Le mot politique vient du grec politikè (« science des affaires de la Cité »). Étymologiquement, la politique est donc synonyme d’organisation de la Cité. La Cité visée est celle de l’Antiquité grecque, aujourd’hui appelée Cité-État du fait de la similitude de son organisation avec celle de nos États modernes (pouvoir centralisé, institutions, diplomatie…). Notion polysémique, la politique recouvre au moins trois sens :
La politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général d’une société organisée et développée.
Plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d’une communauté, d’une société, d’un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d’autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d’individualités et/ou de multiplicités. C’est dans cette optique que les études politiques ou la science politique s’élargissent à tous les domaines d’une société (économie, droit, sociologie, et cetera)
Enfin, dans une acception beaucoup plus restreinte, la politique, au sens de Politikè, ou d’art politique se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoirLa question de l’État de nature et du contrat social s’inscrit dans un contexte particulier de la pensée occidentale. À partir du XVIIe siècle, s’amorce en effet une contestation des thèses politiques aristotélicienne, à partir d’un contre-argumentaire humaniste. Pour Aristote, en effet, « L’État est un fait de nature », et « Naturellement, l’homme est un être sociable », par le simple fait qu’il maîtrise le langage rationnel, et est ainsi apte, plus qu’aucun autre animal à se regrouper en société : « l’homme est infiniment plus sociable que tous les autres animaux qui vivent en groupe ». Il s’ensuit que « La Nature pousse donc instinctivement tous les hommes à l’association politique » et que « ἄνθρωπος φύσει πολιτικὸν ζῷον » — « l’homme est un animal politique »1.
À contrario, « pour l’âge moderne, l’humanité de l’homme ne dépend pas essentiellement de son rapport à autrui dans la construction d’un ordre juste »2. Dans l’esprit de l’humanisme, la relation entre l’homme et la morale ou la nature n’est en effet pas d’ordre collectif, mais individuel. Dans la mesure ou l’homme précède l’État, celui-ci ne saurait être un fait de nature, et n’a pu être instauré qu’à un moment précis de l’histoire humaine, pour répondre à des besoins non moins précis.
Il est à noter qu’une telle position conventionnaliste existait déjà au temps d’Aristote. Outre un certain nombre de sophistes cités par ce dernier et dont l’œuvre ne nous a pas été transmise, tels que Lycophon, Épicure partageait ces conceptions. Pour ce dernier, l’État fut instauré par convention (Sunkhétai), afin de permettre aux philosophes de s’adonner à la science, sans redouter l’insécurité des rapports humains : « Épicure voit le fondement de la cité, et plus généralement des liens de droit, dans des contrats ou des conventions liant des sujets autonomes (…) les hommes s’associent parce qu’ils ont éprouvé la douleur de subir des dommages (…) l’homme n’est pas un animal naturellement politique »3. Le hasard de la transmission des textes a contribué à occulter cette position conventionnaliste, alors relativement fréquente.
Réhabilité par Hugo Grotius, qui établit l’existence, dans son Traité du droit de la guerre et de la paix, d’un droit naturel préexistant aux divers droits politiques, l’État de nature est exposé clairement par Samuel Pufendorf dans le premier livre du Droit de la nature et des gens. Pour celui-ci, l’État ne fait que confirmer positivement un système de droit et de devoir préexistant en l’homme : il existe des lois naturelles, telles que la loi de sociabilité, qui régissent les rapports humains. Toutefois, pour que ces lois naturelles puissent réellement être appliquées, l’intervention d’une autorité politique est nécessaire : « Le but des législateurs de cette terre est de régler les actions extérieures de chacun, le mieux qu’il est possible »4.
L’Anthropologie politique [modifier]
Article détaillé : Anthropologie politique.
Selon l’anthropologue français Georges Balandier, l’anthropologie politique « tend à fonder une science du politique, envisageant l’homme sous la forme de l’homo politicus et recherchant les propriétés communes à toutes les organisations politiques reconnues dans leur diversité historique et géographique. »5
Les anthropologues ont distingués quatre systèmes politiques primitifs, qui se situeraient en dehors de toute logique étatique6.
Premièrement les bandes de chasseurs-cueilleurs nomades. Du fait de leur taille réduite (guère plus d’une centaine d’individus), et de leur mobilité, ces bandes n’éprouveraient nul besoin d’instituer des autorités politiques permanentes.
Deuxièmement, les sociétés lignagières. Décrit par Evans-Pritchard, dans son étude classique sur les Nuer, ce système politique implique la réunion de plusieurs groupes familiaux, au sein desquels les aînés possèdent une légitimité particulière, qui les rend aptes à dénouer un conflit.
