La mondialisation, concept géographique du XXème siècle, désigne un processus d'augmentation des flux de toutes sortes : migratoires, touristiques, commerciaux, financiers, culturels étendus à la planète. Le monde se retrouve ainsi hiérarchisé entre puissances et régions dépendantes de celles-ci. L'espace change, au profit d'un espace-monde.

Cependant, la mondialisation n'est pas apparue subitement dans les années 1990, elle découle d'un long processus qui remonte à plusieurs millénaires. En effet, on peut parler de mondialisations d'avant la mondialisation, même si celles-ci ne représentaient pas le monde en son entier. Ces « mondialisations » seraient plutôt des zones d'échange dans une région.

 

L'âge de la modernité et de l'entière connaissance du monde : La mise en place de la mondialisation dès le XVIIIème siècle

 

L'intensification des échanges et l'industrialisation

 

Avec la révolution industrielle, le monde est entré dans un processus de croissance économique. Ce processus est amorcé en Europe, et en particulier en Grande-Bretagne et en France, mais va rapidement s'appliquer au monde.

On peut parler d'une recomposition du paysage urbain de l'Europe, l'urbanisation va se faire selon deux axes : Nord-Sud, et Est-Ouest. Le commerce est facilité au niveau de l'Europe du Nord, par l'existence historique de la Hanse, communauté de villes reliées pour le commerce. On y voit se dessiner particulièrement une région de part et d'autre de la Mer du Nord, entre le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne. Malgré cela, le paysage urbain dominant de l'Europe reste toujours l'espace méditerranéen.

Bairoch distingue le Rhin comme une frontière entre un Ouest à l'urbanisation plus dense, et un Est moins dense.

L'Europe est au centre des échanges mondiaux. Ces flux sont divers :

  •      des échanges commerciaux avec le reste du monde. Avec l'apparition des empires coloniaux, des échanges vont apparaître avec de nouveaux pays en Afrique, Asie et Amérique.
  •       des échanges culturels. En effet, avec une connaissance élargie du monde, les échanges culturels se font plus grands. On peut penser particulièrement à Gauguin et Tahiti : le peintre fait connaître à la société du fin XIXème siècle d'autres régions du monde. C'est aussi le cas de Bougainville auparavant.
  •   des flux migratoires, émigrations et immigrations. On peut déceler à partir du XVIIème siècle des migrations importantes, et spécifiquement des émigrations des grandes puissances du Nord vers des pays du Sud. Cette migration croissante s'explique par le processus de colonisation. Lors de la colonisation de l'Amérique, de nombreux Européens, Allemands, Britanniques, Français, Hollandais principalement ont émigré vers le continent nord-américain.

Ainsi, on voit se dessiner un monde d'échanges, mais celui ne peut être compris sans la formation des empires coloniaux et l'industrialisation.

En France au XVIIIème siècle, lors des Lumières, la géographie et la cartographie se modernise, dans le but de maîtriser l'espace. En effet, les Rois Louis XV et Louis XVI sentent la monarchie perdre de son influence, et pensent la nécessité de la maîtrise de l'espace, ainsi que des contrôles de celui-ci. C'est ainsi que les douanes vont apparaître. On peut donc assister à la rationalisation de l'espace par cette avancée de la géographie, et par la considération que les Etats s'en font, c'est-à-dire d'un enjeu stratégique.

L'espace va donc être pensé comme un enjeu important d'une nouvelle situation mondiale, en ce qu'il sera lieu d'échanges, mais qu'il faudra des contrôles.

On voit se dessiner au XIXème siècle un processus d'industrialisation que vont connaître la plupart des pays d'Occident.

L'industrialisation passe par des révolutions dans les domaines démographique, agricole et technique :

  •       l'inflexion démographique se traduit particulièrement en France et en Angleterre : en effet en Angleterre, alors que la croissance de la population est faible entre 1570 et 1760 avec un pourcentage de 0.2 par an, ponctuée même parfois de décroissance consécutivement à des guerres par exemple, après 1760, elle la progression de la population atteint les 6% par an. En réalité, la transition démographique est due à une baisse significative du taux de mortalité (de 29% en 1780 à 21% en 1880) et une baisse du taux de natalité : de 38% en 1780 à 35% en 1880.En France, le taux de mortalité passe de 36% en 1780 à 26% en 1880, et le taux de natalité de 36% à 23%.
  •       la croissance va être expliquée par les progrès de l'agriculture qui influent sur la reproduction des populations.

La révolution industrielle est rendue possible par une révolution agricole, qui se traduit particulièrement par une demande accrue en fer : outils agricoles, fils de fer etc.

