La crise financière de 2008 trouve sa source dans le bouleversement du marché immobilier aux Etats- Unis et les pertes qu’il a entraînées sur les prêts hypothécaires à risque, les désormais fameux « subprime mortgages ».

Dès 2003, de nombreux observateurs, y compris au sein de la Réserve fédérale américaine, ont souligné que la hausse des prix de vente de l’immobilier résidentiel aux Etats-Unis suivait une tendance qui ne pouvait s’expliquer complètement par la croissance de l’économie et de la population ou la faiblesse des taux d’intérêt entretenue par la politique monétaire d’Alan Greenspan.

Comment les USA ont plongé l'europe dans une crise économique ? un économiste américain. Il Alan Greenspan, ancien ‘former » président de la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis.

Des mouvements spéculatifs trop éloignés des réalités objectives….

C’est ce que montrait Robert Shiller qui faisait un parallèle entre les bulles immobilière des années 2000 et financière de la fin des années 1990, et s’attendait à ce que les mêmes causes produisent les mêmes effets, autrement dit que des mouvements spéculatifs trop éloignés des réalités objectives, qui ont d’abord provoqué la tendance à la hausse, débouchent sur une correction brutale dumarché.

Les prix de vente de l’immobilier résidentiel aux Etats-Unis ont presque doublé entre janvier 1997 et juillet 2006 avant de se replier brutalement.

La hausse des prix de l’immobilier était non seulement bien plus rapide que l’inflation générale mais aussi bien plus forte que l’augmentation des loyers : ainsi le ratio de l’indice des prix de ventes de l’immobilier résidentiel rapporté à celui des loyers équivalents a augmenté de 48% entre 1997 et 2006.

Depuis, ce ratio a reculé de 16%. L’un des facteurs principaux de l’apparition d’une bulle immobilière aux Etats-Unis est le développement des prêts hypothécaires à risque, appelés « subprimes ».

Ces prêts ont été offerts à des emprunteurs qui n’offraient pas de garanties suffisantes pour que des prêts classiques leur soient accordés. Une caractéristique pernicieuse de la plupart de ces crédits subprime est de reposer sur un taux d’intérêt promotionnel très bas lors des premières années du prêt.

Ce taux est ensuite relevé pour rémunérer le risque pris par le créancier et indexé sur les taux directeurs de la Fed ; il devient variable. Cette solution pouvait paraître avantageuse à l’emprunteur du fait de la faiblesse des taux d’intérêt après 2001, de la possibilité d’accéder à un crédit qui lui était auparavant refusé et de la perspective de devenir propriétaire.

Le créancier voyait l’opportunité de prêter à un taux d’intérêt majoré au-delà de la période promotionnelle tout en ayant en apparence un risque limité, la hausse des prix de l’immobilier permettant d’envisager une revente à bon prix en cas de défaut de paiement et de saisie du bien immobilier.

Ceci explique que les subprimes ont rencontré un succès grandissant : le montant des encours est ainsi passé de 200 milliards de dollars en 2002 à 640 en 2006, soit 23% du total des prêts immobiliers souscrits aux Etats-Unis à cette date.

Cependant, la hausse progressive des taux directeurs de la Fed (de 1% en 2004 à 5,25% en 2006) a conduit à une hausse des mensualités des emprunteurs à risque qui avaient dépassé la période promotionnelle et à une augmentation des retards de paiement.

Les « subprimes » constituent une bombe à retardement puisque certains emprunteurs bénéficient encore à ce jour de taux promotionnels et seront donc confrontés à des difficultés lorsque celui sera relevé (à moins que la baisse des taux de la Fed soit suffisante entre temps).

Au cours de l’année 2007, le nombre de défauts de paiement a atteint le chiffre record d’1,2 million, soit 79% de plus qu’en 2006.

Même si l’administration Bush a demandé aux créanciers de renégocier les prêts plutôt que de saisir les biens dans tous les cas où cela était possible, le nombre de logements invendus a augmenté de 1,5 million entre janvier 2006 et décembre 2007.

Un subprime est crédit qui se distingue des autres par le fait qu'il est attribué à des personnes dont les revenus laissent penser que le remboursement sera plus compliqué pour les emprunteurs. L’explosion de la bulle immobilière et financière.

Le coût social et économique est parfois très élevé : dans la seule ville de Cleveland, le nombre de saisies de logements est passé de 120 en 2002 à 70000 en

2007, avec pour conséquence directe la multiplication des maisons vides, une chute des recettes issues de la taxe d’habitation pour la municipalité et des dépenses supplémentaires à engager pour maintenir la sécurité et entretenir les bâtiments inoccupés.