Troisièmement, les sociétés à notables charismatiques. Ici, le pouvoir est représenté ponctuellement par quelques personnalités reconnues pour leurs qualités morales ou leurs attributs matériels. Toutefois, cette dignité demeure individuelle, et n’est pas transmissible héréditairement.
Dernièrement, les sociétés à chefferies. Quelques individus exercent un pouvoir incontestable et héréditaire, dont l’étendue reste cependant variable.
L’existence de sociétés sans États reste néanmoins sujette à caution.
Les États proche-orientaux [modifier]
Au cours de la civilisation d’Obeid en Mésopotamie, le phénomène de structuration économique initié au début de l’ère Néolithique atteint un niveau critique, qui entraîne l’émergence d’une nouvelle cellule sociologique, la ville, ainsi que l’avènement d’inégalités sociales7. Par ailleurs, l’invention de l’écriture permet l’administration rationnelle d’un espace donné : « les écrits, en effet, permettent de porter au loin des messages, de noter des comptes de conserver des archives, toutes ressources susceptibles d’aider au plus haut degré l’administration de l’État »8. L’avènement conjoint de ce modèle sociologique et de cette technologie intellectuelle a permis de concevoir une structure humaine nouvelle, l’État, et son corollaire, la politique.
A partir de l’an 3000 av. J-C, des Cités-États commencent à apparaître en Mésopotamie. Elles semblent privilégier des régimes politiques assez proches de la monarchie constitutionnelle, voire de la république. Un poème sumérien étudié en particulier par Samuel Noah Kramer fait ainsi état de la présence de deux assemblées à Uruk, l’une, l’assemblée des anciens, s’apparentant à une sorte de sénat, l’autre à une assemblée du peuple. La légitimité du roi d’Uruk semble dépendre étroitement de ces deux assemblées : il ne déclare en effet la guerre à la cité de Kish qu’après avoir reçu au moins le soutien de l’assemblée du peuple9. Qui plus est, l’attribution du pouvoir royal n’est que rarement héréditaire. Le terme sumérien pour désigner le roi, Lugal, consiste en effet en l’association de la racine Lu, homme et gal, grand. Ce qui importe ici avant tout ce sont les qualités morales et nullement l’appartenance héréditaire : Sargon d’Akkad n’obtient ainsi le trône que grâce à ses vertus royales10.
Progressivement le pouvoir monarchique tend à se renforcer, tout à la fois en puissance (les premières cérémonies de sacre, qui impliquent une légitimité de droit divin apparaissent au début du IIe millénaire av. J-C11) et en étendue (les cités-États sont absorbées par de grands royaumes). Les institutions démocratiques et républicaines, notées par Kramer, tombent de fait en désuétude. Ce renforcement de l’autorité monarchique va favoriser, au cours du premier quart du IIe millénaire av. J-C, la mise en place d’une administration et d’une jurisprudence normalisées, évolution dont sont emblématiques les codes d’Ur-Nammu (vers -2100), de Lipit-Ishtar (vers -1930) et d’Hammurabi (vers -1750), ainsi que les Lois d’Eshnunna (vers -1760)12. Certes ces premiers corpus juridiques n’ont aucune visée exhaustive et s’apparentent plutôt par leur style à des recueils de morales13. Toutefois ils représentent une rupture importante, en ce qu’ils n’hésitent pas à corriger les traditions orales dans une optique rationnelle : « la situation dans une société proche-orientale est donc très différente de celle des sociétés sans histoires, où les coutumes sont absolument fixes et où le changement est subi et non organisé »14
L’affermissement de grands États centralisés et rationnalisés, va permettre l’organisation de relations internationales. De la fin du IIe millénaire av. J.-C. à -1100, un espace allant de l’Égypte à Élam, et de l’Arabie au royaume Hittite sera régi par un système diplomatique élaboré : le système d’Armana15. Fondé sur relatif équilibre géopolitique entre quatre ou cinq grandes puissances, ce système disposera de sa lingua franca, l’akkadien, et de ses protocoles propres. Ainsi, les « différents rois entretenant des relations diplomatiques sont réputés appartenir à une seule et même grande famille ou grande maison (…) les rois de statut identique se traitent de frères, ceux de moindre envergure sont les fils ou les serviteurs des premiers »16. Les invasions successives des peuples de la mer mettront fin à cette construction politique élaborée.
