Malgré sa faible taille et population (550 000 km² et 61 millions d'habitants), la France parvient à être la 4e ou 5e puissance économie mondiale derrière les USA, le Japon, l'Allemagne et le Royaume-Uni.

L'espace mondial est aussi un espace productif pour l'intérêt français. Cette puissance économie se traduit par 6% des échanges planétaires commerciaux.

C'est cependant en Europe que la France échange et produit le plus.

Comment l'espace économique français s'inscrit-il dans le territoire français, mais aussi en Europe et dans le monde?

 

Le territoire national, un espace économique contesté

 

Des disparités fortes

PIB par habitant en 2000 à l'échelle régionale (entre 11,700 et 36,000 €)

  • Régions phares : entre 22,000 et 36,000 €

Ile de France, Rhône-Alpes, Alsace, haute Normandie

Poids de l'Ile de France :

 

-              29% du PIB national

-              19% de la population

-              22% des actifs

-              1,8 fois le PIB de la Belgique

-              1,2 fois celui du Pays-Bas

-              autant que Norvège + Suède

 

  • Entre 20,000 et 22,000 € (8 régions)

Bourgogne, Centre, Franche-Comté, Aquitaine, PACA

žquelques régions de l'est, de la moitié ouest, du sud ouest

  • Entre 11,700 et 19,000 €

Languedoc-Roussillon, Corse, Limousin, Nord Pas de Calais

  • Ligne de fracture importante

= diagonale Le Havre-Marseille qui partage le pays en une France de l'est une peu plus productive que l'ouest (hors Ile de France qui écrase l'espace productif)

40% du PIB à l'est, 31% à l'ouest, 29% en Ile de France.

Lors de la Révolution Industrielle, la partie occidentale est restée plus rurale et agricole tandis que les régions industrielles se sont développées à l'est.

 

Un centre, des périphéries plus ou moins installées

La France est un pays aux espaces hierarchisés selon les notions de centre et de périphérie.

centre= décisions (politiques et économiques) ; population importante et riche

  • Concentration politique : Paris capitale politique d'un pays longtemps centralisé
  • Concentration économique - Emplois stratégiques (cadres, directeurs, chercheurs) en 1990

-1er pôle : Paris (725,000 emplois)

-2nd pôle : Lyon (60,000 emplois)

-3e pôle : Marseille (30,000 emplois)

  • Le reste du territoire est constitué de périphéries

Les moins actives sont les "périphéries délaissées" de la diagonale des déprises (ou diagonale du vide) : entre les Ardennes et le Sud du massif central. L'emploi quitte cet espace central, la déprise économique entraîne une chute démographique.

Les périphéries en marges (littoraux) sont plus dynamiques, car ce sont des espaces frontaliers

-espaces frontaliers orientaux bien reliés à la mégalopole européenne

-espaces frontaliers occidentaux maritimes plus éloignés du centre européen

périphéries = espaces dominés plus ou moins actifs et intégrés dans le schéma parisien

déprise = lorsque l'emprise de la société sur le territoire diminue

 

Les dynamiques à toutes les échelles

 

L'internationalisation d'une économie post-industrielle

Une économie protectionniste qui s'est ouverte dans le cadre du GATT (General agreement on Tariffs and Trade – 1947) et de l'Europe. Le protectionnisme a été une des causes de la 2nde guerre mondiale.

protectionnisme= politique visant à protéger le marché intérieur contre la concurrence des produits étrangers.

  • Le GATT (ou OMC)

Création du GATT après la 2nde guerre mondiale, pour promouvoir le libre échange

"Rounds" au cours desquels les pays se mettent d'accord pour supprimer les droits de douane.

Ils passent de 55% à 5% žaccélération des échanges entre les pays

à Contribue à l'ouverture de l'économie française en même temps que se construit l'Europe.

  • L'Europe

Suppression des taxes financières qui pesaient sur les échanges économiques intra-européens

è Désormais, le territoire français est ouvert à l'Europe et au monde. L'espace productif a été bouleversé par cette internationalisation.

La France est maintenant 4e exportateur mondial de biens matériels, et le poids des exportations dépasse 25% de son PIB. Près des deux tiers du commerce extérieur s'effectuent avec l'Union Européenne.

