Une construction unique au monde

Les étapes et principes fondateurs de l'Europe

Après la Seconde Guerre mondiale, la prise de conscience du déclin de l'Europe combiné au souhait de ne plus revoir la guerre sur le continent, incita les gouvernements à se rapprocher. La construction européenne débuta en 1951 avec la création de la CECA ( Communauté européenne du charbon et de l'acier ) à l'initiative des Français Jean Monnet et Robert Schuman ; 6 pays y participent : la France, la RFA, l'Italie et le Benelux . La construction européenne se poursuit progressivement au fil des traités, par exemple :

  •  1957 ( le 25 mars
    précisément ) : traité de Rome créant la CEE ( Communauté
    économique européenne ) avec pour objectifs la suppression
    progressive des barrières douanières entre pays membres, la libre
    circulation des hommes, des marchandises et des capitaux.
  • 1992 : traité de
    Maastricht qui transforme la CEE en Union Européenne ; il définit
    une citoyenneté européenne, prévoit la création d'une monnaie
    unique : l'euro ( € ).
  •  2001 : le traité de Nice
    adapte tant bien que mal et provisoirement les institutions
    européennes à l'élargissement de l'UE prévu en 2004 et 2007 ( 12
    nouveaux membres ). En effets, l'approfondissement de la construction
    européenne s'est accompagné d'un élargissement avec l'adhésion de
    nouveaux États. De 6 pays en 1957, l'UE compte aujourd'hui 27 États
    membres.

Les politiques menées par l'Union Européenne

Des politiques communes contribuent à harmoniser le territoire européen. La plus ancienne est la politique agricole commune ( PAC ). Elle a trop bien réussi par rapport à ses objectifs initiaux de croissance de la production et de modernisation de l'agriculture : surproduction chronique et agriculture peu respectueuse de l'environnement. L'intégration des 12 derniers États membres ( en 2004 – 2007 ), dans lesquels l'agriculture occupe une place majeure, met en péril le fonctionnement de la PAC et nécessite une nouvelle réforme. Des dissensions croissantes apparaissent d'ailleurs entre les différents membres de l'UE sur l'avenir de la PAC : la France, premier producteur agricole de l'UE et largement bénéficiaire des aides de la PAC, est très réticente face aux propositions de réformes. Il existe d'autres exemples de politiques communes plus ou moins efficaces :

  •  Les politiques d'aides au
    développement des États et des régions les plus défavorisées de
    l'UE.
  •  La mise en place d'une
    monnaie commune, bien que tous les pays de l'UE n'appartiennent pas
    encore à la zone euro.
  •  La convention de Schengen,
    qui permet un allègement des contrôles aux frontières des pays
    signataires et leur transfert aux frontières extérieures de ces
    mêmes pays. Mais tous les États de l'UE n'ont pas signé ces
    accords de Schengen ( ex : Royaume-Unis, Irlande ) et le
    développement des flux migratoires clandestins, du terrorisme
    compliquent l'application de ces accords.

Enfin dans d'autres domaines, l'UE a amorcé la mise en place de politiques communes, par exemple des politiques de l'environnement, de la culture et de l'éducation (projet Erasmus ) ou encore une politique extérieure et de sécurité commune ( PESC )... mais malgré de bonnes intentions affichées, ces politiques communes restent encore très limitées.

Des défis à relever : élargissement et approfondissement

Un élargissement sans précédent

L'UE s'est engagée dans un processus d'élargissement inédit : 15 États jusqu'en 2004, 25 états ensuite et 27 depuis 2007 ( avec la Roumanie et la Bulgarie ). D'autres États sont candidats ( Turquie, Croatie, Macédoine ) ou ont vocation dans un avenir encore lointain à entrer dans l'UE : pays de l'Europe balkanique. Le cas épineux de la Turquie suscite de nombreux débats sur les frontières et l'identité de l'Europe.

L'intégration des nouveaux membres représente des avantages : ouverture de nouveaux marchés pour les entreprises de l'Ouest, renforcement de la stabilité politique du continent, mais suscite aussi des inquiétudes : coût de l'intégration de pays au niveau de vie très inférieur à la moyenne de l'UE et réorientation des aides agricoles et régionales vers ces nouveaux pays, risques de délocalisations industrielles vers l'Est, craintes de migrations de main d'œuvre vers l'Ouest. Certains redoutent la perte de cohésion d'une UE élargie et regrettent qu'une réforme profonde des institutions n'ait pas précédé la décision d'élargissement. Cet élargissement massif pose le problème de la nature de l'UE. 

Les différentes conceptions de l'Union Européenne

Les opinions des États membres divergent sur ce que doit être l'UE :

  • certains, comme
    l'Allemagne, sont partisans d'une Europe fédérale.
  • d'autres, le Royaume-Unis
    en tête, ont une conception très différente : l'UE ne doit être
    qu'une zone de libre échange et ils refusent donc tout fédéralisme
    et défendent une « Europe des nations ».
  •  la position de la France
    peut être qualifiée d'intermédiaire : elle souhaite une politique
    commune sur le plan économique et monétaire mais elle reste
    réservée sur l'Europe politique. En effet, elle reste très
    attachée à une Europe des États-nationaux ; la présence d'un fort
    courant souverainiste dans l'opinion et au sein de certaines
    formations politiques renforce cette tendance.

Devant de telles divergences, certains États ( la France, l'Allemagne ) proposent que l'approfondissement politique de l'UE soit le fait d'un groupe pionnier d'États qui établiraient des coopérations renforcées : une sorte d' « Europe à géométrie variable » ou d' « Europe à la carte ». Enfin, avec une Europe à 27 se pose le problème de l'efficacité des institutions. Le projet de constitution qui devait se substituer aux traités existants et régler les questions fondamentales comme la répartition des compétences entre l'UE et les États aurait dû être ratifié par tous les États membres, mais la rance et les Pays-Bas ont rejeté le projet par référendum en 2005, ce qui a plongé l'UE dans la crise. Un traité simplifié mis au point au sommet de Lisbonne ( 2007 ) a été ratifié laborieusement en 2008 – 2009 pour entrer en application le 1er décembre 2009.

Les enjeux actuels

  •  Mener à bien la réforme
    des instituions et le débat sur la nature de l'Union.
  • Construire l'Europe
    sociale : problème du chômage, des délocalisations d'entreprises,
    remise en cause des services publics dans un contexte libéral,
    l'harmonisation des législations sociales est un obstacle difficile
    à surmonter.
  • Rapprocher l'UE des
    citoyens : forts taux d'abstentions aux élections européennes,
    dénonciation par certains d'une Europe jugée trop technocratique,
    pas assez proche des préoccupations des citoyens...
  •  Enfin, construire une
    Europe qui parle d'une seule voix sur la scène internationale. Or,
    la PESC se heurte aux intérêts diplomatiques nationaux souvent
    divergents. Aussi, l'UE peine à élaborer une politique étrangère
    aux intérêts diplomatiques nationaux souvent divergents. Aussi,
    l'UE peine à élaborer une politique étrangère commune ; ex :
    crise yougoslave dans les années 1990 et crise irakienne de 2003. En
    outre, l'organisation d'une défense européenne est encore au stade
    des balbutiements et l'OTAN dispose encore seule des capacités pour
    assurer la sécurité du continent ( malgré la création de
    l'Eurocorps ).

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