Il semble ainsi que les États proche-orientaux ont forgé la quasi-totalité des formes et structures politiques. Pour autant quelque chose manque encore : la pensée et la théorie politique. Le politique est certes un objet bien établi, mais il ne s’agit en aucun cas d’un pensé : « jamais le mythe, la loi, la coutume dans leur sensemble ne deviendront objet de débat explicite, parce qu’elles continuent à relever du sacré, et du sacré seul »17. Les hommes d’États proche-orientaux se préoccupaient avant tout des politiques, de la gestion des affaires administratives, et fort peu de la Politique, de l’ordre étatique dans son ensemble — ordre qui, partie prenante de l’ordre divin dans son ensemble, ne saurait être contesté, discuté ou simplement considéré18.
La Cité grecque [modifier]
Article détaillé : Cité grecque.
En dépit des précédents proche-orientaux, l’origine de la politique se confond généralement avec celle de la pensée politique et donc de fait, avec la Cité grecque. Ainsi l’helléniste anglais Moses Finley, a-t-il pu affirmer que la politique « est une des activités les moins répandues dans le monde pré-moderne ». Il s’agit en effet, « d’une invention grecque, ou, pour être plus précis, une invention que firent séparément les Grecs, les Étrusques et/ou les romains »19.
Tout au long du IIe millénaire av. J.-C., la Grèce apparaît comme une simple continuité périphérique du système d’Amarna. Comme le note en effet Jean-Pierre Vernant : « la Méditerranée ne marque pas encore de part et d’autre de ses rives, une coupure entre l’Orient et l’Occident. Le monde égéen et la péninsule grecque se rattachent sans discontinuité (…) d’une part au plateau anatolien (…) de l’autre (…) à la Mésopotamie et à l’Iran »20. De la sorte, le premier État grec connu, le royaume mycénien, s’apparente par de nombreux traits aux monarchies proche-orientales contemporaines. Il s’agit en effet d’une royauté bureaucratique, caractérisé par une régulation quasi-maniaque de la vie sociale21. De plus, le roi ou anax possède une autorité essentiellement militaire et religieuse 22. Aussi, la politique à l’ère mycénienne prend ainsi la forme d’une activité essentiellement administrative, inscrite dans un cadre cosmogonique plus large.
Effectif à partir du XIIe siècle av. J.-C. le déclin du monde mycénien va entraîner un redéploiement complet des structures politiques initiales : l’anax disparaît et les potentats locaux, dits basileus ne conservent le plus souvent que des prérogatives religieuses23. Le reflux de la souveraineté monarchique va favoriser deux forces sociales jusqu’ici quasiment exclues du jeu politique : « d’une part les communautés villageoises, et de l’autre une aristocratie guerrière »24. Les dissensions fréquentes entre ces deux forces, vont rendre nécessaire la mise en place du débat politique ou agôn, sur une place publique. Le pouvoir cesse dès lors de dépendre d’un centre unique, pour être le produit d’une délibération constante : « l’archè ne saurait plus être la propriété exclusive de qui que ce soit ; l’État est précisément ce qui a dépouillé tout caractère privé, particulier, ce qui, échappant au ressort des genè, apparaît déjà comme l’affaire de tous »25.
Politique et nature humaine [modifier]
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Un extrait d’Antigone de Sophocle résume fort bien toute la problématique opposant la Politique et la nature humaine.
« Κρέων — καὶ δῆτ᾽ ἐτόλμας τούσδ᾽ ὑπερβαίνειν νόμους;
Ἀντιγόνη — οὐ γάρ τί μοι Ζεὺς ἦν ὁ κηρύξας τάδε, οὐδ᾽ ἡ ξύνοικος τῶν κάτω θεῶν Δίκη τοιούσδ᾽ ἐν ἀνθρώποισιν ὥρισεν νόμους. οὐδὲ σθένειν τοσοῦτον ᾠόμην τὰ σὰ κηρύγμαθ᾽, ὥστ᾽ ἄγραπτα κἀσφαλῆ θεῶν νόμιμα δύνασθαι θνητὸν ὄνθ᾽ ὑπερδραμεῖν. »
« Créon — Et ainsi, tu as osé violer ces lois ?
Antigone — C’est que Zeus ne les a point faites, ni la justice qui siège auprès des dieux souterrains. Et je n’ai pas cru que tes édits pussent l’emporter sur les lois non écrites et immuables des dieux, puisque tu n’es qu’un mortel. Ce n’est point d’aujourd’hui, ni d’hier, qu’elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées. Je n’ai pas dû, par crainte des ordres d’un seul homme, mériter d’être châtiée par les dieux. »26
Politeia : la constitution [modifier]

Article détaillé : Philosophie politique.