Cette crise d’insolvabilité des emprunteurs à risque a précipité l’explosion de la bulle immobilière américaine.

Les créanciers confrontés à des défauts de paiement se sont trouvés dans l’impossibilité de recouvrer l’intégralité de leurs prêts en revendant les biens immobiliers et ont dû faire face à des pertes considérables, qui pourraient atteindre 200 et 300 milliards de dollars selon une estimation de The Economist.

Cette crise s’est ensuite propagée au reste du monde et notamment à l’Union Européenne si bien qu’elle a mise à mal sa monnaie commune, l’euro.

Comment l’Europe a-t-elle réagi face à la crise ?

Nous verrons tout d’abord quelle est l’origine de la gravité de la crise en Europe puis les mesures qui ont été prises au niveau communautaire pour y remédier.

I / L’origine de la gravité de la crise en Europe

A. LA GRECE, MAILLON FAIBLE DE LA ZONE EURO

La crise que subie actuellement la zone euro est une crise de la dette des Etats.

Elle a été déclenchée par la crise de la dette publique grecque.

Cette dernière trouve son fondement dans la crainte de ses créanciers de la voir incapable de rembourser sa dette publique et les intérêts qui s’y rattachent.

L’énorme endettement du pays ainsi que la crise économique mondiale de 2010 expliquent son déficit budgétaire avoisinant les 14% du PIB en 2010.

Le manque de transparence du pays quant à ses comptes et la gravité de sa dette ont gravement aggravé le problème.

Les problèmes chroniques de l’Etat grec à commencer par son incapacité à prélever l’impôt ont entrainé la mise sous tutelle de son économie par l’Union Européenne. La monnaie de la Grèce étant partagée par d’autres Etats de l’Union Européenne (la zone euro) la crise présente de gros risques de propagation.

Comment la crise financière s'est-elle propager en europe ? La Grèce : maillon faible ou mauvais élève en Europe ?

Afin de limiter au maximum cette dernière la zone Euro et le FMI débloquent un prêt de 550 milliards d’euros en faveur de la Grèce le 2 mai 2010.

Le fonctionnement des structures de l’économie grecque ainsi que ceux de la zone euro sont également réformés en vue d’obtenir un meilleur contrôle.

La crise a connu un nouveau rebondissement en mai 2011 lorsque la Grèce a de nouveau du faire appel à l’aide extérieure quelle soit européenne ou mondiale avec le FMI. Ce nouveau rebondissement a divisé les acteurs de la zone euro entre partisans d’une nouvelle aide à la Grèce (solution prônée par la France) et ceux voulant y joindre une aide des banques responsables en partie de la crise (solution prônée par l’Allemagne).

La politique d’austérité mise en place en Grèce a de très lourdes conséquences sur sa croissance, sa politique sociale et son taux de chômage. Quoi qu’il en soit le principal souci des dirigeants européens reste que la Grèce n’entraine pas toute la zone euro dans son sillage.

L’Irlande fut le premier à connaître le même sort que la Grèce, même si la situation du pays est sensiblement différente. Contrairement à la Grèce, l’Irlande a longtemps été en croissance et ses finances publiques étaient saines.

À tel point que le pays fut surnommé le « Tigre celtique » (en référence aux Tigres asiatiques).

Malgré cela, l’Irlande a été beaucoup plus touchée par la crise des subprimes en 2008, notamment en raison de la bulle immobilière.

En 2010, le pays fait face à une grave crise bancaire. Plusieurs de ses banques (notamment la banque Anglo) sont au bord de la faillite et doivent être renflouées. En septembre l’Irlande doit une nouvelle fois se porter au secours de ses banques ce qui provoque une augmentation considérable de son déficit public qui atteint 32 % du PIB.

Le pays hésite à demander l’aide du Fonds européen de stabilité financière, à la fois pour des raisons de fierté nationale et parce qu’il craint que les autres pays lui imposent de relever son impôt sur les sociétés qui a assuré son succès mais qui est jugé « non coopératif » par les autres États européens. Ceux-ci ont « incité » l’Irlande à recourir au mécanisme du Fonds européen de stabilité financière car ils craignaient une contagion au Portugal voire à l’Espagne. Si ce pays était touché, alors, pour le chef économiste de la Deutsche Bank, la France, selon lui, pourrait ne plus être à l’abri.

