à la fabrication des pains ( Pain K ).

-->Le contrôle de l’Etat sur
l’économie a ainsi mis fin aux principes de l’économie libérale.

-->Des emprunts sont organisés dans tous les pays pour
répondre aux besoins de l’armée comme par exemple la fabrication des armements.
Pour remplacer les hommes partis au front l’industrie et l’agriculture emploie
massivement les femmes. Celles qui travaillent dans les usines d’armements sont
appelées les munitionnettes. Des travailleurs
sont recrutés dans les colonies.

-->La propagande utilise les affiches, les livres, la
presse et l’école pour mobiliser les civils dans l’effort national. Les chefs
militaires dans les deux camps sont transformés en véritables héros ( Foch et
Pétain en France, Hidenburg en Allemagne, Pershing aux Etats-Unis ). Pourtant
malgré la censure de la presse et celle des lettres envoyées du front, les
civils connaissent les conditions d’existence et la souffrance des soldats dans
les tranchées. Les habits de deuil deviennent omniprésents et rappellent la
menace permanente de la mort. La religion devient un recours et la dévotion de
la vierge Marie et des saints et renforcée.

-->Ainsi après la guerre, la
persistance des vêtements noirs et la construction des monuments aux morts dans
les villes et les villages contribuent à maintenir très vivace le souvenir de
la guerre et de ses conséquences.

CONCLUSION : La première Guerre Mondiale est une guerre intégrale car elle mobilise toutes les forces physiques, économiques et morales des sociétés en guerre. Sa durée inédite la rend interminable pour les soldats du front embourbés dans des tranchées sordides et pour leur famille restée à l'arrière sous l'emprise de la terreur de les voir revenir morts. Le traumatisme subit restera présent dans les esprits très longtemps après la fin des hostilités, entretenu en particulier par l'omniprésence de tous les mutilés de guerre. Seule la conviction d'avoir livré la " Der des Ders " constitue un réconfort.

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Mathieu

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