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La philosophie politique ou l’idéal de la meilleure constitution [modifier]
Théories antiques et médiévales [modifier]
Les Présocratiques [modifier]
Les Présocratiques vivaient avant Socrate.
Socrate [modifier]
Pour Socrate, gouverner la Cité est une fonction très utile qui doit être soumise à un certain formalisme. Ainsi, savoir gouverner suppose deux choses : donner l’exemple concernant l’observation des lois de la Cité, sous peine d’avoir de mauvais citoyens à diriger, et au-delà, posséder la science du gouvernement. Rarement innée, cette vertu (pour Socrate, la Vertu est la science du bien et du mal) s’apprend ; si bien que pour Socrate, la Politique apparaît comme un véritable métier qui, comme toute formation, s’acquiert par la pratique de certains exercices.
Pour Socrate, la plupart des gouvernants qu’il a l’occasion de connaître ne savent pas gouverner : plus portés sur une accession rapide aux fonctions, ils négligent la formation nécessaire.
Aristote [modifier]
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Par opposition à Socrate, qui part du monde des idées pour en déduire des applications concrètes, Aristote tend à vouloir s’appuyer sur l’observation du réel pour en déduire des principes théoriques. Cette approche aristotélicienne est aussi vraie en politique. Pour Aristote, l’homme est fait pour vivre en communauté politique. Pour lui, la cité est voulue par la nature et est donc inhérente à tout groupe humain, selon le principe que l’homme est un animal politique (ἄνθρωπος φύσει πολιτικὸν ζῷον/ anthropos phusei politikon zoon)
Dans son œuvre La Politique, Aristote analyse l’origine et le fonctionnement des différents régimes politiques de son époque, le ive siècle av. J.-C., pour définir le meilleur d’entre eux, qui doit donner naissance à la Cité idéale.
Les philosophes hellénistiques [modifier]
St Augustin [modifier]
Théories modernes [modifier]
Machiavel [modifier]
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Niccolò Macchiavelli, en français Nicolas Machiavel (Florence, Italie, 3 mai 1469 – Florence, 21 août 1527 (à 58 ans)) est un penseur italien de la Renaissance, théoricien de la politique, de l’histoire et de la guerre.
Pour Machiavel, trois principes doivent diriger le Politique : la force, le respect des lois, la ruse27. Pour Machiavel, le prince n’a pas besoin de faire profession d’homme de bien.
Machiavel a donné en français naissance à plusieurs termes : « machiavélisme » et ses dérivés, qui font référence à une interprétation politicienne cynique de l’œuvre de Machiavel et « machiavélien » qui fait directement référence aux concepts développés par Machiavel dans son œuvre. Macchiavelli s’écrit avec deux « c ». Au fur et à mesure des années, le second « c » a été perdu pour des raisons sans doute d’aisance typographique. On trouve différentes sources attestant de son nom d’origine et des œuvres auxquelles il a participé1.
Grotius [modifier]
Il est le premier à poser l’idée selon laquelle c’est la volonté qui crée la société et s’oppose ainsi à Aristote selon lequel la Cité et la politique sont inhérentes à la nature humaine.
Thomas Hobbes [modifier]
En 1651, Thomas Hobbes, théoricien du contrat, publia son œuvre la plus célèbre, Léviathan, dans laquelle il proposa un modèle de souveraineté et de développement social avancé pour justifier la création d’un gouvernement. Il préconise un État fort, tentaculaire, omniprésent ; en effet, le Léviathan est en fait une sorte d’immense pieuvre. Hobbes décrit un État de Nature où chacun possède un même droit sur les ressources naturelles et est libre d’utiliser tous les moyens pour acquérir ces ressources. Tous les Hommes sont égaux dans la possibilité de mourir, aucun Homme ne peut s’imposer aux autres. Il avance qu’un tel dispositif conduit à une ”guerre de tous contre tous” (bellum omnium contra omnes) puisque, d’après sa propre formule, « l’homme est un loup pour l’homme ». De plus, il écrit que les hommes doivent adhérer à un contrat social et devraient abandonner leurs droits absolus en échange de certaines protections. Hobbes affirme que la solution au problème d’agression est un État autoritaire centralisé, qu’il a appelé Leviathan. Hobbes n’est pas le seul à avoir imaginé l’Homme dans l’état de nature, Rousseau a lui aussi imaginé un état de nature.
Tant qu’il apparaît que la coopération sociale et les hiérarchies de dominance précèdent les sociétés humaines, le modèle de Hobbes indique un système pour l’apparition des régimes politiques.
