Isadora Duncan et la "danse libre"


"Prêtresse", "déesse", "jeune fille de vase grec" : Paris n'est pas avare d''éloges pour la danseuse américaine Isadora Duncan (1877-1927) qui est acclamée en France, après avoir tromphé, depuis 1900, de Londres à Saint-Pétersbourg, en passant par Munich et Berlin. Rodin lui trouve du génie ; Bourdelle, qui la voit comme une "œuvre vivante de Phidias", s'inspirera d'elle dans ses sculptures de la façade du théâtre des Champs-Elysées.

La nature, qui a doté la belle Isadora Duncan de cheveux d'auburn et d'yeux bleus, lui a refusé un profil grec. Mais son nez retroussé ne suffit pas à expliquer l'échec en 1904 du "temple de la danse" qu'elle a créé à Athènes. L'argent a manqué, comme il manquera dans beaucoup de ses entreprises, notamment ses écoles éphémères. Avec ses frères et sa sœur, eux aussi artistes, elle a été élevée par une mère fantasque dans une haute idée de la création artistique et dans le mépris des biens matériels. Attirée très jeune par la danse, voulant renouer avec la pureté de l'art grec, elle a rejeté le carcan de la danse classique qui, juge-t-elle, déforme le corps et les élans. Au cours de ses représentations privées dans le salon de riches amateurs (à Paris, chez la comtesse Greffulhe, chez la princesse de Polignac), puis dans les salles de spectacle, elle improvise, seule, cheveux dénoués, pieds nus, son corps souple libre sous les étoffes légères. Aux médiocres musiques de ballet, elle préfère les grands compositeurs (Beethoven, Wagner, Schubert, Chopin).

Comme Nietzsche, elle ne pourrait "croire qu'à un dieu qui saurait danser". Pour cette révoltée contre toutes les contraintes, qui veut vivre "sans limites"-c'est sa devise- , la danse, symbole de la beauté et de l'harmonie retrouvées, doit apporter une nourriture spirituelle à l'humanité. Sa mission : "Délivrer les gens de leurs entraves pour qu'ils soient révélés à eux-mêmes et découvrent la part de divin qui est en eux".

De même que ses robes flottantes contribuent à libérer le vêtement féminin de sa rigidité, de même son art et sa vie représentent un exemple rare d'indépendance. Hostile au mariage, mais favorable à la maternité, elle mène une vie sentimentale mouvmentée, ayant une fille du metteur en scène Edward Gordon Craig et un fils du riche Paris  Singer.

La mort tragique en 1913 de ses enfants, noyés dans la Seine, marquera la fin de sa période brillante, ayant une folle équipée en Russie, d'où elle reviendra mariée au poète Essénine, homme violent et fou.

À 49 ans, elle mourut au cours d'une promenade en voiture, étranglée par son écharpe dont les franges s'étaient prises dans les rayons de la roue. À sa mort spectaculaire, elle ne laissera ni doctrine ni école, mais elle a ouvert une brêche, car sa "danse libre" a inspiré la danse moderne. Elle a refusé de se laisser filmer : "Mon art est un rêve et je veux qu'il reste comme une légende. "

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Olivier

Professeur en lycée et classe prépa, je vous livre ici quelques conseils utiles à travers mes cours !