Le risque de crise au Portugal s’est accru fin avril.

Ce pays, comme la Grèce, a vu ses taux d’emprunt augmenter suite à la dégradation de la note de sa dette souveraine, de A+ à A-, par Standard & Poor’s.

L’agence Standard & Poor’s a rétrogradé le crédit espagnol de AA+ à AA, invoquant les faibles espoirs de croissance de ce pays, frappé de plein fouet par l’éclatement de la bulle immobilière et de la construction.

Le déficit public espagnol a explosé en 2009. Il s’est élevé à 11,2 % du PIB selon Eurostat, bien au-delà de la limite des 3 % du pacte de stabilité européen.

Comment contrôler la dette européene ? Le gouvernement socialiste s’est engagé à le ramener à 3 % en 2013, mais S&P estime « que le déficit public devrait probablement encore excéder 5 % du PIB d’ici 2013 ».

En fait, si l’Espagne a un tel déficit c’est que le modèle économique sur lequel elle a bâti sa croissance jusqu’à la crise, le secteur immobilier, est plongé dans une crise grave qui pèse sur le budget du pays.

Début juillet 2011, la pression monte sur la dette italienne (environ 120 % du PIB italien et 25 % de la dette de la zone euro). Les raisons de ces tensions tiennent à la fois de problèmes extérieurs à l’Italie (la dégradation de la dette du Portugal) et internes (les tensions au sein du gouvernement italien et ses problèmes électoraux ainsi que l’enquête à laquelle est confronté le ministre des Finances italien Giulo Tremonti. L’annonce par le gouvernement italien d’un plan d’austérité permet d’apaiser temporairement les tensions. Cependant, le gouvernement fait rapidement voter un second plan ambitieux, qui prévoit de rétablir l’équilibre budgétaire dès 2013.

À partir d’août 2011, la France met en place deux plans de rigueur. Le premier portait sur un train d’économie de 11 milliards d’euros en 2011 et 2012, le second présenté par François Fillon le 7 novembre 2011 prévoit notamment le passage en 2017 au lieu de 2018 de la date de départ à la retraite, la suppression du dispositif Scellier, une majoration des impôts sur les sociétés, la création d’un taux intermédiaire à 7 % pour la TVA.

Le différentiel (spread) entre le taux d’intérêt des obligations d’État français et leur équivalent allemand, atteint 147 points de base en novembre 2011 alors qu’il y a un an il n’était que de 45 points.

Il faut dire que les banques françaises détiennent selon la BRI 106 milliard d’euros de dette italienne deux fois plus que les banques allemandes, et surtout que le déficit de la France reste fort en comparaison de celui de l’Allemagne : la Commission européenne prévoit un déficit de 5,3 % du PIB en 2012 pour la France contre 1 % pour l’Allemagne.

B. LE ROLE DES MARCHES FINANCIERS

Le comportement de spéculation des marchés financiers a été critiqué par les chefs de gouvernements européens, mais aussi le rôle des agences de notation (Standard & Poor’s notamment), accusées d’avoir alimenté la spéculation. Certains acteurs économiques sans mettre en question la nécessité qu’il y a à ce que les agences de notation revoient leur méthode et que leur transparence soit mieux assurée, pensent que les politiques cherchent aussi à se défausser de certaines de leurs responsabilités.

Entre le 1er décembre 2009 et le 11 novembre 2011, le taux des obligations grecques à dix ans est passé de 4,84 % à 41,41 %. Cette augmentation s’inscrit-t-elle dans le cadre d’opérations de spéculations sur les dettes souveraines européennes ?

En octobre 2011 la dette s’élevait avant décote à 158 % du PIB, alors que dans le même temps le Japon avec un niveau d’endettement de 229 % du PIB avait des taux d’obligations de 1 %, et une dette détenue à 92 % au Japon.

L’augmentation des taux grecs ne peut donc être uniquement expliquée par un risque accru qui serait lié à un accroissement de la dette du pays mais il faut aussi le lier à des phénomènes spéculatifs et à l’origine étrangère des prêteurs (à 71 %).

Les dégradations des agences de notation, entre mai 2010 et octobre 2011, concomitantes avec une augmentation des taux paraissent difficilement explicables.

En effet le risque de défaut de remboursement n’avait en réalité pas augmenté pour les prêteurs : le 3 mai 2010 il y avait eu par exemple une déclaration de soutien de la BCE qui indiquait « accepter les titres grecs, quelle que soit leur notation, en garantie (collatéral) contre des prêts ». De plus la totalité des titres obligataires avaient été couverts par des assurances de type CDS (Credit Default Swap) par leurs possesseurs.