John Locke [modifier]
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Au départ, il est assez favorable à la monarchie absolue car il a vécu la guerre civile. Locke va participer à la mise en place de la monarchie constitutionnelle (janvier 1689); il va réfléchir à la façon d’empêcher la dérive vers le pouvoir absolu. Son œuvre politique principale est l’essai sur le gouvernement civil.
On parle de l’homme à l’état de nature,l’état de nature est antérieur à la société, la société est une création de l’homme. John Locke est quelqu’un de paisible de calme, et pour lui l’homme n’est pas un loup pour l’homme; au contraire, il est paisible et raisonnable. Il sait qu’il a besoin des autres pour réaliser ses affaires, de ce fait, il va confier des tâches à la société et les transfère à la collectivité qui permettra de faire prospérer leurs intérêts.
Mais en aucun cas le transfert est total : jamais un homme raisonnable n’acceptera de transférer tous ses droits à une autre entité.
Il fait diviser pour mieux régner : deux pouvoirs, législatif et exécutif. Plus une puissance fédérative qui concerne les relations avec les pays extérieurs.
Si les pouvoirs ne remplissent plus leurs fonctions, l’on peut et même l’on a le devoir de les renverser.
Jean-Jacques Rousseau [modifier]
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Pour Rousseau, contrairement à la vision de Hobbes, l’Homme à l’état de nature n’est pas un loup pour l’homme mais il n’est pas non plus l’image de la sagesse. Il s’agit tout simplement d’un humain certes marqué par sa brutalité en l’absence de moralité et de culture de l’intelligence mais heureux. N’ayant que peu de besoins, ceux-ci sont satisfaits facilement. Il n’était donc pas en principe prédisposé à être agressif. En accédant à la société politique de manière volontaire par un contrat, le contrat social, l’homme est corrompu par cette société et devient de plus en plus agressif au fur et à mesure que s’accroissent les inégalités. Seul remède, la démocratie intégrale28.
Théories non occidentales [modifier]
Confucius [modifier]
Dans une société chinoise divisée par le féodalisme, Confucius cherchait à restaurer l’ordre et la paix grâce au respect des traditions, à la légitimité du pouvoir et à la hiérarchie sociale.
Au-delà de ses principes directeurs, son expérience l’amène à la conclusion théorique suivante : pour que le pouvoir politique puisse vivre et être pérenne, le Prince est tenu de se comporter comme un homme de qualité, un sage en montrant sans cesse l’exemple. « Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura-t-il à gouverner son État ? »
Les idéologies politiques modernes [modifier]
Article détaillé : Idéologie.
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La première mention du terme idéologie remonte à 1801, lors de la publication des Éléments d’idéologie par Antoine-Louis-Claude Destutt de Tracy. Toutefois, le sens que Tracy appliquait à ce néologisme n’avait rien de politique : il s’agissait d’une science des idées et des sensations : « je veux dans cet écrit, non pas vous enseigner, mais vous faire remarquer tout ce qui se passe en vous quand vous pensez, parlez, et raisonnez »29. Elle ne recouvre en fait son sens actuel qu’à partir de l’Idéologie Allemande de Karl Marx, écrit en 1846, mais publié beaucoup plus tard.
Le Libéralisme [modifier]
Article détaillé : Libéralisme.
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Le libéralisme est un courant de pensée de philosophie politique, né d’une opposition à l’absolutisme et au droit divin dans l’Europe des Lumières (xviiie siècle), qui affirme la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelles sur le pouvoir du souverain. Il repose sur l’idée que chaque être humain possède des droits fondamentaux qu’aucun pouvoir ne peut violer, ses libertés, que défendent les libéraux. En conséquence, ces derniers entendent limiter les obligations imposées par un organe de pouvoir hétéronome, au profit du libre choix de chaque individu. A ce titre, le libéralisme peut se décliner selon l’organe de soumission qu’il rejette: on pourra ainsi parler de libéralisme économique, politique, social ou culturel, ou encore de libéralisme (sans qualificatif), désignant toutes les formes de privation de liberté.
Le libéralisme repose sur un précepte moral qui s’oppose à l’assujettissement de l’individu, d’où découlent une philosophie et une organisation de la vie en société permettant à chaque individu de jouir d’un maximum de liberté, notamment en matière économique. La dichotomie entre « libéralisme économique » et « libéralisme politique » n’existe donc pas si l’on considère la soumission à un État comme une forme d’asservissement. Au contraire, si l’État est perçu comme une forme consentie incarnant le contrat social, les deux notions sont distinctes. De nos jours cependant, en français courant, le terme « libéralisme » désigne principalement sa déclinaison économique par une forme d’ antonomase.