Par sa croissance et ses échanges, l'Europe va donc participer à un processus de mondialisation et va devenir le pôle moteur de celle-ci. La Belgique et l'Allemagne vont entamer l'industrialisation plus tardivement.

Un nouvel espace urbain

Avec l'industrialisation, c'est un nouveau paysage urbain qui apparaît, l'exode rural va en être la principale conséquence. L'exode rural va donc modifier l'espace : c'est l'accroissement de la ville, donc de l'accessibilité et des transports.

L'exode rural va s'expliquer par une plus grande offre de travail en ville.

En France par exemple, en 1851, 27 millions de personnes habitent en ville, contre 9 millions à la campagne. « On se dirige vers une civilisation de la ville capitaliste »*2.

Entre 1600 et 1800, on peut remarquer que la distance entre les villes au seuil de 10 000 habitants diminue, cela signifie que l'urbanisation progresse dans ces pays.

Exemple :

En France, environ 50 villes éloignées entre 50 et 100km en 1600 à 150 villes éloignées de moins de 50km en 1800.

Au Royaume-Uni, l'urbanisation est d'autant plus flagrante qu'il n'existe que 10 villes éloignées de plus de 100km en 1600, et qu'elle progresse à 50 villes éloignée entre 50 et 100km en 1800.*

On peut voir deux différents types d'urbanisation :

  •    dans les villes anciennes telles que Berlin, Paris, Londres, Saint-Pétersbourg qui vont certes se doter d'un secteur industriel important mais qui se fera en périphérie.
  •     dans les villes nouvelles se forment avec l'industrialisation. Leur formation est rendue possible le plus souvent par l'emplacement avantageux, si elles sont situées près de gisement de minerais, à proximité d'un fleuve ou de la mer. C'est le cas de la Ruhr par exemple.

La réelle révolution que connaît l'espace au cours du XIXème siècle est donc l'expansion de la ville. Cependant, comme l'explique Davis S. Landes

« Il n'y a rien dans l'industrialisation elle-même qui puisse expliquer l'extension des capitales géantes de l'Europe, dont le caractère est demeuré essentiellement administratif, financier, commercial et culturel. »

En réalité, l'industrialisation n'est qu'un des aspects de l'urbanisation et de la métropolisation. Pour que le commerce soit rendu plus efficace, les échanges entre métropoles à rayonnement régional ou national est nécessaire : on ne peut pas commercer avec des villages. Le besoin accru de main d'œuvre est du à la pluralité des fonctions urbaines.

Les Etats-Unis peuvent illustrer la manière par laquelle le transport forme la ville. En Europe, les voies ferrées suivent des axes commerciaux anciens et prospères. Mais aux Etats-Unis, l'enjeu de la construction de voies ferrées est parfaitement différent, puisque le chemin de fer devrait supposer des villes déjà établies. Or ce n'est pas le cas, et le chemin de fer va, en quelque sorte déterminer l'emplacement des villes.

Une nouvelle organisation du monde

Comme on peut le voir grâce aux cartes de l'époque, à la suite des grandes explorations, le monde est entièrement connu.

C'est donc le partage du monde que l'on voit se profiler à l'horizon. Si on étudie les cartes, on peut parfaitement analyser de quelle manière le monde est hiérarchisé. L'Europe appartient relativement aux grandes puissances telles que la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, le Portugal, l'Espagne, les Pays-Bas et la Belgique.

Elles vont annexer des territoires à l'Ouest, au Sud et à l'Est. Le partage se fait encore grandes puissances et petits Etats soumis. A partir du XVIIIème siècle principalement, les grandes puissances occidentales vont vouloir s'affirmer et établir de grands empires. Pour cela, ils vont entamer un processus de colonisation. Le monde devient donc le terrain de jeu, un combat, une concurrence entre les grandes puissances pour des zones d'influence toujours plus grandes.

L'Afrique va particulièrement subir de plein fouet cette volonté de pouvoir. Elle ne sera pas la seule puisqu'il en sera de même pour l'Asie et l'Amérique.

On peut donc considérer que cette colonisation, c'est-à-dire la formation d'un monde hiérarchisé et interdépendant est le signe avant-coureur d'une mondialisation.

Néanmoins, même si l'espace monde s'ouvre pour former une mondialisation précoce de ce qu'elle deviendra ultérieurement, certaines régions restent à la marge de ce cœur économique, qu'on définira alors de marges à la mondialisation, ou encore en voie d'intégration dans l'espace monde, tel qu'il se définit dès à présent.

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