Le serpent monétaire européen et le fond monétaire international. Une étude du FMI en mars 2011, met en lumière l’importance des notations des dettes souveraines par les agences dans le déclenchement des augmentations de taux.

La Grèce est à ce jour le pays le plus mal noté au monde par les agences de notation américaine. Le solde primaire budgétaire était par ailleurs depuis le deuxième semestre 2009 équivalent à celui de la France en pourcentage du Pib.

Dans le rapport d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, en décembre 2010, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a déclaré : « il n’est pas exclu que les mouvements aient été amplifiés par des opérations spéculatives utilisant des instruments sophistiqués comme les CDS ou les ventes à découvert. »

Quelques acteurs du marché craignent également un scénario « à l’Argentine ». En 1991, l’Argentine avait lié sa monnaie, le peso argentin, au dollar US pour vaincre son inflation.

À partir de 1997, suite à la crise asiatique et russe, les primes de risque sur ce pays avaient augmentés rendant le poids du service de sa dette plus lourd alors que, par ailleurs, ses concurrents voyaient leur compétitivité augmenter suite à des dévaluations.

Dans un premier temps en janvier 2000, le pays a dû recourir au FMI tout en refusant de dévaluer. Finalement, le pays avait dû dévaluer et faire défaut sur sa dette.

II / La réaction de l’Union Européenne

A / UNE MODIFICATION DES TRAITES DE L’UNION EUROPEENNE EVOQUEE

Le Président de l’Union Européenne Herman Van Rompuy a annoncé que les pays de l’Union européenne sont tombés d’accord pour étudier d’éventuels changements du traité de l’UE pour améliorer le fonctionnement de la zone euro et renforcer en particulier la discipline budgétaire.

Il a été décidé d’explorer les possibilités d’un changement limité de traité. Mais un tel changement ne se fera pas sans l’accord des 27 pays de l’Union européenne.

Il ne s’agit pas d’une refonte complète de l’architecture institutionnelle définie par le traité de Lisbonne mais d’un renforcement de la gouvernance économique de l’Union monétaire. L’ambition est d’approfondir l’Union économique et renforcer la discipline budgétaire.

L’Union européenne va ainsi dans le sens de Berlin qui plaide pour une révision des traités afin de durcir la discipline budgétaire et s’assurer que tous les Etats pratiquent la rigueur et ne laissent pas filer leurs déficits publics.

Comment faire pour respecter à l'unisson une politique monétaire européene ? Le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle avait été jusqu’à proposer de traduire devant la Cour de justice européenne les pays trop laxistes.

Le ministre finlandais aux Affaires européennes, Alexander Stubb, a souhaité doter la Commission européenne des mêmes pouvoirs à l’égard des Etats pour faire respecter la discipline budgétaire que ceux dont elle dispose à l’égard des entreprises pour faire respecter la concurrence sur le marché unique.

« Nous avons besoin d’un commissaire au Budget qui soit un commissaire fort, une sorte de Tsar du Budget qui aurait des pouvoirs similaires sur les budgets nationaux, à ceux dont dispose aujourd’hui le commissaire en charge de la Concurrence sur les entreprises », a-t-il déclaré.

D’autres pays comme la France plaident pour une révision des traités, sans forcément partager les ambitions de Berlin. Certains poussent même pour une révision des traités pour mettre en place des euro-obligations qui permettraient de mutualiser la dette au sein de la zone euro. Quoi qu’il en soit, une révision des traités est un chantier de longue haleine.

L’Europe s’y est déjà cassé les dents en étant obligée d’abandonner en 2005 son projet de Constitution, après notamment le référendum en France.

Quant au traité de Lisbonne, qui a pris la suite, il a eu toutes les peines à se faire adopter et ratifier en 2009. Le Luxembourg s’est montré sceptique, redoutant qu’on « ouvre la boîte de Pandore » en amorçant un changement de traité.

« Il ne faut pas ouvrir un nouveau champ de bataille », a prévenu son chef de la diplomatie, Jean Asselborn.

B/ LE 2EME PLAN DE SOUTIEN A LA GRECE ET LES ACCORDS DU 27 OCTOBRE 2011

Lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro du 11 mars 2011, il a été décidé de créer une coordination renforcée des politiques économiques intitulée pacte pour l’euro (l’idée avait été initialement proposée par l’Allemagne sous la dénomination pacte de compétitivité).