Au sens large, le libéralisme prône une société fondée sur la liberté des individus dans le respect du droit du pluralisme et du libre échange des idées. Elle doit joindre d’une part dans le domaine économique, l’initiative privée, la libre concurrence et son corollaire l’économie de marché, d’autre part, des pouvoirs politique et économique bien encadrés par la loi et les contre-pouvoirs. Elle valorise donc le mérite comme fondement de la hiérarchie. Cela suppose idéalement un état de droit où sont respectées les minorités jusqu’à la plus petite, l’individu, l’État n’étant que le garant de ce respect et devant rendre des comptes de son action. Il existe au sein du courant libéral des différences d’opinion quant aux justes limites à fixer à l’action de l’État, ainsi qu’aux modalités de l’action publique (notamment aux rôles respectifs de l’action administrative et de la loi). La plupart des libéraux considèrent que l’action de l’État est nécessaire à la protection des libertés individuelles, dans le cadre de ses fonctions régaliennes, et nombre d’entre eux (comme Adam Smith, Raymond Aron, Karl Popper ou Benedetto Croce) acceptent voire recommandent certaines interventions de l’État dans l’économie, notamment en matière de contrôle et de régulation. À l’opposé, les libertariens (ou anarcho-capitalistes) refusent à l’État toute légitimité dans quelque domaine que ce soit.
Le Traditionalisme [modifier]
Article détaillé : Traditionalisme.
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Le Socialisme [modifier]
Article détaillé : Socialisme.
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Le socialisme désigne un type d’organisation sociale basé sur la propriété collective (ou propriété sociale) des moyens de production, par opposition au capitalisme.
Il est l’objectif de divers courants apparus et développés depuis le 19e siècle, et ayant abouti aujourd’hui aux différents courants marxistes et anarchistes, ainsi qu’aux sociaux-démocrates.
Le mouvement socialiste recherche une justice sociale, condamne les inégalités sociales et l’exploitation de l’homme par l’homme, défend le progrès social, et prône l’avènement d’une société égalitaire, sans classes sociales . Pour leur part, les universitaires Georges Bourgin et Pierre Rimbert définissent le socialisme comme « une forme de société dont les bases fondamentales sont les suivantes :
Propriété sociale des instruments de production ;
Gestion démocratique de ces instruments ;
Orientation de la production en vue de satisfaire les besoins individuels et collectifs des hommes. »
Le Fascisme [modifier]
Article détaillé : Fascisme.
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Le fascisme (en italien fascismo) est un mouvement politique d’origine italienne apparu en 1919. Ce terme, très utilisé, a par la suite pris un sens beaucoup plus large. Il est donc nécessaire de cerner ses différents niveaux d’acception.
Au sens strict, le terme désigne le mouvement politique fondé par Benito Mussolini, ainsi que le régime qui était en vigueur sous la monarchie italienne quand Mussolini était au pouvoir, de 1922 à 1945. Adversaire de la démocratie, du parlementarisme, du socialisme et du marxisme, le fascisme mussolinien est autoritaire et nationaliste, et recourt à la violence. Ce sens strict est notamment utilisé par les historiens de l’Italie. Au sens large, le terme fascisme a pris un sens générique. Il s’est étendu à tout mouvement politique s’appuyant sur un pouvoir fort, les métiers organisés en corporations, l’exaltation du sentiment nationaliste, le rejet des institutions démocratiques et libérales, la répression de l’opposition et un contrôle politique extensif de la société civile. Le nazisme s’est en partie inspiré du fascisme. Dans son acception la plus large, le terme est employé pour disqualifier l’ennemi politique. Cette acception a été employée par les Soviétiques durant la guerre froide, dans le cadre de la « tactique du salami »2. Dans la discussion politique contemporaine, le terme fasciste continue d’être employé comme une injure. Cependant, le fascisme est encore revendiqué par certaines mouvances d’extrême droite (les néofascistes).
L’organisation du pouvoir : régimes et institutions [modifier]
Les régimes politiques selon la légitimité du pouvoir [modifier]
Pour s’exercer sans rencontrer d’opposition, le pouvoir politique s’est toujours attaché à justifier de sa légitimité. Celle-ci peut reposer sur :
la tradition et l’hérédité, cas des régimes traditionnels, des monarchies et de systèmes aristocratiques ;
la volonté divine, cas des théocraties mais aussi de la monarchie de droit divin ;
l’expression du droit des peuples et des individus (souveraineté populaire) ; c’est le cas des démocratie) mais aussi de régimes autoritaires mais se réclamant de la volonté populaires (certains régimes fascistes) ;
le mérite et la qualité des dirigeants. C’est la théorie induite par les régimes gouvernés par les « sages » (cas de certains pouvoirs locaux ou tribaux), d’oligarchie bourgeois (suffrage censitaire) ou techniciens ;
le souci d’efficacité de l’action politique, officiellement pour le bien du peuple même si celui-ci n’est — temporairement ou de façon permanente — pas jugé à apte à exercer le pouvoir. Ce sont les régimes inspirés du positivisme, les technocraties ;
le hasard (stochocratie).