 

Les investissements à l'étranger

 

La France reçoit plus de capitaux étrangers qu'elle ne délocalise. Les implantations d'entreprises étrangères profitent à la France car les investissements directs permettent la création d'emplois.

Le pays compte 13 des 100 plus grandes firmes multinationales.

  • Pourquoi une telle implantation étrangère en France?

-les travailleurs français sont parmi les plus productifs en Europe

-un marché supplémentaire de 60 millions de personnes est très porteur pour des firmes européennes souhaitant s'étendre à l'étranger.

Les investissements directs mesurent la part prise par les acteurs économiques dans l'aménagement du territoire : achat d'un pouvoir de décision.

Lorsqu'un groupe français investit à l'étranger, il peut fermer une usine en France (impact négatif) et en ouvrir une à l'étranger (impact positif) : délocalisations qui bénéficient à la France, bien que l'impact spatial soit négatif.

ž Ces investissements démontrent la capacité d'un acteur spatial d'agir sur le territoire national ou sur celui d'un partenaire étranger.

  • Flux d'investissements directs en 1990

-réception de 10 milliards d'euros de l'étranger

-dépense de 25 milliards d'euros à l'étranger

ž espace productif qui s'internationalise bien qu'un solde négatif soit socialement douloureux.

>> 1er partenaire : Allemagne (fournisseur, client) ž55 milliards de marchandises achetées, 48 milliards vendues

>> 2nd partenaire : Royaume-Uni

D'une manière générale, l'Europe est le 1er partenaire de la France, puis les USA et le Japon

žEurope + USA + Japon = Triade

èInternationalisation croissante, surtout à partir de 1998. La France projette sa puissance économique à l'étranger. Sur le plan des IDE (investissements directs européens), la France est le 2e investisseur européen derrière le Royaume-Uni.

 

Les eurorégions

eurorégions= espaces transfrontaliers où des autorités locales issues de pays différents décident de coopérer dans divers domaines (projets communs soutenus par l'Union Européenne).

  • Espaces qui transcendent les frontières

-arc atlantique, de l'Ecosse au Portugal/Espagne : régions assez éloignées de la mégalopole

-périphérie Nord (Suède, Finlande) : espaces isolés et contraignants, population rare

tentative de dépasser ces handicaps en se regroupant, pour promouvoir le développement régional.

  • Saar-Lor-Lux : eurorégion formée par la Sarre en Allemagne, le nord de la Lorraine et le Luxembourg.

But : promouvoir le développement de ces régions suite à leur ralentissement économique.

Impact géographique : forte densité d'axes de transport transfrontaliers (autoroutes), voir de l'axe fluvial.

Fonctionnement et dynamique transfrontaliers caractéristiques :

-flux importants d'actifs français qui vont travailler en Allemagne ou au Luxembourg

-forte implantation de résidents allemands et suisses en France (enchérit l'immobilier)

Stratégies spontanées mais aussi volonté des acteurs publiques d'harmoniser, de fondre des communautés locales en une seule, transfrontalières (exemple de l'agglomération autour de Longwy depuis 1993)

èLa frontière est une interface dont on exploite la spécificité pour profiter de celle de chaque système (différences de taille, de langue…) frontière ≠ rupture, fracture

interface= ligne séparant deux (ou plus) ensembles/systèmes géographiques.

èPar les flux (physiques ou matériels) résultants de ces associations, les eurorégions sont une réalité qui montre l'internationalisation spatialede l'espace productif français. Les échanges dans les eurorégions permettent un élargissement de l'action économique à l'intérieur du pays.

Le territoire français n'est plus la seule base de l'action économique du pays, qui s'exerce aussi à l'échelle européenne et mondiale.

 

Evolution de l'emploi et de la production française

La ligne Le Havre-Marseille est caractéristique de l'espace productif français qui présente de fortes disparités. Néanmoins la distinction entre une France rurale de l'est et une France industrielle de l'ouest s'atténue :

-affaiblissement de l'est (Lorraine)

-sud-ouest plus dynamique

Création d'emplois entre 1975 et 1999

-Ouest : 1,2 millions

-Est : 1 million

En terme de PIB, le contraste s'est également atténué. Au-delà de cette uniformisationéconomique nationale, il faut cependant distinguer :

-les régions qui gagnent (Ile de France, Alsace, Normandie, Aquitaine)

-les régions qui perdent (Auvergne, Poitou, Picardie, Limousin, Bourgogne)

De plus, le poids de la région parisienne a même augmenté : l'Ile de France regroupe toujours plus d'actifs et produit toujours plus de richesses.