Ce pacte sera soumis aux pays non euro lors du Conseil européen du 24 mars afin de leur permettre de s’y joindre éventuellement.

Ce pacte repose sur quatre règles directrices : renforcer la gouvernance économique de l’Union européenne ; favoriser la compétitivité et la convergence des compétitivités des États ; respecter l’intégrité du marché unique ; impliquer les États membres.

Pour ce faire, chaque chef d’État ou de gouvernement devra prendre des engagements concrets chaque année auprès de ses pairs qui assureront le suivi des réalisations.

Le pacte vise les quatre objectifs suivants :

  • Renforcer la compétitivité. Il s’agit ici de s’assurer que les coûts du travail évoluent avec la productivité ; d’examiner les mécanismes d’indexation de salaires et de veiller à ce que « les accords salariaux dans la fonction publique viennent soutenir les efforts de compétitivité consentis dans le secteur privé ».
  • Améliorer la viabilité des finances publiques.

Deux grands axes sont mis en avant :

⇒ Suivre la viabilité des retraites, des soins de santé et des prestations sociales.
« Les États de la zone euro s’engagent à traduire dans leur législation nationale les règles budgétaires de l’UE figurant dans le pacte de stabilité et de croissance ».

Renforcer la stabilité financière notamment à travers une « réforme globale du cadre européen de supervision et de régulation du secteur financier est en cours ».

Par ailleurs, au niveau fiscal, il est prévu d’aller vers une assiette commune pour l’impôt sur les sociétés ainsi que des « discussions structurées sur les questions de politique fiscale, en vue notamment d’assurer l’échange des bonnes pratiques, sur la prévention des pratiques nuisibles et sur des propositions de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale »

Le jeudi 21 juillet, les Européens et le FMI ont adopté les grandes lignes d’un second plan de sauvetage.

  • Au niveau financier, le pays va bénéficier de 109 milliards d’euros de fonds publics : 79 venant du FESF et du FMI et 30 des privatisations. Par ailleurs, le secteur privé doit participer pour 49,7 milliards d’euros. Les taux des prêts du FESF sont ramenés de 4,5% à 3,5% et leur durée de remboursement est allongée.
  • Au niveau structurel, il est créé une « task force » destinée à soutenir la Grèce dans la mise en œuvre des réformes votées et à essayer de redynamiser la croissance en Grèce en employant au mieux les Fonds européens (aides régionales notamment) non encore utilisé.

Après d’âpres négociations, liées notamment à la volonté exprimée lors d’un vote au Bundestag de la quasi-totalité des partis allemands de limiter les garanties allemandes aux pays en crise et de ne pas « faire payer » uniquement les contribuables, mais également les banques, un accord est trouvé le 27 octobre au matin.

Il prévoit :

  • un abandon par les banques privées de 50% de la dette publique qu’elles détiennent sur la Grèce (la BCE et le FMI ne sont pas concernés). Cet accord a été particulièrement difficile à atteindre du fait de la résistance des banques. Il a fallu que M. Dallara, directeur de l’Institut international de la finance y soit incité par Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et Herman Van Rompuy.
  • les banques doivent être recapitalisées pour un montant de 106 milliards d’euros (30 milliards pour la Grèce, 26,1 milliard pour l’Espagne, 14,7 milliards pour l’Italie, 8,8 milliards pour la France et 5,1 milliards pour l’Allemagne). La recapitalisation sera faite soit par appel à l’épargne, soit par les États, soit, en dernier ressort, par le FESF (Fond Européen de Stabilité Financière).
  • le FESF n’est pas autorisé à devenir une banque mais un effet de levier va être recherché par « un rehaussement de crédit pour de nouvelles émissions par les Etats membres », en faisant appel de façon complémentaire à des investisseurs privés ou souverains, en coopération avec le FMI.

Le premier ministre Georges Papandréou, face au mécontentement populaire et à ce qu’il perçoit comme des abandons de souveraineté décide de soumettre l’accord à référendum.

Il abandonnera l’idée quatre jours plus tard quand, la classe politique grecque prenant conscience que les autres pays envisagent sérieusement la sortie de la Grèce de la zone euro, se prononce contre ce projet et envisage un gouvernement d’union nationale.

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Simon

Juriste et ancien élève de l'UPPA et de la Sorbonne, je mets à dispositions mes TD, notes et fiches de cours pour aider les étudiants. N'hésitez à poser vos questions en commentaire : On essaiera de vous aider en faisant de notre mieux !

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