Historiquement, il semble que dans un certain nombre de premières civilisations, le pouvoir politique n’apparaît pas distinct du pouvoir religieux (voir par exemple la Politique dans l’Égypte antique). La confusion du pouvoir politique et religieux, ou la soumission du pouvoir politique au religieux, ou la très grande proximité des deux, s’appelle théocratie.
Autres typologies de régimes politiques [modifier]
La politique consiste d’abord en l’organisation du pouvoir dans la société. On distingue entre plusieurs Systèmes de prise de décision.
On distingue traditionnellement entre monarchies et républiques, une distinction institutionnelle finalement jugée peu pertinente de nos jours compte tenu du fait de la diversité des types de monarchie (de la monarchie parlementaire scandinave ou britannique à la théocratie saoudienne) et de types de républiques.
Les distinctions actuelles reposent plus sur le degrés de démocratie caractérisant le régime. On distingue ainsi les régimes démocratiques, autoritaires, ou totalitaires.
Les pouvoirs politiques [modifier]
Le pouvoir politique est constitué d’au moins deux fonctions distinctes :
un pouvoir exécutif, qui prend des décisions et, une fois celles-ci adoptées, les applique et les fait appliquer au travers d’une administration ;
un pouvoir législatif (une ou des assemblées), assurant la représentativité du peuple ou du moins de l’élite, qui accepte ou non les décisions de l’exécutif et peut parfois en proposer lui-même.
À cela s’ajoutent des pouvoirs non directement « politiques » mais qui participent au système politique :
le pouvoir judiciaire, chargé de juger ;
le pouvoir médiatique, est souvent qualifié de quatrième pouvoir compte tenu de sa capacité supposée ou réelle à influencer l’opinion publique.
Dans la pensée politique démocratique occidentale (née en Grande-Bretagne puis formalisée par le philosophe français Montesquieu), qui sert actuellement, au moins sur le papier, de modèle au niveau international, les pouvoirs doivent être séparés. Dans les démocraties ont distingue ainsi entre :
le régime présidentiel (qui donne le pouvoir à la tête de l’exécutif) ;
le régime parlementaire ou d’assemblée (qui donne le pouvoir au pouvoir législatif) ;
des formes mixtes.
Les pouvoirs territoriaux [modifier]
Les modes d’organisation territoriale constituent une autre aspect de l’organisation du pouvoir. À cet égard, on distingue :
l’État unitaire qui pratique la centralisation du pouvoir ;
les États unitaires pratiquant une dose plus ou moins importante de décentralisation du pouvoir ;
les États fédéraux, pratiquant le fédéralisme, conférant un pouvoir important aux divisions territoriales (appelées État, land, région, province, etc.).
Classiquement, les États comprennent deux grands types de subdivisions territoriales :
de larges entités régionales (au sens français) correspondant souvent à des entités historiques bien déterminées, ayant parfois connu au cours de leur histoire des périodes d’indépendance ou d’autonomie (telles, en Europe, la Bretagne, l’Écosse, la Catalogne, la Bavière, etc.) ;
les municipalités ou villages, constituant historiquement la cellule de base de la vie locale.
Entre les deux, existent parfois des échelons politique et/ou administratifs tels, en France, le département et les cantons.
Au-dessus du cadre national, existent des structures politiques plus ou moins souples « régionales » (telle l’Union européenne) et mondial (telle l’Organisation des Nations Unies).
Politiké : l’art et la pratique [modifier]

Le Politique [modifier]
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L’accession au pouvoir et la lutte pour le pouvoir : la vie politique [modifier]
Les modalités d’accession au pouvoir sont, comme l’organisation du pouvoir, déterminées par les institutions et sont une part du régime politique. Cependant, elles dépassent également la question de l’organisation du pouvoir pour les raisons suivantes :
l’accession au pouvoir dépend également de la vie politique, c’est-à-dire notamment, dans les sociétés contemporaines, de la vie des partis politiques ; d’où également la question des relations entre le pouvoir et ses oppositions ;
la question de l’accession au pouvoir dépasse également celle de son organisation puisque l’accession peut se produire par une forme qui n’a pas été prévue par les institutions. Ce sont toutes les formes de prises de pouvoir violentes : coup d’État et révolution.