La disparité Paris/province s'est accentuée entre 1975 et aujourd'hui (de 27 à 29% du PIB total français) et continue à s'accroître.

 

Les secteurs de la puissance

 

Le secteur tertiaire, base de la puissance économique française

secteur tertiaire = secteurd'activités qui regroupe le commerce, les transports et les services. Il s'oppose au secteur primaire (agriculture, pêche et activités extractives) et au secteur secondaire (industries de transformation, bâtiments et travaux publics), tous deux producteurs de biens matériels.

La France est un pays post-industriel. 75% des actifs travaillent dans le secteur tertiaire et 75% du PIB en provient. L'essentiel de son économie relève donc du secteur tertiaire.

En 1968, à la suite des Trente Glorieuses, l'industrie française atteint son apogée. Elle décline ensuite au profit du secteur tertiaire.

En 1975, c'est déjà le 1er secteur d'activité : 10,7 millions d'employés, soit 51% de la population active.

 

Le poids du chômage

Aujourd'hui, il y a plus de 17 millions d'actifs dans le secteur tertiaire mais cela n'a pas épargné à la France le chômage de masse.

Le secteur tertiaire n'a en effet pas pu absorber la croissance de la population active, et de plus regroupe des secteurs très disparates (éducation, banque, santé…) dont le seul point commun est parfois l'absence de transformation de biens matériels.

 

Les raisons démographiques

Une progression fulgurant du chômage a suivi le Baby Boom, car la population était trop nombreuse pour le marché de l'emploi des années 80, 90.

1993 : 12 % de chômeurs (environ 3 millions)

Aujourd'hui : < à 10 % (baisse également en valeur absolue)

Néanmoins, il y a beaucoup de travailleurs pauvres et d'emplois précaires. En tout, 5 millions d'exclus : 3 millions de chômeurs et 2 millions qui travaillent sans s'en sortir.

 

Le niveau de formation

 

Il y a des secteurs qui manquaient d'actifs correspondant au profil requis, beaucoup de professions avec formation nécessaire.

žinadéquation main-d'œuvre / emplois disponibles

 

Le secteur tertiaire marchand

  • Après 1975

Evolution du secteur tertiaire marchand: services aux particuliers, entreprises du secteur privé

3,5% de croissance par an.

secteur tertiaire marchand(= qui se vend, activité directement payante, prestation payée tout de suite)

  • Explication

-Augmentation de la demande et du besoin de services, malgré la récession (= ralentissement de la croissance économique) car progrès sociaux et amélioration du niveau de vie.

-Augmentation de l'offre : externalisation des services par les entreprises industrielles :

ex. ménage, publicité, restauration confiés à des firmes spécialisées du secteur tertiaire

Puissant secteur tertiaire, qui assure à la France un certain rang au niveau mondial.

ž5ème pour la banque, 4ème pour les assurances, 2nd pour le tourisme et les exportations de services

 

Localisation spatiale du secteur tertiaire

Il existe des disparités dans la localisation des emplois du secteur tertiaire même s'ils sont fortement concentrés dans les centres urbains

1990 : 4/5 des emplois du commerce et des services rassemblés dans les agglomérations, qui représentent ¾ de la population.

Répartition de l'emprise tertiaire en métropole

En moyenne, les ¾ des emplois (75% population active) sont dans le secteur tertiaire mais on distingue :

  • des régions sur tertiarisées: Ile de France, PACA, Corse, Sud Est et Ouest : entre 75 et 88% des emplois

-Ile de France : emplois stratégiques, souvent très qualifiés : direction, recherche, encadrement

-Sud : même chose dans les grandes villes (Marseille, Nice, Toulouse, Bordeaux) mais sinon surtout emplois touristiques. Développement du secteur de la santé (médecins, auxiliaires) du à un grand nombre de retraités.

  • des régions proches de la moyenne: Côte d'Or (influence de Dijon)
  • des régions sous tertiarisées- du Nord Est au Sud Ouest : certains espaces montagnards entre les Ardennes et le sud du Massif Central = diagonale de la déprise (40 à 56%) ; pourtour du bassin parisien (56 à 64%)

 

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