Mode d’accession au pouvoir [modifier]

L’Assemblée nationale, le parlement suisse

Le Parlement européen à Strasbourg
Les différents mode d’accession au pouvoir dépendant de la légitimité du régimes en place (lire supra) ainsi que du type de régime (supra). Sur le papier, le système de l’élection, basé sur le présupposé théorique de la démocratie, s’est imposé au xxe siècle comme le système standard international de désignation des dirigeants. Il existe des exceptions avec en particulier des monarchies (Arabie saoudite, sultanat de Brunei, etc.).
Au sein du système démocratique, on distingue notamment entre :
démocratie directe ou démocratie indirecte avec mandat impératif ou représentatif (délégation de pouvoir) ;
différentes de mise en œuvre, à travers divers types de système électoral.
Modes d’action politique [modifier]
Dans les régimes démocratiques, le mode normal d’accession au pouvoir est la participation aux élections.
D’autres modes d’expression non violent existent également (manifestations, grèves, Non-violence, Désobéissance civile, Conflit non-violent, boycott, campagnes de presse, cybermouvements, etc.).
Le domaine de la politique recouvre cependant également des modes d’actions politique violents : coup d’État, révoltes, Révolution. Certains actes violents sont considérés comme du Terrorisme par ceux contre lesquels ils sont destinés et des actes de Résistance par ceux qui le pratiquent.
Les partis politiques [modifier]
Des factions politiques opposées ont toujours existé au sein de tous les régimes, souvent plus basés sur le soutien à une personnalité du régime (souvent un prince ou un grand seigneur au sein des monarchies). À partir de la Révolution française au moins (mais bien plus tôt en Angleterre avec les tories et whigs), s’est mis en place un modèle basé sur des partis politiques ou mouvements politiques théoriquement plus soudés par des idées politiques plus que par le soutien à une personnalité.
Les systèmes politiques multipartistes se sont répandus à travers le monde, introduisant des notions politiques nouvelles :
l’alternance politique pacifique à la tête du gouvernement entre partis ;
la distinction entre une majorité et une opposition ;
la distinction entre deux principaux camps politiques : la droite et la gauche, ou, de manière caricaturale, les conservateurs et les réformateurs, etc.
Les mouvements politiques peuvent être associés dans leur action avec des mouvements sociaux, des associations, etc. L’article 4 de la Constitution de 1958 régit l’organisation des partis politiques en France.
Le rôle politique des médias [modifier]
Les médias ont toujours joué un rôle important dans la vie politique, constituant un relais de la vie politique envers le public. L’influence des médias a conduit à appeler la presse le « quatrième pouvoir ». Le pouvoir politique a suivi les évolutions technologiques, utilisant la presse, la radio (les « causeries au coin du feu » de Franklin Delano Roosevelt), le cinéma (les films de propagande des régimes totalitaires), la télévision puis Internet et le marketing direct.
En France, l’utilisation de médias touchant directement le grand public, hormis la presse, était considéré au début du xxe siècle avec suspicion par les milieux républicains pour qui le lien direct de la tête de l’exécutif avec le peuple relevait de la tradition bonapartiste. L’utilisation de la radio tout d’abord (l’appel du 18 juin du Général De Gaulle) puis de la télévision par le général de Gaulle a brisé ces tabous.
Le développement des médias a conduit à une modification des comportements des hommes politiques, une tendance appelée peoplelisation au début des années 2000. Il s’agit de montrer une autre image (non institutionnelle et plus intime) de l’Homme politique et de mettre en scène sa vie privée afin de créer une image favorable et un lien de proximité avec l’électeur potentiel. En France, on peut tracer ses prémisses dans les années 1970 lorsque Valéry Giscard d’Estaing mis sa femme en scène et se fit filmer en train de jouer de l’accordéon.
L’exercice du pouvoir : les politiques [modifier]
La politique menée par un gouvernement recouvre l’ensemble de ses décisions prises à l’échelon politique ou à l’échelon administratif. Cette politique « générale » se subdivise en politique sectorielle dont les principales sont la politique sociale, la politique économique, la politique étrangère, etc. Un concept qui peut être affiné (politique du logement, politique culturelle, politique agricole, etc.).
L’action politique s’exerce concrètement à travers l’émission de règles (de niveau politique ou administratif) appliquées ou contrôlées par une administration.

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Mathieu

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